Analyse des contraintes pour une transition vers des systèmes de culture agro écologiques

Le milieu biophysique

La dégradation de l’environnement dans la commune de Notto est à l’instar de tout le plateau de Thiès. Les cycles de sécheresses persistantes depuis les années 1970, expliquent en partie les problèmes environnementaux dont les conséquences se traduisent par la diminution des ressources hydriques, perturbant l’accès des populations à l’eau. La baisse de la pluviométrie entraîne un déficit des eaux de surface et un faible taux d’infiltration. Cela se répercute fortement sur les activités productives villageoises et le taux du couvert végétal. Or, la végétation joue le rôle d’une véritable éponge. Sa disparition diminue considérablement l’infiltration. Les sols latéritiques se durcissent. L’eau ruisselle abondamment et plus vite sur la cuirasse squelettique, aggravant l’érosion différentielle (SY, 2013), c’est-à-dire que sur une même structure on a un niveau d’érosion différent. Les couches les plus dures seront plus en relief pendant que les couches les plus tendres seront plus érodées. L’ampleur de la dégradation des ressources hydriques, du couvert végétal et des sols, explique les nombreuses interventions des ONGs, des projets de développement, des structures étatiques et des instituts de recherche. L’essentiel des projets portent sur la restauration et la protection des milieux naturels dégradés et sur l’amélioration de la productivité des terres.

Agriculture biologique

L’agriculture biologique est un système de production qui maintient et améliore la santé des sols, des écosystèmes et des personnes. Elle s’appuie sur des processus écologiques, la biodiversité et des cycles adaptés aux conditions locales, plutôt que sur l’utilisation d’intrants ayant des effets adverses. L’agriculture biologique allie tradition, innovation et science au bénéfice de l’environnement commun et promeut des relations justes et une bonne qualité de vie pour tous ceux qui y sont impliqués .
L’agriculture biologique constitue un mode de production qui trouve son originalité dans le recours à des pratiques, culturales et d’élevages, respectueuses des équilibres naturels. Ainsi, elle exclut l’usage des produits chimiques de synthèse, des OGM et limite l’emploi d’intrants.
Elle s’attache au recyclage des matières organiques, à la rotation des cultures et à la lutte biologique . Ces deux définitions sont donc très proches, la première mettant l’accent sur des aspects plus généraux alors que la deuxième s’accentue plus sur des aspects techniques. Mais tout compte fait on note dans les deux définitions l’exclusion d’intrants chimiques.

Agricultures conventionnelles

C’est l’agriculture au sens large (comprenant l’élevage) des pays industriels et des grandes exploitations des pays émergents ainsi que celle de la “Révolution verte” (par exemple, l’intensification de la production agricole en Asie par l’irrigation et les intrants chimiques).
Ces agricultures sont caractérisées par l’emploi de variétés à haut rendement, l’utilisation intensive d’engrais et de produits phytosanitaires, ce qui les rend fortement utilisatrices d’intrants chimiques, quelquefois d’irrigation, presque toujours de crédit et équipement et elles sont donc intensives en capitaux. Dans les versions motorisées, elles utilisent intensivement de l’énergie fossile. L’élevage dit intensif est caractérisé par des races améliorées, une alimentation fortement énergétique, une protection sanitaire étendue et un espace vital souvent restreint. Dans tous les cas, les techniques sont fondées sur un “forçage” des systèmes biologiques par des intrants externes ayant un contenu élevé en produits issus de chimie de synthèse et en énergie (AVSF, 2012).

Agro écologie

L’agroécologie est un concept qui donne une orientation, mais dont la définition demeure polysémique. Il n’existe donc pas une seule manière de définir et de travailler sur l’agro écologie (Stassart et al, 2012). Selon Gliessman (1998), cité par Stassart et al. (2012), l’agroécologie est l’application de l’écologie à l’étude, la conception et la gestion des agroécosystèmes durables. Pour Buttel (2003), cité par Stassart et al. (2012) elle est l’application de l’écologie à l’étude, la conception et la gestion des systèmes agroalimentaires.
Elle est par définition une pratique interdisciplinaire qui implique une redéfinition des frontières scientifiques et sociales, ce qui constitue un défi intellectuel majeur pour la recherche en agronomie. Selon AVSF, il s’agit à la fois d’une science et d’un ensemble de pratiques :
« En tant que science, l’agro écologie est l’application de la science écologique à l’étude, à la conception et à la gestion d’agroécosystèmes durables ».
« En tant qu’ensemble de pratiques agricoles, l’agro écologie recherche des moyens d’améliorer les systèmes agricoles en imitant les processus naturels, créant ainsi des interactions et synergies biologiques bénéfiques entre les composantes de l’agroécosystème. Elle permet d’obtenir les conditions les plus favorables pour la croissance des végétaux, notamment en gérant la matière organique et en augmentant l’activité biotique du sol (AVSF ,2012).
Par ailleurs, pour certains auteurs et dans certains lieux, l’agro écologie est aussi un mouvement social. Au-delà des techniques respectueuses de l’environnement, il met l’accent sur l’autonomie des exploitations obtenue par une réduction du recours aux intrants externes et les circuits courts, la transformation alimentaire locale et la pratique poussée des recyclages. L’équité et le soutien aux agricultures locales sont aussi dans les principes de ces mouvements mais sont également affirmés par les scientifiques cités ci-dessus (AVSF, 2012).
Dans le cadre de notre étude nous avons pris en compte les trois dimensions de l’agro écologie, à savoir une discipline scientifique, un ensemble de pratiques, et un mouvement social. Seulement dans les aspects pratiques nous avons exclu le recours aux intrants chimiques.

LIRE AUSSI :  Quelques notions sur la restauration forestière 

Agriculture Saine et durable 

L’Agriculture durable est généralement définie comme un mode d’exploitation qui répondrait aux besoins du présent sans compromettre la capacité des générations futures à répondre aux leurs. Elle accorde une place centrale aux méthodes et techniques qui améliorent la productivité des sols tout en minimisant les effets néfastes sur le climat, les sols, l’eau, l’air et la biodiversité ainsi que sur la santé humaine (GIZ, 2016). C’est donc, aussi une forme d’agriculture intègre aussi les lois de la cohabitation écologique avec la nature.

Table des matières

Introduction 
CHAPITRE I : PROBLEMATIQUE 
CHAPITRE II : CONTEXTE
I. Contexte de l’étude
1. Situation géographique de la commune de Notto
2. Le milieu biophysique
2.1. Le relief
2.2. Les sols
2.3. Le climat
2.3.1. La pluviométrie
2.3.2. Les températures
2.4. La végétation
3. Les données socio-économiques
3.1. La population
3.2. L’élevage
3.3. L’agriculture
CHAPITRE III : CADRE CONCEPTUEL
CHAPITRE IV : METHODE D’ETUDE 
1. La revue documentaire
2. L’échantillonnage
3. L’enquête
4. L’entretien
5. Traitement et analyse des données
CHAPITRE V : RESULTATS 
1. Présentation des systèmes de culture
1.2. Analyse du système agricole conventionnel
2.2. Analyse du système agro écologique
2. L’avis des consommateurs
CHAPITRE VI : DISCUSSION
1. Les contraintes d’une transition du système conventionnel vers l’agro écologie
2. Les contraintes dans le système agro écologique
2.1. Les contraintes décelées par les producteurs
2.2. Les contraintes décelées par les consommateurs
Conclusion et recommandations
Références Bibliographiques
Webographie 
Annexe 

Télécharger le rapport complet

Télécharger aussi :

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *