Antécédents maternels 

Analyse des données

Les données recueillies manuellement ont été saisies, traitées et analysés sur ordinateur, sous logiciels Word, Excel et Epi info version 3.5.4. Le test « t » de Student a été utilisé pour comparer deux moyennes.
Nous avons retenu une différence significative lorsque la valeur de probabilité p était inférieure à 0,05. Un facteur réalisant une valeur d’odds ratio > 1 est considérée comme facteur de risque tandis qu’un facteur réalisant une valeur d’odds ratio < 1 est considérée comme protecteur. Un intervalle de confiance est de 95%.

Considérations éthiques

Lors du traitement des dossiers des patientes, la confidentialité des dossiers ainsi que l’anonymat dans l’enregistrement et le traitement des données ont été respectés. Nous avons obtenus l’accord du Directeur de l’établissement au sein du CHU GOB pour faire le dépouillement.

Limites de l’étude

Les limites de cette étude consistent en une étude faites sur des dossiers remplis parfois de façon incomplète ou de manière urgente délivrant cependant des données insuffisantes. Ainsi que d’autres paramètres peuvent aussi manquer dans le dossier, en particulier le suivi de la CPN.

DISCUSSION

Epidémiologie

La MAP est un processus clinique aboutissant en l’absence du traitement à un accouchement prématuré. Ce dernier constitue actuellement un problème majeur de santé publique.
En effet, selon l’OMS, la prématurité constitue la principale cause de décès chez les nouveau-nés avec plus d’un million de décès paran [12].
Le taux de naissance prématurée mondial était estimé à 9,6% en 2005 d’après l’OMS dont environ 85% concentrés surtout en Afrique et en Asie [32].
L’incidence de la prématurité était de 11,8% au Gabon en 1998 d’après Moutandou-Mboumba et al [33]. En Asie, elle était de 19,5% en 2010 [34].
La prématurité touchait plus les pays en voie de développement et les pays sousdéveloppés que les pays développés.
En effet, ce taux était de 7,5% au Canada [35], 4,9% en France en 2000 [36] et 10,5 à 12% aux Etats-Unis [37].
Ce taux élevé par rapport à ceux des pays développés et la persistance de cet accident pourrait s’expliquer par de nombreux facteurs tels que le bas niveau socioéconomique, le manque d’infrastructures, l’insuffisance du suivi rigoureux des grossesses dans les centres de santé mais aussi la mauvaise qualité de la CPN et par la présence des facteurs de risque prédisposant aux femmes à la survenue de cet accouchement prématuré.
Dans notre série, le taux de prématurité au CHU GOB en 2014 était de 6% qui semblaient être en baisse en comparant avec une étude antérieure effectuée par Rabesandratana et al en 2010 qui avaient trouvés un taux de 15,1% [6]. Mais malgré cela, la prématurité reste toujours un problème de santé publique dans nos pays sur le plan vital, social et économique.

Facteurs de risques

Age maternel

L’âge des patientes dans notre étude variait de 15 à 45 ans avec une moyenne d’âge de 24,9 ans +/- 6,45.
Une étude réalisée par Schrestha et al en 2010 avait montré que 34,7% des patientes accouchées prématurément étaient âgées de moins de 20 ans et que cet âge constituait un des facteurs de risques liés à la prématurité [34].
D’autres auteurs encore tels Moutandou-Mboumba et al [33], Munyutu [38] ont réalisés que cette tranche d’âge constituait un des facteurs de risques associés à la prématurité.
Néanmoins, cette tranche d’âge n’était pas liée significativement à la prématurité dans les pays développés [36]. En France, Foix-L’Hélias et al qui ont évalués les facteurs de risque de prématurité en 2000 avaient m ontré que c’était plutôt l’âge maternel à 35 ans qui constituait un facteur de risque de prématurité [36].
Mais, dans notre étude, cette tranche d’âge a été retrouvée dans 7,10% pour les cas et 6,70% pour les témoins (p=0,8). En effet, l’âge maternel dans notre étude n’était pas lié significativement à un accouchement prématuré.

Situation matrimoniale

Dans la littérature, une mère célibataire représentait un facteur influençant la survenue d’un accouchement prématuré [39]. Ceci pourrait s’expliquer par le fait que les femmes, vivant seules, étaient plus exposées à une situation de stress, de l’angoisse due à des faibles revenues qu’elles ne pouvaient pas subvenir aux besoins nécessaire pour sa famille. Ceci est peut être due également àl’absence du soutien psychologique du mari et à des grandes responsabilités à tenir dans la famille. Tous ceux-ci favorisaient à la survenue d’une menace d’accouchement prématuré, qui, par la suite aboutira à un accouchement prématuré. Dans notre étude, nous avons constaté que les femmes non mariées étaient exposées de manière significative à un risque d’accouchement prématuré avec p=0,007 ; OR=1,8 ; IC [95%1,1-3,1].
Toutefois, d’autres auteurs comme Ndiaye et al, au Senegal, n’avaient trouvé du lien entre le statut matrimonial et la survenue d’un accouchement prématuré [40]. Selon l’étude effectuée aux USA par El-Sayed, la prématurité était plus élevée chez les femmes mariées que chez les femmes célibataires.

Profession

Dans la littérature, une absence d’emploi augmentait de manière accru le risque de prématurité [39, 42].
Cette situation constituait un facteur de stress et de l’angoisse pour les femmes associée aussi à des difficultés socio-économiques qu’elles encouraient. Cette préoccupation de ces femmes pourrait être un facteur de négligence pour le suivi de grossesse, qui, favoriserait une menace d’accouchement prématuré puis une naissance prématurée en l’absence d’une prévention efficace rapide.
Dans notre série, la moitié des patientes (54%) qui ont accouchés prématurément étaient des femmes au foyer et ce sont des vendeuses qui étaient retrouvées au deuxième rang avec 20,4% des cas mais n’étaient pas liée significativement à un risque de prématurité.

Gestité

Une gestité < 3 constituait un facteur de risque d’accouchement prématuré que Ndiaye et al ont souligné dans leurs études effectuées au Sénégal en 2005 [40]. Des mêmes résultats étaient retrouvés dans notre étude avec une différence relativement significative. En effet, 52,20% des patientes qui ont accouchés prématurément étaient des primigestes avec une gestité moyenne de 1,92 +/- 1,24 et des extrêmes de un et sept. p= 0,05 ; OR=1,47 ; [IC 95%0,9 – 2,3].

Parité

L’accouchement prématuré atteignait les primipares (parité=1), paucipares (parité=2), multipares (parité=3 et 4) ainsi que les grandes multipares.
Dans notre étude, nous avons retrouvé 62,8% des primipares qui étaient exposés à un accouchement prématuré avec un risque significatif. p=0,02 ; OR=1,98 ; [IC95% 1,2 – 3,2]. Ceci pourrait probablement être lié à l’âge maternel bas (mère adolescente), au statut matrimonial (mère célibataire), à la méconnaissance de l’importance du suivi de grossesse et à des conditions socio-économiques défavorables.
Ce fait était également retrouvé dans des études effectuées par certains auteurs qui ont rapportés que la primiparité constituait un facteur de risque d’accouchement prématuré [39].
Par contre, d’autres auteurs ont souligné dans leurs études que c’était la multiparité qui était associée significativement à la prématurité tandis que la primiparité constituait un facteur protecteur [36].
En France, Foix-L’Hélias et al ont constaté que c’était la nulliparité qui favorisait un accouchement prématuré [36]. Ceci pourrait être bien s’expliquer par du stress ou de trouble psychologique du fait des nouvelles adaptations par des modifications physiologiques de la femme liées à la grossesse.

Antécédents maternels

Dans la littérature, plusieurs études ont démontrésque les femmes présentant un antécédent de fausses couches étaient plus exposées à un risque d’accouchement prématuré. Ce qui nécessitait un suivi très proche,régulier et adéquat de la grossesse. Moutandou-Mboumba et al, en 1998, au Gabon ont trouvés qu’un antécédent d’avortement était lié de façon considérable à un risque d’accouchement prématuré.
Dans leurs études, 44,25% des femmes accouchées prématurément présentaient un antécédent d’avortement [33].
De même que Foix-L’Hélias et al, avaient aussi soulignés dans leurs études réalisé en France que des antécédents obstétricaux dont l’IVG faisaient partis parmis les facteurs de risques liés significativement à la prématurité [36].
Les mêmes constatations ont été aussi retrouvées dans notre étude. En effet, l’accouchement prématuré concernait 18,6% des pati entes présentant un antécédent de fausses couches que ce soit spontanée ou provoquée avec une différence relativement significative. p=0,04 ; OR=1,7 et [IC 95% 0,9 – 3,2].
Ce fait pourrait être en grande partie lié à un suivi inadéquat ou négligé de la grossesse ou à une mauvaise qualité de CPN par les mesures de prévention inefficaces.
En effet, les gestantes présentant un antécédent de fausses couches faisaient partis de « Grossesses à risques ».

Qualité de consultation prénatale

Suivi de la grossesse

Dans le monde, plus d’un bébé sur dixnait prématurément et chaque année, plus d’un million d’enfant meurent suites aux complications liées à l’accouchement prématuré [12].
Le non suivi et le mauvais suivi prénatal constituaient un risque accru de prématurité [43].
Dans les pays développés, le taux de grossesses nonsuivies est de l’ordre de 1 à 3% [25]. En France, ce taux était de 3,6% dans un centre parisien en 1993 [44].
La consultation prénatale constitue un ensemble d’activités préventives et curatives effectués chez les femmes enceintes.
Elle a pour objectif de prévenir, de dépister précocement les facteurs de risques de la grossesse et de prendre en charge les éventuelles complications qui pouvaient affecter la santé de la mère et de l’enfant à naitre.
Dans la littérature, les patientes qui n’ont pas fait de CPN étaient retrouvées dans 32,5% des cas des patientes qui avaient accouchées prématurément à BAMAKO [45]. Mvondo Nicole dans son étude réalisé à l’Hôpital Gynéco-obstétrique et Pédiatrique de Yaoundé en 2011 a identifié que le non suivi de grossesse augmentait le pourcentage et le risque de la prématurité [46].
Dans notre série, ce fait était également retrouvé.En effet, l’absence du suivi de grossesse influençait de manière relativement significative à la survenue d’un accouchement prématuré avec p=0,05 ; OR=4,09 avec[IC 95% 0,73 – 22,68]. Par contre, Letaief et al ont affirmé que le non suivi de grossesse ne constituait pas un facteur de risque associé à la prématurité et au faible poids de naissance [47].
L’absence du suivi de grossesse pourrait s’expliquer d’abord par l’insuffisance de l’information et de l’éducation de la population dans toutes les zones surtout dans les zones suburbaine et rurale, ensuite par le mode de vie de la population, le niveau de vie socio-économique bas et le niveau d’instruction bas. Pour cela, il est vraiment nécessaire de renforcer cette information et éducation sur la nécessité de la CPN, d’élargir les infrastructures sanitaires surtout dans les zones rurales qui constituaient un facteur d’influence dusuivi ou non de grossesse. Enfin, le changement du comportement de chaque population s’avère très utile.

Nombre de CPN

Suites aux complications majeures liées à la naissance prématurée, l’OMS a préconisé au moins quatre CPN dès le début jusqu’à la fin de la grossesse. Meda et al ont souligné qu’une insuffisance en soins prénataux constituait un facteur de risque de prématurité [48]. Prazuck et al [49], Ndiaye et al [40] avaient ressorti la même constatation que le nombre de CPN moins de 3 fois constituait un facteur prédictif de prématurité ou un risque significativement élevé de prématurité.
Dans notre étude, 63,7% des patientes avaient effectué moins de 4 CPN et 3,5% n’avaient pas effectué de CPN. Ces patientes étaient exposées de façon significatives à la survenue d’un accouchement prématuré avec une probabilité respectivement à <10 ; OR=6,7 ; [95% 4,0 – 11] et 0,01 ; OR=6,2 ; [95% 1,3 – 29]. Tandis que les patientes ayant effectué 4 fois et plus de CPN étaient protégées contre la survenue d’un accouchement prématuré. Pour cela, les recommandations pour le suivi de grossesse doivent être connues par toute la population et doivent être mise en pratique. Par ailleurs, nous avions également constaté dans notre étude que 32,7% des patientes ayant accouché prématurément avaient bien effectué de CPN. Ce fait a été confirmé par Letaief et al qui ont remarqué dans leurs études que ce n’était pas le nombre de CPN qui semblait être important mais plutôt la qualité du suivi de la grossesse [47].
Dans ce cas, ceci pourrait être sans doute influencer sur la mauvaise qualité de suivi et sur un problème de dépistage précoce des grossesses à risque par l’incompétence ou la négligence des agents de santénotamment sur le dépistage et la prévention des grossesses à risques, par insuffisance d’infrastructures sanitaires et par l’insuffisance d’information et éducation des femmes enceintes.
Ainsi, pour éviter les conséquences néfastes susceptibles d’entrainer chez la mère et le nouveau né à cause du non suivi ou du mauvais suivi de grossesses, il faudrait : – renforcer l’IEC ou Information-Education-Communication pour le changement de comportement au sein de la communauté telle qu’informer les parturientes sur la nécessité et l’importance de la CPN, sur la présence des signes de dangers de grossesse et sur les facteurs de risques de grossesse ;

Table des matières
INTRODUCTION
PREMIERE PARTIE. : RAPPELS
I. ACCOUCHEMENT PREMATURE
I.1. Définitions et généralités
I.2. Epidémiologie
I.3. Facteurs de risque
I.4. Diagnostic de la MAP
I.4.1. Diagnostic clinique
I.4.2. Diagnostic paraclinique
I.5. Pronostic
I.6. Prise en charge
I.6.1. Objectifs
I.6.2. Moyens
I.6.3. Indications
II. CONSULTATION PRENATALE
II.1. Introduction
II.2. Objectif de la CPN
II.3. Calendrier de la CPN
II.4. Consultation prénatale proprement dite
II.5. Examen du neuvième mois
DEUXIEME PARTIE : METHODES ET RESULTATS
I. METHODES
I.1. Cadre de l’étude
I.2. Type d’étude
I.3. Période d’étude
I.4. Population d’étude
I.5. Critères d’inclusion
I.6. Critères d’exclusion
I.7. Mode d’échantillonnage et taille de l’échantillon
I.8. Technique de collecte des données
I.9. Variables étudiées
I.10. Analyses des données
I.11.Considérations éthiques
I.12. Limites de l’étude
II. RESULTATS
II.1. Fréquence des accouchements prématurés
II.2. Facteurs de risque
II.2.1. Age maternel
II.2.2. Domicile
II.2.3. Situation matrimoniale
II.2.4. Profession
II.2.5. Gestité
II.2.6. Parité
II.2.7. Antécédents maternels
II.3. Qualité de CPN
II.4. Pronostic d’accouchement
II.5. Pronostic néonatal
II.5.1. Réanimation à la naissance
II.5.2. Transfert néonatal
II.6. Tableau récapitulatif
TROISIEME PARTIE : DISCUSSION
DISCUSSION
I. Epidémiologie 
II. Facteurs de risque
II.1. Age maternel
II.2. Situation matrimoniale
II.3. Profession
II.4. Gestité
II.5. Parité
II.6. Antécédents maternels
III. Qualité de consultation prénatale
IV. Pronostic d’accouchement
V. Pronostic néonatal
V.1. Réanimation à la naissance
V.2. Transfert néonatal
CONCLUSION
REFERENCES BIBLIOGRAPHIQUES
ANNEXE

projet fin d'etude

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