La contraception orale œstroprogestative

Rôles des hormones

Les ovaires produisent des œstrogènes et de la progestérone. Ces hormones jouent un rôle au niveau ovarien et utérin.
Sur l’ovaire : le cycle ovarien : Depuis la vie fœtale, les ovocytes sont restés bloqués dans leur ovogenèse au stade prophase de la première méiose. Au cours du cycle ovarien, l’ovogenèse restée en suspens depuis des années reprend son cours dans un des deux ovaires.
Les fonctions ovariennes endocrine et exocrine ont comme support anatomique le follicule ovarien. Ce dernier subit des changements au cours du cycle. Chaque follicule renferme un ovocyte. Les follicules sont situés dans le stroma cortical. On distingue les follicules évolutifs et les follicules involutifs.
Les follicules évolutifs sont aussi appelés gamétogènes. A chaque cycle, un seul d’entre eux arrivera à maturité et pondra un ovocyte mûr. Il grossit progressivement et passe par différents stades de maturation. Il s’agit d’abord d’un follicule primordial, puis d’un follicule primaire, puis d’un follicule secondaire, puis d’un follicule tertiaire (préantral puis cavitaire) et enfin d’un follicule mûr ou follicule de De Graaf. Le follicule dominant comporte plus de récepteurs de la FSH que les autres. Il est donc le seul à poursuivre sa maturation et devient le follicule de De Graaf. Dans le même temps, l’ovocyte présent dans ce follicule augmente en taille et poursuit sa maturation.
Les follicules involutifs quant à eux dégénèrent. Au quatorzième jour du cycle environ, le follicule éclate et libère l’ovocyte qui a achevé sa maturation : l’ovule. L’ovule quitte l’ovaire et se dirige vers l’utérus en passant par la trompe de Fallope correspondante.
Le follicule de De Graaf s’affaisse puis fabrique un pigment légèrement jaune, la lutéine. Il se transforme alors en follicule déhiscent puis en corps jaune.
S’il y a fécondation par un spermatozoïde dans la trompe, l’œuf migre et s’implante dans l’utérus. Il envoie alors un signal hormonal au corps jaune, qui en réponse synthétise des hormones afin d’empêcher la survenue des menstruations.
S’il n’y a pas fécondation ni implantation, le corps jaune entre dans un processus de dégénérescence qui va durer 14 jours après l’ovulation. Au vingt-huitième jour, il se transforme en corpus albicans ou corps blanc, prend une forme de cicatrice et perd sa fonction endocrine.

Hormones hypothalamique et hypophysaires

L’hormone hypothalamique : la Gonadotropin Releasing Hormone (GnRH) :La GnRH, appelée également Luteinizing Hormone Releasing Hormone (LHRH), ou en français hormone de libération des gonadotrophines hypophysaires est une neurohormone synthétisée par des neurones situés dans l’hypothalamus, glande située à la base du cerveau. Aussi connue sous le nom de gonadoréline, gonadolibérine ou lulibérine, il s’agit d’une hormone peptidique constituée d’un enchaînement de dix acides aminés. Elle est sécrétée de manière pulsatile environ toutes les heures dans le système vasculaire porte hypothalamo-hypophysaire, ensemble de veines qui font le lien entre l’hypothalamus et l’hypophyse. Elle entraîne la sécrétion de deux hormones par l’antéhypophyse : la Follicle Stimulating Hormone (FSH) et la Luteinizing Hormone (LH).
Les hormones hypophysaires à effets sexuels ou gonadotrophines : Follicle Stimulating Hormone (FSH) et Luteinizing Hormone (LH)
Les gonadotrophines sont des glycoprotéines synthétisées par les cellules glandulaires de l’antéhypophyse. Leur sécrétion, déclenchée par la sécrétion de GnRH, est également pulsatile. Cependant, chez la femme, les taux de FSH et de LH varient au cours du cycle menstruel. Ces taux sont assez stables au cours du cycle mais ils connaissent un pic en milieu de cycle. Le pic de LH est plus élevé que celui de FSH. Les gonadotrophines activent la sécrétion des hormones stéroïdes sexuelles par les ovaires. La FSH active la sécrétion d’œstrogènes tandis que la LH stimule la sécrétion d’androgènes et plus particulièrement de progestérone.

Sur l’utérus : le cycle utérin

Au niveau de l’utérus, il se produit deux modifications notables au cours du cycle menstruel : l’épaississement de la muqueuse utérine et le changement de composition de la glaire cervicale. En ce qui concerne la muqueuse utérine, on distingue trois phases : les menstruations, la phase proliférative avant l’ovulation et la phase sécrétoire après l’ovulation. En début de cycle menstruel, la chute des taux d’hormones sexuelles entraîne les menstruations, correspondant à une desquamation de la muqueuse utérine formée au cycle précédent. Durant la phase proliférative, sous l’effet des œstrogènes, les cellules de l’endomètre se multiplient. La muqueuse utérine devient plus épaisse. Il apparaît des tubes glandulaires et des vaisseaux capillaires. De plus, les œstrogènes stimulent l’apparition de récepteurs à la progestérone sur les cellules de l’endomètre, les préparant ainsi à la dernière phase. Durant la phase sécrétoire, sous l’effet de la progestérone, la multiplication cellulaire cesse, des sécrétions apparaissent dans les cellules glandulaires, un tissu appelé œdème du stroma se forme sous l’endomètre et le réseau vasculaire se modifie.
En ce qui concerne la glaire cervicale, on distingue trois phases : la phase pré-ovulatoire, la phase ovulatoire et la phase post-ovulatoire. La glaire cervicale est fabriquée par les cellules glandulaires du col de l’utérus. En début de phase pré-ovulatoire, il y a peu de glaire cervicale. Puis sa quantité augmente durant cette phase et elle devient de plus en plus filante sous l’influence des œstrogènes.
En phase ovulatoire, sa filance est à son maximum. Elle est riche en eau et donc très limpide. Son pH est alcalin. Ces conditions sont favorables à la survie et au franchissement du col de l’utérus par les spermatozoïdes. En phase post-ovulatoire, sous l’influence de la progestérone, la glaire cervicale coagule et forme une barrière physique et biochimique qui empêche le passage des spermatozoïdes.

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Information médicale sur les risques liés à la contraception orale œstroprogestative en 1977

Dix ans après l’autorisation de la contraception en France, on dénombre 15 contraceptifs oraux œstroprogestatifs dans le dictionnaire Vidal.
Les rubriques des monographies de 1977 ne sont pas toutes les mêmes en termes de nombre ou d’intitulé. Celles que l’on retrouve le plus souvent sont les suivantes :
« Forme et présentations » ; « Composition » ; « Propriétés » (qui correspond à des informations sur la pharmacodynamie du médicament) ; « Indications » ; « Contre-indications » ; « Précautions et Surveillance » ; « Actions indésirables » ; « Posologie et mode d’emploi ».
Dans une seule monographie, celle d’Ovulène 50, on retrouve la rubrique « Sort du médicament », qui correspond à des informations sur la pharmacocinétique du médicament.
Dans une seule monographie, celle de Rélovis, on retrouve la rubrique «Surdosage», qui correspond à des informations sur les symptômes de surdosage. On observe que le dosage d’éthinylœstradiol est de 50 µg pour 80 % des contraceptifs du tableau.
Les dosages de progestatifs sont très élevés, allant jusqu’à 4 mg pour Anovlar. Concernant le Gynostat, deux molécules supplémentaires entrent dans sa composition : la trioxyéthylrutine (à raison de 10 mg), qui est une substance vasculotrope, et le trithioparaméthoxyphénylpropène (à raison de 5 mg), qui est un cholérétique soufré.
Les contraceptifs de 1977 sont de deux sortes : soit monophasiques, soit biphasiques. Les monophasiques ne contiennent qu’un seul dosage de comprimé par plaquette. Les biphasiques contiennent deux dosages différents de comprimés par plaquette.
Dans les monographies, on observe des doses par conditionnement, c’est-à-dire par plaquette ou par trois plaquettes. Ce qui fait sens afin de connaître la dose d’hormones ingérée en un mois ou en trois mois. Cependant, on trouve aussi des doses d’hormones par comprimé. C’est-à-dire une dose en mg qui confond la quantité de molécules à visée œstrogénique avec celle de molécules à visée progestative, ce dont on ne comprend pas bien l’intérêt.

Table des matières

Introduction
1. Méthodologie
A. But et moyens
B. Outils et méthode
2. La contraception orale œstroprogestative
A. Quelques rappels de physiologie
a. Le cycle menstruel
b. Biochimie du cycle menstruel : les boucles hormonales
1. Hormones hypothalamique et hypophysaires
A. L’hormone hypothalamique : la Gonadotropin Releasing Hormone (GnRH)
B. Les hormones hypophysaires à effets sexuels ou gonadotrophines : Follicle Stimulating Hormone (FSH) et Luteinizing Hormone (LH)
2. Hormones ovariennes
A. Œstrogènes
B. Progestérone
3. Interactions hormonales
A. Effet de cascade
B. Rétrocontrôle
c. Rôles des hormones
1. Sur l’ovaire : le cycle ovarien
2. Sur l’utérus : le cycle utérin
B. Mécanisme d’action
a. Pharmacodynamie des molécules œstrogéniques
b. Pharmacodynamie des molécules progestatives
c. Simulation d’un état de grossesse
d. Indice de Pearl
3. Analyse de l’information médicale sur les risques liés à la contraception orale œstroprogestative
entre 1967 et 2017
A. Analyse chronologique
a. Information médicale sur les risques liés à la contraception orale œstroprogestative en 1977
b. Information médicale sur les risques liés à la contraception orale œstroprogestative en 1987
c. Information médicale sur les risques liés à la contraception orale œstroprogestative en 1997
d. Information médicale sur les risques liés à la contraception orale œstroprogestative en 2007
e. Information médicale sur les risques liés à la contraception orale œstroprogestative en 2017
B. Tableau de synthèse
Conclusion
Bibliographie

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