Le modèle théorique du changement social

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EXPLOITATION SEXUELLE

En plus de cette exploitation économique, il est relevé une exploitation sexuelle très marquée principalement sur la Petite Côte et en Casamance, zones fortement touristiques7.
Le rapport provisoire sur l’exploitation sexuelle des enfants au Sénégal 7 révèle que des enfants sont victimes d’inceste et/ou d’abus et sont soumis à une prostitution déguisée parfois avec l’approbation des parents biologiques. Ces pratiques, bien que connues ou soupçonnées par la communauté, font rarement l’objet d’une dénonciation auprès des autorités compétentes.

LES «TALIBÉS MENDIANTS8»

Un autre phénomène plus visible lorsque que l’on parcourt les rues des grandes villes du Sénégal, à l’instar de Dakar, est celui de l’exploitation économique des enfants mendiants appelés « talibés » ainsi que d’autres, livrés à eux-mêmes. Ils sont de plus en plus nombreux sur les grandes avenues, s’infiltrant entre les voitures, à la quête d’une pièce de monnaie ou d’une offrande (ou de cadeaux ) que les passagers des véhicules voudront bien leur donner.

SANTÉ DES ENFANTS

La morbidité et la mortalité demeurent importante auprès de la tranche d’âge 0-4 ans malgré les divers programmes qui tentent de lutter pour améliorer la survie des enfants et qui ont permis d’enregistrer une baisse significative pendant la décennie 1990-2000. La mortalité infantile est passée de 76 pour 1000 à 70,1 pour 1000, soit une baisse de 6% en valeur relative. Les premières causes de morbidité et de mortalité sont la diarrhée, le paludisme et les maladies respiratoires. Cependant, les disparités régionales demeurent importantes : 54,2% à Kolda et 90,6% à Dakar.
Au vu de ce qui précède et à la lecture des documents cités en bibliographie, le développement d’un pays passant entre autres par la prise en compte de façon permanente des droits et du bien-être des enfants, il apparaît nécessaire de s’interroger sur la question de départ de cette étude : quelles stratégies sont mises en place par les associations de quartier en vue de la diffusion, de la sensibilisation voire de l’application de la Convention des Droits de l’Enfant au cas où elle serait connue?

CADRE GÉNÉRAL

JUSTIFICATION DE L’ETUDE

La situation de l’enfant constitue de nos jours une des préoccupations majeures des acteurs de l’Humanitaire, des États, des organismes nationaux comme internationaux surtout depuis la prise de conscience dans les années 90 de la nécessité d’élaborer un instrument juridique international. De nombreuses violations des droits et de la protection des personnes les plus vulnérables constituées des femmes et des enfants sont constatées à travers le monde.
Ce phénomène est davantage perceptible dans les pays en crise et/ou en développement. Cependant, les violations et les violences ne sont pas circonscrites à ce type de pays. Elles sont universelles et empruntent dans les pays développés des formes sophistiquées.
Déjà, en 1924, il a été élaboré une déclaration sur les Droits de l’Enfant sur l’initiative d’un groupe d’Organisations Non Gouvernementales. L’année 1989 est cependant la date marquante de la prise de conscience des États et Organismes Internationaux avec l’adoption de la Convention sur les droits de l’enfant par tous les États membres des Nations Unies, exceptés les USA et la Somalie.
Par la suite, s’est tenu le Sommet mondial pour l’enfant à New York en 1990. La même année, la Charte africaine des droits et du bien-être de l’enfant fut adoptée par la 26e Conférence des Chefs d’États et de Gouvernements de l’Organisation de l’Unité Africaine (OUA), devenue Unité Africaine (UA). Une convention sur les pires formes de travail des enfants fut également élaborée par le Bureau International du Travail (BIT).
Malgré cette volonté manifeste à l’échelle internationale, un déficit dans la politique d’application de la Convention des Droits de l’Enfant est relevé d’où la mise en place d’un Comité d’Application de la Convention à Genève. Ce constat a mené à la réflexion lors du Colloque international sur l’application de la Convention des Nations Unies sur les Droits de l’Enfant, sur les clauses de faisabilité qui limitent la portée de l’engagement des acteurs chargés de la mise en œuvre de ces droits 9.
Le bien-être des enfants et le respect de leurs droits sont devenus une telle préoccupation que des personnalités internationales du monde politique, artistique… se sont impliquées dans cette lutte. C’est le cas de Nelson MANDE LA (Figure emblématique de la lutte contre l’Apartheid et premier Président noir de l’Afrique du Sud) et de Graca MACHEL son épouse, aux côtés du « Mouvement Mondial en faveur des enfants ».
Faisant suite au Sommet mondial pour les enfants, un « Plan national d’action en faveur des enfants » a été élaboré par le Gouvernement du Sénégal en collaboration avec l’Unicef, le Bureau International du Travail et un groupe d’Organisations Non Gouvernementales en 1993. Des actions sont également initiées à l’endroit des « talibés » et des enfants en rupture sociale.
C’est ainsi que le 20 avril de chaque année est déclaré journée nationale des talibés. Dans la même lancée, le Programme international pour l’élimination du travail des enfants (IPEC) est élaboré au Sénégal afin de mettre en place des instruments appropriés pour l’identification et la lutte contre le travail des enfants.
La volonté du Sénégal d’œuvrer pour le bien-être et le respect des Droits de l’Enfant l’a amené à ratifier toutes les conventions sus mentionnées et à créer en 2000, un Ministère de la Famille et de la Petite Enfance en plus de l’élaboration d’un Programme National d’action en faveur des enfants. Pourtant, une violation flagrante des Droits de l’Enfant est notée tous les jours à travers le monde mais également au Sénégal : des pires formes de travail10 à leur exploitation économique et/ou sexuelle en passant par le mariage précoce et/ou forcé, la mise à la mendicité, l’exclusion scolaire….
Il ressort de l’étude sur les progrès réalisés dans le cadre des objectifs de la fin de la décennie pour l’enfant menée par le Gouvernement du Sénégal et l’Unicef11 pour un meilleur cadrage des actions à entreprendre que :
– 44% des ménages ont entendu parler des Droits de l’Enfant (55,4% en milieu urbain et 36,1% en milieu rural),
– 49,3% des enfants en âge scolaire fréquentent l’école primaire (59,3% pour les garçons contre 44,6% pour les filles),
– 37,6% des enfants sont en situation de travail (la majorité en zone rurale : 43,5% contre 27,7% en zone urbaine),
– 31% des enfants travaillant sont âgés entre 5-9 ans; 44% entre 10-15 ans.
Dans un tel contexte, on peut se demander au regard de son engagement dans le Mouvement mondial et de la volonté manifeste de son Gouvernement, si le Sénégal peut se doter de moyens financiers, techniques, humains… pour y faire face?
Existe-il une volonté réelle de la part des pouvoirs politiques?
Ces interrogations méritent d’être soulevées compte tenue de la complexité des questions relatives à la situation de l’enfant au Sénégal.
10 BIT, convention 182 art3 « Toutes les formes d’esclavages et pratiques assimilables, telles que la vente et la traite d’enfant, le travail forcé ou obligatoire, la servitude pour dette et le servage, l’utilisation, l’engagement ou l’offre d’un enfant à des fins d’activités illicites, de la prostitution, de la production de matériel ou de spectacle pornographique et tout autre type d’activité qui, par sa nature ou en raison de conditions dans lesquelles il s’exerce est susceptible de compromettre la santé, la sécurité ou la moralité de l’enfant de manière telle qu’il ne devrait en aucune manière y être exposé »
Toutefois, quelle évaluation a été faite des actions des organisations internationales et nationales oeuvrant au profil de l’enfant?
Au Sénégal, divers acteurs interviennent dans le secteur de l’enfance notamment les associations de quartier. Qu’en est-il de leur implication?

LES OBJECTIFS DE L’ÉTUDE

L’OBJECTIF PRINCIPAL

L’objectif principal de ce travail s’inscrit dans la lutte pour le respect des Droits de l’Enfant et son bien-être tels que prescrits dans la Convention des Droits de l’Enfant et autres instruments juridiques comme la Charte africaine des droits et bien-être de l’enfant à travers l’étude de l’implication des associations de quartiers dans l’encadrement et/ou la prise en charge des enfants?

LES OBJECTIFS SECONDAIRES

L’étude des objectifs secondaires permettra d’abord d’identifier les acteurs impliqués dans ces associations et par là tenter d’établir leurs activités entrant en droite ligne avec la Promotion des Droits de l’Enfant et de dégager le profil de ces associations.
Après cette phase d’identification, il s’agira ensuite de voir le mode de structuration de ces associations. La dernière phase consistera à étudier leur mode de fonctionnement, les rapports qu’elles entretiennent avec les parents des enfants dont ils ont la charge; les rapports entre associations; entre celles-ci et les Organisations Non Gouvernementales intervenant dans ce secteurs, et avec le ministère de tutelle.

HYPOTHESES

L’importance des ressources financières disponibles dans divers programmes de lutte contre la pauvreté expliquerait la floraison des structures qui disent oeuvrer pour une meilleure prise en charge des enfants. L’engagement humanitaire est loin d’être la motivation première dans le contexte économique du Sénégal où trouver du travail avec une rémunération adéquate permettant de subvenir à ses besoins n’est pas chose facile.

REVUE DE LA LITTERATURE

Une revue de documents relatifs à la question des Droits et bien-être de l’Enfant auprès d’Organismes Intergouvernementaux, d’Organismes Non Gouvernementaux, d’Associations, de Structures de l’État, a précédé l’élaboration de cette étude, pour tenter de faire un état des lieux des documents existants sur cette question.
Les documents cités sont davantage des rapports d’organismes ou des études commanditées par des structures portant sur des thèmes spécifiques ayant trait à leurs lignes directrices. Les explications recueillies ici et là relèvent que le phénomène de la promotion des Droits de l’Enfant comme cheval de bataille à l’échelle des Nations Unies est récente et remonte à une dizaine d’années. Ce serait la raison pour laquelle il n’y a pas une profusion d’écrits. Cependant, sur des points précis des Droits de l’Enfant, tel le travail des enfants, il en existe davantage.
Les documents parcourus font apparaître une difficulté à déterminer, au Sénégal, les limites entre le processus de socialisation des enfants, les abus et/ou l’exploitation économique qu’ils subissent.
Les dérives notées dans le processus de socialisation, l’exploitation économique ou sexuelle, la mise à la mendicité, font partie des premières causes de violation des droits de l’enfant.
Des documents font apparaître une corrélation entre le degré d’accès à l’éducation et à la santé et le niveau de pauvreté d’une population donnée. Les acteurs du développement s’accordent de plus en plus sur l’idée que l’absence d’éducation dans les familles pauvres affecte le développement des enfants et constitue une entrave à leur intégration sociale et économique pendant l’adolescence et maintient, par la même occasion, le cercle vicieux de la pauvreté. Les pays à faible taux de scolarisation ont un fort taux de mortalité infantile et maternelle et un taux élevé de pauvreté et vice versa.
Ci-dessous le résumé des contenus de quelques documents cités en bibliographie : A K GUEYE, Etude sur le travail domestique non salarié des enfants, Unicef, Dakar 1999, 53p, . L’étude sur le travail domestique non salarié des enfants dépeint la situation de l’enfant au Sénégal à travers de larges données statistiques tirées d’études menées par la Direction de la Prévision et de la Statistique (DPS). Elle mentionne brièvement les textes juridiques sénégalais portant sur les Droits de l’Enfant, sans les citer, à notre regret .Par rapport aux textes internationaux ratifiés par le Sénégal et portant sur l’enfant, l’auteur s’interroge sur leur mise en œuvre, compte tenu des réalités socioculturelles du Sénégal. Cette étude renseigne également sur les différentes étapes de l’enfance : infantile pour les moins d’un an ; juvénile, de 1 à 4 ans ; pour finir par l’étape infanto -juvénile entre 4 et 5ans.
Des données sont fournies sur la disparité entre les garçons et les filles fréquentant l’Ecole primaire. Sur 49,3% des enfants scolarisables, le taux est de 53,9% pour les garçons contre 44,6% pour les filles. Pour finir, l’étude renseigne sur l’apport calorifique préconisé par l’Unicef qui est de 2500calories/jour/personne. Ces renseignements ne nous précisent pas la population cible concernée par cette absorption de calories par jour, tout comme ils n’indiquent pas s’il à été tenu compte des habitudes culinaires sénégalaises.
L’indicateur de barème calorique semble difficilement accessible compte tenu des habitudes alimentaires au Sénégal. Les repas ne sont pas servi en portions dans des assiettes, ce qui permettrait des approximations sur l’apport calorifique mais plutôt dans des ustensiles autour desquels s’installent les gens pour manger ensemble.
Gouvernement du Sénégal, Unicef, Rapport de l’enquête sur les objectifs de la fin de décennie sur l’enfance (MICS-II), 2000, 113p.
MICS (Multiple Indicator cluster Survey – Enquête par Grappe à indicateurs Multiples) fait partie d’un Programme Mondial d’Assistance de l’Unicef pour la collecte, le traitement et l’analyse des données relatives à la survie, au développement et à la protection de l’enfant. Cette étude tout comme celle qui précède renseigne sur la situation de l’enfant mais à une échelle plus large.
Après avoir mis en exergue l’importance de la vitamine A dans la lutte contre la cécité, des chiffres sont donnés sur la situation des enfants. En voici quelques uns :
– 7,6% des enfants dont les deux parents sont vivants sont confiés.
– 44% des ménages ont entendu parlé des Droits de l’Enfant en 2000 contre 33% en 1996 ; 55,4% en milieu urbain et 36,1% en milieu rural.
– 37,6% des enfants de 5 à 15 ans travaillent.
– 72,7% des Sénégalais ont accès à l’eau potable.
– Six enfants sur dix sont inscrits à l’état civil à leur naissance . Une grande disparité subsiste entre les milieux urbains et ruraux. Dans les zones urbaines, trois enfants sur quatre sont enregistrés contre moins d’un enfant sur deux en milieu rural. Ce constat a mené à l’importante campagne sur l’enregistrement des naissances au Sénégal organisée concomitamment avec la célébration de la journée de l’enfant africain12 le 16 juin 2003.
– Une corrélation est notée entre le niveau d’instruction de la mère et le respect des Droits de l’Enfant ; plus une mère est instruite, davantage elles est sensible aux respects des Droits de l’Enfant.
– 6,2% des enfants de moins de 15 ans vivent avec leurs deux parents. 9.6% ne vivent avec aucun des parents biologiques ; 7,6% ne vivent avec aucun des parents même s’ils sont vivants (cf. cas des enfants confiés).
– 37,6% des enfants de 5 à 15 ans travaillent ; 39,4% chez les garçons et 35,7% chez les filles. Ces enfants travaillent davantage en milieu urbain (43,5%) qu’en milieu rural (29,9%°). Les enfants rentrent précocement dans le monde du travail :31% ont entre 5 et 9 ans et 43,9% entre 10 et 15 ans.
Ces données sur le travail des enfants doivent être exploitées avec quelques précautions car en milieu rural et péri urbain, le travail des enfants est souvent motivé par leur socialisation.
Institut des Droits de l’Homme et de la Paix (IDHP), Rapport du Colloque International sur l’application de la convention des Nations Unies sur les Droits de l’Enfant à Dakar,2003
L’une des motivations de ce colloque est l’existence d’un mouvement mondial en faveur des droits des personnes les plus vulnérables que sont les femmes et les enfants. L’Institut des Droits de l’Homme et de la Paix (IDHP) constate que dix ans après la convention des Nations Unies sur les Droits de l’Enfant, « ceux–ci sont loin d’être effectifs et l’application de la Convention des Droits de l’Enfant est un réel problème ». Ce rapport s’interroge sur la pertinence des clauses de faisabilité qui « limitent la portée de l’engagement des acteurs chargés de la mise en œuvre de ces droits » et souligne des difficultés dans l’application des Droits de l’enfant par rapport au principe de l’indivisibilité des Droits Humains ; exemple : droit à l’éducation, à la bonne santé, à la dignité …difficilement applicable dans une situation de pauvreté. Pour le contient africain, l’institut préconise dans la promotion de faire une corrélation entre les droits des enfants et les réalités socioculturelles.
Organisation de l’Unité Africaine, Charte Africaine des droits et du bien-être de l’enfant, 1979, 37p.
La « Charte africaine des droits et du bien-être de l’enfant » a été adoptée par l’Organisation de l’Unité Africaine (OUA) devenue Union Africaine (UA) à Monrovia (Libéria) du 17 au 29 juillet 1979. Voici quelques éléments de cette charte :
– La peine de mort n’est pas applicable aux enfants de moins d’un an.
– L’inscription dans les registres de l’état civil dès la naissance est un droit.
– Les enfants ont droit à l’éducation et à tendre vers un enseignement secondaire gratuit.
– Les filles enceintes doivent pouvoir achever leur éducation compte tenu de leurs aptitudes individuelles.
PLAN International, Enquête sur les perceptions et motivations du travail des enfants en milieu rural au Sénégal, Rapport provisoire, 2002, 113p
Cette étude menée dans des villages situés dans les régions de Thiès, Kaolack, Louga et Saint-Louis est articulée autour de la question des causes et motivations du travail des enfants dans ces zones. A l’entame du document, il est question de « socialisation corrompue du travail des enfants ». Il y est signalé que « les accidents de travail constituent l’une des premières causes de décès des enfants en Afrique »13.
Cette étude rappelle la vulnérabilité des enfants et des femmes qui sont plus touchés par les maladies hydriques (recherche d’eau au puits, au marigot, irrigation…). Elle souligne l’exode rural des enfants travailleurs qui entraîne la rupture d’avec le cadre protecteur familial et alimente les violences morale, sexuelle, physique et économique auxquelles les enfants sont exposés. Une conséquence du travail des enfants est la baisse du taux de scolarisation à mesure que l’âge s’élève.
Direction de la prévision et de la statistique –DPS-, Document de Stratégie de Réduction de la Pauvreté (DSRP), Rapport provisoire, décembre 2001, Dakar, 74p.
Le Document de Stratégie de Réduction de la pauvreté -DSRP- rappelle que la lutte contre la pauvreté nécessite un accès aux services sociaux de base que sont : un point d’eau potable, une école primaire, un poste de santé, un lieu de commerce ou une route. Il souligne qu’en zone rurale, la vétusté et l’insuffisance de l’équipement agricole entraîne la sur-utilisation de la main d’œuvre infantile dans les activités.
Entre autres recommandations pour lutter contre le travail des enfants le document préconise :
– La promotion de l’éducation,
– la sensibilisation accrue avec une adaptation des thèmes au contexte socioculturel en plus d’une utilisation de supports de communication adéquats,
– la promotion de stratégies à base communautaire en impliquant les différents acteurs dans les phases de conception, de validation et de mise en œuvre de celles-ci.
A.SADIO, Le travail des enfants au Sénégal : enquête méthodologique, République du Sénégal, Ministère de l’Economie, juillet 1993
L’auteur focalise son enquête sur la tranche d’âge six-quatorze ans et parle d’abandon massif des études autour de douze ans aussi bien chez les filles que les garçons ; plus de la moitié pour cause de renvoi et le second motif pour cause d’implication des enfants dans les activités agricoles ou alors comme berger ou comme femme de ménage. 14% de son échantillon est constitué de filles impliquées dans les travaux domestique ayant entre six et quatorze ans. L’auteur ne précise cependant pas la taille de cet échantillon ni sur quelles bases il a été constitué.
La lecture de cette enquête inspire la question suivante : le recours aux plus jeunes des filles dans les travaux domestiques, n’est-il pas lié au fait qu’elles sont plus dociles car plus vulnérables et moins au fait de leurs droits ?
L’étude révèle que ces enfants ont tendance à en faire plus qu’elles ne peuvent supporter physiquement, ce qui les exposent à des accidents de travail réguliers. L’auteur a fait la classification suivante sur les activités qui occupent davantage les enfants :
– Aide familiale dans l’agriculture,
– Employées de maison en ville,
– Apprentis en villes.
Cette étude traite du travail salarié des enfants . Elle suggère, à défaut de mettre un terme au travail des enfants, de leur trouver des équipements agricoles susceptibles de les alléger mais surtout de mettre l’accent sur leur scolarisation qui seule pourra les protéger des dangers liés à ces activités.
République du Sénégal, Consultation régionale préparatoire de la conférence d’OSLO sur le travail des enfants, Rapport national, août 1997, 25p.
Ce rapport donne une autre classification des activités sur lesquelles porte le travail des enfants :
– Aides-familiaux, agriculteurs du secteur rural,
– Jeunes filles domestiques dans les zones urbaines,
– Apprentis dans le secteur informel (rural et urbain),
– Travailleurs indépendants exerçants des petits métiers urbains.
Il renseigne que le travail rémunéré des 6-18 ans est plus marqué chez les filles employées comme filles de ménage que les garçons. De même, ce rapport souligne que les filles sont plus vulnérables au harcèlement sexuel. Ce rapport analyse le travail des enfants sous l’angle du contexte socioéconomique, de la crise du système éducatif, du sous développement, de la pauvreté et de l’environnement socioculturel des enfants.

Table des matières

Introduction 
PREMIERE PARTIE : CADRE GENERAL ET METHODOLOGIQUE DE L’ETUDE 
CHAPITRE I : CADRE GENERAL 
1 Contexte et Problématique
1.1 Éducation
1.2 Travail des enfants
1.3 Exploitation sexuelle des enfants
1.4 Les « Talibés mendiants »
1.5 Santé des enfants
1.2 Cadre général
1.2.1 Justification de l’étude
1.2.2 Objectifs de l’étude
1.2.2.1 Objectif principal
1.2.2.2 Objectifs secondaires
1.2.3 Hypothèses
1.2.4 Revue de la littérature
1.2.5 Définition et/où contenu des concepts
1.2.6 Modèle théorique
1.2.6.1 Difficultés rencontrées
1.2.5.2 Le modèle théorique du changement social
CHAPITRE II : METHODOLOGIE 
2.1 La population de l’étude
2.2 La méthode de travail
2.3 Le matériel et les instruments de collecte
2.3.1 La fiche d’enquête
2.3.2 Le guide d’entretien
2.4 les limites géographiques de l’étude
DEUXIEME PARTIE : CADRE D’ANALYSE 
CHAPITRE III : NOTES DE TERRAIN ET ETUDES DE CAS 
3.1 Notes de terrain
3.1.1 Une journée à Rufisque
3.1.2 Une soirée de gala de l’enfance
3.1.3 Une réunion au Ministère de la famille et de la Petite Enfance
3.1.4 Une proposition indécente
3.2 Études de cas
3.2.1 Avenir De l’Enfant
3.2.2 Association pour la Sauvegarde et la Promotion des Jeunes
3.2.3 Analyse des études de cas
CHAPITRE IV : PRESENTATION ET ANALYSE DES RESULTATS DE LA RECHERCHE 
4.1 Présentation et analyse des données quantitatives
4.2 Analyse des données qualitatives
Conclusion 
Annexes 
Bibliographie

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