La couverture médicale et par-médicale à Madagascar  et les normes de l’OMS

La couverture médicale et par-médicale à Madagascar  et les normes de l’OMS

401. Pour prévenir le risque de contamination du VIH SIDA à l’endroit des deux millions d’enfants en situation difficile et des 30% des jeunes de moins de 15 ans ayant commencé leur vie sexuelle, le PSN a programmé des actions importantes en leur faveur 402. Ce plan national multisectoriel intègre les secteurs du domaine de la santé, de l’éducation, du développement rural, du travail, du transport, du tourisme, de la sécurité, de la population, de la jeunesse et sport, de la communication, de l’éducation. Le Ministère de la Communication est fortement mobilisé pour initier les enfants et les jeunes sur ce que doit être le comportement adopté face au VIH/SIDA «life skills ». 403. Les enfants sont en outre pris en considération dans l’intégration du service de prévention de la transmission mère-enfant du VIH au niveau des 576 formations sanitaires de base (rapport 2006). Le résultat a été encourageant puisque 71% (rapport 2006) des femmes vues en consultation prénatale (CPN) ont accepté d’être dépisté. 404. Les orphelins et enfants vulnérables (OEV) n’étaient pas en reste, une présentation du projet de loi pour leur prise en charge a été réalisée en 2006. Des familles d’accueil de 1404 OEV se trouvant dans 12 sites ont bénéficié des appuis économiques. 405. Madagascar est actuellement à la deuxième phase de mise en œuvre de son Plan Stratégique National (PSN), défini pour la période 2007-2012. Le plan a pour but de matérialiser la vision du pays « Madagascar, un pays où tous les MALAGASY et en particulier les jeunes sont CONSCIENTS des risques personnels, s’impliquent ACTIVEMENT avec l’engagement des leaders dans la lutte contre le VIH/SIDA ; Chaque individu accèdera facilement aux méthodes de prévention appropriée et les utilisera de façon responsable. Individu, famille et communauté apporteront soins et soutien aux personnes infectées et affectées par le VIH ».

Les interventions décrites dans le PSN sont axées entre autres sur le développement d’un cadre juridique, politique et opérationnel pour une réponse multisectorielle et intégrée protégeant les droits de personnes, l’amélioration de l’accès de la population aux informations, aux moyens de prévention et aux soins et soutiens. 406. Il se fixe comme cibles prioritaires des interventions, les groupes de population les plus susceptibles de contracter et diffuser l’infection par voie sexuelle tels que les travailleuses du sexe (TDS) et leurs clients et met également davantage l’accent sur la couverture des groupes vulnérables, y compris les femmes, les jeunes, les orphelins et les enfants vulnérables (OEV). 407. Les résultats des enquêtes réalisées montrent en effet, une prévalence au VIH relativement élevée chez les jeunes par rapport aux autres groupes et à la moyenne nationale : 0,5%. Chez les femmes enceintes, le groupe d’âge le plus touché par le VIH est celui de 15 à 19 ans selon la dernière enquête de surveillance biologique (ESB) réalisée en 2007. En raison du sentiment d’invulnérabilité aux infections qui les caractérisent, cette tranche d’âge ont une vie sexuelle active avec des multiples partenaires et ne se protègent pas. 59, 3% des hommes et 56,9% des femmes sont entrés dans la vie sexuelle avant leur 18 ème année et 42,2% des hommes et 22,5% des femmes ont déclaré avoir des partenaires multiples, d’après l’enquête de surveillance comportementale (ESC 2006). De même, les enfants de moins de 15 ans dont 6,4% d’entre eux, soit environ 600 000 enfants considérés comme orphelins (INSTAT, 2001) se trouvent dans une situation de grande vulnérabilité, en se livrant parfois dans des actes de prostitution et/ou contraints à des travaux domestiques. L’exploitation sexuelle des enfants à des fins commerciales commence en outre à prendre une ampleur face au développement du tourisme. c) Programmes mis en œuvre en faveur de la protection des enfants contre la propagation du VIH/SIDA. 408.

Le Mainstreaming. Le SE/CNLS et ses partenaires, conscients de ces menaces, ont mis en œuvre bon nombre de projets préventifs au VIH et SIDA ciblant les tranches d’âges de 15 à 24ans et moins de 15 ans. Le projet « Ankoay », ciblant les jeunes de 12 à 24 ans œuvre pour la promotion du life skill par le pair. Les scouts, les collégiens, les sportifs sont formés pour véhiculer des messages de sensibilisation et montrer le modèle d’attitude à moindre risque auprès de leurs pairs et dans la société où ils vivent. Les interventions de 212 groupes de scouts, 313 collèges et 640 équipes sportives à travers cette approche avaient permis de toucher 400 000 jeunes (données enregistrées en 2006) 409. L’initiative « carton rouge » donne aux jeunes, surtout les filles, l’occasion d’apprendre le meilleur choix de se protéger contre l’infection à VIH, en sortant le carton où il est inscrit « AOK’ALOHA » (attend d’abord) afin d’éviter le rapport sexuel précoce. Environ un million de cartons rouges sont jusqu’ici distribués auprès des écoles et auprès des associations des jeunes. 410. En ce qui concerne les groupes à risque spécifiquement les détenus, des associations entre autres l’APRAM, SAHI, Solido ont mené des activités d’IEC/CCC. Elles sont intervenues auprès des mineurs détenus afin de leur apprendre des comportements responsables vis-à-vis des facteurs occasionnant des risques de transmission de VIH. Les centres de rééducation du pays font également partie de leurs sites d’intervention et 222 mineurs ont été touchés en 2006. d) Cadre juridique 411. Les droits des enfants affectés et infectés par le VIH/SIDA y compris les orphelins sont reconnus et stipulés dans la loi n 2005-040 du 20 février 2006 sur la lutte contre le VIH et le SIDA 412. Madagascar dispose depuis 2006, d’une loi protégeant les droits des personnes vivant avec le VIH. Cette loi est accompagnée d’un décret d’application et fait actuellement l’objet d’une large diffusion. 413.

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Dans les articles consacrés spécifiquement aux droits des enfants affectés et infectés par le VIH et le SIDA, l’enfant ne peut faire l’objet d’aucune discrimination ou stigmatisation du fait de son statut avéré (article 367 alinéa 2), de son ou de ses parents ou de la ou des personnes qui en ont eu la garde de sa famille proche. Nul enfant ne peut se voir refuser l’accès ni être exclu, discriminé, stigmatisé dans l’exercice de son droit à l’éducation ou de tout programme et toute institution visant les enfants à cause de son statut sérologique avéré ou présumé ou du fait de celui avéré ou présumé de son ou ses partenaire (s), d’un ou de ses parents, de celui ou ceux qui en ont la charge ou d’un membre de sa famille proche, sous peine de demande en réparation civile 414. Les actions entreprises par le biais des organisations de la société civile, visant la réduction de cette discrimination, ont déjà porté de fruits. Les personnes vivant avec le VIH sont de plus en plus nombreuses à faire des témoignages. Entre 2004 et 2006, la proportion des personnes ayant des attitudes positives vis-à-vis des PVVIH a augmenté de façon significative, quel que soit le groupe considéré. Elle est passée de 8% à 13% chez les jeunes de 15 à 24 ans, de 8% à 12% chez les TDS, de 22% à 26% chez les militaires. 415. 104 enfants nés de parents séropositifs ou décédés du SIDA sont pris en charge par leur famille ou par la communauté d’origine y compris les familles d’accueil. e) Prévention et prise en charge 416. La survie de l’enfant est primordiale et privilégiée dans la promotion de la prévention de la transmission mère enfant et la prise en charge des enfants 417. La réduction de la proportion de nourrissons infectés par le VIH constitue l’objectif ultime de ce programme.

Le pays dispose d’une politique de référence des normes et guide sur le PTME et a développé plusieurs actions visant à améliorer l’accès et la qualité des services de prévention de la transmission mère enfant. Actuellement, environ 600 formations sanitaires offrent de tels services afin de permettre aux femmes enceintes de connaître leur statut sérologique pour la prévention primaire et pour protéger l’enfant contre la transmission du VIH. L’administration du traitement ARV prophylactique aux femmes enceintes séropositives et/ou la référence des mères et des enfants séropositifs pour une prise en charge médicale et psychosociale ont été les mesures prises. Au cours de l’année 2007, 27 femmes enceintes sont sous prophylaxie ARVs et 21 nourrissons (moins de 30 mois) sont nés de mères séropositives dont 2 infectés. 418. Le pays assure depuis 2004 les soins et les traitements des personnes vivant avec le VIH, sans distinction de sexe ni d’âge. Il privilégie, dans tous les cas, l’intérêt et la survie de l’enfant. Aussi, si le consentement d’au moins l’un des parents ou de la tutelle est généralement nécessaire pour les soins et traitements pratiqués aux enfants, il n’en est pas le cas lorsque l’intérêt supérieur de l’enfant l’exige autrement.

Dans une même optique, étant donné la situation économique du pays, la politique de l’alimentation de l’enfant nés de mères séropositives à Madagascar préconise aux mères séropositives de choisir l’allaitement maternel exclusif de l’enfant, afin d’éviter la recrudescence des maladies infectieuses ou de la malnutrition et de préserver la survie de l’enfant. Pour une amélioration de la qualité de prise en charge des PVVIH notamment chez les enfants, le pays prévoit un renforcement des capacités des prestataires sanitaires concernés sur la politique nationale de la prise en charge pédiatrique. Par ailleurs 23 associations assurent la prise en charge psychosociale des PVVIH dans 17 régions, soit environ 80% de l’ensemble des Régions que compte le pays. 419. Il convient également de mentionner que le SE/CNLS collabore avec la Direction de la Famille et des Enfants , rattachée au Ministère de la Santé, du Planning Familial et de la Protection sociale, pour assurer la prise en charge psychosociale des orphelins et enfants vulnérables à travers le financement du Global Fund (2005-2007). Il apporte soutiens à ces enfants à travers l’appui des actions des associations qui fournissent des aides scolaires, des aides nutritionnelles et des appuis économiques à leurs familles. Jusqu’à la fin de 2007, environ 1500 orphelins et enfants vulnérables (dont104 OEV du Sida) 300 familles ont pu bénéficier de ces soutiens. 420. Néanmoins, dans un pays à faible prévalence comme Madagascar, il reste encore difficile et inapproprié, de restreindre les apports au niveau des orphelins du Sida, d’autant plus que cela peut engendrer des problèmes de discrimination des enfants.

 

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