Contribution à la lutte contre les changements climatiques et à la préservation des ressources ligneuses

Contribution à la lutte contre les changements climatiques et à la préservation des ressources ligneuses

Importance des produits de l’anacardier

Bien que le fruit proprement dit ou noix présente le plus fort intérêt économique, toutes les autres parties de cet arbre, de la pomme au bois sont également utilisées et trouvent de nombreuses applications auprès des populations en foresterie, pour l’alimentation humaine et animale, en industrie et dans le commerce mais aussi en médecine traditionnelle. 3 Akène = fruit sec indéhiscent, formé d’un capelle qui ne contient qu’une graine et ne s’ouvre pas à maturité 6 ~ Sur le plan forestier. Le service des eaux et forêts a utilisé l’anacardier à des fins diverses et, il a réalisé la plus grande partie des plantations existantes. Le Darcassou fût utilisé la première fois en 1949 afin de matérialiser les limites des forêts classées de V élor, Sokone et Sangako dans le département de Foundiougne. Par la suite, un certain nombre de particuliers s’en est inspiré pour délimiter des propriétés surtout dans le Sine Saloum et la région de Thiès. Quand, en 1950, il fût décidé le reboisement du périmètre de Mbao, 1 ‘Anacardium occidentale a été retenu pour les parties hautes, sol dunaire squelettique. Sollicité par les pouvoirs publics pour ouvrir certaines forêts aux cultivateurs sans les déclasser, le service des Eaux et Forêts a utilisé depuis 1955, l’Anacardium occidentale pour enrichir les peuplements en zones sahélienne et soudanienne, pour la fixation de dunes, pour la matérialisation des limites des massifs forestiers, pour la création de vergers collectifs. [CTFT, IFAC (1970)] L’espèce a été retenue pour la constitution de brise-vent dans le centre ouest du pays. [BERHAUT, J. (1971)] ~ Sur le plan alimentaire. La pomme et la noix sont abondamment consommées. La pomme. Dans les pays producteurs, à cause de sa conservation difficile, la pomme est généralement consommée à l’ état frais, telle quelle ou bien coupée en tranches sucrées ou assaisonnées de sel et de piment, sans doute pour en couvrir le goût âpre. Elle constitue un aliment d’appoint dans les campagnes. En outre, grâce à sa digestibilité la pomme s’avère un aliment de très grande valeur biologique. Elle donne par pressage un jus très apprécié, pur ou dilué qui par son arôme et son contenu en pectines se prête à la fabrication de glaces, gelées et confitures. Au Sénégal, après avoir vendu les fruits à la SODENAS, l’usine de préparation des noix de cajou de Kaolack, les populations utilisent les pommes comme un sous-produit. Ces dernières sont soumises à une dessiccation poussée sur des claies disposées en plein air. Sous leur forme défmitive qui permet une longue conservation, elles ont l’ apparence, et un peu aussi le goût des figues sèches et sont alors vendues à Thiès et à Dakar.[KERHARO, J. & ADAM, J.G. (1974)] 7 Composition de la pomme de Anacardium occidentale pour 1 OOg La noix. Eau 85,5g Protéines lg Lipides 0,6g Glucides totaux 12,5g Celluloses 0,54g Matières minérales 0,40g Calcium 12mg Phosphore 44mg Fer 1,5mg Acide ascorbique 252mg (Vitamine C) Thiamine (Vitamine B1) 0,03mg Riboflavine (Vitamine B2) 0,25mg Niacine (PP) 0,34mg Equivalent vitamine A 380mg Source: TOUY (J), LUNVEN (P), GIORGI (R); (1961)]. L’étude a été réalisée sur une variété sénégalaise. L’amande contenue dans le fruit prend au grillage une saveur agréable et peut se manger crue. Elle est aussi utilisée dans toute une série d’industries alimentaires: friandise de cocktail, chocolaterie, nougat, pâtisserie, biscuiterie, crèmes glacées. [BAUMER,M (1995)]. Des débris d’amandes, on peut extraire par pression à froid environ 40% d’huile désignée sous le nom « d’huile d’amande de cajou » ou « huile des caraïbes », légère, douceâtre, d’un jaune pâle, inodore, non dessicative, riche en acides gras insaturés très actifs et de facile digestibilité (environ 60% d’acide oléique et 20% d’acide linoléique) et donc comparable aux huiles de grande valeur biologique, nutritive et diététique, telles que l’huile d’olive, de maïs, de soja de germe de blé, etc. Après extraction de l’huile, les tourteaux de l’amande peuvent être utilisés dans l’alimentation animale. Le reste de la noix, le péricarpe en l’ occurence donne un autre produit de haute valeur commerciale le baume cajou ou Cashew Nut Shell Liquid (CNSL) précédemment décrit.  L’importance de l’amande de caJOU dans l’alimentation humaine et de ses sous produits pour 1 ‘utilisation zootechnique apparaît donc évidente. ~ Sur le plan industriel et commercial Les chiffres de la production mondiale actuelle des différents produits de l’ Anacardier mettent en évidence son importance économique : noix 380.000 tonnes [LEFEBVRE, A. (1969)], amandes 84.500 tonnes [CADILLAT, R.M. (1971)], baume 15.000 tonnes [HAENDLER, L. (1970)]. C’est surtout pour la noix que l’arbre est cultivé. Cet aliment savoureux fait l’objet d’un important commerce international portant sur plus de 600.000 tonnes de noix par an dont l’Amérique du Nord absorbe plus de la moitié, suivi de l’Europe de l’Est (environ 25%). [BAUMER,M (1995)] Les principaux producteurs sont l’Inde, le Mozambique, la Tanzanie, le Kenya et Madagascar. Les emplois et les applications industrielles de baume de cajou sont assez nombreux. Nous en signalons quelques utilisations immédiates. Grâce à ses constituants phénoliques (l’ anacardol et le cardol) le baume a des propriétés insecticides et fongicides, il constitue par conséquent un excellent agent de conservation pour le bois, les filets de pêche, les bateaux etc. Le baume est employé dans le traitement anticorrosif des surfaces métalliques, pour la préparation de peintures, comme imperméabilisant. Hormis le baume, les autres produits de l’anacardier, le bois ou« caoba blanco» c’est-à-dire acajou blanc en Amérique latine se prête fort bien à la fabrication des caisses pour 1 ’emballage en général, des structures des embarcations de pêche, des jougs, de petits tonneaux. L’écorce riche en tannins (4 à 9%) est utilisée pour le tannage des peaux et la préparation d’encres indélébiles. La sève s’écoulant des incisions pratiquées dans l’écorce, contient en plus du tannin, du cardo! et de l’acide anacardique. C’est un liquide laiteux très astringent, hydrofuge et soluble dans l’alcool et dans l’éther. Il peut être utilisé dans la soudure des métaux. La gomme jaune-rougeâtre, appelée« gomme cajou» ou« cashew gum »qui suinte abondamment de l’écorce des vieux anacardiers ou de ceux en mauvais état phytosanitaire, contient aussi du cardol et possède des propriétés vésicantes et insecticides. Dans les pays producteurs, la gomme est employée pour remplacer la gomme arabique dans les préparations adhésives, dans la fabrication des meubles. Elle est également utilisée pour la reliure des livres en vertu de ses propriétés protectrices contre l’attaque des insectes et en particulier des termites. [AGNOLONI, M ; GIULIANI, F.(1977)] 9 );:> Sur le plan médical Outre les intérêts alimentaires et industriels, l’anacardier est aussi utilisé en médecine populaire pour la cure des nombreuses maladies.[FORTIN, D ; Lü, M ; MA YNART, G (1997)] La pulpe, surtout des pommes jaunes est riche en vitamine C, en calcium (Ca), en fer (Fe) et en phosphore (P), c’ est un tonique du système nerveux. Il serait sudorifique et antisyphilitique. [BAUMER,M (1995)] Le baume s’emploie en médecine populaire pour faire tomber les dents cariées, pour brûler les cors et les verrues. On utilise aussi l’ action vésicatoire de ce suc pour combattre les dermatoses, les eczémas, les ulcères et comme tonique anti-lépreux. [FORTIN, D; Lü, M; MA YNART, G (1997)]. Beaucoup de guérisseurs préconisent la poudre d’écorces dans l’eau comme anti-hypertensive. La macération de l’ écorce dans l’ eau est aussi utilisée contre le diabète. Aux Antilles et en Amérique du sud, l’infusion aqueuse des feuilles et de l’écorce d’anacardier est préconisée dans le traitement de la diarrhée, de l’indigestion et des troubles gastriques.[FORTIN, D; Lü, M; MA YNART, G(1997)]. Ces qualités pharmacologiques, attribuées à toutes les parties de la plante, sont donc nombreuses et certaines mériteraient des recherches approfondies pour les valoriser.

Exigences écologiques de l’anacardier

L’anacardier est connu pour sa résistance à des conditions climatiques les plus variées et difficiles. Il trouve les conditions optimales à son développement végétatif sous climat tropical, avec une pluviosité suffisante et une saison sèche bien marquée. Il est par contre sensible au froid, et par conséquent à l’ altitude. Pour cette raison, l’anacardier se trouve généralement localisé sur la bande côtière des régions tropicales comprises entre le niveau de la mer et l’isohypse des 600 mètres qui représente sa limite probable de productivité. Il existe cependant des exceptions, on peut trouver la plante à des distances éloignées de la côte et il peut atteindre aussi des altitudes d’environ 1.000 mètres en Tanzanie dans le district de Songea, Plateau mexicain, etc. Les facteurs climatiques et édaphiques les plus influents sur le développement végétatif et la productivité du Darcassou, et qui dans leur ensemble caractérisent le bioclimat lié à l’aire de développement de cette plante sont les suivants : );:> La Pluviosité Le Darcassou s’adapte à des régimes pluviométriques divers. En Inde on le trouve dans des régions où les précipitations annuelles vont de 500 à 4.000 millimètres. [SCHWOB, R. (1954)].Pour un bon développement végétatif et une fructification régulière, l’anacardier devrait bénéficier d’une pluviosité moyenne annuelle comprise entre 800 et 1.600 millimètres, répartie sur 5-7 mois, et d’une saison sèche bien marquée d’une durée inversement proportionnelle.[ AGNOLONI, M ; GIULIANI, F.(l977)] ~ La température L’anacardier préfère les températures élevées mais surtout constantes, comme celles que l’on enregistre dans les zones côtières des régions tropicales où il pousse. La température moyenne annuelle la plus favorable à la plante est comprise entre 24 ° et 28°C, tandis que les valeurs optimales des moyennes maxima et des moyennes minima peuvent respectivement se situer vers 38° et l8°C. Il peut prospérer sous tous les climats tropicaux subtropicaux et résiste aux plus fortes températures. Il est par contre très sensible au froid et ne supporte pas les gelées. [SCHWOB, R. (1954)]. ~ L’ensoleillement L’ensoleillement est un des facteurs les plus importants pour l’anacardier, héliophyle par excellence, qui exige, pour compléter son cycle reproductif et par conséquent pour donner une abondante production, un bon ensoleillement distribué uniformément sur toute sa couronne. En général les régions situées en altitude inférieure à 600 mètres et jouissant d’un ensoleillement suffisant sont favorables à une bonne fructification du Darcassou. ~ L’humidité relative Bien qu’ayant un bon spectre de tolérance même à l’égard de l’humidité atmosphérique, l’anacardier est une plante particulièrement sensible à des taux d’humidité relative supérieure à 80 % durant la saison sèche. Dans cette période, une humidité relative élevée se répercuterait négativement sur la quantité et la qualité de la production. Dans les zones où les précipitations descendent à des valeurs limites, pour la culture, une humidité assez élevée durant une période de la saison sèche joue un rôle important dans l’économie hydrique de la plante l’aidant à mieux surmonter la période critique correspondant à la floraison-fructification. ~ Levent La plupart des peuplements d’anacardiers se trouvent comme nous l’avons déjà dit, dans le voisinage de la mer, c’est-à-dire dans les zones où les vents sont assez forts. En effet l’anacardier est une plante à pollinisation croisée et à dissémination anémophile, le vent joue un rôle important dans la fécondation des fleurs surtout dans les pays comme l’Inde où très peu d’insectes pollinisateurs se poseraient sur la plante. 11 );> Les sols L’aire de distribution de l’anacardier dans les deux hémisphères est tellement vaste que l’on voit pousser cette plante dans les conditions pédologiques les plus disparates ; on la trouve en effet : sur les sols meubles-sablonneux, un peu partout ; sur les sols volcaniques: dans l’archipel des Philippines, en Indonésie, et dans les îles Fiji ; Sur les sols alluviaux, à Ceylan et aux Philippines ; Sur les sols ferrugineux et ferralitiques en Afrique Orientale et Occidentale, à Madagascar, à Ceylan, au Brésil etc. En général on peut affirmer que les sols meubles, profonds, aérés et surtout bien drainés en profondeur, conviennent le mieux à l’anacardier étant donné l’extrémité sensible de son système radiculaire, et en particulier de son pivot, à l’humidité stagnante. En outre les sols très argileux et compacts ou à cuirasse superficielle ou en faible profondeur même doués de fertilité naturelle, retardent la croissance des plantes en empêchant une bonne pénétration des racines en profondeur et, en général, leur extension.

Attaques parasitaires des plantations et des productions

L’anacardier, comme d’autres cultures, peut être attaqué par de nombreux parasites végétaux et animaux qui individuellement ou associés, peuvent infester massivement les plantations et mettre en danger la vie même des arbres. La défense phytopathologique des nouvelles plantations et de leurs productions représente par conséquent l’un des problèmes les plus importants de la culture moderne de l’anacardier, qui doit être considérée attentivement sous le double aspect technique et économique, dans le but de protéger et de prolonger la vie utile de la plante et d’obtenir des productions saines et donc commercialement concurrentielles. Cependant, vue l’ extension de l’ aire de culture de l’anacardier, les ennemis de cette plante sont si nombreux qu’une description complète et détaillée serait pratiquement impossible. Les maladies et attaques de nature végétale et animale qui par leur distribution ou leur incidence économique, peuvent le plus intéresser les agriculteurs et les chercheurs des zones de culture plus importantes sont les mycoses (l’Anthracnose et l’Oïdium), le Stigmatomycose de l’anacardier, la Pourriture des plants en pépinière, la mort subite des feuilles en l’espace de 10 à 15 jours, la Cercosporiose, la Fumagine, la Fausse rouille, etc. Quant aux ennemis macroscopiques, s’ils sont relativement peu nombreux, les dégâts provoqués par certains d’entre eux n’en demeurent pas moins graves. Citons les rats qui consomment les noix avant leur ramassage ou celles que l’ on vient de mettre en terre lors des semis, les phacochères qui 12 retournent le sol et bouleversent l’emplacement des semis ou de jeunes plantations, les bœufs qui piétinent les jeunes arbres et peuvent ainsi provoquer des graves dégâts dans les nouvelles plantations et enfin, les singes peuvent être néfastes en période de récolte. 

Table des matières

Première Partie: Généralités sur l’anacardier et la Fermentation
1. Présentation de l’anacardier
1.1. Origine, expansion et répartition géographique de l’ espèce
1.2. Caractères botaniques et végétatifs de l’ espèce
1.2.1. Le système racinaire
1.2.2.La partie aérienne
1.2.3. L’inflorescence
1.2.4. La floraison
1.2.5. La fructification
1.3 Importance des produits de l’ Anacardier
I.4. Exigences écologiques de l’Anacardier
1.5. Attaques parasitaires des plantations et des productions
Conclusion partielle
II. Généralités sur la Fermentation alcoolique
II. 1. Définitions
Il. 2 Les Micro-organismes
Il. 3.Les substrats de fermentation
Il.3.1. Les céréales
Il.3.2. La mélasse de canne à sucre
II.3.3. Les tubercules
Il.3.4. Les fruits sucrés
Il. 4 . Les mécanismes de la fermentation alcoolique
II.4.1. Caractères généraux des fermentations
II.4.2. Du glucose à l’éthanol
II.4.2.1. Métabolisme du glucose : glycolyse
Il.4.2.2. De l’acide pyruvique à l’éthanol
Conclusion partielle
Deuxième Partie : Méthodologie
I. Matériels et méthodes d’analyse pondérale des fruits
II. Suivi de la fermentation
II. 1. Matériels
II.2. La fermentation spontanée
II.3. La fermentation contrôlée
II.4. Dosage des sucres solubles totaux
II.5. Dosage de l’éthanol
III. Identification des levures isolées du jus de cajou
III.l. Matériels
III.2. Méthodes d’identification
III.2.1. Identification morphologique
III.2.2. Identification physiologique et biochimique
III.2.2.1 Test de type fermentaire
III.2.2.2 L’assimilation des substrats carbonés
III.2.2.3 La température optimale de croissance
Troisième Partie : Résultats et discussion
I. La ressource
LI. Identification des variétés récoltées
1.2. Analyse pondérale des fruits
1.2.1 Variété béninoise
1.2.2 Variété sénégalaise courte
1.2.3 Variété sénégalaise longue« khadija »
1.2.4 Variété brésilienne
1.2.5 Détermination du volume des noix
II. Résultats de la fermentation spontanée
II.l_Jus à l’état naturel
II.2 Jus après six jours de fermentation
III. Résultats de la fermentation contrôlée
III.l. Tableaux et courbes correspondantes
III.2.Analyse et Discussion
IV. Caractérisation des levures isolées du jus de cajou
IV .1. Caractérisation morphologique
IV .2. Caractérisation physiologique
Conclusion et Recommandations
Bibliographie
Annexes

projet fin d'etudeTélécharger le document complet

Télécharger aussi :

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *