Maladie cardiovasculaire et infarctus du myocarde

Maladie cardiovasculaire et infarctus du myocarde

Les maladies cardiovasculaires graves représentent la deuxième cause de mortalité au Canada [1]. Chaque année, 16 000 personnes meurent d’un infarctus du myocarde et la plupart de ces décès surviennent à l’extérieur de l’hôpital [2]. Ses répercussions économiques représentent environ 18 milliards de dollars, soit 11.6% des coûts de santé au Canada [3]. La maladie cardiovasculaire ischémique comprend un ensemble de conditions allant de l’angine stable à l’infarctus du myocarde [4]. À la base, la physiopathologie des maladies cardiovasculaires est la même, soit une obstruction du flot des artères coronariennes [5, 6]. Bien qu’il puisse y avoir différentes causes de l’obstruction de l’artère, celle-ci est souvent causée par un caillot sanguin formé dans la lumière de l’artère par la rupture d’une plaque de cholestérol [4].

Lors de l’obstruction dynamique, la diminution du flot sanguin réduit l’oxygénation des cellules du myocarde. Des dommages cellulaires peuvent s’en suivre, lesquels seront réversibles dans le cas d’une angine, mais irréversibles dans le cas d’un infarctus du myocarde en l’absence d’intervention dans les quelques heures qui suivent cette occlusion [7]. Dans le cas d’un infarctus du myocarde, la durée de l’ischémie a un impact direct sur la mortalité et la morbidité [8]. Il existe deux type d’infarctus du myocarde, soit avec ou sans élévation du segment ST sur l’électrocardiogramme (ECG). Seuls les infarctus avec élévation du segment ST nécessitent une reperfusion urgente.

Deux types d’intervention sont utilisées pour traiter les infarctus aigu du myocarde avec élévation du segment ST (IAMEST) : l’administration de thrombolytiques et l’angioplastie, aussi appelée intervention coronarienne percutanée (ICP). La thrombolyse permet de lyser le caillot responsable de l’obstruction de l’artère coronaire occluse [9]. Plusieurs médicaments peuvent être utilisés, lesquels emploient les mêmes mécanismes que l’urokinase et de l’activateur tissulaire du plasminogène naturels, soit les protéines de la fibrinolyse qui activent le plasminogène en plasmine [10]. L’efficacité de la thrombolyse, en termes de survie, est supérieure lorsqu’administrée dans les 90 minutes qui suivent l’apparition des symptômes, soit la période durant laquelle l’ischémie cardiaque est facilement réversible si la perfusion des artères coronaires est rétablie [11].

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Prise en charge des patients avec IAMEST par les services préhospitaliers d’urgence

Au Québec, les patients sont pris en charge par des techniciens ambulanciers paramédics (TAP) en soins primaires, lesquels peuvent effectuer les manœuvres de réanimation cardiorespiratoire (RCR), la ventilation avec un ballon-masque, la défibrillation semi-automatique, l’installation d’un tube pour sécuriser les voies respiratoires et l’administration de cinq médicaments par voies intramusculaires.

Selon le protocole émis par le Collège des médecins du Québec [25], les patients présentant un IAMEST doivent être transportés au département d’urgence (DU) le plus près, et ensuite, stabilisés et escortés par une infirmière ou un médecin vers un centre d’hémodynamie si l’angioplastie peut être administrée à l’intérieur de 90 minutes après le premier contact médical [26, 27]. Cette pratique exige cependant la mobilisation de ressources pour des périodes prolongées, surtout dans le cas d’un transfert inter-hospitalier pouvant durer jusqu’à une heure. Une stratégie qui a été mise en place au cours des dernières années consiste à diagnostiquer l’IAMEST à bord de l’ambulance puis de transporter le patient directement vers un centre d’hémodynamie afin d’éviter un détour inutile vers le centre hospitalier le plus proche [28] [29, 30].

Les ECG administrés en milieu préhospitalier sont recommandés par l’American Heart Association [AHA] et l’American College of Cardiology [ACC] [26, 27], et sont de plus en plus utilisés pour évaluer les patients avec suscpicion de syndrome coronaire aigu [27, 31, 32]. Les résultats de l’ECG peuvent être soit transmis à un cardiologue sur appel [33], à une plateforme de télécardiologie [34] ou à un médecin d’urgence [35, 36]. Le diagnostic à distance des IAMEST et l’activation de la salle d’hémodynamie lorsque le patient est en route vers le centre d’ICP réduit les délais de traitements et améliore les indicateurs de santé [37], dont la mortalité [38]. Dans la région de Chaudière-Appalaches, un plateau clinique a été implanté afin de permettre le diagnostic des IAMEST à distance à partir de l’ambulance grâce à l’envoi d’électrocardiogrammes (ECG) par télémétrie [39]

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