INNOVATION ET RIZICULTURE

INNOVATION ET RIZICULTURE

Les modèles théoriques de croissance économique : l’innovation 

 Diverses théories économiques se sont apparues durant des années successives de recherche par les économistes. Lors des études empiriques, certains économistes n’ont pas pu expliquer la réalité avec les lois et théories économiques qu’ils possédaient. Mais à partir des remises en questions sur des études passées, les économistes ont fini par conclure que les facteurs traditionnels, le capital et le travail, ne sont pas les seuls à être considéré pour expliquer le sens d’une croissance économique. A ce propos, nous allons situer l’innovation à partir de quelques théories économiques, comme étant un facteur explicatif de la croissance économique. Pour se faire, nous allons cadrer notre analyse sur quatres modèles économiques. Ainsi le modèle de Solow sera développé le premier. Puis nous entamerons le modèle économique de Schumpeter. Ensuite nous analyserons le modèle de Aghion et Howitt. Et pour finir notre étude théorique, nous allons décortiquer le modèle de Romer. I. Le modèle de R.M. Solow Le modèle de Solow (1956) repose sur les mêmes hypothèses des néoclassiques. Il a affirmé dans ses études la transformation intégrale des épargnes en investissements, les rendements sont considérés comme décroissants, les facteurs de production sont parfaitement substituables, et la concurrence parfaite empêche le monopole de s’établir. Solow utilise également la fonction de production macroéconomique des néoclassiques suivant l’hypothèse d’un rendement d’échelle constant, aussi l’équilibre général concurrentiel n’est viable que dans cette condition. Autrement, un rendement d’échelle croissant nécessite une structure monopolistique du marché. En fait, la production (Y) est obtenue par l’utilisation des facteurs de production tel le travail (L) et le capital (K) ; ainsi nous avons la fonction de la forme suivante : Y = F (K, L)1 La particularité de ce modèle se manifeste par l’explication de la variation de la production n’ayant pas une relation causale avec l’introduction de plus de capital ou de facteur travail. Guellec Dominique a même parlé de limite dans un de ses articles. Selon cet 1 La fonction de production F (K , L) est une fonction homogène de degré 1 : F (μK, μL) = μ F( K, L). Le facteur travail joue un rôle capital dans la production, donc F (K, 0) = 0 5 auteur Solow cherchait à améliorer le modèle de Harrod et Domar puisque ceci se montrait limité. Et « afin de dépasser cette limite, Solow a introduit un progrès technique » (Guellec Dominique. 1992). Par la suite, la réalisation d’une croissance économique à long terme est possible sous l’effet d’un troisième facteur de production : « le progrès technique ». Un troisième facteur de production « pour expliquer la différence entre la production réalisée et la production moins élevée, mesurée par la fonction de production normale » (Paul Davenport. 1982). En effet Paul Davenport voulait mettre en relief la différence entre la production calculée avec l’équation des néoclassiques ci-dessus, et la production réelle issues des rapports sans tendance figurant dans les comptes nationaux. La production dans les données statistiques des comptes nationaux a été plus élevée que celle calculée avec les théories néoclassiques. Le déplacement de la courbe de production est donc expliqué par l’apport du progrès technique, un facteur ignoré par les néoclassiques. De plus, ce facteur est considéré comme exogène pour Solow, « le progrès technique ne peut donc provenir que de l’extérieur » (Guellec Dominique. 1992). En fait, deux arguments prouvent la caractéristique exogène du progrès technique dans le modèle de Solow. Tout d’abord, l’économiste n’a pas les qualifications nécessaires pour produire une nouvelle technologie afin de perfectionner les machines, par exemple, dans le but d’augmenter la production. Ces aptitudes appartiennent seulement aux techniciens exerçant dans des domaines très différents de l’économie. Prenons par exemple l’agriculture, l’économiste ne prend pas en compte quel type d’engrais sera compatible avec tel ou tel culture. Il le prend comme donnée fournit par l’agronome spécialisé dans le domaine agricole. Ensuite, la technologie est assimilable à un bien public par nature. Elle présente les caractères de non-rivalité et de non-exclusion. Car chaque agent économique a le droit de l’acquérir d’une manière gratuite. Et une fois produite, la nouvelle technologie est disponible pour tous les agents intéressés. En ce cas, aucune entreprise ne fera des investissements dans la recherche d’une nouvelle technique destinée pour la production, puisque qu’une telle activité est couteuse et ne dégage aucun profit. La production du progrès technique vient d’un autre acteur à l’extérieur de l’entreprise elle-même, comme les institutions publiques menant des recherches de nouvelle technologie. Le progrès technique, l’entreprise ne le produit pas, elle se contente seulement de l’acquérir et de l’appliquer. 

La fonction de production de Solow

 Solow a mis en considération l’apport des technologies appliquées dans les processus de production. Ainsi sa fonction de production s’écrit de la manière suivante, avec A désignant le progrès technique : Y = F (A, K, L) ou Y = A Kα L 1-α Afin de mettre en évidence l’origine de la variation de la production, Solow a fini par dégager la formulation ci-dessous. Il a voulu expliquer si une augmentation de l’un ou des deux inputs, le capital ou/et le travail, pourrait avoir des conséquences sur l’output. Mais finalement, l’apport du capital et du travail n’explique pas la totalité de la variation de la production. Même la majorité d’une telle variation est due par le résidu, dit « le résidu de Solow » noté r. ΔY/Y = α ΔK/K + (1-α) ΔL/L + r Avec : ‒ α ΔK/K : la condition affectant le capital ; avec α la part du capital dans la production ‒ (1-α) ΔL/L : la condition affectant le travail ; avec 1-α la part du travail dans la production Et r : le résidu de Solow, correspond également à la productivité globale des facteurs Après avoir étudié l’économie des Etats Unis durant les années 1909-1949, Solow a constaté que l’augmentation du capital (K) n’explique qu’une faible partie du déplacement de la courbe de production. Par la suite, la majeure partie de la variation de la production (Y) est donc expliquée par un autre facteur. Effectivement, la fonction de production de Solow peut être exprimée d’une autre façon tel que : y = A f(k) (1) Avec y = Y/L k = K/L A : technologie utilisée dans le processus de production 7 En divisant l’équation (1) par y, après l’avoir différencié par rapport au temps, nous obtenons l’équation suivante : p = a + bh (2) Avec p = Δy/y (p désigne le taux de croissance de la productivité) a = ΔA/A (a désigne le taux de changement technologique) h = Δk/k (h désigne le taux d’accroissement du capital) b = (dY/dK) / (Y/K) (b désigne l’élasticité de la production par rapport au capital de la production) Bien sûr, la variable A est un résidu pour Solow. En revanche, les valeurs de p et h sont obtenues à partir des observations de la réalité au cours de la période étudiée. Après avoir comparé les valeurs de p et h, Solow a pu dégager que ces deux variables présentent pratiquement les mêmes valeurs. Ainsi il a conclu, avec l’équation (2), que seul le « progrès technique » sera considéré comme le facteur explicatif de l’augmentation de la production. Aussi la valeur de b se situe en général entre 0,2 et 0,3 d’après les calculs de Solow. Ce qui veut dire que l’augmentation du capital implique une hausse moins que proportionnelle de la production. De plus, lors des études effectuées en 1909-1949 Solow estime que 85% de l’augmentation de la production sont expliquées par la variable A. Et les 15% restantes sont dues par l’augmentation de l’utilisation du capital. Pour parvenir à calculer ces 85% Solow a calculé la différence annuelle de l’indice de progrès technique, en prenant comme base l’année 1909 A0=1,0. En 1949 l’indice s’élève à A49= 1,853, d’où l’augmentation de la production de 85%. En effet, le rythme de la croissance économique suit ce du progrès technique. Quand l’apparition d’une nouvelle technologie se ralentit, la croissance économique adopte le même comportement. Bref l’ajout de plus d’unité au niveau de l’un ou des deux facteurs, le capital et le travail, n’explique pas toutefois l’origine d’une croissance économique. Pour Solow cette dernière se découle avec l’introduction des progrès techniques. Plus précisément, une nation ne parviendra pas à réaliser une croissance économique sans appliquer les fruits du progrès technique dans ses processus de production.  

Table des matières

Remerciements.
Liste des abréviations
Table des matières
INTRODUCTION
Partie A : les modèles théoriques de croissance économique : l’innovation
I. Le modèle de R.M. Solow
1. La fonction de production de Solow
2. Les limites du modèle de Solow
3. Le progrès technique, l’invention et l’innovation
II. Le modèle de Joseph Schumpeter
1. Typologie d’innovation
a. Classification des innovations selon Schumpeter
b. Les innovations fréquemment utilisées par certains économistes
2. La place de l’entrepreneur dans le modèle de Schumpeter
3. Structure du marché dans le modèle de Schumpeter
4. La destruction créatrice de Schumpeter
5. Inconvénient des innovations
III. Le modèle d’Aghion et Howitt
1. Présentation du modèle
2. Particularité de l’activité de R&D du modèle
3. La structure monopolistique et l’incitation à innover
IV. Le modèle de Romer
1. La croissance endogène
2. La connaissance
a. Une croissance auto-entretenue
b. L’activité de recherche et développement
Partie B : Cas de Madagascar, un riziculteur innovant
I. Présentation en générale du cas de Madagascar
1. Importance de l’agriculture à travers les statistiques sur l’emploi
2. Caractère de la population agricole par rapport à l’activité
3. Caractère de la population agricole portant sur le niveau d’instruction
4. Caractères socio-culturels liés à la production
5. Caractère économique de l’agriculteur malgache
6. La production de riz de Madagascar en quelques chiffres
II. Le riz, un produit stratégique pour l’agriculture malgache
1. Type d’innovation possible pour le secteur rizicole
a) Innovation de produit
b) Innovation de procédé
c) Innovation organisationnelle
2. La diffusion de l’innovation entre les riziculteurs
3. Le riziculteur malgache et le risque
III. Le SRI (Système de Riziculture Intensive)
1. Origine et procédé du SRI
2. Une réussite même au niveau international.
3. Les problèmes d’application du SRI
4. L’effet de concurrence et l’effet d’échelle
CONCLUSION
BIBLIOGRAPHIE
GLOSSAIRE

projet fin d'etude

Télécharger le document complet

Télécharger aussi :

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *