Étude de l’Efficacité d’un Régulateur de Croissance (Sumilarv®0,5G) sur les populations larvaires d’Anopheles gambiae s.l.

 Étude de l’Efficacité d’un Régulateur de Croissance (Sumilarv®0,5G) sur les populations larvaires d’Anopheles gambiae s.l.

Généralités sur le Paludisme

Nature de la maladie

Le paludisme est une maladie fébrile aiguë dont la période d’incubation est d’au moins 7 jours. Le paludisme est un problème majeur de santé publique dans plus de 100 pays et territoires où il sévit (OMS, 2013a). La forme la plus grave est causée par P. falciparum en Afrique sub-saharienne. Elle présente des caractéristiques cliniques variables telles qu’une fièvre, des frissons, des céphalées, des douleurs et faiblesses musculaires, des vomissements,une toux, une diarrhée et des douleurs abdominales. D’autres symptômes liés à une défaillance poly viscérale peuvent survenir (par exemple une insuffisance rénale aiguë, un œdème, des convulsions généralisées, un collapsus cardiovasculaire) conduisant au coma et à la mort(OMS,2006).Selon le rapport de l’OMS (WHO, 2014) sur le paludisme, près de la moitié de la population du globe (3,2 milliards de personnes) est exposée et 1,2 milliard de personnes sont à haut risque d’infection. L’incidence annuelle de la maladie est estimée entre 124 et 283 millions de cas cliniques et 584 000 décès. Plus de 82% des cas cliniques et plus de 90% des décès sont enregistrés en Afrique, dont 78% chez les enfants âgés de moins de cinq ans.

Causes de la maladie

Le paludisme humain est causé par un parasite hématozoaire du genre Plasmodium Avec cinq espèces inféodées à l’homme (P. falciparum, P. vivax, P. ovale, P. malariae et P.knowlesi). Elles appartiennent toutes à l’embranchement des Apicomplexa et parmi elles,l’espèce P. Falciparum est la plus importante en Afrique Sub-saharienne parce que responsable de létalité et celle qui résiste le plus aux antipaludiques (Agnamey et al., 2005 ; PNLP, 2013).Le paludisme humain causé par d’autres espèces de Plasmodium présente des symptômes importants mais met rarement en danger la vie des malades. Des cas graves de paludisme à P.vivax ont été signalés dans les populations vivant dans des pays subtropicaux à risque. P. vivax et P. ovale peuvent rester latents dans le foie; des rechutes dues à ces formes hépatiques persistantes (« hypnozoïtes ») peuvent survenir plusieurs mois, et parfois plusieurs années,après l’exposition. La chimioprophylaxie actuelle, à l’exception de la primaquine, ne permet pas de les prévenir. P. malaria peut également rester latent dans le sang pendant de nombreuses années, mais met très rarement en jeu la vie du sujet.Le paludisme à P. knowlesi est principalement un problème de santé publique chez les populations vivant ou travaillant dans des zones forestières en Asie du Sud-Est. Ces dernières années, des cas sporadiques de paludisme des voyageurs à P. knowlesi ont été signalés. Iln’existe ni formes hépatiques persistantes ni risque de rechute avec P. knowlesi.Au Sénégal, le paludisme représente 5,4 % des motifs de consultation des services de santé avec une mortalité proportionnelle de 7 % et sévit de façon quasi-permanente avec une recrudescence saisonnière pendant l’hivernage (PNLP, 2014). Quatre espèces plasmodiales ont été décrites dans le pays : P. falciparum, P. malariae et P. ovale, et récemment P. vivax avec une prédominance de la première espèce (Faye et al., 2011 ; Niang et al., 2015).

Mode de transmission

Le parasite du paludisme est transmis par des moustiques femelles du genre Anophèles,qui piquent surtout entre le coucher et le lever du soleil. En pratique, la transmission désigne surtout l’inoculation aux sujets humains des sporozoïtes (formes infectantes du parasite)présents dans les glandes salivaires de l’anophèle (Carnevale et al., 2009).Les principales conditions nécessaires pour qu’il y ait inoculation de sporozoïtes de Plasmodium de l’anophèle aux sujets humains peuvent être :la présence dans la population humaine de porteurs de gamétocytes infectants pour l’anophèle ;la présence, dans la zone considérée d’anophèles réceptifs au développement complet du Plasmodium (développement sporogonique) considéré.Sur les 484 espèces d’anophèles, seulement une soixantaine transmet et une trentaine peux être considérées comme vecteurs majeurs, d’autres ont un rôle localisé ou relativement secondaire (Hamon & Mouchet, 1961). La longévité des femelles d’anophèles vecteurs potentiels, doit être supérieure à la durée de la sporogonie. La fréquence élevée des contacts hôte – vecteur, liée à une forte anthropophile des anophèles et un cycle gonotrophique court,favorise une plus grande probabilité des passages homme- vecteur- homme du Plasmodium.Les conditions de température doivent permettre le déroulement de la sporogonie (en deçà de 16 °C aucun développement sporogonique ne se réalise)

Les vecteurs du paludisme

Systématique des vecteurs du paludisme

Les anophèles appartiennent à l’Embranchement des Arthropodes, au Sous Embranchement des Antennates, à la Super classe des Uniramés (Trachéates), à la Classe des Hexapodes, à la Sous-Classe des Ptérygotes, à l’Ordre des Diptères, au Sous-ordre des Nématocères, à la famille des Culicidés, à la Sous-famille des Anophèles et au Genre Anopheles (Knight & Stone, 1977). Celui-ci est subdivisé en 6 sous-genres (Harbach, 2004),dont le genre Cellia qui regroupe l’essentiel des vecteurs du paludisme humain. Les anophèles sont aussi vecteurs de quelques arboviroses et de la filaire de Bancroft (Wuchereria bancrofti)(Manguin et al., 2009). En Afrique subsaharienne, sur les 150 espèces répertoriées, une douzaine transmet le paludisme avec une compétence et une capacité vectorielle très variables(Fontenille et al., 2005 ; Carnevale & Robert, 2009). Au Sénégal, sur la vingtaine d’espèces d’anophèles recensées, 4 sont des vecteurs majeurs et 3 des vecteurs secondaires (Diagne et al.,1994 ; Faye et al., 2011). Des quatre vecteurs majeurs, trois appartiennent au complexe d’espèces An. gambiaes.l.Il s’agit d’An. gambiae, An. coluzzii et An. arabiensis; An. funestus étant le 4ème. Ces vecteurs majeurs sont la cible principale des mesures de LAV. Les vecteurs secondaires ou vecteurs d’importance locale sont An. melas, An. pharaensis et An. nil.

Bio écologie des vecteurs

Les moustiques sont des insectes à métamorphose complète (insectes holométaboles)de sorte que l’adulte, la larve et la nymphe ont des morphologies très différentes, adaptées à leurs modes de vie, aquatique pour les stades pré imaginaux et aérien pour le stade adulte ou imaginal (Carnevale & Robert, 2009). Au cours de son cycle de développement, le moustique subit un changement majeur (métamorphose) au stade de nymphe pour l’émergence de l’imago(adulte)

Table des matières

 INTRODUCTION
CHAPITRE I : SYNTHÈSE BIBLIOGRAPHIQUE
I- 1. Généralités sur le Paludisme
I- 1. 1. Nature de la maladie 
I- 1. 2. Causes de la maladie
I- 1. 3. Mode de transmission
I-2. Les vecteurs du paludisme
I-2. 1. Systématique des vecteurs du paludisme
I-2. 2. Bio écologie des vecteurs 
I- 3. La lutte anti vectorielle
I- 3. 1. Lutte anti-larvaire
I- 3. 2. Lutte anti adulte
CHAPITRE II : MATERIELS ET METHODES
II-1. Présentation de la zone d’étude
II-1.1. Situation et aspect géo-climatique
II. 1. 2. Hydrogéologie
II-1.3. Choix des sites d’étude
II-2. Régulateur de croissance utilisé pour les tests d’efficacité
II-3. Evaluation de l’efficacité biologique en station expérimentale
II- 3. 1. Description de la station
II- 3. 2. Méthodologie utilisée pour les essais en station expérimentale
II-3.2.1 Détermination des doses diagnostiques
II-3.2.2 Détermination de l’efficacité de Sumilarv sur les larves d’
An. gambiae s.l
Principe
Prélèvement des larves d’anophèles sur le terrain
Procédure des tests d’efficacité
II-4. Evaluation de l’efficacité du Sumilarv® 0,5G en milieu naturel
II-5. Identification des spécimens
II-6. Critères de validation des tests
II-7. Analyse et interprétation des résultats
CHAPITRE III : RÉSULTATS ET DISCUSSION
III-1. Tests d’efficacité du Sumilarv en conditions semi-naturelles (station expérimentale)
III-1. 1. Détermination des doses diagnostiques
III- 1. 2. Détermination de l’efficacité de Sumilarv sur les larves d’
An. gambiae s
III-1.2.2 Test d’efficacité sur les souches sauvages d’
An. gambiae s.l
III-2. Suivi de l’efficacité du Sumilarv® 0,5G sur le terrain
III-3. Identification des membres du complexe
An. gambiae
III-4. Discussion
CONCLUSION ET PERSPECTIVES 
Liste des Références

projet fin d'etudeTélécharger le document complet

Télécharger aussi :

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *