ANALYSE SOCIOECONOMIQUE DE LA FILIERE DES COQUILLAGES DANS LA COMMUNE DE PALMARIN (FATICK, SENEGAL)

ANALYSE SOCIOECONOMIQUE DE LA FILIERE DES COQUILLAGES DANS LA COMMUNE DE PALMARIN (FATICK, SENEGAL)

En Afrique de l’Ouest, les coquillages représentent une ressource d’intérêt majeur tant pour la sécurité alimentaire (36 à 58% de protéines animales) que pour les revenus qu’ils procurent aux populations côtières (IRD, 2011). Les ressources conchylicoles et les activités liées à leur exploitation représentent un véritable patrimoine des pays du littoral ouest africain (MOITY-MAÏZI et al, 2010). Elles génèrent des revenus pour les femmes en particulier et participent à l’alimentation des populations locales. Au Sénégal, l’exploitation des coquillages relève du secteur de la pêche artisanale, principale composante de la pêche maritime avec 396 053 tonnes des débarquements en 2017 et 360 632 tonnes en 2018 soit une baisse de 8,9% entre 2017 et 2018 (ANSD, 2020). Les débarquements de la pêche artisanale sont essentiellement constituées de poissons, suivis des mollusques et des crustacés. Comparativement à l’année 2017, les quantités de poissons et de crustacés débarquées ont enregistré des replis respectifs de 9,7% et de 39,8% entre 2017 et 2018. En revanche, celle des mollusques a augmenté de 10,9% sur la période sous-revue. La production d’huître qui a connu une baisse d’un peu plus de 75% en 2016, a conservé la tendance des années antérieures (2014, 2015) dans plus ou moins les mêmes proportions, tandis que celle des arches reprend de l’aile avec une hausse de 27,0% en 2016.

Dans le delta du Saloum, depuis les temps protohistoriques, les activités de collecte et de transformation des coquillages occupent une place centrale dans les différentes activités pratiquées dans les villages littoraux. La présence des vasières entourées de mangroves favorise l’abondance des ressources conchylicoles. Ainsi, au niveau de la Réserve Naturelle Communautaire de Palmarin (RNCP), une large part des revenus des femmes des villages de Ngallou, Ngounoumane, Diakhanor et Djiffer est issue de la vente des coquillages exploités et transformés.

PRESENTATION DE LA ZONE D’ETUDE

La commune de Palmarin Facao est une presqu’île bordée au Nord par la commune de Fimela, à l’Ouest par l’océan Atlantique et à l’Est par le Delta du Saloum, qui la sépare des villages insulaires de l’arrondissement de Niodior. Sa partie Sud forme une excroissance qui se termine à la Pointe de Sangomar entre l’océan et le delta du Saloum (DAMCP, 2014). Elle est localisée entre 13°35 et 14°15 de Latitude Nord et 16°03 et 16°50 de Longitude Ouest. Palmarin, plus connu en sérer sous le nom de Juwaala est une contrée issue de l’héritage culturel des anciens royaumes du Sine Saloum. En 2001, tout le territoire communal de Palmarin est érigé en Réserve Naturelle Communautaire. La RNCP a été créée suite à la délibération N° 10 /CRP du Conseil Rural en date du 15 mai 2001 (annexe 1) avec un règlement intérieur N° 000347/MEPN du 27 janvier 2003 (annexe 2) comme outil de gestion. Elle couvre une superficie de 10430 ha. Elle est partie intégrante de la Réserve de Biosphère du Delta du Saloum.

HABITATS NATURELS ET ESPECES

La zone de Palmarin se caractérise par une végétation de type soudano-guinéen dans sapartie terrestre et de bolongs bordés de forêts de mangrove dans sa partie estuarienne. Les vasières et les plans d’eau constituent des sites d’hivernage et de gagnage d’oiseaux d’eau migrateurs et afro tropicaux, parfois en colonie. Elle recèle aussi d’une importante population d’oiseaux sédentaires qui sont observés toute l’année (DAMCP, 2014). – les sols Dior ou ferrugineux tropicaux lessivés qui représentent 12% de la superficie de la commune de Palmarin Facao, soit moins de 1000ha (DPN, 2010), se localisent dans la partie Nord-Est. Ces sols ferrugineux tropicaux de nature meuble et perméable sont très favorables aux cultures pluviales (mil, niébé et arachide), au maraîchage, à l’arboriculture et à l’élevage. – les sols halomorphes ou tannes constituent plus de 85% du terroir (NDIAYE, 2017). On les rencontre tout le long des bolongs dans toute la partie Sud-Est et au- delà (Nord-Est). Les tannes sont des sols halomorphes acides et hyper salés. Par ailleurs, en période de haute marrée ces sols sont occupés par les eaux qui, au retrait, laissent de fines couches de sel non exploitables.

La commune de Palmarin (données zone Fimela) a enregistré une moyenne pluviométrique de 717,9 mm en 42 jours durant la décennie 2006-2015 (figure 3). Le maximum de 933 mm en 55 jours est noté en 2007 alors que 2014 correspond au minimum pluviométrique de 341,7 mm en 28 jours avec un déficit de 52,4 % (figure 3). Malgré une pluviométrie relativement bonne durant cette décennie avec 7 années excédentaires, la Figure 3 atteste – l’Océan Atlantique occupe toute la façade Ouest de Palmarin et offre de très belles plages et une présence massive de ressources halieutiques, ce qui favorise des activités de tourisme et de pêche. Le courant froid des Canaries associé au contre-courant chaud équatorial favorise les remontées d’eaux froides près des côtes. Ces eaux froides sont très riches en éléments nutritifs permettant un développement massif de phytoplancton, la zone est ainsi particulièrement poissonneuse (SABINOT, 2003).

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