Evaluation de l’observance du traitement ARV chez les PV VIH suivies à l’USAC

Le virus de l’immunodéficience humaine (VIH),est un rétrovirus dont il existe deux types VIH1 et VIH2 ; qui détruit progressivement le système immunitaire et expose l’organisme à certaines infections et/ou cancers[1]. Le stade le plusavancé de l’infection par le VIH, est le syndrome d’immunodéficience acquise (sida) qui apparait au bout de 2 à 15 ans d’évolution après contamination[1]. L’Organisation des nations unies de lutte contre le Sida (ONU SIDA) estime qu’en fin 2014, environ 36,9 millions de personnes étaient infectées par le VIH dans le monde ; 2 millions de personnes ont été nouvellement infectées en 2014, soit 5600 nouvelles infections par jour dont un tiers concerne des jeunes entre 15 et 24 ans et 12% sont des enfants. Il estime par ailleurs 1,2 millions de personnes décédées d’une cause liée au VIH dans le monde [2]. L’Afrique subsaharienne ou 25,8 millions de personnes vivaient avec le VIH, dont 2,3millions d’enfants en 2014, reste la région la plus fortement touchée par le VIH. Elle concentre également près de 70% des nouvelles infections dans le monde [2]. Dans ce même rapport, 73% des femmes enceintes vivant avec le VIH dans les pays à revenu faible ou intermédiaire, nombre estimé à 1,5 millions ont bénéficiées d’ARV efficaces pour éviter la transmission du virus à leurs enfants contre 54% en 2009 [2]. Selon l’enquête démographique et de santé du mali (EDS M) V, la séroprévalence de l’infection par le VIH (VIH-1 ou VIH- 2) au sein de la population générale au Mali est de 1,1 %. Les régions de Gao, Tombouctou et Kidal n’ont pas été concernées par cette enquête[3]. En 2015, au Mali le nombre de PV VIH/Sida était estimé à 120000 soit 110000 personnes âgées de 15 à 49 ans ; 66000 femmes âgées de 15 ans et plus ; 12000 enfants âgés de 0 à 14 ans. Par ailleurs le nombre de décès dû au sida est estimé à 6500 et le nombre d’enfant rendus orphelins par le sida âgés de 0 à 17 ans estimé à 66000[3].

La population du cercle de Koutiala est estimée à 639 644 habitants. L’USAC du CS Réf. de Koutiala depuis sa création en 2007 a dépisté 2132 adultes (15 ans et plus) infectés par le VIH dont 765 sont actuellement sous traitement antirétroviral (TARV). Bien que peu maitrisée, l’infection par le VIH connait de nos jours un grand espoir dans sa prise en charge, grâce à la thérapie antirétrovirale. Bien qu’elle ne permette pas une guérison totale de la maladie, cette thérapie entraine une suppression presque complète de la réplication du virus. La thérapie antirétrovirale entraine une diminution spectaculaire de la morbidité et de la mortalité liées à l’infection à VIH[4]. Après les premières tentatives infructueuses de monothérapie à la zidovudine (azidothymidine ou AZT), l’espoir est né à partir de 1996 avec la mise au point de molécules antirétrovirales efficaces, dont l’association a permis de réduire significativement la mortalité liée à l’infection par le VIH[5]. Au Mali, l’utilisation des ARV a débuté en novembre 2001 à travers une politique nationale dénommée « Initiative malienne d’accès aux antirétroviraux » (IMAARV). Les ARV ont été gratuit à partir de juillet 2004, ils ont facilité l’accès et le suivi des personnes atteintes par le VIH. Ce qui a contribué à l’augmentation rapide du nombre de patients pris en charge[6]. En effet ces substances entraînent une chute de la charge virale, avec pour conséquence une restauration de l’immunité [7]. Toutefois une bonne observance au traitement s’avère indispensable pour le succès thérapeutique. Une mauvaise observance entraine un risque d’émergence de résistance du virus [8]. Ainsi, l’efficacité du traitement passe par un taux d’observance supérieur ou égal à 95% [9]. De nombreuses études ont été faites sur l’observance du traitement antirétroviral (TARV) dans différentes régions du monde, en faisant souvent appel à plusieurs méthodes de mesure. L’étude de Coulibaly AS. En 2008, a estimé un taux d’observance global à 52,9% chez les PV VIH suivis à l’hôpital général d’Abobo (RCI), par remplissage d’unquestionnaire[10].

S’agissant du Mali, l’étude d’Issa I. à l’hôpital de Gao en 2008, a eu un taux d’observance à 58%[11]. Des études de Bagayoko DK. à l’hôpital Mère-Enfant (Luxembourg), de Tall M. à l’ONG Walé de Ségou et de Diakité MM. à l’USAC du CS Réf de la commune V, toutes faites en 2010 ont eu des taux d’observance globaux respectifs à 88,5% et 92,6%[12, 13,14]. L’étude de Mbaga MC. en 2011 a eu un taux d’observance des PV VIH de plus de 18 ans suivis au CHU du point G à 66,7% par la méthode objective et à 72% par l’auto questionnaire[15].

VIRUS DE L’IMMUNODEFICIENCE HUMAINE

Définition
Le syndrome d’immunodéficience acquise (SIDA) est une maladie infectieused’origine virale causée par le virus d’immunodéficience humaine (VIH) setraduisant par un déficit majeur de l’immunité, à condition qu’il n’y ait pasd’autres causes physiologiques ou thérapeutiques d’immunodéficience. La première définition du Sida fut publiée le 24 septembre 1982 par lecentre pour le contrôle des maladies d’Atlanta aux Etats-Unis (Center forDisease Control : CDC) bien avant les classifications en stades cliniques etl’isolation du VIH. Cette définition a été révisée d’abord en août 1993 pourl’adulte et en 1994 pour l’enfant [16].

Historique
En 1983, Françoise Barre –Sinoussi de l’équipe de Luc Montagnier à l’institutPasteur de Paris isola, à partir de ganglions lymphatiques, ce qui se révélaêtre un nouveau rétrovirus [17]. Un peu plus tard, l’équipe de Robert Gallo au National Cancer Institute (NCI) et celle de Jay Lévy à l’université de Californieà San Francisco isolèrent un rétrovirus sur des patients atteints du VIH/SIDA et des personnes en contact avec des malades. Les trois équipes découvrent ce quel’on appelle maintenant le VIH, l’agent étiologique du Sida. Un second virus du Sida Humain (VIH-2) sera découvert trois ans plus tardpar l’équipe de l’institut Pasteur de Dakar [18].

Epidémiologie

Situation dans le monde
A l’échelle mondiale, l’épidémie de VIH s’est stabilisée, mais à des niveauxinacceptables de nouvelles infections à VIH et de décès dus au Sida. Bien quele pourcentage de personnes vivant avec le VIH se soit stabilisé depuis 2000, lenombre global de personnes vivant avec le VIH a régulièrement augmenté, carles nouvelles infections continuent à surpasser le nombre de décès dus au Sida.

Le rapport 2014 de l’ONUSIDA estime qu’à fin 2014, environ 36,9millions de personnes étaient infectées par le VIH dans le monde ; 2 millions de personnes ont été nouvellement infectées en 2014, soit 5600 nouvelles infections par jour dont un tiers concerne des jeunes entre 15 et 24 ans et 12% sont des enfants. Il estime par ailleurs 1,2 millions de personnes décédées d’une cause liée au VIH dans le monde[2].

Situation en Europe
En France, 6600 nouveaux cas d’infections au VIH en 2014.Depuis plusieurs années, les homosexuels représentent près de la moitié des nouvelles infections (42%), soit 2800 nouveaux cas en 2014[2]. En Russie, plus qu’une personne sur cent dans le pays est infectée par le VIH.De 3% en 2007, les gays représentent en 2015 14% des nouvelles infections. Chez les usagers de drogue, ce taux est passé de 1% en 2007 à 23% en 2015 [2].

Situation de l’Afrique sub-saharienne
L’Afrique subsaharienne ou 25,8 millions de personnes vivaient avec le VIH, dont 2,3millions d’enfants en 2014, reste la région la plus fortement touchée par le VIH. Elle concentre également près de 70% des nouvelles infections dans le monde [2]. Le rapport ONU /Sida sur l’épidémie mondiale du Sida indique que la prévalence de l’infection à VIH dans la population adulte du Burkina Faso est estimée à 0,90% [0,8- 1,1] en fin 2014, contre 0, 92% en fin 2013 [2]. La prévalence du VIH/sida en Côte d’Ivoire est passée de 3,7% en 2012 à 2,7% en 2014[2].

Situation de l’infection par le VIH au Mali
En 2015 le nombre de PV VIH était estimé à 120000 soit 110000 personnes âgées de 15 à 49 ans ; 66000 femmes âgées de 15ans et plus ; 12000enfants âgés de 0 à14ans. Par ailleurs le nombre de décès dû au sida est estimé à 6500 et le nombre d’enfants rendus orphelins par le sida âgés de 0 à17ans estimé à 66000. Selon l’EDS-MV 2013, la séroprévalence de l’infectionpar le VIH (VIH-1 ouVIH- 2) au sein de la population générale au Mali est de 1,1%. Au Mali le tauxde séroprévalence chez les femmes de 15-49 ans est estimé à 1,3%, contre 0,8%pour les hommes du même groupe d’âge[3].

En 2015, l’OMS a publié des recommandations sur le moment indiqué pour démarrer un traitement ARV et sur la prophylaxie pré exposition au VIH. Elles préconisent, toute personne infectée par le VIH doit commencer le traitement ARV dès que possible après que le diagnostic aétéposé. Sur la base de ces nouvelles recommandations de l’OMS, pour traiter les PV VIH et proposer les ARV comme moyen supplémentaire de prévention aux personnes exposées à un risque «important », le nombre de personnes remplissant les conditions requises pour ce traitement passera de 28 millions à 37 millions. L’extension du traitement ARV à toutes les PVVIH et le développement des choix de prévention peuvent aider à éviter 21 millions de décès liés au Sida et 28 millions de nouvelles infections d’ici 2030 [1].

Table des matières

I. INTRODUCTION
II. OBJECTIFS
1. Objectif général
2. Objectifs spécifiques
III. GENERALITES
A. VIRUS DE L’IMMUNODEFICIENCE HUMAINE
1. Définition
2. Historique
3. Epidémiologie
4. Caractéristiques du VIH
5. Les voies de transmissions
6. Physiopathologie
7. Manifestations cliniques
8. Diagnostic de l’infection à VIH
B. LES ANTIRETROVIRAUX (ARV)
1. Définition
2. Classification
C. LE TRAITEMENT ANTIRETROVIRAL (TARV)
1. Objectifs
2. Intérêt
3. Indications du traitement
4. Les schémas thérapeutiques
D. L’OBSERVANCE THERAPEUTIQUE
1. Définitions
2. Les Risques d’une mauvaise observance
3. Différents modes de non observance identifiée
4. Mesures de l’observance
5. Facteurs de l’Observance
6. Déterminants de l’observance
IV. METHODOLOGIE
1. Cadre d’étude
1.1 Présentation du cercle de Koutiala
1.2 Structures impliquées dans la lutte contre le VIH/SIDA
1.3 Présentation du Centre de Santé de Référence de Koutiala
2. Type et période d’étude
3. Population d’étude
4. Méthode d’étude
5. Définitions opérationnelles des variables
6. Aspects éthiques
7. Chronogramme des activités de la thèse
V. RESULTATS
1. Facteurs sociodémographiques
2. Facteurs cliniques et biologiques
3. Observance du patient à 1mois
4. Observance du patient à 6 mois
5. Observance du patient à 12 mois
VI. COMMENTAIRES ET DISCUSSION
1. Description générale
2. Difficultés et limites de l’étude
3. Facteurs sociodémographiques
4. Facteurs cliniques et viro-immunologiques
VII. CONCLUSION

Cours gratuitTélécharger le document complet

Télécharger aussi :

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *