Le rôle et l’implication de la famille dans la prévention de l’obésité et du surpoids infantiles

Le rôle et l’implication de la famille dans la prévention de l’obésité et du surpoids infantiles

Dans la théorie de Allen, la famille est intégrée dans les postulats tels que : « La santé est un phénomène familial » (Laizner, 2005, p. A15-A25) Le modèle de Allen conçoit « la famille comme un système, c’est à dire un ensemble d’éléments qui sont en interaction constante. La famille est une unité, on considère l’interdépendance de ses membres plutôt que leur individualité » (Gottlieb & Rowart, 1987, cité dans Paquette-Desjardins & Sauvé, 2008, p.24). En effet, selon Ball & Bindler (2010) La famille est considérée comme une ressource pour l’enfant car elle qui le connait le mieux ainsi que ses habitudes de vie. L’infirmière devra travailler en collaboration avec la famille pour permettre à l’enfant d’adopter des habitudes de vie saine et ainsi prévenir le surpoids ou l’obésité. La famille ressort comme un élément important dans les articles de recherche, c’est pourquoi la plupart des études demandent la participation active d’au moins un des parents.

Le modèle de Allen montre que « la personne apprend ce qu’est la santé en interagissant avec sa famille et, dans une plus large mesure, avec l’environnement » (Gottlieb & Rowart, 1987, cité dans Paquette-Desjardins & Sauvé, 2008, p.22). Les parents possèdent un rôle capital dans le renforcement des changements de mode de vie de leurs enfants comme le démontrent les résultats de l’article de Wong et Chang (2013) : En plus de l’entretien motivationnel (MI) donné aux enfants obèses du groupe MI, les conseils téléphoniques proposés aux parents par les infirmières scolaires peuvent influencer positivement le temps accordé aux activités physiques. Ceci-démontre que les parents ont un rôle important afin d’aider leurs enfants à adopter des comportements de vie sains. Le niveau d’activité physique était supérieur dans le groupe MI +. Les résultats semblent indiquer que la collaboration avec les parents permet aux enfants de dépenser au moins 500 calories de plus que le groupe MI. [traduction libre] De plus, l’étude de Speroni, Earley & Atherton, (2007) semble également indiquer que le soutien des familles est primordial pour les enfants. Il permet de mettre en place de manière durable des attitudes alimentaires saines ainsi que la pratique d’activité physique.

Epstein, Paluch, Roemmich & Beecher (2007) ont également évalué l’efficacité de l’approche comportementale basée sur la famille pour réduire l’obésité infantile. Ils ont conclu que l’engagement des membres influents de la famille est important pour les enfants afin de les aider à adopter des habitudes de vie visant à améliorer les résultats de santé. [traduction libre] (cité dans Wong & Cheng, 2013, p. 2525) Dans une précédente étude, Wong et al. ont constaté que les enfants avaient un sens élevé de l’autoefficacité s’ils avaient reçu les encouragements de leurs parents. [traduction libre] (Wong & Cheng, 2013). L’engagement des membres influents de la famille ressort donc comme un élément essentiel afin d’aider les enfants à adopter des habitudes de vie visant à améliorer leur santé. Afin que les membres de la famille s’investissent, il faut leur en donner les capacités, notamment les connaissances de base sur un mode de vie sain et les facteurs de risque menant à l’obésité.

L’article de Speroni, Earley & Atherton, (2007) mentionne que les infirmières scolaires devraient fournir des conseils alimentaires aux parents afin qu’ils comprennent l’importance d’une alimentation saine et de l’activité physique [traduction libre] (p. 334) Dans l’étude de Jacobson & Mazurek Melnyk, (2012), après avoir terminé le programme Healthy Choices Intervention (HCI), les scores obtenus par les parents concernant l’activité physique et les connaissances en nutrition ont augmenté de manière significative. (16-19.6 nutrition, activité 10.24- 11.8) [traduction libre] A la fin du programme HCI, les parents semblent être confiants dans leur capacité à mener une vie saine. De plus, leur niveau d’anxiété a fortement diminué passant de 62.12 à 50.07. Cette diminution reflète une plus grande compréhension et la capacité à intégrer les techniques Cognitive Behavior Skills Building (CBSB) de réduction du stress (par exemple, la méditation et la respiration profonde) et les exercices de pensée positive de manière quotidienne. L’interventionniste a noté qu’un certain nombre de parents a déclaré qu’il était utile d’avoir quelqu’un à qui parler de leurs obstacles à mener une vie saine.

L’étude de Larsen, Mandleco, Williams & Tiedeman (2006) met en avant que les infirmières offrent une bonne éducation en ce qui concerne la nutrition, la pratique physique et l’importance du rôle parental. Cependant, ce dernier est plus difficile à aborder pour la majorité, de peur d’offenser les parents [traduction libre] (p.75) L’article de Jacobson & Mazurek Melnyk, (2012), indique également l’influence des parents concernant le mimétisme au niveau du poids : Les parents dans cette étude étaient majoritairement en surpoids, obèses ou souffrant d’obésité morbide (94%), ce qui augmente le risque pour l’enfant de devenir en surpoids ou obèses. [traduction libre] (Whitaker, 2004, cité dans Jacobson & Mazurek Melnyk, 2012, p. 134). Il a également été démontré que le changement de poids des parents prédit le changement de poids de l’enfant dans les traitements de l’obésité. [traduction libre] (Wrotniak, Epstein, Paluch & Roemmich, 2005, cité dans Jacobson & Mazurek Melnyk, 2012, p.134) La difficulté de s’investir sur le long terme a également été mise en lumière : Selon les parents et les enfants, le programme de prévention HCI demande une implication permanente. Effectivement, pour tendre à un changement au niveau du processus cognitif, les participants devaient effectuer des exercices quotidiennement. Malgré cette approche demandant un investissement élevé, ils ont trouvé le programme HCI informatif et utile. [traduction libre] (Jacobson & Mazurek Melnyk, 2012, p.132)

Effectuer des changements de vie durables, changements de mode de vie

Selon Allen, la personne bénéficie d’un état de santé optimal lorsqu’elle ne souffre d’aucune maladie et qu’elle adopte des comportements de santé positifs (Gottlieb & Rowart, 1987, cité dans Paquette- Desjardins & Sauvé, 2008, p.22). L’emploi d’un cadre d’apprentissage aide à centrer l’attention sur l’interaction entre l’individu et son environnement et permet à l’infirmière d’aider les clients à explorer et à manipuler leur environnement pour qu’ils puissent apprendre de nouveaux moyens d’adaptation à leur situation et adopter un mode de vie plus sain. (Laizner, 2005, p. A15-A25) Les meilleures preuves indiquent que les interventions pour l’enfant en surpoids et obèse comprennent les éléments complets de la nutrition, l’activité physique, CBSB ou la modification du comportement, la participation des parents, et le contenu psychosocial. [traduction libre] (Whitlock, O’Connor, Williams, Beil, & Lutz, 2008, cité dans Jacobson & Mazurek Melnyk, 2012, p.135) Avec le programme HCI, les enfants ont démontré une augmentation des scores concernant la nutrition, l’activité physique et les connaissances sur un mode de vie sain. Ceci permettant une augmentation du score de l’estime de soi de plus de trois points. Les augmentations étaient statistiquement (BMI 26.09-25.08 nutrition 6.35-10, concept de soi 49.94-53, dépression 50.47-45.93, comportements 56.53-71) et cliniquement significatives.

Lire sur cLicours.com :  Les programmes d'intervention psychologique en milieu universitaire

L’intervention a particulièrement réussi à changer les comportements cibles. [traduction libre] (Jacobson & Mazurek Melnyl, 2012, p. 131) Il ressort de l’article de Williams, Fournier, Coday, Richey, Tylavsky & Hare (2012) que les enfants en bonne santé physique vivraient moins de rejet par les pairs et aurait une estime de soi plus élevée. [traduction libre] (p. 829) Cependant, les prestataires s’inquiètent plutôt des facteurs alimentaires au détriment de l’activité physique. Ceci est préoccupant car l’obésité est une maladie multifactorielle. [traduction libre] Les résultats de l’étude de Jacobson & Mazurek Melnyk (2012) confirment la tendance d’un focus sur l’alimentation au détriment de l’activité physique. L’obésité est un concept multifactoriel qui a bien été compris et utilisé dans l’étude de Speroni, Earley & Atherton, (2007) : Les résultats positifs de l’étude, notamment au niveau de la diminution du score de l’IMC visent à mettre en oeuvre des programmes d’apprentissage cognitif pour traiter l’obésité chez les enfants. Le programme a souligné une stratégie multidimensionnelle de l’alimentation saine, la promotion de l’exercice, et l’implication de la famille dans le processus de l’évolution des modes de vie chez les jeunes enfants. [traduction libre] Le modèle de Allen précise que, « pour se développer, la personne doit reconnaître son potentiel et le mobiliser, constituer des ressources et déterminer ses buts » (Gottlieb & Rowart, 1987, cité dans Paquette-Desjardins & Sauvé, 2008, p.25). « Le rôle principal de l’infirmière consiste à susciter la motivation de la personne/famille à s’engager dans le processus d’apprentissage de meilleures habitudes de vie » (Gottlieb & Rowart, 1987, cité dans Paquette-Desjardins & Sauvé, 2008, p.25). Miller et al (2010) ont trouvé que l’entrevue motivationnelle (MI) était efficace pour effectuer des changements positifs dans les comportements liés à la santé. [traduction libre] (Miller et al., 2010, cité dans Wong & Cheng, 2013, p.2520)

L’article de Wong et Cheng (2013) a mis ce focus à l’étude : L’entretien motivationnel est une approche qui fonctionne sur le renforcement de la motivation intrinsèque au changement par l’exploration et la résolution de l’ambivalence et la promotion de la confiance des clients dans leur capacité à modifier leur comportement. [traduction libre] L’entretien motivationnel est une méthode de « counseling » axé sur le client pour susciter un changement de comportement. [traduction libre] (Miller & Rollnick, 2002, cité dans Wong & Cheng, 2013) Cibler les comportements liés au poids conduit à une diminution de l’apport calorique des aliments et une augmentation de l’exercice physique. L’entretien motivationnel propose une technique appropriée pour encourager le changement de comportement des enfants obèses. L’approche motivationnelle peut aider les enfants à améliorer leur mode de vie en les encourageant à trouver leurs propres moyens et leurs propres solutions. [traduction libre] (Suarez & Mullins 2008, cité dans Wong & Cheng, 2013) Les deux groupes MI et MI + ont montré une amélioration significative dans leur comportement alimentaire et physique, démontrant, l’efficacité de l’intervention. Comparativement au groupe contrôle, les groupes ayant eu les interventions ont réduit leurs apports caloriques moyens de presque 400 calories.

Il y a également eu une augmentation significative dans les calories moyennes consommées en raison d’une augmentation de l’exercice physique et dans les mesures anthropométriques. [traduction libre] (Wong & Cheng, 2013, p.2524) L’article de Jacobson & Mazurek Melnyk (2012) démontre également l’utilité de susciter la motivation au changement : Le soutien motivationnel aux enfants et aux parents les aide à reconnaître leurs propres comportements malsains et encourage la résolution de problèmes afin de développer des objectifs pour des habitudes de vie saines. [traduction libre] La théorie cognitive prédit que le programme HCI permettrait de renforcer et d’accroître non seulement des connaissances aux enfants sur les styles de vie sains, mais aussi les croyances qu’ils ont au sujet de leur capacité à mener un style de vie sain. [traduction libre] (Jacobson & Mazurek Melnyk, 2012, p. 132) La conviction de l’enfant dans sa capacité à adopter un mode de vie sain peut arbitrer ce changement de poids. « L’apprentissage se traduit par l’adoption d’un nouveau comportement ou la modification d’un comportement à la suite d’interaction avec l’environnement. Lors d’un apprentissage, un changement concret peut être observé dans le savoir, le savoir-être ou encore le savoir-faire de la personne/famille » (Gottlieb & Rowart, 1987, cité dans Paquette-Desjardins & Sauvé, 2008, p.28).

Table des matières

1 Introduction
2 Problématique
2.1 Théorie de Moyra Allen
2.2 Contexte clinique
2.3 Concepts
2.3.1 Enfant de 6 à 12 ans
2.3.2 Estime de soi
2.3.3 Qualité de vie
3 Question de recherche
4 Méthode
4.1 Base de données
4.1.1 Descripteurs
4.1.2 Critères d inclusion et d exclusion
4.1.3 Equations de recherche
4.2 Les 7 articles séléctionnés
5 Analyse
5.1 tableaux d analyse
5.2 Synthèse de l analyse
6 Discussion
6.1 Résumé des résultats
6.2 Limites du travail
6.3 Caractère généralisable des résultats
6.4 Confrontation des résultats avec la question de recherche
6.5 Mise en perspective des résultats avec la littérature
6.6 Implication pour la pratique et la recherche
Conclusion

Cours gratuitTélécharger le document complet

Télécharger aussi :

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée.