Intérêt de l’imagerie spectrale dans l’évaluation des carcinomes hépatocellulaires

Intérêt de l’imagerie spectrale dans l’évaluation des
carcinomes hépatocellulaires

 Introduction

Le carcinome hépatocellulaire (CHC) est un des cancers les plus fréquents avec un des plus fort taux de mortalité parmi les cancers, nécessitant une prise en charge précoce et un suivi rapproché. Avec l’avènement de la radiologie interventionnelle, de nouveaux traitements ont vu le jour pour répondre au besoin des patients atteints de CHC, comme la chimioembolisation intra artérielle hépatique (CEIAH). Cette technique, qui consiste à traiter la lésion tumorale de manière locale par voie artérielle va être responsable de remaniements post thérapeutiques locaux, ce qui va rendre difficile l’interprétation du radiologue lors du suivi. Pour le suivi, le scanner et l’IRM sont utilisés en pratique clinique courante. L’IRM étant l’examen de référence mais reste difficile d’accès. Le scanner, pour sa part très accessible, peut se retrouver face à des problèmes d’interprétation liés au fait que le dépôt de Lipiodol utilisé lors des CEIAH est responsable d’important artéfacts. De nouvelles problématiques sont donc apparues concernant le suivi de ces lésions, et la nécessité de détecter le plus précocement d’éventuelles récidives au sein de ces remaniements post thérapeutiques difficiles à analyser. Avec les progrès technologiques, de nouvelles techniques d’imagerie ont vu le jour. C’est ainsi que le scanner double énergie s’est développé au fil des années et est désormais applicable dans de multiples domaines et notamment en oncologie abdominale. Nous nous sommes donc posés la question de l’application de l’imagerie spectrale dans les cas des CHC traités par CEIAH lipiodolée et nous avons cherché un éventuel intérêt de cette technique d’imagerie dans ce cas précis.

Généralités sur le carcinome hépatocellulaire 

Epidémiologie

 Selon certaines études, les données épidémiologiques concernant les tumeurs hépatiques primitives sont difficiles à établir en raison de la difficulté de les séparer du nombre très important de tumeurs hépatiques secondaires 1. Cependant, toutes populations confondues, le principal type histologique de tumeurs hépatiques primitives malignes est le carcinome hépatocellulaire (CHC), devant le cholangiocarcinome (développé au dépend des voies biliaires intrahépatiques), l’angiosarcome (développé au dépend des vaisseaux sanguins intrahépatiques) chez l’adulte ou encore l’hépatoblastome chez l’enfant. 2-3-4-5 De manière plus globale, le carcinome hépatocellulaire est l’une des tumeurs malignes les plus fréquentes au monde : il est la cinquième cause de cancer chez l’homme et la septième chez la femme, avec un nombre estimé de nouveaux cas respectivement de 520000 pour les hommes et de 230000 pour les femmes en 2008. 6. Concernant la différenciation selon le genre, le ratio hommes/femmes est environ de 2 pour 1, la différence homme-femme s’accroissant avec l’incidence de la maladie. Son incidence la plus élevée est en Asie du Sud-Est et en Afrique en raison d’une forte prévalence d’hépatite virale B chronique, par rapport aux pays occidentaux (Europe et Etats-Unis) et au Japon 7-8-9. En France, l’incidence annuelle en 2012 était de 12,1/100 000 chez l’homme et de 2,4/100 000 chez la femme 10. La survie à cinq ans du cancer du foie était d’environ 15% aux États-Unis en 2002-2008, environ 12% en Europe entre 2000 et 2007 12 et encore plus faible (environ 5% en 2002) dans les pays en voie de développement 13. Le CHC représente la troisième cause de décès par cancer dans le monde dans les pays à faible revenu. En raison de son mauvais pronostic, le nombre estimé de décès par CHC est très proche de celui des nouveaux cas (environ 500000 chez les hommes et 220000 chez les femmes en 2008) 6-14.

Facteurs de risques 

Plusieurs facteurs causaux sont clairement identifiés pour le CHC. Les principaux facteurs de risques sont les hépatites d’origine virale (hépatite B et hépatite C), la consommation alcoolique chronique, les facteurs diététiques, le tabac et l’aflatoxine. Ces facteurs endommagent le foie de manière chronique et peuvent provoquer une cirrhose. Le CHC se développe dans 80% des cas chez des patients cirrhotiques. L’association de ces différents facteurs entre eux augmente le risque de cirrhose et ainsi de CHC. 10. o Infections virales De multiples études ont prouvé que les infections virales chroniques de type hépatite B (VHB) et hépatite C (VHC) sont les facteurs de risques les plus important pour le développement du CHC. Le VHB est le plus fréquent en Asie du Sud Est et le VHC est le plus fréquent dans les pays méditerranéens. 3-4-5-15. L’infection chronique par le VHB et/ou le VHC favorise la carcinogenèse du foie par l’inflammation chronique intrahépatique qu’elles provoquent 15. Il s’y associe de manière quasi systématique une cirrhose pour la plupart des cas de CHC survenant chez ces patients. Le risque de développer un CHC chez les patients porteurs du VHB est 10 à 30 fois supérieur que chez les patients sains ; le risque est estimé entre 20 et 30 fois supérieur chez les patients porteurs du VHC 15. L’association entre les infections par le VHB et le VHC dans le développement du CHC a également été démontrée, l’infection combinée pouvant mener à un risque relatif supérieur à 50. 16-17. o Alcool La consommation excessive d’alcool est associée à une augmentation de risque de CHC 20-21. La plupart des preuves reliant la consommation excessive d’alcool à un risque accru de CHC proviennent d’études cas-témoins 20. Les résultats des études de cohorte, ont montré une association significative mais moins forte. Il a été également prouvé la forte interaction entre la consommation excessive d’alcool et l’infection par le VHC sur le risque de CHC 21-22-23.o Facteurs diététiques Certaines données épidémiologiques suggèrent que le surpoids et l’obésité augmente le risque de CHC. En effet les perturbations métaboliques qui découlent de l’obésité, ainsi que l’association fréquente avec le diabète augmente le risque de stéatose chronique et ainsi de NASH (Stéato-hépatite non alcoolique), qui peut éventuellement évoluer vers une cirrhose et également un CHC. 25. o Tabac Un certain nombre d’étude avec des résultats de cause à effets positifs retrouvés de manière répétée, a amené le centre international de lutte contre le cancer à inclure le CHC parmi les types de cancer pouvant être provoqué par la consommation de tabac. 26-27. o Aflatoxine La contamination des denrées alimentaires par l’aflatoxine est un facteur de risque pour le développement du CHC, en particulier en Afrique subsaharienne et en Asie de l’Est. L’aflatoxine est une mycotoxine produite par des champignons de l’espèce Aspergillus, qui se développe facilement sur des aliments tels que le maïs et les arachides lorsqu’elle est stockée dans des conditions chaudes et humides. 

Table des matières

1. Résumé
2. Introduction
3. Généralités
4.1. Généralités sur le carcinome hépatocellulaire (CHC)
4.1.1. Epidémiologie
4.1.2. Facteurs de risques
4.2. Caractérisation du CHC en imagerie
4.2.1. Protocoles et techniques d’acquisition
4.2.2. Caractéristiques principales
4.2.3. Caractéristiques secondaires
4.3. Prise en charge du CHC et place de la chimio-embolisation
artérielle intra artérielle hépatique (CEIAH)
4.3.1. Généralités sur la prise en charge thérapeutique du CHC
4.3.1.1. Généralités
4.3.1.2. Place de la CEIAH
4.3.2. Principes de la CEIAH
4.3.2.1. Historique
4.3.2.2. Définitions et principes
4.3.2.3. Complications
4.3.2.4. Agents anti-cancéreux
4.4. Scanner double énergie
4.4.1. Bases physiques et technologiques
4.4.1.1. Principes physiques de base
4.4.1.2. Moyens de réalisation d’un scanner double énergie et d’acquisition des données
4.4.1.3. Post traitement
4.4.2. Applications cliniques
4.4.2.1. Application en pathologie hépatique
4.4.2.2. Autres applications
4.5. Objectifs de l’étude
5. Matériels et méthodes
5.1. Population
5.2. Protocole du scanner et reconstruction
5.3. Sélection des nodules et interprétation des images
5.4. Analyse statistique
6. Résultats
7. Discussion
8. Conclusion
9. Références bibliographiques
10. Abréviations

projet fin d'etudeTélécharger le document complet

Télécharger aussi :

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *