Implication des interventions sociales au niveau des familles vulnerables

Généralités

La pauvreté est un phénomène très complexe et très répandue dans le monde. Elle reflète l’insuffisance des ressources matérielles, comme la nourriture, l’accès à l’eau potable, les vêtements, le logement, et des conditions de vie en général, mais également des ressources immatérielles comme l’accès à l’éducation et l’exercice d’une activité valorisante. Elle touche des personnes isolées ou des groupes et populations entières dans les pays développés, voire la majorité de la population dans certains pays en développement.

Parmi les pays en voie de développement dans le monde, Madagascar est longtemps apparu comme une île riche de promesses au large de l’Afrique. Malheureusement, il est encore aujourd’hui dans un état de grande pauvreté. Selon l’échelle du développement humain mondial, Madagascar occupe le 143ème rang sur 177 pays en termes d’Indicateur du Développement Humain (IDH) du Programme des Nations Unies pour le Développement (PNUD, 2007/ 2008). La pauvreté y désigne la situation dans laquelle se trouvent certaines populations malgaches n’ayant pas les ressources suffisantes pour avoir un mode de vie normal.

A Antananarivo, la capitale de Madagascar, la pauvreté apparaît à travers l’appellation de certaines « Zones Urbaines Sensibles » (ZUS) comme : Isotry, Antoamadinika, Ankazomanga, Ankasina, Manjakaray, Anjanahary, Ambatomainty et d’autres car elles se vident progressivement des classes moyennes et se peuplent de personnes en grande difficulté sociale et financière. À cause de cela, la dégradation de ces zones est rapidement visible, ainsi que les symptômes de la déception et la dépression. La représentation sociale de la pauvreté est aujourd’hui très répandue, puisque les difficultés s’enchaînent et s’entraînent entre elles. C’est aussi le résultat de l’accumulation de difficultés telles que l’analphabétisme, la malnutrition, l’incompétence professionnelle, l’insuffisance de revenu et le chômage qui nous font associer, de nos jours, le risque d’exclusion et l’insécurité sociale à la pauvreté.

Approche conceptuelle

Quelques définitions

a. Intervention sociale :
C’est une aide destinée à toute personne rencontrant des difficultés passagères comme la faim et la maladie. D’un côté, elle assure une action socio-éducative auprès des familles ; de l’autre côté, elle favorise l’intégration sociale, le développement et l’autonomie des personnes aidées. L’intervention sociale joue un rôle, à la fois préventif, éducatif, d’accompagnement et de soutien.

b. Parrainage :
Au sens large, le parrainage est le fait de parrainer un individu qui est le parrainé par un sujet qui est le parrain. Le parrainage est considéré comme une caution morale ou un soutien matériel accordé par une personne, un groupe, ou une institution. Le parrainage humanitaire consiste à subvenir aux besoins d’un enfant en difficulté en lui permettant ainsi de rester dans son milieu familial. Il se fait en général à travers une association qui s’assure du bon emploi des fonds versés au service de l’enfant. D’un côté, le parrainage peut toucher un soutien direct à un enfant démuni dans le monde, ou bien une correspondance liée à un don mutualisé, auprès de plusieurs enfants, d’une communauté, d’un projet. D’un autre, il offre une alternative à l’adoption dans un pays étranger, qui supposerait la rupture des liens de l’enfant adopté avec sa famille, sa culture et son pays.

c. Marginalité :
« Marginalité » signifie situation en marge de la société ou de la nature. Tout ce qu’une société peut apporter aux gens, la marginalité les en prive.

La marginalité est la différence. Il peut y avoir deux types, à savoir, la marginalité involontaire (celle du délinquant, de l’inadapté pathologique, de l’exclu social) ou à demi involontaire (celle du paysan, de l’artiste, du poète). C’est elle qui nous met «en marge », nous place en bordure du groupe humain, nous pousse à la lisière de l’espace communautaire, là où nos regards portent des deux côtés de la ligne que nos pas ont déjà franchie.

d. Pauvreté :
La pauvreté est l’état d’une personne qui est pauvre, indigente. Une personne en situation de pauvreté ne dispose pas des ressources matérielles suffisantes et vit dans des conditions qui ne lui permettent pas d’exister dignement selon les droits légitimes et vitaux de la personne humaine et qui la condamnent à survivre péniblement au jour le jour. En économie, il existe deux façons d’aborder la pauvreté : la pauvreté absolue et la pauvreté relative.

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↪︎ La pauvreté absolue est la situation des personnes qui ne disposent pas de la quantité minimale de biens et services permettant une vie normale. Pour l’Organisation des Nations Unies, un individu est dit en état de pauvreté absolue quand il n’a pas les moyens de se procurer un « panier » de biens considérés comme indispensables à sa survie. (ONU, 2002).
↪︎ La pauvreté relative s’établit par comparaison avec le niveau de vie moyen du pays dans lequel on se trouve. On détermine d’abord le revenu, revenu qui partage la population en deux parties égales. La pauvreté se définit alors par rapport à une proportion de ce revenu médian. La pauvreté relative est un des aspects des inégalités économiques et sociales. Elle est aussi source d’exclusion sociale.

La pauvreté est le manque d’argent, entraînant souvent des difficultés, pour se nourrir, s’habiller, se loger et ce, plus ou moins intensément, selon que l’on a éventuellement accès à des ressources naturelles valorisables. Cette évaluation de la pauvreté, du fait de sa simplicité, est couramment utilisée pour définir les individus pauvres et mesurer le taux de pauvreté d’une population .

e. Développement :
« Le développement est un processus complexe impliquant l’amélioration sociale, économique, politique et culturelle des individus et de la société elle-même. Par amélioration, nous entendons ici l’aptitude de la société à répondre aux besoins de la population sur le plan physique, émotif et créatif, à un niveau acceptable du point de vue historique et à libérer les humains de l’éternelle routine liée à la production des besoins essentiels » (Boudon R. et Bourricaud F., 1979). De ce fait, cette notion comporte donc l’amélioration du niveau de vie mais non une consommation ostentatoire, et implique une forme de société qui permet la distribution égale de la richesse sociale .

Selon le Rapport de la Commission Sud (RCS) dirigé par le Président JULIUS Nyerere : « Le développement est un processus qui permet aux êtres humains de développer leur personnalité, de prendre confiance en eux-mêmes et de mener une existence digne et épanouie. C’est un processus qui libère les populations de la peur du besoin et de l’exploitation et qui fait reculer l’oppression politique, économique et sociale. C’est par le développement que l’indépendance politique acquiert son sens véritable. Il se présente comme un processus de croissance, un mouvement qui trouve sa source première dans la société qui est elle-même en train d’évoluer. » (RCS, 2006/2007) .

Le PNUD a précisé que « Le principal objectif du développement humain est d’élargir la gamme des choix offerts à la population, qui permettent de rendre le développement plus démocratique et plus participatif. Ces choix doivent comprendre des possibilités d’accéder aux revenus et à l’emploi, à l’éducation et aux soins de santé et à un environnement propre ne présentant pas de danger. L’individu doit également avoir la possibilité de participer pleinement aux décisions de la communauté et de jouir des libertés humaines, économiques et politiques. » (PNUD, 2007/2008) .

f. La vulnérabilité :
La vulnérabilité explique la situation d’une ou plusieurs personnes qui ont primordialement des instabilités économique et sociale.

Le groupe vulnérable réunit tous les ménages dont le niveau se situe au voisinage du seuil de pauvreté sans toutefois dépasser, en moyenne, les deux tiers de ce seuil.

Table des matières

INTRODUCTION GENERALE
PREMIERE PARTIE : revue de la littérature et état des lieux
Chapitre I : approche conceptuelle et sociologique
Chapitre II : envergure d’intervention sociale du centre Manjakasoa
DEUXIEME PARTIE : capacité d’action de Manjakasoa et vulnérabilité des ménages
Chapitre III : caractéristiques de la population cible à travers les enquêtes
Chapitre IV : dynamique du parrainage
Chapitre V : approche évaluative
TROISIEME PARTIE: perspective d’intervention
Chapitre VI : réflexions critiques
Chapitre VII : expérience en travail social
Chapitre VIII : suggestions théoriques
CONCLUSION GENERALE
BIBLIOGRAPHIE

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