HISTOIRE NATURELLE DE L’INFECTION AU VIH CHEZ L’HOMME

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 Aspects épidémiologiques

Selon le sexe

L’épidémie de l’infection à VIH/Sida s’est féminisée et selon l’ONUSIDA, les femmes africaines sont au moins 2,5 fois plus susceptibles de contracter le VIH que leurs homologues masculins.
Dans notre population d’étude, la majorité de la cohorte (85 patients) soit 70,83% (n=120) des cas était de sexe féminin avec un sex ratio (F/M) de 2,43.
La féminisation de l’épidémie s’expliquerait par le fait que la transmission est essentiellement hétérosexuelle en Afrique avec une vulnérabilité du genre féminin sur plusieurs plans:
– Sur le plan anatomique, la muqueuse vaginale est plus étendue que celle de l’homme, et la période de contact avec les sécrétions contenant le VIH est plus longue.
– Sur le plan biologique, la charge virale du sperme infecté est plus élevée que celle des sécrétions sexuelles d’une femme infectée. De ce fait, le risque de transmission du VIH au cours d’un rapport sexuel non protégé est deux à quatre fois plus élevé chez les femmes que chez les hommes. Il s’y ajoute la fréquence des microtraumatismes surtout chez les jeunes femmes, secondaires à des rapports sexuels brutaux et mutilations génitales, aux infections sexuellement transmissibles, associées à une immaturité de l’appareil génital qui contribuerait à aggraver le risque de transmission.
– Sur le plan socioculturel, les pratiques traditionnelles telles que la polygamie, le lévirat, le sororat, la précocité des mariages, mais aussi le faible poids de décision accordé aux femmes dans les foyers [104].
– Sur le plan économique, les femmes sont souvent dépendantes vis-à-vis de leurs conjoints et des hommes d’une manière générale. Cette situation peut les amener à prendre des risques pour subvenir à leurs besoins.
Cette prédominance du sexe féminin est également notée par Doucouré [41] qui avait relevé 57 % de femmes dans la cohorte du district de Richard Toll, Mbaye à Ndioum et Dieng [32] à Saint-Louis ont noté respectivement 66 % et 58 % de femmes. Le même constat a été fait par d’autres auteurs sénégalais Ibrahima NIANG [83] 72% de femmes, Marc MANGA [66] 77% de femmes. COMPAORE S.E. [24] et FORTES Louise [44] ont retrouvé une légère prédominance féminine avec un sexe ratio (F/H) respectivement de 1,04 et de 1,1. Kamal ABDEL AZIZ [59] 81,16 %, soit un sex ratio F/H de 4,3 presque deux fois la nôtre.
Des résultats identiques étaient retrouvés dans plusieurs pays africains. Ainsi SAKA B. [99] au Togo avait trouvé dans son étude une prédominance féminine avec 72,9 % et un sexe ratio (F/H) de 2,5. En Côte d’Ivoire, SEYLER [105] avait plus de femmes que d’hommes dans sa cohorte avec un sexe ratio (H/F) de 0,7. DOKEKIAS et Congo retrouvait des valeurs semblables, sexe ratio (H/F) de 0,4. Boris K. Tchounga [12] avait retrouvé 57,1% de femmes pour le VIH-2 et 67,7% pour le VIH-1+2 dans sa cohorte en ouest africaine.

Selon l’âge

Notre population d’étude avait un âge moyen de 44,02 ± 11,25 ans avec des extrêmes de 19 et 75 ans. Ceci montre que l’infection à VIH est une affection qui touche la population adulte sexuellement active comme l’attestent les données de la littérature africaine [37, 85]. La tranche d’âge la plus représentative était comprise entre 31 et 50 ans (62,5%). Les patients âgés de 50 ans en plus représentaient 27,5% des cas. Cette vulnérabilité des adultes jeunes peut être expliquée par la situation de précarité économique, le relâchement du contrôle social notamment en milieu urbain et le manque d’éducation, mais également, cette tranche d’âge compose la population active de nos pays en voie développement. Ce qui fait aussi de la pandémie du VIH un problème de développement.
Nos résultats sont comparables à ceux de MANGA M.A. [66] qui avait retrouvé une moyenne d’âge de 44,4 ± 12,5 ans au centre de santé Silence à Ziguinchor en 2015.
NIANG I. [83], au sujet de 105 cas au district sanitaire d’Oussouye avait retrouvé une moyenne d’âge de 42,31ans ± 12,58 ans.
De même, MANGA N.M. et al [67] et COMPAORE S.E. [24] à Dakar avaient retrouvé respectivement dans une étude sur le dépistage tardif de l’infection à VIH
à la clinique des maladies infectieuses de FANN à Dakar, un âge moyen de 39,5 ans ± 11,1ans et de 39,02 ans ± 09,71ans.
FORTES L. dans une étude sur le Profil actuel des patients infectés par le VIH hospitalisés à Dakar avaient retrouvé un âge moyen de 41ans ±10 ans Ces résultats sont comparables à ceux qui ont été enregistrés dans d’autres séries africaines. Elle est supérieure à la moyenne d’âge des cohortes de VIH-1 publiées dans les différents pays [55, 99, 105, 120] qui sont respectivement de 37 ± 2 ans(Benin), 34,8 ± 11,4 ans (Togo), 37,4ans ± 8,0 ans (Burkina Faso).

Table des matières

INTRODUCTION
PREMIERE PARTIE REVUE DE LA LITTERATURE
1. DEFINITION ET HISTORIQUE
1.1. Définition
1.2. Historique
2. SITUATION EPIDEMIOLOGIQUE DE L’INFECTION AU VIH
2.1. Dans le monde
2.2. En Afrique Subsaharienne
2.3. Au Sénégal
3. AGENT PATHOGENE
3.1. 3.1 Structure du VIH
3.2. Tropisme du VIH
3.3. Réplication du VIH
3.3.1. Phase de pénétration du virus dans la cellule hôte
3.3.2. Phase de transcription et d’intégration génomique
3.3.3. Phase de transcription du provirus
3.3.4. Phase d’assemblage et de libération du virus
3.4. Voies de transmission du VIH
3.4.1. Transmission par voie sexuelle
3.4.2. Transmission par voie sanguine
3.4.3. Transmission de la mère-enfant (TME) ou transmission verticale
4. HISTOIRE NATURELLE DE L’INFECTION AU VIH CHEZ L’HOMME
4.1. Primo-infection
4.2. Phase de séropositivité asymptomatique
4.3. Phase d’immunodépression mineure
4.4. Phase d’immunodépression sévère ou de SIDA
4.5. Les Différentes classifications de l’infection à VIH/SIDA .
4.5.1. Classification de l’OMS
4.5.2. Classification CDC
5. DIAGNOSTIC DE L’INFECTION A VIH
5.1. Diagnostic indirect
5.1.1. Test de dépistage
5.1.2. Tests de confirmation
5.2. Diagnostic direct
5.2.1. Test de détection de l’antigène p24
5.2.2. Détection du matériel génétique viral
5.2.3. Isolement du virus
6. PRISE EN CHARGE DE L’INFECTION AU VIH
6.1. BUTS
6.2. Prise en charge psychosociale .
6.3. Prise en charge nutritionnelle
6.4. Prise en charge vaccinale
6.5. Prise en charge médicale
6.5.1. Prise en charge clinique
6.5.2. Prise en charge paraclinique
6.6. Prise en charge des infections opportunistes
6.7. Traitement antirétroviral (TARV) .
6.7.1. Buts .
6.7.2. Moyens .
6.7.3. Indications
6.8. Suivi
6.9. Prévention de l’infection au VIH
6.9.1. Mesures générales
6.9.2. Prévention de la transmission mère-enfant
6.9.3. Prise en charge des accidents exposant au sang ou au sexe (AES)
7. TATARSEN (TEST AND TREAT AND RETAIN)
8. RAPPELS SUR LA COINFECTION TB /VIH
8.1. Historique de la coïnfection TB/VIH
8.2. Epidémiologie de la coïnfection TB/VIH
8.2.1. Dans le monde
8.2.2. Au Sénégal
8.3. Diagnostic de la co-infection TB/VIH
8.3.1. Aspects Cliniques Les circonstances de diagnostic sont variables
8.3.2. Paraclinique
8.4. Prise en charge de la co-infection TB-VIH
8.4.1. Traitement curatif
8.4.2. Prévention
DEUXIEME PARTIE: TRAVAIL PERSONNEL
1. CADRE D’ETUDE
1.1. Présentation de la région de Ziguinchor
1.1.1. Situation géographique .
1.1.2. Caractéristiques sociodémographiques et religieuses
1.1.3. Situation administrative et sanitaire
1.1.4. Données économiques
1.2. Présentation de l’hôpital de la paix de Ziguinchor
1.3. Organisation de la prise en charge des PVVIH
2. MATERIEL ET METHODE
2.1. Type d’étude
2.2. Période d’étude
2.3. Recueil de données
2.4. Saisie et analyse des données
2.5. Contraintes ou biais
3. RESULTATS
3.1. Etude descriptive
3.1.1. Données sociodémographiques
3.1.2. Aspects cliniques
3.1.3. Données paracliniques
3.1.4. Aspects thérapeutiques
3.1.5. Aspects évolutifs
3.2. Étude analytique
3.2.1. Analyse Bi-variée
3.2.2. Analyse Multivariée
4. DISCUSSION
CONCLUSION ET RECOMMANDATIONS
REFERENCES BIBLIOGRAPHIQUES
ANNEXE

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