ANALYSE SOCIOECONOMIQUE DE LA FILIERE DES COQUILLAGES

ANALYSE SOCIOECONOMIQUE DE LA FILIERE DES COQUILLAGES

RESSOURCES HYDRIQUES

Les ressources en eau sont diverses et variées (MSA, 2011): – le bras de mer du Saloum traverse la commune dans toute sa partie Sud-Est et la sépare de la commune de Dionewar. Il présente une très forte teneur en sel surtout en saison sèche, ce qui permet de pratiquer l’extraction du sel. Par contre, cette même caractéristique est facteur d’extension des terres salées (tannes). Le fleuve se divise, à son embouchure, en plusieurs bras occasionnant l’existence de nombreuses îles; – l’Océan Atlantique occupe toute la façade Ouest de Palmarin et offre de très belles plages et une présence massive de ressources halieutiques, ce qui favorise des activités de tourisme et de pêche. Le courant froid des Canaries associé au contre-courant chaud équatorial favorise les remontées d’eaux froides près des côtes. Ces eaux froides sont très riches en éléments nutritifs permettant un développement massif de phytoplancton, la zone est ainsi particulièrement poissonneuse (SABINOT, 2003). – les mares temporaires : le nombre de mares temporaires se réduit aujourd’hui à six (06) dont quatre (04) sont localisées dans la zone de Ngoudoumane et Ngueth.

MILIEU HUMAIN

CARACTERISTIQUES DEMOGRAPHIQUES 

REPARTITION PAR VILLAGE

La population de la commune de Palmarin s’élevait en 2017 à 10 616 habitants (SRSDF, 2018). Cette population est inégalement répartie sur l’étendue communale. Le village de Diakhanor compte à lui seul 5 377 habitants soit plus de 50,6% de la population communale (Figure 4). Le hameau de Djiffer regroupe à lui seul environ 85% de la population de Diakhanor avec 4560 habitants. Les autres villages les plus peuplés sont Sessène (1748 habitants) et Ngounoumane (1457 habitants). Le village de Nguethie est le moins peuplé avec 955 habitants. Figure 4 : Répartition de la population de la commune de Palmarin par localité SOURCE : Service Régional de la Statistique et de la Démographie de Fatick (SRSDF) (2018)

REPARTITION PAR AGE

La pyramide des âges montre que la tranche jeune (0-35 ans) domine la population de la commune de Palmarin avec 6545 personnes soit 70,2 % de l’effectif total (Figure 5). Le groupe d’âge des 36-65 ans représente 22% de la population et les personnes âgées de plus 5377 1748 1457 1079 955 0 1000 2000 3000 4000 5000 6000 Population 11 de 65 ans 7,8 % de la population. La population active (15-65 ans) est de 5538personnes, soit 59,4 % de l’effectif total. Figure 5 : Pyramide des âges de la commune de Palmarin SOURCE : (ANSD, 2013)

REPARTITION PAR GENRE

A Palmarin, le rapport de masculinité correspond à 130 hommes pour 100 femmes (ANSD, 2013). La forte présence des hommes, surtout des jeunes peut s’expliquer par l’exode des jeunes filles vers Dakar et autres centres urbains, aussi par l’arrivée massive de jeunes pêcheurs migrants à Djiffer. A partir de 65 ans, la prédominance des femmes est notée avec 50 hommes pour 100 femmes entre 90-94 ans et 65 hommes pour 100 femmes entre 65-69 ans. Cette supériorité des femmes dans cette tranche d’âge est sans doute liée entre autres à l’espérance de vie plus élevée chez les femmes avec 65,8 ans contre 63,5 ans chez les hommes pour une moyenne nationale de 64,7 ans (ANSD, 2013). 1 000 500 0 500 1 000 0-4 ans 10-14 ans 20-24 ans 30-34 ans 40-44 ans 50-54 ans 60-64 ans 70-74 ans 80-84 ans 90-94 ans 100-104 ans 110-114 ans Populations Tranches d’âge FEMMES HOMMES 

ETHNIES ET RELIGIONS

L’ethnie majoritaire est Sérère avec 95 % de la population. On peut toutefois rencontrer des Wolof, des Peuls, des Diolas et aussi des Manjaques (NDIAYE, 2017). La religion dominante est le Christianisme avec plus de 70% de chrétiens. L’Islam vient en seconde position et ses fidèles sont particulièrement localisés dans les villages de Ngallou et de Djiffer où ils sont majoritaires (PDC, 2017). 

ACTIVITES SOCIOECONOMIQUES

La commune de Palmarin dispose d’atouts et de potentialités énormes dans les secteurs de la pêche et de l’agriculture. Cette dernière est la première activité économique de la commune de Palmarin. Elle emploie près de 60 % de la population (PDC, 2017). Les principales spéculations sont le mil, le sorgho, le riz, l’arachide et les cultures maraichères telles que la tomate, l’oignon, l’aubergine, la patate douce, etc. Quant à la pêche, elle emploie plus de 40% de la population (PDC, 2017) qui en fait la deuxième activité économique. La commune a accès à l’océan atlantique par le bras de mer du fleuve Saloum et à sept bolongs qui inondent les estuaires de mangroves. Les populations de Palmarin procèdent aussi à la transformation des produits halieutiques, pour l’essentiel, les mollusques et les crustacés. La transformation de ces produits par séchage, fumage, salage et fermentation reste encore artisanale. Elle se fait traditionnellement et dans des conditions précaires faute d’unités de transformation et de conservation. La production obtenue est très importante aussi bien en produits halieutiques frais (soit environ 26 940,7 Kg durant la période de Janvier à Juin 2021) qu’en produits transformés (soit environ 1 948,5 Kg durant la période de Janvier à Juin 2021). Les coquillages transformés sont constitués essentiellement de 78,2% d’Arches, 11,5% d’Huitres, 6,8% de Volutes et 3,5% de Mélongène. L’essentiel des produits frais est vendu à Djiffer et au quai de pêche de Diakhanor, alors que ceux transformés sont écoulés dans les différents marchés hebdomadaires et les centres urbains du pays voire de la sous-région. En plus de l’agriculture et de la pêche, les populations de la commune de Palmarin s’adonnent aussi à l’élevage, au tourisme, au commerce, à l’artisanat, à la saliculture, à la cueillette des fruits forestiers, etc. La figure suivante (Figure 6) illustre l’occupation des sols dans la Réserve Naturelle Communautaire de Palmarin. 

ORGANISATION DE LA GESTION DE LA RNCP 

Cadre législatif et réglementaire A l’image des aires protégées du pays, la RNCP est régie au niveau législatif par deux textes de lois, à savoir : le Code de la Chasse et de la Protection de la Faune et le Code Forestier. Certaines dispositions des codes de l’Environnement, de l’Eau, de la Pêche et des Collectivités Locales, sont également applicables à la gestion de la RNCP. La réserve est appuyée dans son fonctionnement par une équipe technique de la Direction des Aires Marines Communautaires Protégées (DAMCP) qui est sous la tutelle du Ministère de l’Environnement et du Développement Durable.  Organisation de la gestion La gestion de la réserve est de mode communautaire, avec une équipe technique conduite par un conservateur qui coordonne l’ensemble des activités qui se déroulent dans l’aire protégée d’une part, et d’autre part, une équipe de 23 écoguides/écogardes issus des cinq villages périphériques (Ngalou Sam- Sam, Ngalou- Sessen, Ngueth, Ngounoumane et Diakhanor) assurent la surveillance ; le guidage et la vente des permis de visite (DAMCP, 2014). Le site dispose d’un poste de commandement (PC) situé à l’ouest de la réserve et au nord du village de Nguéth. C’est la seule infrastructure propre à la réserve. Pour assurer son fonctionnement administratif, la réserve dispose d’un budget annuel alloué par l’Etat sénégalais. En plus du budget de fonctionnement, la réserve est appuyée dans ses activités par un Fonds d’appui pour le fonctionnement et à l’aménagement du site constitué de 10 % des recettes tirées de la vente des permis de visite (contre 25% pour l’aménagement du site, 40 % pour le GIE des écogardes à titre de motivation, et 25 % destiné au conseil rural) (DAMCP, 2014) .  Les parties prenantes Plusieurs parties prenantes interviennent dans la gestion de la réserve, On peut citer : 16 – l’équipe technique de la DAMCP conduite par un conservateur qui coordonne l’ensemble des activités qui se déroulent dans l’aire protégée ; – le Conseil Rural de Palmarin à travers sa Commission Environnement qui a en charge la gestion des questions environnementales qui touchent la Commune. Elle est le premier partenaire des gestionnaires du site et est donc impliquée dans toutes les activités de gestion ; – le Comité de Gestion est l’organe qui gère directement la mise en œuvre du Plan de Gestion (PG). Il est chargé de la planification annuelle et de l’exécution des activités à mener dans le cadre du PG. – le Comité Local de Concertation composé de représentants de toutes les couches sociales de la Commune et dont le rôle est de gérer toute forme de conflits, aussi bien entre les membres de la communauté qu’entre ces derniers et les promoteurs touristiques. Il intervient également en cas de désaccord avec l’équipe de gestion de la réserve. – le GIE des écogardes/écoguides créé en 2007 et qui regroupe 23 jeunes filles et garçons issus des 5 villages périphériques. Ils participent à la surveillance, à l’aménagement, aux activités de sensibilisation, au guidage et à la vente des permis de visite ; – les comités Locaux de Plage (CLP) qui ont pour rôle de sensibiliser les populations de pêcheurs pour une gestion durable des ressources naturelles de la RNCP ; – le Collectif des Directeurs d’Ecoles (CODEC) qui regroupe 8 directeurs d’écoles (primaire, arabe et secondaire) qui sont impliqués dans l’éducation environnementale des élèves. Ainsi, chaque école dispose d’un enseignant animateur chargé de véhiculer les messages de sensibilisation sur la conservation et la préservation des ressources naturelles ; – les chefs de village et les guides religieux musulmans et chrétiens qui participent aux campagnes de sensibilisation sur la gestion durable de l’environnement ; – les groupements des femmes qui démultiplient les séances de sensibilisation au niveau de leurs quartiers ou villages respectifs ; – les associations sportives et culturelles des villages qui participent aux activités d’envergure telles que le reboisement de la mangrove .

Table des matières

INTRODUCTION
I. PRESENTATION DE LA ZONE D’ETUDE
I.1 LOCALISATION ET LIMITES ADMINISTRATIVES DE LA RNCP
I.2 MILIEU BIOPHYSIQUE
I.2.1 HABITATS NATURELS ET ESPECES
I.2.2 GEOMORPHOLOGIE
I.2.3 CLIMAT
I.2.4 RESSOURCES HYDRIQUES
I.3 MILIEU HUMAIN
I.3.1 CARACTERISTIQUES DEMOGRAPHIQUES
I.3.1.1 REPARTITION PAR VILLAGE
I.3.1.2 REPARTITION PAR AGE
I.3.1.3 REPARTITION PAR GENRE
I.3.1.4 ETHNIES ET RELIGIONS
I.3.2 ACTIVITES SOCIOECONOMIQUES
I.4 ORGANISATION DE LA GESTION DE LA RNCP
II. MATERIEL ET METHODES
II.1 RECHERCHE DOCUMENTAIRE
II.2 COLLECTE DE DONNEES SUR LE TERRAIN
II.2.1 OUTILS DE COLLECTE DES DONNEES
II.2.2 ECHANTILLONNAGE
II.2.2.1 ENQUETE MENAGES
II.2.2.2 ENQUETE MAREYEURS
III. RESULTATS ET DISCUSSION
III.1 RESULTATS
III.1.1 CARACTERISTIQUES SOCIODEMOGRAPHIQUES DES ACTEURS
III.1.2 SYSTEME D’EXPLOITATION
III.1.2.1 ESPECES EXPLOITEES
III.1.2.2 PERIODES ET DUREE DE COLLECTE
III.1.2.3 SITES DE COLLECTE ET MOYENS DE DEPLACEMENT
III.1.2.4 MOYENS DE COLLECTE
III.1.2.5 TRANSFORMATION DES COQUILLAGES
III.1.2.6 CIRCUITS DE DISTRIBUTION DES PRODUITS
III.1.2.7 CARACTERISATION ECONOMIQUE DES COLLECTEURS
III.1.2.8 CARACTERISATION ECONOMIQUE DES MAREYEURS
III.1.2.9 ORGANISATION DES FEMMES
III.1.3 GESTION DE LA RESSOURCE
III.1.4 CONTRAINTES IDENTIFIEES
III.2 DISCUSSION
III.3 RECOMMANDATIONS
CONCLUSION
REFERENCES BIBLIOGRAPHIQUES
ANNEXES

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