La frange littorale

La frange littorale

La frange littorale est exposée aux vents, à une certaine fraîcheur et à une barrière de brume générant selon le relief, une grande variété de paysages (Figure 1.2). Les côtes sont très accidentées dans la zone nord présentant des falaises, la zone centrale se caractérise par de grandes terrasses sédimentaires (baies de Coquimbo, de Tongoy), tandis que dans la zone sud apparaissent des dunes et des terrasses érodées, moins étendues (Novoa et López, 2001) Les zones centrale et sud offrent des pâturages de printemps. De plus, la côte a été le lieu principal d’aménagements expérimentaux ayant pour objectif la reconstitution de couvertures végétales de façon à maintenir la capacité pastorale (plantations d’Atriplex numularia Lindl. et Atriplex repanda Phil.) (D’Andrea, 1997).

Les vallées fluviales

 Les trois grandes vallées fluviales ouvertes aux influences marines sont des steppes exposées à un climat tempéré (température moyenne annuelle supérieure à 10°C), plus humide dans la Vallée du Choapa (Figure 1.3). Ces vallées bénéficient d’un ensoleillement croissant vers l’est de la région. Elles présentent un système de terrasses alluviales qui a généré une mosaïque de sols dont la fertilité naturelle demeure médiocre (Paskoff, 1993). Néanmoins, cette zone constitue l’essentiel de l’espace irrigué et par conséquent la majeure partie de la surface cultivable régionale (D’Andrea, 1997). L’eau de l’irrigation provient de la haute montagne, avec la particularité dans le cas de la vallée du Limarí d’être régulée par un système de barrages (d’une capacité de 1 000 millions de m3 ) depuis 1953 (González et al., 2001). L’acheminement de l’eau se fait grâce à un réseau de canaux complexe qui, associé à la topographie et au climat, fait des vallées le centre de la production agricole. Cependant l’agriculture est limitée par la forte variabilité des débits, liée à l’irrégularité interannuelle des précipitations (Álvarez, 2005).

La moyenne montagne ou interfleuves 

Cette dénomination désigne tout le massif, entre les Andes et la frange littorale, découpé par l’érosion fluviale et dont les reliefs ont une altitude ne dépassant pas 3000 m (Figure 1.4). Il s’en détache les trois grands systèmes hydrographiques de la région (du nord au sud, les fleuves Elqui, Limari et Choapa) qui forment quatre zones d’inter-fleuves. Le territoire situé au nord du fleuve Elqui est le plus aride, avec des précipitations annuelles se situant entre 20 et 120 mm. La limite de l’Elqui marque la fin des climats désertiques et le début de la steppe, mais l’on ne trouve pas dans l’interfleuve Elqui – Limarí d’eau superficielle permanente. Plus au sud, l’interfleuve Limarí – Choapa présente des précipitations supérieures à 200 mm au sud de Combarbalá. La végétation est de même nature qu’au nord mais se densifie. Ainsi l’espino (Acacia caven (Molina) Molina) devient dominant. Des cours d’eau permanents avec de faibles débits peuvent permettre l’irrigation. Au sud du Choapa enfin, les disponibilités en eau sont meilleures, de nouvelles essences apparaissent, et l’irrigation à partir des rivières est plus fréquente (Paskoff, 1993). Globalement, les sols de la moyenne montagne sont très faiblement voir pas exploitables. Isolement, manque d’eau et topographie accidentée sont les principales causes. Le régime thermique assurant une absence de gelées 9 mois de l’année, autorise néanmoins très localement l’activité agricole. Malgré un déficit hydrique particulièrement sévère, une agriculture pluviale dite de « secano » est pratiquée. La principale utilisation de ces terres est finalement l’élevage, majoritairement caprin. 

CLiCours.com :  L’Ordonnance sur la Protection contre le Bruit (OPB)

La haute cordillère

 Elle compose la partie est de la région et correspondant à la partie andine. Elle se subdivise en trois sous-unités du nord au sud: la Cordillère d’Elqui, la Cordillère du Limarí, et la Cordillère du Choapa (Figure 1.5). Du nord au sud, les altitudes des montagnes diminuent. La Cordillère de 1’Elqui compte de nombreux sommets de plus de 4000 m sur la frontière argentine, tandis qu’ils se font plus rares dans le Limarí, et exceptionnels dans le Choapa. Parallèlement, les pentes se font moins abruptes, et les vallées plus nombreuses (Paskoff, 1993). L’altitude de la Cordillère d’Elqui en fait la principale zone où s’exerce un climat de toundra et s’accumule la neige. La steppe andine, composée de prairies xérophytes, apparaît en-dessous de 4000 m. Dans la Cordillère du Limarí la neige fond plus vite, les précipitations augmentent, et une steppe arbustive andine croît jusqu’à 3500 m. Celle-ci est plus fréquente sur les versants de la Cordillère du Choapa, qui connaît à ses altitudes maximales un climat de steppe froide de montagne. Il faut tenir compte en termes de ressources agro-pastorales du jeu des microclimats, qui dans une zone globalement difficile, peuvent générer des aires plus propices à l’installation humaine. Quelques vallées (entre 1000 et 2000 m) disposant de sols peu productifs mais d’un bon ensoleillement sont néanmoins cultivées. La principale richesse de ces montagnes réside dans la couverture herbacée apparaissant sur certains versants et qui constitue un pâturage de qualité variable comme les « veranadas », qui sont des estives dont la superficie régionale est estimée entre 100 000 et 150 000 ha dans les Provinces du Limarí et du Choapa. Les transhumants utilisaient aussi les pâturages argentins

Le cadre géologique 

Les parties nord et centrale du pays peuvent être divisées en trois zones du nord au sud : La zone côtière correspondant à la Cordillère de la Côte. Elle est principalement composée de roches ignées Paléozoïques et Mésozoïques. Dans la partie sud du Chili cette zone est constituée de turbidites mésozoïques. La deuxième zone, dite de la dépression centrale, correspond à la vallée longitudinale décrite dans le paragraphe précendent. Celle-ci est occupée par des sédiments datés du Mésozoïque au Quaternaire, au sud de Santiago elle constitue la principale zone agricole. Dans le sud du pays, cette dépression disparaît. Elle est remplacée par une zone de transition entre les turbidites côtières et les Andes formées de roches ignées calco-alcalines d’âge MésoCénozoïque. Ces roches ignées appartiennent au batholite de granite patagonien, qui est l’un des plus longs au monde (Pankhurst et Hervé, 2007). La troisième zone correspond à la Cordillère des Andes qui résulte d’une subduction vers l’est de la plaque de Nazca (plaque Antarctique au sud du Chili) sous la plaque SudAméricaine. L’uplift de la chaîne a débuté au Miocène et continue aujourd’hui, pour preuve l’activité sismique. Cet uplift s’accompagne d’un raccourcissement crustal principalement accommodé par des chevauchements vers l’est. D’après la carte géologique (Figure 1.6), on retrouve les trois zones géologiques dans la région de Coquimbo avec des roches ignées pour la Cordillères des Andes et la Côte, ainsi qu’un remplissage sédimentaire pour la dépression centrale. Il est à noter que l’ensemble des sites d’échantillonnage, présentés et décrits dans le Chapitre II, se situent au niveau des dépôts sédimentaires (Pankhurst et Hervé, 2007).

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