Etat des lieux sur la violence sexuelle et la pédophilie

Etat des lieux sur la violence sexuelle et la pédophilie

Les violences sexuelles attisent dans le discours populaire des images tranchées et extrêmes. L’agresseur est volontiers revêtu de la représentation du monstre (Zagury, 2003), figure de l’impensable émergeant à chaque époque (Foucault, 1975) et qui à l’ère contemporaine prend les traits d’un homme banal et sans histoire, agissant en secret une monstruosité d’autant mieux cachée et insaisissable qu’elle est imperceptible. Au summum de l’abjection, la pédophilie, agression des représentants les plus innocents de la société, a statut dans l’opinion publique, d’aberration et de crime particulièrement odieux. Le rejet du pédophile hors de l’humanité paraît une évidence pour nos contemporains des sociétés occidentales. Pourtant, l’Histoire nous apprend que l’encadrement et l’interdiction des pratiques sexuelles entre enfant et adulte ne fait pas consensus à travers les époques et selon les peuples. Ainsi, au 18ème siècle, des relations sexuelles entre adulte et enfant, plus particulièrement du même sexe, sont tolérées en Chine, au Japon, en Afrique, Turquie, Egypte, Maghreb et dans les zones islamiques de l’Inde. Par ailleurs, ces auteurs décrivent des pratiques sexuelles ritualisées entre adultes et enfants dans certaines tribus de Mélanésie. Par exemple, des rituels homosexuels impliquant de jeunes garçons ; des jeunes filles, dès huit ans, utilisées dans le cadre de cérémonies, le liquide séminal recueilli chez l’enfant après la relation sexuelle étant censé disposer de pouvoirs médicinaux ; dans des tribus de Papouasie, dans la région de Kimam, des jeunes mariées « testées » par plusieurs hommes- prieurs lors des noces afin de s’assurer de leur aptitude au mariage.

Antiquité, Moyen-Âge, Ancien Régime

Leurs contemporains grecs, se référant à des conceptions similaires, considèrent l’amour entre hommes adultes comme avilissant et indigne d’un citoyen honorable. En revanche, la relation entre un homme mûr et un adolescent est autorisée, et même encouragée. Ainsi, l’éromène, un jeune garçon tout juste pubère est placé sous la protection de l’éraste (l’amant adulte), chargé de le former à la vie sociale et politique. Parallèlement, ils entretiennent des rapports sexuels dans lesquels l’éromène occupe toujours un rôle passif. Le rapport entre l’éraste et l’éromène est considéré comme éducatif avant tout, constituant pour l’adolescent un rite de passage à l’âge viril. Cette relation prend fin avec l’apparition de la première barbe chez le jeune homme. La montée du Christianisme modifie la ligne de partage entre sexualité permise et interdite. Le dogme chrétien contribue à condamner de telles pratiques, non pas pour protéger les garçons, mais dans un souci de différencier la sexualité admise, procréatrice, de la sexualité réprimée car jugée contre-nature. Ainsi, est rejetée toute sexualité qui ne se revendique que du plaisir et pas de la contribution à l’ordre des générations. Il convient donc de détourner les populations des « péchés » que constituent l’onanisme, la fornication, l’homosexualité…

CLiCours.com :  Mémoire Online: Etude des impacts environnementaux de gaz de schiste

Ces mesures n’apportent en revanche aucune protection pour les jeunes filles : Si les lois médiévales interdisent le mariage des filles avant douze ans, il n’est pas exceptionnel de trouver des fillettes de dix ans, mariées à de très vieux messieurs. Martin (1996), à partir de l’étude des archives judiciaires portant sur les affaires sexuelles en Vendée au 19ème siècle, met en lumière l’état d’une société locale au travers des histoires individuelles. Il décrit la brutalité des relations sociales, la soumission totale des femmes aux hommes et des enfants aux parents, la mise à disposition du corps des plus humbles au bon vouloir des plus riches sans soucis de respect ou d’individualité. Donnons pour exemple les filles de milieux ruraux défavorisés, placées comme domestiques et absolument soumises aux propriétaires du lieu. Ces rapports humains se jouent sur fond de promiscuité où les domestiques d’une ferme, hommes, femmes et enfants, dorment fréquemment dans la même pièce avec des lits partagés par plusieurs protagonistes d’âges différents.

 Cours gratuitTélécharger le document complet

Télécharger aussi :

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *