D’une PASS de ville aux soins primaires

D’une PASS de ville aux soins primaires

Une structure identifiée plus qu’un dispositif 

 Une structure de premier recours 

Pour beaucoup, Médecins du Monde d’une manière générale, et non la PASS de Ville, était une référence. Elle est la structure de premiers recours pour les questions d’ordre sanitaire ou social. 12 « Sauf quand tu viens aux Médecins du Monde parce qu’aux Médecins du Monde ici il y a toujours les médecins qui vont t’ouvrir les portes. Quand il y a des soucis, aux Médecins du Monde, ils vont toujours te soigner, il y a toujours des médecins le jeudi ou le vendredi pour venir se soigner. » 

 Un lieu connu et reconnu 

La structure était clairement identifiée et constituait pour tous un véritable point de repère. Elle était notamment connue de l’entourage des patients consultant à la PASS de Ville. « C’est un ami qui m’a… qui m’a guidé, qui m’a donné l’adresse. Il m’a dit va à Médecins du Monde, tu peux te faire soigner. » [P11] Ce rapport privilégié à la structure et non au dispositif et à son médecin généraliste apparenté pouvait expliquer la moindre identification de ce médecin. C’est le cas pour ce patient qui nous disait, en parlant d’un médecin généraliste de la PASS de Ville, : « Je sais pas comment il s’appelle, je sais pas. Juste je suis allée dans le rendez-vous. » [P08] Également, les personnes se rendant à la PASS de Ville, et à Médecins du Monde de manière plus générale, étaient très reconnaissantes de l’aide apportée par l’ONG. « Médecins du Monde, la vérité, ils sauvent les gens. C’est… c’est des médecins qui sauvent les gens. Ils se sacrifient… pour les gens. La vérité. Ils sont là. » [P12] 

Une aide dans les démarches administratives

Ils appréciaient notamment l’aide apportée par les travailleurs sociaux du dispositif dans la constitution des dossiers administratifs pour l’ouverture de leurs droits potentiels. « Il l’a aidé pour faire son dossier médical. Il lui a demandé d’avoir des documents comme l’attestation d’hébergement. Et donc le lendemain il a ramené le dossier, il dit. » [P13]

Une aide dans l’obtention des droits

Et cette aide dans la constitution du dossier social se soldait dans la majorité des cas par un succès. Les usagers du dispositif, généralement sans droits ouverts à la sécurité sociale lors de leur première consultation, pouvaient prétendre à l’Aide Médicale d’Etat et l’obtenaient dans la majorité des cas. « Ils ont bien fait ses démarches pour l’aide médicale. Il a eu l’attestation. » [P15] 

 Un dispositif incompris mais efficient 

Une incompréhension du dispositif Cependant, au cours des entretiens, il est ressorti que les patients interrogés ne comprenaient pas ce qu’était le dispositif et ce à quoi il servait. « [silence] J’ai pas vraiment compris [en bégayant] la PASS de Ville. C’est-à-dire ? C’est quoi la PASS de Ville ? » [P12] Certains même attendaient d’avoir des droits effectifs à la sécurité sociale pour pouvoir consulter un médecin : « Après j’attends la carte aide médicale comme il me donne. Je partis les autres médecins généralistes. Aussi l’autre hôpital aussi. Oui comme ça, c’est tout. » [P07] 

Des soins sans avance de frais pour tous

Malgré un dispositif incompris, les usagers parvenaient à l’utiliser et ainsi consulter des professionnels de santé partenaires (médecins généralistes, dentistes), pratiquer des examens biologiques dans des laboratoires d’analyses médicales et retirer des médicaments dans les pharmacies conventionnées avec la PASS de Ville, tout cela sans faire l’avance des frais. « Parce que quand je suis arrivée à la pharmacie, je m’attendais à payer l’ordonnance. […] Ils m’ont donné les médicaments. J’ai rien payé ! J’étais étonnée ! Je m’attendais pas ! J’ai eu tout ce que je veux, qu’il me fallait. » [P10]

 Une orientation simplifiée dans le parcours de soins

La PASS de Ville, en plus de permettre aux patients d’accéder aux soins sans faire l’avance des frais, leur permettait de consulter divers professionnels de santé de manière simple et pratique. Les patients décrivaient avoir été orientés vers un médecin généraliste, une pharmacie ou bien un laboratoire, parfois à l’aide de plans imprimés. (annexe 2) « Ils m’ont donné un papier pour aller voir le médecin traitant… euh… [prénom du médecin A]. » [P01]

Le médecin généraliste de la PASS de Ville reconnu comme médecin référent De plus, pour une bonne partie d’entre eux, le médecin généraliste partenaire de la PASS de Ville avait été identifié comme médecin référent. Ce médecin était le premier recours des usagers du dispositif et leur interlocuteur principal en ce qui concernait leur santé. « Je venais faire le traitement pour après ils m’ont fait une demande d’AME ici et après ils m’ont montré le Dr. [prénom du médecin B] qui est mon docteur principal maintenant. » [P09]

Le médecin généraliste de la PASS de Ville pivot du parcours de soins Les patients décrivaient, pour certains, une orientation chez différents spécialistes ou bien vers un laboratoire partenaire par le biais du médecin généraliste appartenant au dispositif. « Elle m’a fait une lettre, elle m’a dit tu vas voir ce médecin. ».

Table des matières

1. INTRODUCTION
2 MATERIEL ET METHODE
2.1 Type d’étude
2.2 Population de l’étude
2.3 Recueil des données et guide d’entretien
2.4 Constitution de l’échantillon
2.5 Analyse des données
2.6 Considérations éthiques
3 RÉSULTATS
3.1 Caractéristiques des entretiens
3.2 Description de l’échantillon
3.3 Résultats de l’analyse
3.3.1 Un besoin complexe
3.3.2 Une structure identifiée plus qu’un dispositif
3.3.3 Un dispositif incompris mais efficient
3.3.4 Une intégration en demi-teinte
4 DISCUSSION
4.1 Principaux résultats
4.2 Une confusion entre les acteurs du soin et l’outil
4.3 Des professionnels de santé spécialisés
4.4 Forces et faiblesses de l’étude
4.5 Pistes d’amélioration et ouverture
5 CONCLUSION
6 BIBLIOGRAPHIE
7 ANNEXES

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