Statut administratif de l’archipel des Comores de 1886 à 1946

Les sources écrites

Pour élaborer ce mémoire de maitrise publié sur clicours.com, nous avons d’abord, puisé des renseignements auprès d’auteurs et d’informateurs, qui nous ont été indiqués par notre directeur de recherche et certains amis, qui ont travaillé sur la période de 1947, et sur le MDRM, depuis sa création, jusqu’à sa dissolution. Nous devons préciser que ces auteurs n’étaient ni des acteurs, ni des témoins directs des événements qui se sont produits en 1946 et 1947, mais ils ont obtenu leurs renseignements à partir de recherches et des enquêtes orales, qu’ils ont menées auprès d’un certain nombre d’acteurs, et à travers le témoignage d’inculpés, ainsi que de nombreux juges d’instruction. « Les informations recueillies sur les préparatifs d’un soulèvement à Majunga proviennent, avant tout, de témoignages d’inculpés et interrogés, à deux reprises, et par les juges d’instruction ; et par des sources orales recueillies par nous-mêmes, auprès de certains acteurs, dans les années 70, et confirmés, en général par les premiers.»13 Nous avons pris contact avec les informateurs, tout d’abord dans le but de confirmer si ce thème, mérite d’être un traitement. Est ce qu’il apportera des éléments significatifs dans les nouveaux rapports Comoriens-Malgaches, et pour ceux qui disent que les Comoriens n’étaient pas présents quand les Malgaches réclamaient leurs droits et leur indépendance en 194 ? Heureusement, dans l’ensemble, les réponses données par ces derniers, nous ont paru tout à fait positives, mais ils ont souligné, dès le départ, que quelques difficultés surgiraient pendant la réalisation de ce travail, car il manque beaucoup de sources écrites primaires ; il en est de même des acteurs et témoins oculaires qui ont vécu cette période et ces événements. C’est pour cette raison que notre travail manque souvent de sources concurrentes très spécifiques et abondantes, et celles que nous avons utilisées, dans cette étude, reviennent de temps à autre.

Dans le but de nous aider à reconstituer cette période historique, entre ces deux pays, ils nous ont conseillé d’aller d’abord consulter les archives nationales de Madagascar sise à Tsaralalana (Antananarivo), avant de poursuivre toute recherche basée sur les sources orales et la consultation des ouvrages. Suite à leur conseil, nous avons donc été naturellement amenés à sérier d’abord notre étude par la consultation des archives nationales. Ces dernières sont en effet les sources utilisées et les plus sûres de nos recherches. A notre arrivée au centre d’archives de la République de Madagascar (ARM), nous avons commencé à consulter, plus particulièrement, les dossiers de la série D, affaire politique (A.P.). C’est le catalogue intitulé le « MDRM », dans lequel on peut trouver de nombreux faits, événements et informations produits avant et après l’insurrection de 1947, qui nous a fourni des données importants. Les fonds de ce catalogue fournissent des renseignements nécessaires, depuis l’origine du mouvement, jusqu’ à sa dissolution au mois d’avril 1947. Malgré l’abondance des documents, nous étions obligés de les consulter tous. Nous avons dépouillé plusieurs séries D portant le titre Affaire Politique : D-867- Mémoire de Jacques Rabeamananjara relatif à la naissance du MDRM.

Dans cette série, nous avons trouvé tout ce qui se rapporte à la doctrine du parti, depuis sa création, ses origines, son programme, etc. …. D-876- Cette série renferme de nombreux interrogatoires d’inculpés et l’ensemble des papiers saisis à Majunga, lors des perquisitions à domicile (avril-aout-décembre 1947).Dans cette série, nous avons pu relever les noms de nombreux Comoriens qui résidaient à Majunga, Ambanja, Ambilobé, Diego-Suarez et Nosy-Be, arrêtés et perquisitionnés, et qui ont subi des interrogatoires dans e commissariat central le Majunga et à Tananarive, a même année ; D-875- Cette série contient de nombreux Interrogatoires d’inculpés et où nous avons remarqué la présence de Comoriens (noms), membres du parti, interrogés au commissariat de police de Majunga : avril-mai1947 ; D-879- On y trouve des Interrogatoires d’inculpés et de dépositions de témoins à Majunga : avril- mai 1947. Dans cette série, nous avons pu consulter beaucoup de déclarations de nombreux inculpés de la province parmi lesquels nous avons des Comoriens ;

C’est pendant cette période de consultation de ces archives nationales de Madagascar que nous avons pu collecter plusieurs renseignements sur les éléments qui ont poussé les Comoriens de Madagascar à s’intégrer dans le parti MDRM ; Cela à travers leurs fiches d’états-civils, leurs interrogatoires, leurs dépositions, les procès-verbaux d’interrogations, effectués à la police et au tribunal de premier instance des différents centres du Nord, Nord-ouest et centre de l’île, enregistrés et déposés auprès de ce centre national d’archives de Madagascar où nous avons eu la chance d’accéder. Cependant, nous avons rencontré des problèmes durant nos recherches, lors de la consultation d’archives Malgré le temps que nous avons passé dans ce centre d’archives, nous n’avons pas pu mettre la main sur un dossier spécifique et classé, donnant une liste d’inculpés Comoriens de Madagascar, membres du parti MDRM, arrêtés et perquisitionnés à cause de cette affaire, alors qu’il ya un dossier spécifique, classé, mentionnant les étrangers qui étaient inculpés dans l’affaire MDRM, pendant la même période. Face à cela, nous nous sommes posés plusieurs questions, entre autres : Pourquoi les Comoriens n’ont- ils pas été recensés parmi les étrangers de la Grande-ile ? Quelle place occupaient-ils après la séparation des iles Comores de la Grande-ile ? Nous avons eu des éléments de réponses, seulement au fur et à mesure que nos recherches avançaient. Les Comoriens étaient comptabilisés et assimilés aux Malgaches d’origines. Ils avaient le même statut juridique à l’égard du colonisateur et dans son administration coloniale. C’est pourquoi ils ont (les Comoriens) été identifiés aux Malgaches, pendant les interrogatoires des inculpés et dans les dépositions de témoins au début des arrestations.

Les sources orales

Les sources orales constituent la deuxième phase de recherche dans notre travail, après le travail d’archives. En effet, elles permettent la vérification et l’acquisition des informations que nous n’avons pas pu obtenir, lors de nos recherches d’archives. Cette phase correspond à l’une des étapes les plus difficiles et compliquées pendant la collecte des informations. D’abord, les Comoriens qui avaient milité dans le MDRM n’étaient pas très connus et ils n’ont pas marqué l’histoire politique du pays, pendant la période 1946-1947, période pendant laquelle l’archipel commençait à avoir une vie politique qui lui est propre, initiée par ses propres élites indigènes. Mais il s’agissait tout simplement d’immigrants qui cherchaient, dans la majorité des cas,, de l’argent nécessaire à la réalisation de leur devoirs coutumiers, traditionnels (le grand mariage), dans la Grande- ile, à un moment où Madagascar était considéré comme un eldorado pour les Comoriens. Plusieurs informateurs Comoriens, résidant actuellement dans la Grande-ile, tels qu’Assoumani Moussa et Boina Maécha14, nous ont affirmé que l’engagement des Comoriens dans le parti MDRM était le gage d’une réussite certaine, car ils devaient s’affirmer dans la société malgache. Participer dans les associations locales, ou faire partie d’un mouvement politique nationaliste quelconque, à Madagascar, était pour eux un moyen de s’affirmer et de montrer leur fierté dans la société autochtone.

A cette époque, plusieurs Comoriens s’intéressaient à la Grande-ile. A leur arrivée à Madagascar, ils se sont éparpillés dans les différents coins de l’ile, et il nous a été difficile de les localiser. Plusieurs d’entre-eux, ayant adhéré au mouvement, sont déjà morts depuis longtemps et aujourd’hui, leur traces restent difficiles à découvrir. Devant une telle situation, il a été nécessaire de rechercher leurs familles, leurs enfants, leurs petits enfants ou des personnes proches, qui connaissaient leur passé migratoire et leurs objectifs, en adhérant au MDRM, en 1946-1947. Il fallait recueillir le maximum d’informations sur leur engagement dans le parti. C’est auprès de ces derniers que nous avons obtenu quelques renseignements importants sur leurs motifs migratoires, à Madagascar, et leur engagement dans le parti. En effet, les personnes que nous avons enquêtées ne sont pas des témoins directs des événements de 1946-1947, mais ils tiennent leurs sources à partir des renseignements qu’ils ont obtenus de leurs parents et grands-parents, avant la disparition de ces derniers. Dans ce sens, nous étions obligés d’utiliser des questionnaires, avant de les faire parler. Notre but était de comparer les différentes informations trouvées aux archives nationales de Madagascar, par rapport à ce qu’ils connaissaient. Voici les questions que nous avons posées aux personnes qui ont intervenu dans ce présent travail :

1- Pouvez-vous nous donner quelques noms et parcours (biographies) des ressortissants Comoriens qui ont milité dans le MDRM, pendant les années 1946-1947, à Madagascar ?

2- Certains sont encore vivants de nos jours ?

Situation géographique et historique du pays Situé dans l’océan-Indien, à l’entrée Nord du canal de Mozambique, entre l’Afrique et Madagascar, l’Archipel des Comores a une superficie totale de 2023Km2, avec une population totale de 140.500 habitants, en 1947.15Il compte 4iles principales du Nord-Ouest et au Sud-est. Leur classement par ordre de grandeur est le suivant : Grande-Comore (Ngazidja) avec une superficie de 1025Km2, Anjouan (Ndzouani) 425Km2, Mayotte (Maoré) 374Km2, et Mohéli (Mwali), la plus petite des iles, est de211Km2. La superficie de l’ensemble des iles est de loin plus petite que celle de la province de Majunga, qui est de 29830Km2. La Grande-Comore, la plus occidentale, est à 300Km de la côte de Mozambique, et à 700Km de Dar-Esalam, capitale de la Tanzanie. De l’autre côté, Mayotte, la plus méridionale de ces 4iles de l’Archipel, est à 300Km du Nord-Ouest malgache. La position géographique de l’Archipel des Comores, par-rapport à Madagascar, et l’Afrique de l’Est, a fait de ces deux territoires, les foyers d’émigration par excellence de la diaspora comorienne à Madagascar, dont le plus illustre est Majunga, ville du Nord- ouest Malgache. Les iles Comores sont proches de Madagascar, historiquement et géographiquement. Elles sont espacées de 40 à 60Km. Les iles Comores sont à peu prés dotées de la même influence climatique. Elles bénéficient d’un climat chaud, de type tropical, avec deux saisons à savoir : Le Kashkazi (hiver Austral), qui va du mois de juin à Novembre, et le Kussi (saison des pluies), qui s’étale entre le mois de Décembre, jusqu’au mois de Mai. Entre ces 2 saisons principales, 2 saisons d’alternances à savoir le Matulai et le Mgnombeni, peuvent être associées à l’Automne et au Printemps boréal.

Table des matières

Introduction
I°) -Présentation critique des sources
1 – Les sources écrites
2 – Les sources orales
II°) -Présentation critique de la bibliographie
Chapitre I : Statut administratif de l’archipel des Comores de 1886 à 1946
I°) – Situation géographique et historique du pays ;
II°) – Le rattachement des Comores à Madagascar : 1912-1946 ;
III°) – L’implantation des Comoriens à Madagascar : 1912-1946
Chapitre II : les Comoriens dans la société malgache à partir de 1946
I°) – Les privilèges accordés aux Comoriens à Madagascar à partir de1946 ;
II°) – pogrom anti-Comoriens à Tamatave en 1946
Chapitre III- Les Comoriens dans le MDRM de 1946 à 1947
I°) -Contexte d’intégration des Comoriens au MDRM : 1946-1947 ;
II°) – Régions à forte concentration de militants Comoriens du MDRM 1946-1947 ;
III°) – Les militants Comoriens du MDRM, ont-ils joué un rôle dans la vie politique des Comores à partir de 1946 ?
Chapitre IV- Les Comoriens et le MDRM : 1946-1947
I°) – Les Comoriens face aux préparatifs et au soulèvement de 1947, dans la ville de Majunga
II°) – Les difficultés rencontrées au sein du MDRM, après le déclenchement de l’insurrection de 1947
III°) – L’éclatement de l’insurrection malgache de 1947 : facteur de recrutement des policiers comoriens vers Madagascar
Conclusion
Annexes
Bibliographie

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