Les fêtes d’événements nationaux

Les fêtes d’événements nationaux

Les fêtes institutionnelles du XVIIème siècle que nous avons principalement choisi d’aborder, sont les entrées royales car elles sont d’une singularité et d’une beauté impressionnantes et parce qu’elles constituent le paroxysme de l’encomiastique royale qui effleure les limites de l’idolâtrie. À cette époque, elles font partie des occasions les plus répandues et les plus prisées parce qu’elles étalent aux yeux du monde le rayonnement monarchique dans toute sa splendeur et cela grâce à l’espace public dans lequel le monarque déambule et se montre à ses sujets. Même si l’entrée était l’occasion la plus connue et la plus spectaculaire d’occuper l’espace public, d’autres événements nationaux donnaient lieu à des manifestations festives, tels que des mariages, des naissances, des victoires, des grandes nouvelles, des convalescences et des décès dans la famille royale. Les événements d’importance nationale étaient également célébrés de manière solennelle. En ces occasions, la fête était de rigueur avec tout ce qu’elle donnait à voir (pétards, cavalcades et Te Deum). Pour fêter la naissance du futur Louis XIV, on joua un magnifique ballet à Avignon en décembre 1638, dans la grande salle du Palais des Papes. Un ballet dansé par des seigneurs de la ville et qui avait pour thème: « la délivrance des chevaliers de la Gloire par le Grand Alcandre gaulois ». Ce ballet était assez singulier parce qu’il offrait un spectacle différent des autres ballets qui avaient été représentés à cette époque en Provence : spectacle dont la portée politique se traduisait par des jeux de machines compliquées; il se distinguait des combats à barrière et des carrousels dont il était indépendant mais c‘est un ballet qui ne diffère pas des ballets qui étaient joués à Paris. En revanche, le travail soigné et minutieux de la mise en scène était une chose nouvelle pour la Provence. Le machiniste était inconnu mais on suppose qu’il devait être italien car il employait tous les artifices propres aux grands spectacles italiens (qu’on utilisait aussi à Paris); il se servait de toiles, de trappes, de chassis et d’une machinerie céleste très complexe. L’inventeur de ce ballet, Narguier, ne se souciait pas de l’intérêt régional, il voulait surtout célébrer un événement national important, la naissance du Dauphin. Dans son ballet il chante la gloire de Louis XIII à travers le personnage d’Alcandre, il montre la victoire du monarque sur le désordre, et le retour de l’ordre et de la paix que Louis XIII favorisa et que le futur Louis XIV devra continuer à faire régner en France.

Déroulement de ce ballet : Une grande toile qui couvrait la scène tomba pour laisser paraître douze paladins français dans une forêt, qui étaient en quête de la gloire. Le décor figurait une forêt de palmiers d’une longueur de trois toises (ancienne mesure dont l’équivalent de notre unité de mesure serait six mètres) qui, grâce à une recherche de perspective donnait l’impression d’être mille fois plus longue. Une maison de plaisance était représentée sur une toile de fond qui se trouvait dans le fond de la scène. Zirphée, la magicienne fit son apparition, entourée de nuées qui se déplaçaient incessamment autour d’elle. Cet artifice du mouvement continu des nuages sur la scène est une performance qui, même à Paris, n’avait pas été expérimentée par les machinistes. Le mouvement des nuages se poursuivait pendant que se déchaîna une tempête, dans un climat d’éclairs et de tonnerres. Quand tout à coup, les chevaliers s’immobilisèrent et la scène se transforma soudain par un coup de baguette magique. Les collines se transformèrent en rochers recouverts de neige et de glace, d’arbres dégarnis de feuillages. Du ciel descendaient des démons, d’autres sortaient du fond de la terre. La magie avait même touché Apollon dont les rayons étaient assombris par des nuages noirs. De nouveaux sortilèges transformèrent les chevaliers en monstres. La scène connut une troisième métamorphose : des rochers, des phares, des ports, et des montagnes impraticables encerclaient une mer. Mais à l’horizon on discernait le glorieux Alcandre,

 

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