Représentations individuelles, ancrages territorialisés et modes d’habiter

Représentations individuelles, ancrages territorialisés et modes d’habiter

Qu’est-ce-qui pousse à un ancrage territorial ? D’où vient l’engouement des jeunes ménages pour le pavillon individuel et les espaces périurbains? Tous ces éléments proviennent des représentations des individus. Qu’elles soient personnelles ou sociales (famille, amis…), ces représentations constituent des moteurs dans le choix de localisation des ménages qui, ne pouvant s’offrir un pavillon en ville, se voient contraints d’aller le chercher en périphérie. Ces représentations individuelles transparaissent alors dans les différents discours et dans les entretiens et montrent parfois leurs limites. Des conflits entre représentations sociales et pratiques spatiales peuvent se manifester: on veut une maison avec jardin pour profiter des beaux jours et que les enfants puissent jouer dehors mais on ne passe pas de temps dans le jardin si ce n’est pour l’entretenir… Ces représentations, héritées ou personnelles, souvent partagées socialement, influent donc sur les installations résidentielles et les pratiques spatiales et ainsi sur la construction d’ancrages territorialisés dans les espaces périurbains. 

Ancrages et espaces périurbains

La localisation résidentielle constitue pour la majorité des interrogés un choix. Ce choix n’est cependant pas libre de certaines contraintes (financières…) qui servent a posteriori à rationnaliser ce choix. Choisir de venir s’installer dans un espace, d’y rester, 37 d’en partir lorsque la situation évolue… Des arbitrages résidentiels que chacun réalise plus ou moins durablement dans une commune, un quartier, un espace, un logement et qui se justifient entre autres par un attachement personnel ou une appartenance (sociale, familiale) à une zone géographique. Ainsi, de nombreux ménages installés dans les espaces périurbains pour satisfaire la recherche d’un équilibre entre urbanité et ruralité finissent par y être ancrés. Dans le sens inverse, l’ancrage dans les espaces périurbains joue aussi sur la représentation de ces espaces et leur pratique : l’origine des habitants et leur trajectoire résidentielle influent sur la construction de représentations et la généralisation de certaines pratiques spatiales. Néanmoins, il est important de noter que l’hypothèse ne se limite pas à un ancrage résidentiel. En effet, comme nous l’avons vu précédemment, l’ancrage comporte de nombreuses dimensions et les ancrages dans le périurbain peuvent être multiples. Un ancrage professionnel, familial, social, pour les loisirs ou les achats… Même des individus a priori urbains peuvent être ancrés dans les espaces périurbains pour satisfaire certaines activités récurrentes et adoptent alors un mode de vie périurbain en prenant la voiture pour aller dans une surface commerciale périphérique ou au cinéma par exemple. 

Ancrages et mobilités

Alors que la mobilité est souvent perçue comme le contraire de l’ancrage (en tout cas résidentiel), elle constitue souvent une condition à la mise en place de cet ancrage spatialisé. C’est parce qu’une mobilité a été acceptée que l’ancrage territorialisé devient possible. De plus, résider dans un lieu où l’on est ancré implique des mobilités quotidiennes répétitives pour aller travailler notamment et la localisation du domicile, aujourd’hui de plus en plus indépendante de la localisation de l’emploi, conduit à une mobilité centrée sur le lieu de résidence. Le lieu d’ancrage n’est cependant pas forcément un lieu permanent d’ancrage mais peut être un lieu de résidence temporaire (lieu de vacances, lieu de résidence de la famille…). De plus, il peut être amené à évoluer au cours du parcours résidentiel et au cours de la vie de l’individu. Ainsi, la mobilité peut être favorisée par l’ancrage et la mobilité se justifie par certains ancrages.

Ancrages, mobilités et mise en durabilité des espaces périurbains

D’après notre définition de l’ancrage, celui-ci repose sur deux éléments principaux à savoir l’appartenance et l’attachement. L’ancrage est alors généralement imposé par une combinaison de facteurs et de contraintes : un réseau social déjà présent dans le lieu (famille, amis…), l’intervention d’éléments personnels (attachement à tel ou tel type d’espaces…), des contraintes budgétaires… L’individu peut alors décider d’y habiter car il est ancré à ce territoire par les relations sociales et familiales qu’il y entretient mais il peut aussi décider de s’y installer pour d’autres raisons (financières, environnementales, …) et ensuite développer différents ancrages territorialisés qui impliquent certains types de mobilités. Qu’il s’agisse alors d’un attachement au lieu en lui-même, aux personnes le fréquentant (développement du sentiment d’appartenance à une communauté « territorialisée ») ou à son environnement et ses paysages, cet attachement se traduit par une volonté de le préserver. C’est à cette échelle qu’intervient le pouvoir de l’ancrage sur la mise en durabilité des espaces. 38 Vouloir préserver un lieu, un site ou un quartier, c’est s’attacher à maintenir ses aménités et à le préserver en l’état voire à l’améliorer. Alors que le développement durable semble être actuellement au cœur de toute action, on peut se demander si l’attachement et l’appartenance des individus aux espaces périurbains dans lesquels ils sont ancrés ne peut pas servir de support pour leur mise en durabilité. Comment ces ancrages territorialisés peuvent-ils participer à la mise en durabilité de ces espaces ? Comment s’appuyer sur ce constat pour proposer et rendre possible des pratiques (de mobilité notamment) plus respectueuses de ces environnements ? Quelles formes d’ancrages ne sont pas conciliables avec cet objectif et faut-il prendre en compte ? 

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