Bilan et enjeux du réaménagement de l’îlot des Carmes

Bilan et enjeux du réaménagement de l’îlot des Carmes

À première vue, il n’est pas aisé pour une personne non habituée à Saint-Amand-Montrond de clairement identifier les différents bâtiments de l’îlot : la mairie se trouve en effet à la fois dans une église et dans un collège. Travaillant dans l’ancienne conciergerie, à l’entrée du collège, nous avons pu constater qu’un nombre non négligeable de personnes avaient du mal à localiser la mairie et ses différents bureaux : nous avons souvent indiqué leur chemin à ceux qui venaient nous le demander. Ceci peut néanmoins jouer en faveur de la commune une fois les fonctions bien identifiées par les usagers : il n’est en effet pas commun de trouver une mairie installée dans une église. Cette réhabilitation et ce changement d’usage prouve une certaine capacité du tissu à évoluer, même si l’on reste dans une architecture générale assez ancienne. Une église reste aussi un point de repère fort dans une commune.  On peut citer ici un extrait du livre Analyse urbaine de Philippe Panerai : « La capacité d’un espace à accueillir successivement plusieurs usages ne se traduit pas par la disparition de ses qualités formelles. Contrairement à l’espace polyvalent dont la forme se dilue généralement dans l’incertitude de son statut, les espaces de la ville ont une forme précise qui les distingue des espaces voisins et qui leur confère une identité.

On peut utiliser une place pour y installer un marché, s’en servir de parking ou y dresser le chapiteau d’une fête foraine, elle reste une place ou plutôt elle reste cette place que personne ne confond avec la rue qui y mène, le boulevard ou le jardin public. […] Et quand sa destination vient à changer de manière durable le monument continue de jouer son rôle dans la hiérarchie des échelles qui composent  Par ailleurs, on distingue différents espaces relativement séparés les uns des autres, et plus globalement une limite entre la mairie et le musée. L’école d’art, entre les deux, joue le rôle de transition entre deux traitements de l’espace, deux architectures, deux bâtiments aux fonctions différentes : l’école et la mairie sont liées par l’architecture, mais le traitement de l’espace de l’école est plus proche de celui du jardin. Bien que rattachée physiquement à la mairie par la cour aux tilleuls et par l’aile servant à la sculpture, l’école offre une perspective sur le jardin que ne propose pas la mairie. Différentes ambiances ressortent de cette multiplicité des espaces, avec pour chacun des enjeux et des éléments à valoriser. Les bâtiments de l’îlot représentent un pannel de types de construction, d’époques et de pratiques différents.

Ils sont les témoins d’un tissu urbain ancien, d’un parcellaire hérité, ils structurent l’espace et proposent différentes ambiances. Pour autant, tous n’ont pas le même intérêt. Nous avons ici rencontré l’Architecte des Bâtiments de France du Cher, Marie-Hélène Merceron, qui préconise surtout de conserver l’alignement créé par le CCAS et le bâtiment du Front Populaire le long de la rue Philibert Audebrand, mais aussi le mur de pierre addossé à la pergola et au séchoir. régulièrement les lieux. Les gens ne viennent finalement ici que pour des raisons administratives ou touristiques, et sont plus régulièrement de passage sur le site. On dépose sa voiture cours Manuel ou au parking de la mairie pour se rendre à la bibliothèque, aux halles, à la place du marché (en évitant ainsi le stationnement payant). Il n’y a pas de commerce dans la partie Est de la ville ancienne – le dernier ayant fermé récemment –, mais on peut en trouver à proximité sur la place du Marché, dans la rue Porte Mutin et aux halles les jours de marché. Le bar à l’angle est le seul commerce directement implanté sur l’emprise considérée. Les gens n’ont finalement pas de raison de s’attarder sur l’îlot, si ce n’est pour les beaux jours dans le jardin du musée et les jeux pour enfants, et bien entendu pour ceux qui y travaillent.

Se pose alors la question  Le point central du projet demeure la création d’un cheminement piétonnier reliant le cours Manuel au passage des Carmes, permettant, entre autres, une nouvelle liaison entre les halles et la place du marché, deux pôles communaux. Ce nouvel espace sera ouvert à tous, et constituera une alternative à la rue Jean Valette, actuellement dangereuse pour les piétons en raison de ses trottoirs étroits. À ceci s’ajoute la nécessité d’une modification générale du plan de circulation autour de l’îlot.  Ce dernier manque, en certains points, de fonctionnalité. Le parking, tout d’abord, gratuit et bien situé, commence à s’user et n’est que peu visible derrière le haut mur de pierre enserrant l’ancien collège. De plus, une réorganisation permettrait de proposer davantage de places de stationnement, toujours gratuit et en plein cœur du centre ville, à proximité des commerces. Par ailleurs, les places présentes près de l’église des Carmes vont être supprimées avec le projet de reconstruction du parvis.

 

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