Le contrôle de gestion des entreprises sénégalaises intégrant la RSE à leur business model

Le contrôle de gestion des entreprises sénégalaises intégrant la RSE à leur business model

Fondements théoriques de la RSE

La RSE constitue un des concepts qui ont le plus fait objet des recherches. Plusieurs définitions furent dégagées, des positions ont vu le jour. Dans le cadre de cette section, nous allons faire une revue de la littérature au tour de son concept.

Les contours de la RSE

La RSE est un concept qui attire l’attention des plusieurs acteurs. Nous faisons dans cette partie une revue de la littérature sur la définition de la RSE et sa relation avec différents concepts afin de cerner le contour de la RSE

Définition de la RSE

La responsabilité sociale de l’entreprise (RSE) est l’application des principes de développement durable et de ses trois piliers environnementaux, sociaux et économiques au monde de l’entreprise. La RSE repose sur les postulats suivants : – L’entreprise et la société sont interdépendantes ; – L’entreprise doit connaitre et être responsable de l’impact environnemental et social de ses activités, produits et services ;  RSE et profitabilité ne sont pas forcément antinomiques, au contraire ; la RSE permet de questionner, d’innover et d’adapter la stratégie et les processus de l’entreprise afin de créer de la valeur partagée pour l’entreprise et ses parties prenantes. La RSE consiste à prendre en compte par les entreprises sur une base volontaire des préoccupations sociales et environnementales dans leurs activités et dans leurs interactions avec les parties prenantes. Elle engage l’entreprise à satisfaire non seulement les actionnaires à travers la performance économique et financière, mais aussi les autres parties prenantes et l’environnement à travers la performance non-financière. L’intérêt pour le concept de la RSE n’a pas cependant permis d’aboutir à une définition unique et acceptée par tous. Les interventions sont nombreuses et parfois divergentes. Plusieurs auteurs ont proposé des définitions. Cela n’a pas pourtant permis d’aboutir à une définition commune et acceptée par tous. La RSE, c’est l’intégration dans sa gestion des enjeux sociaux et environnementaux. Field, (2008), considère que les entreprises socialement responsables s’engagent à adopter des comportements éthiques et à contribuer au développement économique tout en améliorant la qualité de la vie des employés, de leurs familles ainsi que de la communauté locale et de la société dans son ensemble. La responsabilité de l’entreprise concerne plusieurs dimensions. Ces différentes dimensions sont liées entre elles. Il s’agit de rendre l’entreprise économiquement viable, mais aussi socialement équitable et écologiquement tolérable. Le social est un objectif, l’économie un moyen et l’environnement une condition. C’est ce qui donne sens au concept de la responsabilité sociétale des entreprises. Les entreprises socialement responsables doivent adopter une stratégie multidimensionnelle. C’est dans cette optique que Carroll (1979) considère que la RSE correspond aux attentes qu’à un moment donné la société a de l’entreprise aux niveaux économique, juridique, éthique et discrétionnaire. Cette définition de Carroll est toujours d’actualité du moment où la responsabilité des entreprises 21 est réclamée par les différentes parties prenantes. Et avec l’avènement du concept de développement durable, les entreprises ont également de la responsabilité envers les générations futures à travers une exploitation rationnelle, éthique, raisonnable des ressources naturelles. Il est certain que la RSE ne veut pas dire la même chose, tout le temps et pour tout le monde, Mansour (2011). Pour certains, la RSE rejoint la responsabilité juridique ; pour d’autres, elle se rapporte à l’éthique ou au comportement socialement responsable ; d’autres encore l’associent aux actions de charité ; alors que certains autres y voient une action de conscience sociale. Cette diversité de vision, de conception sur la RSE ne fait qu’enrichit le débat et les acteurs au tour de la responsabilité de l’entreprise vis-à-vis de son environnement, de sa société mais également de ses partenaires financiers. Il faut cependant reconnaitre que malgré la diversité sur la conception autour de la RSE, il existe des convergences quant au contenu de la RSE. La difficulté de trouver une définition consensuelle et acceptée par tous réside dans la diversité de la nature des entreprises, de leurs objectifs, de leur rôle, de leur stratégie. Chaque entreprise a sa propre conception de la RSE. Mais les différentes acceptions renvoient aux mêmes finalités. Certains auteurs, tels que Delalieux (2005) la qualifient de concept ombrelle qui abrite en son sein des revendications variées et parfois totalement contradictoires. Pour Pasquero (2005), chaque époque sécrète ses propres exigences de responsabilité sociale, mais celles-ci s’appuient sur les acquis des périodes qui les ont précédées Mansour (2011). Le concept de la RSE gagne de plus en plus de légitimité et son périmètre s’étend jusqu’aux institutions de l’Etat, des organisations. 22 Le concept de la RSE a attiré l’attention des chercheurs en sciences de gestion et cela nous a permis d’avoir plusieurs définitions. Il a évolué à travers d’autres concepts souvent utilisés dans la littérature managériale.

Evolution du concept de la RSE

Le concept de la RSE a connu des évolutions au fil du temps. Son origine a soulevé de débat, et plusieurs arguments ont été avancés. L’effondrement des modèles d’économie planifiée a permis au modèle libéral de s’imposer de plus en plus, avec pour corollaire une réduction de l’intervention de la puissance publique. Dans ce contexte, la place de l’entreprise privée devient prépondérante. Émerge, alors, la prise de conscience des acteurs privés quant à leurs responsabilités sur les enjeux environnementaux, sociaux, sociétaux et, plus largement, vis-à-vis de leurs parties prenantes. La majorité des spécialistes académiques font remonter la notion de responsabilité sociétale aux travaux précurseurs d’un économiste américain, Howard Bowen, en 1953, et la théorie des parties prenantes à ceux de R. Edward Freeman, en 1984. Mais force est de constater que le concept de la RSE a connu des changements au fil du temps. Déjà, la RSE a toujours été une préoccupation de la société prises dans sa globalité. Cela depuis l’avènement du christianisme selon certains et avant même son émergence d’après d’autres. Selon Nikos (2004), en Grèce antique, la notion d’héroïsme comprenait certains éléments de la responsabilité sociale. La croyance voulait que ceux qui étaient en position avantageuse, en termes d’argent ou de puissance, se comportent d’une manière socialement responsable. Il s’agissait de venir en aide aux pauvres, aux faibles. Par ailleurs, toutes les religions ont encouragé le comportement responsable des individus, qui s’est étendu au niveau des entreprises, des sociétés… Donc déjà les pratiques de la RSE datent. Ainsi, avec l’avènement de la religion chrétienne, elles se sont vues soutenir par les adeptes de cette religion. Depuis, la RSE est apparue sous différents concepts, mais certains pensent que les pratiques restent les mêmes. Evidemment l’influence du marché a eu un 23 impact sur le but. En d’autres termes, ces pratiques de la RSE ont été influencées par la concurrence, la mondialisation, le développement des organisations protectrices de ressources humaines et naturelles. La RSE est ainsi passée par plusieurs époques avec des buts plus ou moins semblables. Même si la RSE existait depuis longtemps, depuis l’antiquité, il serait quand même audacieux de parler du concept d’elle sans penser à Bowen (1953). Bowen (1953) est considéré comme étant le père fondateur de son concept. Cet universitaire économiste a rédigé un ouvrage pertinent sur la RSE « Social Responsibilities of the Businessman », (1953). Sa pensée est partagée par Carroll (1999), Davis (1973), Frederick (1994), … ces derniers constituent également des références pour tout chercheur sur la responsabilité sociétale des entreprises. La RSE a donc existé depuis des siècles et a marqué chaque époque de la vie des entreprises. La réflexion autour de son concept est assez riche, et est l’objet de recherche dans plusieurs disciplines. Avant que ce concept attire l’attention de tous les acteurs économiques, politiques, plusieurs autres concepts plus ou moins liés se sont diffusés dans le monde entier. Nous faisons allusion aux concepts de « l’éthique des affaires », « la stratégie utilitariste » et « le développement durable ».  La RSE sous l’éthique des affaires Dans les années cinquante, l’idée de la RSE apparaissait à travers le concept d’éthique des affaires. L’éthique des affaires traduit le fait que la finalité de l’entreprise n’est pas de satisfaire seulement les actionnaires, mais de prendre en compte l’intérêt général. L’histoire retient Aristote comme étant le premier éthiciste. Il trouvait que l’échange qui se fait pour le profit manque de vertu Masaka (2008). Cependant cela ne veut pas dire que l’histoire de l’éthique commence avec Aristote. Il n’est pas par ailleurs aisé de trouver une date exacte à l’origine de l’éthique des affaires. Pesqueux (2010) ne dira pas le contraire, et pense qu’il est toujours hasardeux de dater une origine car des études consacrées au thème de l’éthique des affaires sont apparues avec la grande entreprise, en particulier du fait de la séparation de la propriété et du management. Si Capron (2011) l’assimile à l’époque d’après deuxième guerre mondiale au concept du paternalisme, Pesqueux (2010) parle des années soixante quand les Etats-Unis furent touchés par le scandale de la fixation des prix de l’électricité. Sous le volet de l’éthique des affaires, le dirigeant de l’entreprise ne se limite plus à la seule satisfaction des actionnaires. Il considère que l’entreprise est également un acteur qui doit rendre service non seulement aux actionnaires mais aussi à l’ensemble de la société. Le profit de l’entreprise n’a de valeur que s’il profite à la société. L’éthique des affaires est l’application de notre compréhension de ce qui est bon et juste pour l’ensemble des institutions, des technologies, des transactions, des actualités et des efforts que nous appelons business (Velasquez, 1988). L’éthique des affaires traduit alors l’application d’un ensemble de normes que l’entreprise s’applique. Plus loin, Joras (2011) considère que l’éthique répond au double questionnement « Comment vivre une situation, un événement, une action ? » et « Quelle décision prendre face à une alternative, un dilemme ? ». Il s’agit des règles de conduite considérées comme bonnes et devant être suivies en vue d’établir des relations harmonieuses en société et donner du sens à ses actions et d’être bien avec soi-même Segun (2010). L’éthique des affaires engage une responsabilité des entreprises vis-à-vis des différentes parties prenantes. Le dirigeant de l’entreprise à travers le respect des normes, des règles, oriente la responsabilité de l’entreprise envers la société, l’environnement, les 25 actionnaires. C’est dans ce sens, que l’éthique des affaires se confond souvent avec le concept de la responsabilité sociétale des entreprises. L’éthique des affaires apparait dans certains modèles de la RSE développé comme celui de Bowen. C’est pourquoi il serait difficile de parler de la responsabilité sociétale des entreprises sans évoquer l’éthique des affaires qui est considérée antérieure au concept de la responsabilité sociétale des entreprises. Pour contribuer à l’éclaircissement de débat par rapport à l’antériorité de l’éthique des affaires et la RSE, Capron (2011) a pris la peine de préciser qu’il est nécessaire de distinguer l’idée du mouvement pour la compréhension du concept de la RSE. Selon Capron (2011), la saisie du concept de la RSE doit passer par trois époques dont l’époque de l’éthique des affaires.

Table des matières

 INTRODUCTION
PREMIERE PARTIE : LE CONTROLE DE GESTION DANS LE PILOTAGE DE LA RSE : UN ETAT DE L’ART1
CHAPITRE 1 : LA RSE : VERS UNE LOGIQUE DU MANAGEMENT DURABLE
Section 1 : fondements théoriques de la RSE
Section 2 : Les enjeux du pilotage de la RSE et l’émergence du management durable
CHAPITRE 2 : LE PILOTAGE DE LA RSE : UNE NOUVELLE PERSPECTIVE POUR LE CONTROLE DE GESTION
Section 2 : les facteurs explicatifs au recours des indicateurs RSE et le modèle explicatif
DEUXIEME PARTIE : LE CADRE EMPIRIQUE DU PILOTAGE DE LA RSE DANS LES ENTREPRISES SENEGALAISES
CHAPITRE 3 : LE CADRE METHODOLOGIQUE DE L’ANALYSE DU PILOTAGE DE LA RSE DANS LES ENTREPRISES SENEGALAISES
Section 1 : La RSE dans le contexte sénégalais
Section 2 : La méthodologie suivie dans l’analyse de la pratique de la RSE dans les entreprises sénégalaises
CHAPITRE 4 : PRESENTATION DES RESULTATS DE L’ANALYSE DE LA PRATIQUE DE LA RSE DANS LES ENTREPRISES SENEGALAISES
Section 1 : Les résultats de l’analyse du pilotage de la RSE dans les entreprises sénégalaises
Section 2 : Résultats et perspectives
CONCLUSION

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