Instructions pour l’application des protocoles de traitement du paludisme

Chimiosensibilité ex vivo des souches de Plasmodium falciparum isolées

Traitement du paludisme simple

Principales molécules antipaludiques

Actuellement, plusieurs molécules sont utilisées dans le traitement du paludisme. Selon leur point d’impact au niveau du cycle parasitaire, elles sont classées en schizonticides qui agissent sur les formes endoérythrocytaires asexuées et en gamétocytocides actifs à la fois sur les formes sexuées et sur les formes hépatiques. Ces derniers sont de faible utilisation

Schizonticides

Les schizonticides peuvent être regroupés en trois catégories en fonction de leur mode d’action : les lysomotropes, les antimétabolites et les antibiotiques. 

Les lysomotropes Ils ont une action plasmodicide en agissant sur le processus ou les produits de digestion de l’hémoglobine par le parasite intra-érythrocytaire. 

Chloroquine

C’est le chef de file des 4-amino-quinoléines synthétisé en 1934. Son action est rapide, bien tolérée et de faible coût. La chloroquine est utilisée en prophylaxie et en traitement curatif. Elle est présentée en comprimés dosés à 0,1et 0,3 g ou en ampoules injectables. Suite à l’apparition de résistance, son utilisation est maintenant limitée. Le mécanisme exact de l’action antipaludique n’est pas totalement élucidé. Il est établi que l’accumulation de cette base faible dans la vacuole digestive du parasite est essentielle pour l’activité antipaludique [69]. Les hypothèses actuelles concernant le mécanisme d’action de la chloroquine se centrent autour de l’interaction de la drogue avec l’hématine, produit de dégradation de l’hémoglobine [85]. Cependant le mécanisme d’action le plus convaincant semble être l’inhibition du processus responsable de la détoxification d’un produit de la dégradation de l’hémoglobine et très probablement l’empêchement de la cristallisation de l’hématine en hémozoïne, produit non toxique pour le parasite.

L’Amodiaquine

Du fait de sa toxicité hépatique et médullaire au cours de traitement de longue durée, elle n’est pas recommandée en prophylaxie. Elle est présentée sous forme de comprimés dosés à 0,2 g et est moins utilisée en traitement curatif. Le mode d’action de l’amodiaquine semble être le même que celui de la chloroquine. L’accumulation de l’amodiaquine est corrélée à celui de la chloroquine et est aussi diminuée chez les isolats chloroquinorésistants

La quinine

La quinine est un alcaloïde extrait de l’écorce des quiquinas cultivés en Indonésie [40]. Elle était utilisée par les médecins avant même que le paludisme soit une pathologie reconnue. 33 On utilise des sels de quinine dont la teneur en quinine-base est variable mais la posologie, simplifiée est en mg de sel (en moyenne 25mg/kg/jour) répartis en trois ou quatre perfusions intraveineuses (dans du sérum glucosé isotonique, sur 4 heures) [5]. La quinine reste le principal antipaludique recommandé dans le traitement du paludisme grave. Elle a une activité optimale contre les trophozoïtes âgés et les jeunes schizontes [84]. La quinine se lie à l’hème et empêche sa cristallisation 

La méfloquine

Son emploi est réservé à la chimioprophylaxie en monothérapie ou associé en chimiothérapie du paludisme chloroquino-et /ou multirésistant [74]. Le mécanisme d’action de la méfloquine n’est pas encore connu il a été montré que, comme toutes les quinoléines, elle inhibait la cristallisation de l’hème [45]. 

L’halofantrine

C’est un phénanthrène méthanol proche de la méfloquine. Elle est active sur P. falciparum sensible ou résistant à la chloroquine. Elle est présentée sous forme de comprimés dosés à 0,250 g ou en suspension buvable à 2%. L’halofantrine est proposé en traitement curatif des accès palustres en particulier en zone de chloroquinorésistance. 

L’artémisinine et ses dérivés

C’est une lactone sesquiterpénique dérivée de l’Artemisia annua (Qhinghaosu). Les dérivés de l’artémisinine entrainent une disparition rapide des parasites du sang et ne possèdent que peu d’effets secondaires. Ils sont d’une grande utilité dans le traitement des paludismes graves où l’artéméther est aussi efficace que la quinine, surtout dans les zones de multirésistance de P. falciparum [35]. Le mécanisme d’action de l’artémisinine est l’un des mieux connus à l’heure actuelle. Cette molécule se comporte comme un pro-oxydant qui entraine des 34 dommages au niveau de la membrane des hématies parasitées par la libération de radicaux libres. Ceux-ci inhibent le métabolisme du parasite en pénétrant à l’intérieur de la vacuole nutritive et en interagissant avec l’hème-Fe2+. C’est un schizonticide mais également un gamétocytocide. Les principaux dérivés de l’artémisinine sont : l’artéméther, l’artésunate et la dihydroartémisinine.

Les antimétabolites Ils inhibent la fonction d’enzymes essentielles à la synthèse des folates par les différents stades du parasite

Table des matières

INTRODUCTION
PREMIÈRE PARTIE : GENERALITES
I. Définition
II. Historique
III. Épidémiologie
III.1. Agents pathogènes
III.1.1. Position taxonomique
III.1.2. Morphologie
III.1.3. Les caractères culturaux
II.2. Le vecteur
III.3. Le cycle évolutif des plasmodies
III.3.1. Chez l’homme
III.3.2. Chez le vecteur
III.4. Modalités de transmission
III.5. Facteurs favorisants
III.5.1. Facteurs d’ordre général
III.5.1.1Facteurs géographiques et climatiques
III.5.1.2. Facteurs socio-économiques
III.5.2. Facteurs d’ordre individuel
III.6. Réservoir de parasite
III.7. Modalités épidémiologiques
III.7.1. Indices paludométriques
III.7.2. Degrés d’endémicités dans les populations humaines
III.8. La réceptivité de l’homme
III.8.1 Immunité naturelle
III.8.2. Immunité acquise
III.9. Répartition géographique
IV. Physiopathologie
V. Clinique
V.1. Accès palustre de primo-invasion
V.2. Accès palustres à fièvre périodique
V.3. Paludisme grave
V.4. Autres complications
VI. Diagnostic biologique
VI.1. Éléments d’orientation
VI.2. Diagnostic direct ou parasitologique
VI.2.1. Prélèvement
VI.2.2. Les techniques microscopiques
VI.2.2.1. La goutte épaisse
VI.2.2.2. Frottis mince
VI.3. Diagnostic immunologique
VI.3.1. Les tests de diagnostics rapides (TDR)
VI.3.2. Autres méthodes immunologiques
VI.4. Diagnostic moléculaire
VI.4.1. PCR
VI.4.2. Illumigen LAMP
VII. Traitement
VII.1. Traitement curatif
VII.1.1. Traitement du paludisme simple
VII.1.1.1. Principales molécules antipaludiques
VII.1.1.2. Associations d’antipaludiques
VII.1.2. Traitement du paludisme grave
VII.1.3. Directives thérapeutiques au Sénégal
VII.1.3.1. Instructions pour l’application des protocoles de traitement du paludisme
VII.1.3.2. Directives relatives au traitement du paludisme grave au Sénégal
VIII. Prophylaxie
VIII.1. Chimioprophylaxie
VIII.2.1. TPI chez la femme enceinte (TPIg)
VIII.2.2. Chimioprévention du paludisme saisonnier
VIII.3. Protection du sujet sain
VIII.4. Vaccination
IX. La chimiorésistance
IX.1. Définition
IX.2. Mécanismes de la résistance
IX.3. Répartition géographique de la résistance
IX.4. Facteurs favorisants la résistance
IX.5. Évaluation de la chimiorésistance
IX.5.1. Tests in vivo
IX.5.2. Tests ex vivo
IX.5.3. Études des marqueurs moléculaires de résistance
DEUXIÈME PARTIE: TRAVAIL PERSONNEL
I. Cadre d’étude
I.1. Cadre biogéographique du département de Pikine
I.2. Laboratoire de Parasitologie de l’hôpital Aristide Le Dantec
I.2.1. Présentation du laboratoire et du personnel
I.3. Situation du paludisme dans le département de Pikine
I.4. Présentation du poste de santé DEGGO
I.5. Période d’étude
I.6. Population d’étude
II. Matériels et méthodes
II.1. Matériels
II.2. Méthodes
II.2.1. Recrutement et prélèvement des patients
II.2.1.1. Les critères d’inclusion
II.2.1.2. Les critères de non inclusion
II.2.2. Prélèvements
II.2.2.1. Prélèvement pour la confection de la goutte épaisse et du frottis
II.2.2.2. Prélèvement pour le DAPI Test
II.2.3. Technique du DAPI Test
II.3. Analyse statistique
III.1. Répartition des patients selon l’âge et le sexe
III.1.1. Répartition des patients selon l’âge
III.1.2. Répartition des patients selon le sexe
III.2. Distribution des CI50 des antipaludiques
III.3. Répartition des isolats résistants selon l’âge et le sexe
III.3.1. Répartition des isolats résistants selon l’âge
III.3.2. Répartition des CI50 des isolats résistants en fonction du sexe
III.4. Répartition globale des souches résistantes
DISCUSSION
IV. Discussion
CONCLUSION

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