L’UTILISATION DES PERSONNIFICATIONS DES PROVINCES ORIENTALES DANS L’ARCHITECTURE

L’UTILISATION DES PERSONNIFICATIONS DES PROVINCES ORIENTALES DANS L’ARCHITECTURE

La raison économique : entre la culture et le commerce agricoles

La majorité des représentations de provinces orientales illustrées le sont dans un contexte économique. Le propriétaire ou commanditaire des lieux voulait mettre en avant ce thème, probablement parce qu’il n’est pas étranger à sa richesse. Pour être propriétaires de telles demeures ou thermes avec de telles décorations, la classe sociale concernée ne pouvait être que la noblesse. Il est plus que certain que ce soit le commerce de cultures agricoles qui soit à l’origine de cette richesse. Le premier exemple à faire part de ce thème économique du commerce et de l’alimentation de Rome en denrées alimentaires est la mosaïque dite des provinces qui se situe sur le sol d’un des bassins des Thermes dits des provinces à Ostie.

On peut en effet y voir la représentation en buste des provinces de la Sicile, de l’Hispanie, de l’Afrique et de l’Égypte. C’est cette dernière qui nous intéresse tout particulièrement dans notre étude. Pour comprendre le message passé à travers la mosaïque, il est important de connaître l’histoire de la cité portuaire qui accueillait le pavement, Ostie. Jules César avait pour intention de créer un nouveau port à Ostie, dans l’embouchure du Tibre, afin d’alimenter  bien. Claude reprit l’initiative de faire un port lorsque Rome ne posséda plus que sept à huit jours de provisions, à la mort de Caligula1392. Jusqu’alors, le port alimentant Rome se trouvait à Pouzzoles, trop loin pour ravitailler la cité. Il était urgent de faire construire des entrepôts dans lesquels seraient stockées assez de denrées pour approvisionner la capitale.

La raison géographique ou localisation des monuments ou un culte

Dans la Villa Hadriana qui se trouve à Tibur, a été retrouvée une statue qui illustre une province orientale. Il s’agit de Cappadocia. Nous ne connaissons pas la position de la statue au sein de la villa car celle-ci a été retrouvée dans la collection du cardinal d’Este, qui a dû entreprendre des fouilles « archéologiques » sur le site, afin de compléter sa collection. Comme on a pu le voir auparavant en expliquant le complexe architectural de la villa, Hadrien fit reproduire des monuments célèbres. En reproduisant tout cet ensemble architectural, Hadrien voulait en quelque sorte se créer un monde dans lequel se trouvaient tous les édifices qui l’avaient touchés. Cet amateur d’architecture s’était ainsi créé une petite cité dans laquelle il alla même jusqu’à reproduire l’empire.

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On y retrouvait en particulier des monuments de la Grèce ainsi que de l’Égypte, deux provinces qui étaient chères à son cœur. Les passions de l’empereur sont nettement mises en avant. La présence d’une statue illustrant la province de la Cappadoce n’a donc rien d’étonnant. Ayant voyagé durant près de la moitié de son règne, 483 ayant fait battre des émissions de monnaies illustrant les provinces de l’Empire, ainsi que certaines contrées à proximité, l’intérêt qu’avait Hadrien pour les provinces romaines ne fait aucun doute. Cette villa témoigne de cet intérêt en y mettant en évidence l’architecture. La présence de statues illustrant des provinces romaines, aussi bien orientales qu’occidentales, replace chaque monument dans la province concernée. Les statues font ainsi office de panneaux sur lesquels aurait pu être inscrit le nom de la province dont il est question, un peu comme on retrouve le nom des territoires conquis sur des panneaux dans la pompe triomphale. Mais dans ce cas, c’est la présence des allégories qui mentionne la position géographique de chaque groupe de monuments au sein de l’Empire.

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