Les systèmes volcano-plutoniques d’Ampasindava dans le contexte gondwanéen

Les systèmes volcano-plutoniques d’Ampasindava dans le contexte gondwanéen

Les provinces alcalines sont généralement liées à une distension associée à un rift. Dans le cas de la province alcaline d’Ampasindava, la mise en place des divers corps volcano – plutoniques serait compatible à une configuration régionale d’un vaste champ volcanique du Cénozoïque (Ampasindava – Nosy Be – Nosy Mitsio) au Pléistocène et Actuel (les Iles Comores). Le massif de Manongarivo fait partie intégrante du champ volcanique du Cénozoïque de l’Ambre – Ankaizina (PGRM, 2008). Il est alors, avec le Massif de Tsaratanana, sur la structure distensive majeure N130 réactivée lors du départ et de la séparation de l’Inde du Gondwana entre 165 et 100 Ma. Sur cette même structure distensive N130 sont également alignés les systèmes volcano-plutoniques d’Ampasindava dont les plus importants sont le Massif de Manongarivo, l’Intrusion d’Ambohimirahavavy et le Massif d’Andranomatavy (figure 1). Ils ont la même morphologie elliptique NW – SE et la même configuration géologique annulaire. Le Massif de Tsaratanana et le Massif d’Ambre sont sur la structure distensive N – S également réactivée lors de cette séparation de l’Inde de Madagascar. Et il est relevé des cartes géologiques et des images satellitales deux linéaments parallèles N 30 qui auraient contrôlé la configuration de la Baie d’Ampasindava tel que : – l’une est jalonnée par le Massif de Bezavona, l’Intrusion d’Ambohimirahavavy et le champ volcanique de Nosy Be ; – l’autre aligne le Massif de Manongarivo, les intrusions d’Ankify et le champ volcanique de Nosy Mitsio. Sauf le Massif de Tsaratanana qui est intrusif sur le socle cristallin, ces divers corps volcano – plutoniques et volcaniques sont intrusifs dans les sédiments de faciès mixte de l’Isalo (Karoo) du Jurassique Inférieur terminal (Lias Supérieur) et du Jurassique Moyen avec une alternance de grès, schistes et marne. Toutefois, tous ces volcans et tous ces champs volcaniques et volcano – plutoniques se sont mis en place durant le Cénozoïque. La récurrence de la nature des laves est assez constante : trachyte, rhyolite, basalte et, pour les corps volcano – plutoniques, leurs équivalents grenus. Les volcans qui ont façonné les Iles de l’Archipel des Comores ne se seraient pas mis en place suivant le rift d’ouverture de l’Océan Indien (relaté par Perzo – Lafond, 2014) mais serait plutôt à lier aux accidents tectoniques associés qui auraient affecté le Nord-Ouest de Madagascar (Ampasindava). Les volcans de Madagascar sont du Néogène tandis-que ceux des Comores sont du Quaternaire et le Karthala (Grande Comores) est actif à nos jours. Ce mécanisme d’alignement de volcans et de corps volcano – plutoniques et ce, dans le respect de la consécutivité des âges suivant un sens bien défini, est compatible avec l’évolution d’un point chaud (hotspot). Dans le cas qui nous concerne, il peut être envisagé deux ou trois points chauds qui auraient évacué les mêmes magmas ; lesdits magmas ayant été canalisés et évacués grâce à des failles simultanément réactivées lors du début de la phase finale de l’insularisation de Madagascar (séparation de l’Inde et première incursion de la mer sur la côte Nord – Ouest de la future Ile). Dans cette optique, – un des points chauds aurait eu un déplacement virtuel (effectivement, c’est la croûte terrestre qui aurait eu un déplacement par rapport au point chaud qui est considéré comme fixe dans le manteau supérieur) du Sud-Est vers le Nord-Ouest sur le linéament Tsaratanana – Archipel des Comores et – un autre point chaud (ou deux relativement contigus) aurai(en)t eu un déplacement virtuel du Nord vers le Sud (ou l’un du Nord  Nord Est vers le Sud – Sud Ouest et l’autre du Nord vers le Sud). Ces possibilités de déplacement relatif de points chauds pourraient être considérées comme au respect du déplacement de Madagascar vers le Sud suivant la ride de Davie après sa séparation de l’Afrique tout en observant une rotation senestre. Les corps volcano – plutoniques de la Presqu’Ile d’Ampasindava sont intrusifs dans la couverture sédimentaire de la Makay (Isalo III) du Bajocien – Bathonien (Razafimbelo, 1987) avec de bas en haut: – des grès, argiles et conglomérat continental du Makay I du Trias Moyen; – le complexe argilo-gréso-calcaire du Makay II (Lias) et des grès à lentilles d’argile gréseuse du Makay III (Lias) ; – d’argile et calcaire du Bajocien – Bathonien ;

L’Intrusion d’Ambohimirahavavy

L’Intrusion d’Ambohimirahavavy est l’entité magmatique volcano – plutonique qui intéresse les efforts d’exploration des terres rares de TREM. La carte de la figure 2 suivante montre que l’Intrusion d’Ambohimirahavavy qui est de forme globalement en ellipse d’allongement Nord Est – Sud Ouest aurait été constituée selon les déroulés successifs de deux grandes époques volcaniques : – d’une première époque volcanique à l’origine de la formation de deux caldeiras ayant émis les mêmes laves de nature hyperalcaline (Rakotovao, 2009) de la Suite d’Ampasindava au Néogène Inférieur (PGRM, 2008). Les deux caldeiras sont voisines. Proviennent – elles d’une même chambre magmatique (générée par le même point chaud) ou de deux chambres magmatiques différentes (générées par deux points chauds distincts) pouvant ne pas être proches. Dans ce dernier cas, les voies de remontée du magma pourraient avoir des caractères de conduits qui, vers la surface, convergeraient. Leur structure en chaudron leur a valu l’appellation de Caldeira : morphologie positive circulaire dont l’intérieur est en dépression à fond plat. Cette configuration géomorphologique résulte de la consécutivité de trois mécanismes :  vidage partiel ou total de la chambre magmatique sous – jacente après évacuation de son contenu durant les éruptions ;  effondrement de toit de la chambre magmatique soit par effet piston (surcharge lithostatique) soit dû à l’altération hydrothermale au niveau de la (des) cheminée(s) volcanique(s). L’effondrement provoque des ruptures physiques des matériaux géologiques qui définissent une faille en anneau (ring fault) qui limite la caldeira ;  une partie du reste du liquide au sein de la chambre magmatique emprunte ainsi la faille en anneau pour former le filon annulaire vertical grenu. La remontée se fait soit par effet de siphonnage soit par surpression exercée par les matériaux effondrés. Ce filon annulaire vertical est, en terme morphologique, une falaise formant une véritable muraille de très grande hauteur de commandement. Pour la commodité, la dénomination de « Caldeira d’Ampasibitika » désigne la Caldeira du Sud Est et d’appeler « Caldeira du Bongomirahavavy » la deuxième qui constitue la partie Nord-Ouest de l’Intrusion d’Ambohimirahavavy. – d’une deuxième époque volcanique plus récente à l’origine des formations du Groupe d’Ankaizina au Néogène Supérieur (PGRM, 2008) avec  un dôme rhyolitique à nodules d’obsidienne au centre de la Caldeira d’Ampasibitika ;  des coulées de trachyte et de rhyolite émise depuis le dôme rhyolitique et s’épanchant vers le Nord-Ouest pour être arrêtées par la partie Ouest du filon annulaire syénitique de la Caldeira du Bongomirahavavy. Elles ont été appelées « Coulées volcaniques de Tsarabariabe » par de Saint-Ours, 1956. La carte de la figure 3 exprime la répartition des formations géologiques constituant les deux Caldeiras de l’Intrusion d’Ambohimirahavavy. La carte de la figure 4 a été élaborée par l’interprétation géologique des données aéromagnétiques et de laquelle ont été relevés les linéaments de discontinuité magnétique compris étant relatifs à la tectonique cassante. 

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