Le maitre socioprofessionnel, roles et fonctions

Handicap mental

La personne accompagnée est le centre d’attention du maître socioprofessionnel. Afin d’optimiser la relation d’aide, le MSP se doit d’être aux bénéfices de connaissances et de compétences en adéquation avec les problématiques rencontrées par les bénéficiaires de l’accompagnement. Le concept de « handicap mental » est donc fondamental pour ce travail de recherche. Le Sénat français (2012) définit le handicap comme l’ensemble des limitations d’activité ou limites de participation à la vie en sociétale qu’une personne subit au sein de son environnement en raison d’une altération significative de ses fonctions physiques, sensorielles, mentales, cognitives ou psychiques. L’Organisation mondiale de la santé (OMS), dans la « Classification internationale des maladies » (1992), définit le handicap mental ou retard mental comme un arrêt du développement mental ou un développement mental incomplet, caractérisé par une insuffisance des facultés et du niveau global d’intelligence, notamment au niveau des fonctions cognitives, du langage, de la motricité et des performances sociales. Afin de distinguer les différents degrés de retard mental, l’OMS décide de se baser sur le niveau de quotient intellectuel (QI) de la personne.

Le QI est représenté par une échelle numérique allant de 0 (niveau le plus bas) à plus de 140 pour les personnes dites « surdouées ». Si le QI d’un individu se situe entre 50 et 69 le retard mental est de type « léger ». Celui-ci est qualifié de « moyen » lorsque les valeurs se trouvent entre 35 et 49. Un retard mental de type « grave » concerne un QI évalué entre 20 et 34 et le terme « profond » est utilisé si le QI est inférieur à 20. Cette classification est une référence pour les professionnels des soins et de la santé, que l’on trouve au sein du DSM IV (1994) qui est le manuel officiel de diagnostic et statistique des troubles mentaux. Cet ouvrage a été édité pour la première fois en 1952, sous la dénomination de « DSM I » dans le but d’homogénéiser les référentiels théoriques des professionnels, sur le plan international, sur demande de l’OMS. Comme expliqué dans le cours « Déficiences et incapacités, aspects médicaux » de la formation avec pratique professionnelle de maître socioprofessionnel de l’Ecole supérieur de Sion, les causes menant à un handicap mental sont diverses. Elles sont inconnues dans un tiers ou dans la moitié des cas. Cependant, le Docteur Jean-Pierre Marcoz (2014) nous a démontré plusieurs facteurs possibles

1. Anomalies chromosomiques Celles-ci sont issues d’une transmission erronée du patrimoine génétique du parent à l’enfant, lors de sa conception. Les maladies génétiques incluent, entre autres, les syndromes de Down (trisomie 21), le syndrome de Kinefelter, le syndrome de l’X fragile, la neurofibromatose, l’hyperthyroïdie congénitale, le syndrome de Williams, etc.

2. Problèmes au cours de la grossesse Le développement du foetus peut être perturbé par des infections ou des maladies contractées par la mère durant la grossesse. Les maladies pouvant le plus porter atteinte au foetus sont la rougeole ou la rubéole, surtout durant les trois premiers mois de gestation.

3. Problèmes à la naissance Certaines problématiques, survenant parfois au moment de l’accouchement, peuvent entraîner un retard mental. Cela peut être le cas lors d’une exposition à des toxines ou des infections (ex.: herpès génital maternel). Une asphyxie (manque d’oxygène) peut créer des lésions cérébrales irréversibles. Celle-ci peut être due, par exemple, au fait que le cordon ombilical s’enroule autour du cou du nouveau-né ou que le système respiratoire de l’enfant soit immature. Lors de l’accouchement, le bébé peut subir des blessures à la tête comme des traumatismes crâniens dus à une mauvaise utilisation de forceps, par exemple ou à une infection cérébrale de type encéphalite, méningite, septicémie, etc.

Violence Le sujet de ce travail étant lié à la violence il est important de développer ce concept dans l’optique d’avoir une vision objective des terminologies utilisées. Pour entamer ce sous-chapitre, afin d’introduire la notion que je vais développer, je cite Moatti qui définit la violence comme étant « … est une contrainte illégitime, physique ou morale, exercée envers autrui. » (Moatti, 2000, p. 81). Cette définition permet donc de mettre en avant les types de contraintes liées à ce terme ainsi que de sa dimension sociale. Pour l’éthologiste Konrad Lorenz, prix Nobel 1973, « L’agression violente serait un mode de communication consubstantiel à l’organisation sociale animale et humaine. Elle permet aux individus dominants d’exercer leur puissance sur les dominés. Parfois ces derniers se rebellent pour renverser une situation de domination donnée. » (Lorenz 1963, p. 69) Afin d’aboutir à cette hypothèse, Konrad Lorenz se réfère à deux principes. Le premier selon lequel « … la violence provient d’un processus social et des contraintes imposées aux hommes par la vie en commun au sein de groupes humains fondés sur l’inégalité. » (Lorenz, 2000, p. 81). En second, Lorenz (2000) estime que la violence est inhérente à la nature de l’homme.

La violence serait-elle alors un mode de communication et de positionnement au sein d’un groupe? Ne faisant pas partie des valeurs normatives de la société, l’homme doit faire face à ses pulsions violentes en les contenant ou en les exprimant de manière convenable sur le plan culturel. Selon Daniel Moatti, sur le plan étiologique, « La violence est considérée comme une maladie due à un retard dans le développement psychologique et à une défaillance de l’influence normative de la société. » (Moatti, 2000, p.82). La violence est une pulsion naturellement présente chez l’être humain. La présence d’actes de violence serait seulement due à un manque de maîtrise des pulsions d’un individu. Le MSP joue alors un rôle premier au sein de l’atelier en apportant des outils de gestion des émotions et d’expression adaptés aux personnes bénéficiant de l’accompagnement, La recherche d’autres représentations de la violence m’amène à la description de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) qui définit la violence comme « …l’utilisation intentionnelle de la force physique, de menaces à l’encontre des autres ou de soi-même, contre un groupe ou une communauté, qui entraîne ou risque fortement d’entraîner un traumatisme, des dommages psychologiques, des problèmes de développement ou un décès. » (Krug, Dahlberg, Mercy, Zwi & Lozano-Ascencio, 2002. p. 5). Cette définition permet non pas d’appréhender uniquement la violence comme étant dirigée vers autrui, mais aussi contre soi-même. Dans le concept de la violence, il est important, dans un souci d’univocité, de différencier quels sont les “Types de violences” et les « Catégories de violence ». Pour ce faire, je me base sur un document de l’OMS, le « Rapport mondial sur la violence et la santé » (Krug, Dahlberg, Mercy, Zwi & Lozano-Ascencio, 2002, pp. 6-7) ainsi que sur le site Internet de cette même organisation qui décrit trois types de violence chacun divisé en catégories:

Méthodes de prévention et de résolution de conflits

Afin d’anticiper ou de faire face à l’émergence de situations conflictuelles menant à l’utilisation de la violence dans le cadre de la vie des ateliers ou des activités qui y sont liées, il est nécessaire que le maître socioprofessionnel soit compétent dans le domaine de la résolution de conflit. Faire face à des actes de violence inclut la notion de conflit interpersonnel et de méthodes de résolution de ces situations, c’est donc ces deux points que je vais développer dans ce sous-chapitre. La notion de conflit étant centrale, je vais tout d’abord définir ce terme en me basant sur un ouvrage de Rui (2010) puis développer diverses méthodes de résolution de conflit en me référant à plusieurs auteurs et ouvrages. Rui (2010), mentionne que le conflit représente « un antagonisme entre individus ou groupes dans la société (ou entre sociétés). Il survient quand une décision ne peut être prise par les procédures habituelles. Communément admise, cette définition provient de la sociologie des organisations qui montre que les conflits dépendent des modèles organisationnels et des relations de pouvoir. » (Rui, 2010, p.102). Cette représentation de la notion de conflit fait sens dans le domaine professionnel du MSP. Il lui incombe de gérer, au sein de l’atelier, le respect du modèle organisationnel et des relations de pouvoir. Le conflit fait partie de la vie courante, de la réalité quotidienne si l’on veut vivre ensemble.

Comme le dit Barral-Baron : « Vivre ensemble, c’est le souhait de tout homme. De la naissance à la mort, l’expérience humaine se déploie dans la conscience de soi au sein d’un réseau de relation. La vie de chacun se tisse et se nourrit à travers ses relations avec l’autre. Mais elle dépend aussi de notre attitude, c’est-à-dire qu’elle peut s’étioler et se détruire du fait de l’indifférence, des incompréhensions et des affrontements qui creusent des distances entre les hommes. » (Barral-Baron, 1995, p.3) Cet équilibre qui peut être fragile entre les individus d’un même groupe est maintenu en grande partie, au sein d’ateliers employant des personnes handicapées mentales, par le MSP. L’apprentissage et le maintien des compétences sociales sont des fonctions clés du maître socioprofessionnel afin de minimiser les relations interpersonnelles conflictuelles. Le maître socioprofessionnel doit vivre avec les conflits interpersonnels pouvant mener à des situations violentes. Afin d’y faire face, il doit s’atteler à la prévention et à la résolution de ces conflits. Ces deux concepts associés aux relations humaines, consistent à définir des solutions afin à prévenir ainsi qu’à pallier à un affrontement entre ouvriers d’un atelier. Cela doit être fait en prenant en compte l’autodétermination des acteurs qui peuvent poursuivre des buts divergents. Les protagonistes d’un conflit peuvent se baser sur des valeurs non communes en poursuivant le même but : sortir victorieux. Afin de pallier à ces buts divergents

Table des matières

1 INTRODUCTION
1.1 INTERET PRESENTE PAR LA RECHERCHE
1.2 THEMATIQUE TRAITEE
1.3 QUESTION DE DEPART
1.4 OBJECTIF DE LA RECHERCHE
1.4.1 OBJECTIFS THEORIQUES
1.4.2 OBJECTIFS DE TERRAIN
1.5 PRECISIONS, LIMITES POSEES A LA RECHERCHE
1.6 CADRE THEORIQUE ET CONTEXTE PROFESSIONNEL
1.6.1 LE MAITRE SOCIOPROFESSIONNEL, ROLES ET FONCTIONS
1.6.2 HANDICAP MENTAL
1.6.3 VIOLENCE
1.6.4 HANDICAP MENTAL ET VIOLENCE
1.6.5 METHODES DE PREVENTION ET DE RESOLUTION DE CONFLITS
1.7 CADRE D’ANALYSE
1.7.1 TERRAIN DE RECHERCHE ET ECHANTILLON RETENU
1.7.2 METHODE DE RECHERCHE
1.7.3 ÉTHIQUE DE LA RECHERCHE
2 LE DEVELOPPEMENT
2.1 PRESENTATION GLOBALE DE LA RECHERCHE EFFECTUEE SUR LE TERRAIN
2.1.1 LES INSTITUTIONS CIBLEES
2.1.2 LES PERSONNES INTERROGEES
2.2 PRESENTATION DES DONNEES
2.2.1 METHODOLOGIE D’ANALYSE CHOISIE ET DU PLAN RETENU
2.3 ANALYSE DES DONNEES SELON LES THEMATIQUES CHOISIES
2.3.1 DEFINIR L’ACTE DE VIOLENCE
2.3.2 LIEN FAIT ENTRE VIOLENCE ET HANDICAP MENTAL
2.3.1 LES STRATEGIES MISES EN PLACE PAR LES MSP
2.3.1 ÉMOTIONS LIEES AUX ACTES DE VIOLENCE VECUS PAR LES MSP
2.3.2 MOYENS MIS EN PLACE PAR LES INSTITUTIONS
3 CONCLUSION
3.1 RESUME ET SYNTHESE DE LA RECHERCHE
3.2 LIMITES DU TRAVAIL
3.3 PERSPECTIVES ET PISTES D’ACTION PROFESSIONNELLE
3.4 REMARQUES FINALES
4 BIBLIOGRAPHIE
5 TABLE DES MATIERES DES ANNEXES

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