La ṣara‛at de la maison

 La ṣara‛at de la maison

Certains Rabbins étaient plutôt sceptiques quant à l’existence même de la ṣara‛at des maisons. L’idée selon laquelle ces phénomènes n’ont pas existé se trouve dans T.B. Sanhedrin 71a, où l’on peut lire : (Anonyme) : qui est d’accord avec cette affirmation : il n’y a jamais eu de maison atteinte de ṣara‛at (nécessitant sa destruction) et il n’y en aura jamais. Alors, pourquoi cette loi a-t-elle été écrite ? Pour que tu étudies et que tu reçoives une récompense. Pourtant Rabbi Eléazar ben Rabbi Shim‛on a dit : une maison ne devient jamais impure à moins qu’il n’apparaisse une tache de la dimension de deux geris, sur deux pierres sur deux murs, et dans l’angle des murs. Elle doit mesurer deux geris de long et un de large. Pourquoi ? Parce que la Bible parle de murs de la maison885, puis du mur dans le même verset. Où un mur est-il comme deux ? Dans l’angle de la maison886 . Rabbi Eliézer ben Rabbi Ṣadoq a dit : il y a un endroit à deux mille coudées de Gaza qui est appelé ruines atteintes (par la ṣara‛at). Rabbi Shim‛on de Kefar-Akum887 a dit : je suis allé en Galilée et j’ai vu un endroit où on m’a raconté que des pierres atteintes avaient été déposées A la fin de la discussion, Rabbi Eléazar ben Rabbi Shim‛on et Rabbi sont d’accord pour dire que au moins une maison a été touchée par la ṣara‛at dans l’histoire. Quoiqu’il en soit, de nombreux textes sont consacrés à la ṣara‛at des maisons, que ce soit dans la Mishnah ou dans les autres écrits halakhiques.

Les maisons exposées à la ṣara‛at 

Cas général

 Toutes les maisons ne sont pas exposées à la ṣara‛at : Toutes les maisons889 sont susceptibles d’impureté liée à la ṣara‛at, sauf celles des Gentils (non-juifs possédant une maison en Palestine)890 . Les maisons des Gentils ne sont donc pas concernées, sauf si elles sont acquises par des Juifs, comme l’indique la suite : Si quelqu’un achète la maison d’un Gentil, tout signe de ṣara‛at (même précédant l’achat) doit être examiné comme s’il venait d’apparaître. Certaines maisons ne seront jamais atteintes : Une maison ronde ou triangulaire, construite sur un bateau, sur un radeau ou sur quatre pilotis (dans ces derniers cas, la maison ne repose pas sur la terre) ne sont pas exposées à l’impureté liée à la ṣara‛at. Mais, une maison à quatre côtés, même construite sur quatre piliers, pourra la contracter . Le problème du nombre de murs a trouvé son explication dans une baraïta893 : Une maison qui a deux angles, trois angles ou cinq angles ne devient jamais impure à cause de la ṣara‛at, mais avec quatre angles elle pourra l’être. D’où vient cette loi ? Une autre baraïta explique : dans Lévitique 14, 37 il est dit : l’affection est dans les murs de la maison, le pluriel signifie deux murs et dans Lévitique 14, 39, il est redit « l’affection a progressé dans les murs », soient encore deux murs donc quatre en tout. D’autres maisons sont spontanément protégées : Une maison dont une partie est possédée par un Gentil et l’autre par un Juif n’est pas sujette à l’impureté. Une maison dont une partie est en Terre Sainte et l’autre en dehors de la Terre Sainte n’est pas sujette à l’impureté. Mais, une maison qui ne mesure pas au moins quatre coudées sur quatre est dispensée de la mezuzah et ne peut pas contracter la ṣara‛at, car une structure de moins de quatre coudées au carré n’est pas une maison . 

Les maisons de Jérusalem 

La ville de Jérusalem pose un problème particulier : Jérusalem et les pays étrangers (entourant la terre d’Israël) ne sont pas exposés à l’impureté. Cette affirmation concernant Jérusalem est reprise dans T.B. Bava Qama 82b qui s’appuie sur Lévitique 14, 34 : « Quand vous viendrez vers le pays de Canaan, que je vous donne en possession […] » et considère que Jérusalem n’a pas été attribuée au moment du partage de la terre d’Israël entre les tribus (pas plus que les pays entourant Canaan), tel qu’il est décrit dans le livre de Josué. Les Rabbins énoncent dix règles s’appliquant à Jérusalem, la quatrième précisant qu’aucune maison n’y sera rendue impure par la ṣara‛at en s’appuyant sur le même raisonnement. Cependant, dans Juges 1, 2 et suivants, Juda est désigné pour aller conquérir ce qui deviendra la Judée, et (verset 8) : « Les fils de Juda attaquèrent Jérusalem, ils la prirent, la passèrent au fil de l’épée et mirent le feu à la ville. » On pourrait en déduire que Jérusalem a été annexée par la tribu de Juda, mais, sans jouer sur les mots, on ne peut pas considérer qu’elle a été donnée en partage. Cette décision a été confirmée, avec des arguments similaires: Une baraïta dit que seules les maisons situées sur une terre attribuée lors du partage de la terre d’Israël sont susceptibles d’être atteintes par la ṣara‛at. Donc une maison de Jérusalem ne peut pas être atteinte, car Jérusalem n’a pas été partagée. Rabbi Yehudah dit : j’ai appris de mes maitres que seul l’emplacement du Temple n’est pas atteignable mais tous les autres lieux, y compris les synagogues le sont.

CLiCours.com :  Fundamental Sociolinguistic Considerations

Les synagogues

 Le problème de l’atteinte des synagogues a été posé, et les Rabbins vont tenter de le résoudre, avec beaucoup de difficultés898 : Est-ce qu’une synagogue peut devenir impure à cause de la ṣara‛at ? Une baraïta enseigne : les maisons de prière et les maisons d’étude ne peuvent pas devenir impures car le texte biblique précise899 : celui à qui appartient la maison viendra, donc celui qui a une maison pour lui seul, à l’exclusion des maisons qui ne sont pas réservées pour son seul usage. Mais une autre baraïta explique qu’une synagogue ou une maison appartenant à plusieurs associés peuvent devenir impurs. En réalité, cette deuxième baraïta donne l’opinion de Rabbi Me’ir, l’autre donnant l’opinion des autres maîtres. Car une troisième baraïta enseigne : une synagogue qui comporte un logement pour celui qui en assure le service doit avoir une mezuzah ; et s’il n’y a pas ce logement, Rabbi Me’ir exige (quand même) la mezuzah, mais les Sages l’en dispensent. Et on peut dire que les deux (premières barayitot) s’accordent avec l’opinion des autres maîtres.Et il n’y a toujours pas de difficulté, car l’une concerne une synagogue comportant un logement, l’autre une synagogue ne comportant pas de logement. Et on peut encore dire encore que les deux concernent une synagogue qui ne comporte pas de logement, mais que l’une parle de synagogues dans les villes et l’autre de synagogues dans les villages. Ainsi donc, les synagogues des grandes villes ne seraient pas susceptibles de devenir impures à cause de la ṣara‛at ? Alors qu’une baraïta enseigne : une maison du pays de votre possession , ce qui est en votre possession peut devenir impur par la ṣara‛at, mais pas Jérusalem. Rabbi Yehudah intervient : je n’ai appris cela que pour le seul emplacement du Sanctuaire901. Il résulte (de cet avis) que les synagogues et les maisons d’étude peuvent être frappées d’impureté, bien que (et même si) elles se trouvent dans une grande ville. Mais un (anonyme) citant une version différente des paroles de Rabbi Yehudah qui aurait dit : je n’ai appris cela que pour un emplacement sanctifié902 . La séquence change de sujet et s’ensuit une discussion sur le fait de savoir si Jérusalem a été ou non donnée en partage (voir plus haut), avant de revenir au problème des synagogues des villes et des villages. Mais les synagogues des villages, est-il sûr qu’elles peuvent devenir impures à cause de la ṣara‛at ? Alors qu’une baraïta enseigne : le pays de Canaan, que je vous donne en possession903, donc quand le pays aura été conquis. S’ils l’ont conquis mais pas encore partagé entre les tribus, partagé entre les tribus mais pas encore partagé entre les familles, partagé entre les familles mais chacun (des membres de la famille) n’a pas encore reconnu son bien particulier,

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