La filière bois-énergie et dégradation des écosystèmes forestiers en milieu périurbain

INTRODUCTION

Les forêts, en particulier les forêts périurbaines, jouent un rôle essentiel dans l’approvisionnement en bois de chauffe et en charbon de bois des grandes villes d’Afrique Centrale [1]. En République Démocratique du Congo (RDC), les ressources forestières couvrent environ 155,5 millions d’hectares. Selon les estimations, le bois-énergie couvre 92% de la consommation d’énergie du pays. Cependant, l’exploitation et la production du bois-énergie se font en grande partie de manière artisanale et se concentrent dans les zones périurbaines. Entre 2010 et 2015, la croissance de la population en milieu urbain est estimée à 4,5%.Cette croissance démographique a comme conséquence une demande croissante du bois-énergie entrainant ainsi une régression accrue des ressources forestières . Le manque de revenus stables serait l’une des raisons pour lesquelles la population se tourne vers des formes d’énergie peu chères et plus disponibles comme le bois-énergie.L’ile Mbiye est une réserve forestière gérée par l’Université de Kisangani. Elle subit actuellement une anthropisation sans précédent liée à la fabrication de charbons de bois. Cette pratique entraine la perte forestière périurbaine. En effet, selon [4] et [5], les pertes forestières sont élevées en RDC sont estimées à 0,32% par an soit 395 200 ha entre 2000 et 2010.
En vue de prévenir un désastre écologique imminent sur ce site, une étude scientifique s’est avérée indispensable en vue d’identifier le problème posé par la carbonisation des ressources phytogénétiques à l’île Mbiye et ainsi proposer des solutions. L’objectif de la présente étude est d’évaluer l’impact socio-économique et environnemental de la filière boisénergie sur la gestion de cette réserve. En effet, en RDC, le bois de feu constitue la source d’énergie la plus populaire vu le faible taux d’électrification du pays (6%). Sa collecte s’effectue de manière anarchique dans la forêt et sa transformation en charbon de bois constitue une réelle menace aussi bien pour les écosystèmes que pour la survie de l’homme. Cependant, certains auteurs considèrent l’activité charbonnière comme relevant de stratégies de survie pour les populations pauvres [6]. La présente étude a pour objectifs spécifiques suivants:
• Evaluer l’impact de la carbonisation sur les écosystèmes de l’île Mbiye ;
• Evaluer la rentabilité ou bénéfices issus de la carbonisation de bois dans le ménage de charbonnier.
• Proposer des stratégies pour la conservation/gestion durable des ressources phytogénétiques de cet écosystème insulaire.L’intérêt de cette étude est évident car elle permettrait d’évaluer l’impact des activités humaines sur cet écosystème dans un contexte de promotion du développement durable. En effet, le déboisement et la raréfaction des essences forestières utilisées dans la production de charbon de bois entraineraient la dégradation de cet écosystème forestier périurbain. Ainsi, la mise en place des activités alternatives et la création des plantations agro-forestières communautaires pourraient constituer la solution pour une gestion durable de cette réserve de l’ile Mbiye.

MATERIEL ET METHODES

DESCRIPTION DU MILIEU

Les enquêtes ont été réalisées à l’ile Mbiye (figure 1) situé à 3 km au sud-est de la commune Kisangani en amont des chutes Wagenia. C’est un écosystème insulaire de 14 km de longueur sur 4km dans sa partie la plus large. Habité par une mosaïque de tribus autochtones (Kumu, Mbole et Walengola). Situé près de l’équateur à 0°31’ de latitude nord et 25° de longitude est, l’ile Mbiye est situé dans la collectivité Malele/kikongo en amont du fleuve Congo et dans le quartier ile Mbiye qui s’étant des chutes Wagenia jusqu’à 21 km, en remontant le fleuve Congo. Elle est à une altitude de 390 m au-dessus de la mer.

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