Protection contre la leishmaniose cutanée

DIAGNOSTICS

Diagnostic clinique

Elle est caractérisée par une ou plusieurs lésion (s) papuleuse (s) ou papulonodulaire (s) ulcérée (s) recouverte (s) d’une croûte adhérente qui ne guérit pas sous le traitement anti-infectieux habituel. Cette lésion évolue pendant plusieurs semaines ou mois avec tendance à la guérison. Elle peut être surinfectée avec ou sans atteinte lymphatique. Un séjour en région d’endémie avec lésion ulcéreuse doit aussi orienter le diagnostique .

Diagnostic biologique

™ Méthode directe C’est la méthode couramment utilisée dans nos laboratoires biomédicaux. On effectue des prélèvements. Ce prélèvement est coloré au MAYGRÜNWALD GIEMSA (MGG) et a l’aide microscope optique ont recherche le corps de la leishmanie sous la forme amastigote endocellulaires ou extracellulaire. Le succès du test est observé dans 50 % des cas . Technique a. prélèvement : Il peut être effectué au niveau de la bordure inflammatoire de la lésion par ponction ou grattage au vaccinostyle ou par la biopsie. Il peut être aussi effectué sous la lésion par ponction à l’aide d’une seringue diabétique par ponction aspiration. Déposer le frottis sur lame, étaler au contact de l’arête d’une deuxième lame ou une lamelle couvre-objet tenu à 45 degrés. b. Dessiccation : Le frottis est séché rapidement à l’air à l’abri des poussières. c. Coloration : Déposer 10 à 15 gouttes de MGG sur le frottis et couvrir pour éviter l’évaporation pendant 3 mn, c’est la fixation. Déposer 10 à 15 gouttes d’eau tamponnée et mélanger par rotation de la lame pendant 1 mn. Égoutter puis recouvrir de giemsa dilué 15 mn. Egoutter et laver à l’eau neutre. Sécher au papier Joseph. d. Examen : Examiner à l’immersion 100 x et oculaires faibles à la recherche de la forme amastigote des leishmanies qui peuvent être intra ou extracellulaire..

™ Méthode indirecte: Il existe plusieurs types : – Le test d’hypersensibilité retardé (réaction de Monténégro), après injection de leishmanine, les résultats apparaissent en 48 heures sur la zone indurée d’un diamètre supérieur à 5 mm en cas de positivité. Remarque: le résultat du test n’est pas significatif si le sujet a subi une vaccination par le BCG (possibilité de réactions croisées) – La recherche d’anticorps sériques par les techniques IFI et ELISA. Le succès du test est observé dans 50 % des cas [29].

Protection contre la leishmaniose cutanée

Prophylaxie générale

™ lutte contre les phlébotomes Ces luttes sont basées sur des méthodes limitant la présence du vecteur ou du moins, de réduire les possibilités de piqûres. Ces méthodes peuvent être physiques, chimiques ou biologiques. Quelque soit la méthode de lutte une interruption de la lutte entraîne inévitablement une recrudescence des leishmanioses.

™ lutte contre le réservoir de parasites: Lorsque le réservoir de parasite est l’homme cala nécessite le diagnostic et le traitement des humains. Mais si le réservoir est constitué par les chiens il est préférable d’abattre les chiens errants en zone d’endémie que de faire le diagnostic (clinique ou sérologique) des chiens parasités et leur traitement. Le traitement des chiens est long, difficile et coûteux, il risque de sélectionner des souches de leishmanies résistantes aux antimoniés Dans les cas ou le réservoir est constitué par des animaux sauvages, il est pratiquement impossible d’éliminer ces animaux, il conviendra de les éloigner de l’homme. Pour cela il est conseiller de labourer profondément et d’installer une ceinture de champs cultivés autour des habitations. Complétés par un canal d’irrigation périphérique large de 5 à 7 m; en forêt déboisement autour des habitations humaines.

Prophylaxie individuelle

– Eviter les piqûres de phlébotomes: ne pas se promener à la tombée du jour en bordure de bois et de fourrés. – Utilisation d’insecticides domiciliaires et de moustiquaires à mailles fines, compte tenu de la petite taille des phlébotomes .

Vaccins potentiels

Le fait que la guérison de la leishmaniose cutanée induit une immunité à vie chez les individus touchés incite au développement d’un vaccin. Malheureusement, et malgré plusieurs études à ce sujet, il n’existe toujours pas de vaccin contre la leishmaniose. Les premiers essais utilisèrent un vaccin atténué dans l’ex Union Soviétique et en Israël qui donnèrent de bons résultats quant à la protection contre une réinfection . Par contre, des effets secondaires indésirables tels le développement de grandes lésions non contrôlées et une certaine immunosuppression mirent fin à son utilisation. L’intérêt s’est alors dirigé vers les vaccins faits à partir d’organismes tués. Plusieurs formulations ont été essayées avec une seule ou plusieurs souches de parasites dans un même vaccin et avec ou sans adjuvant (comme le Bacille Calmette Guérin ou l’IL-12). Les résultats ont été variables d’une étude à l’autre mais assez bons dans l’ensemble, protégeant les individus traités d’une infection naturelle et favorisant l’installation d’une réponse de type Th1. L’efficacité de vaccins vivants atténués a aussi été investigué (soit par irradiation ou par l’utilisation de clones avirulents).Ces derniers confèrent une protection chez la souris mais la peur d’une réversion à la virulence empêche leur essai chez l’humain. Pour pallier à ceci, l’altération du génome de Leishmania a été envisagée afin de produire des parasites atténués sécuritaires. Cette méthode conférait une protection aux souris immunisées contre une infection subséquente. Un autre groupe a produit des parasites L. donovani déficients en BT1, un transporteur de la bioptérine. L’immunisation de souris avec ces parasites apportait une protection partielle contre L. donovani .
Les vaccins recombinants sont composés de protéines recombinantes, d’ADN nu codant pour une protéine immunogène ou de bactéries et virus modifiés génétiquement qui produisent ces protéines. L’avantage de tels vaccins est leur sécurité puisqu’on n’utilise pas d’organismes complets. Plusieurs protéines ont fait l’objet de recherche dont plus particulièrement la gp63 et le complexe PSA-2/gp46/M2. Finalement, l’injection d’ADN nu codant pour la gp63, la PSA-2 et LACK (de l’anglais Leishmania homologue of the receptor for activated C kinase) sous forme plasmidique a protégé des souris génétiquement résistantes et susceptibles de l’infection par L. major  . Les avantages d’une telle technique sont que la protéine produite sera assurément dans la bonne conformation tridimensionnelle et ne requiert pas d’adjuvant. Par contre, la possibilité d’intégration de l’ADN au génomemenant finalement au cancer ou à des maladies auto-immunes en inquiète plusieurs mais n’a pas encore été confirmée . La salive du vecteur utilisée comme vaccin a permis d’immuniser des souris contre une infection subséquente à L. major [54], [36] et semble porteuse d’un avenir très intéressant pour la mise au point d’un vaccin contre la leishmaniose humain.

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