Suspicion de commotion cérébrale dans le rugby amateur

Circonstances de survenue de l’événement traumatique

Poste occupé par le joueur/la joueuse : Au niveau du poste de prédilection des joueurs et joueuse interrogés, on retrouvait une prédominance de 3e lignes (24.55%) devant les 1ères lignes (17.40%) et les ailiers/arrières (16.72%). On retrouvait à peu près autant d’avants (51.40%) que d’arrières (48.60%). Phase de jeu concernée : L’immense majorité des traumatismes est survenue lors d’un plaquage (67.9%), et plus particulièrement lors d’un plaquage réalisé (47.56%) comparé à un plaquage subi (20.34%).
En troisième position, on retrouve les regroupements comme les rucks et les mauls (14.6%). Notre analyse de khi-2 a permis de confirmer que les plaquages étaient la phase de jeu la plus pourvoyeuse de cartons bleus de manière importante comparé aux autres phases de jeu (Khi-2 = 238.80, p < 0.001) avec un nombre significativement plus élevé pour les plaquages réalisés comparé aux plaquages subis (Khi-2 = 203.20, p < 0.001). En général, les plaquages générateurs d’un carton bleu étaient des plaquages frontaux (61.2%), devant les plaquages latéraux (32.2%) et les plaquages par derrière (6.6%). Plus de 80% de notre population d’étude dit avoir une épaule de préférence pour plaquer, avec une large majorité côté droit. 687 personnes (38.7%) affirment toujours essayer de plaquer du même côté si elles le peuvent.
Concernant la technique de plaquage, il est intéressant de noter que 55.5% des joueurs plaqueurs ayant reçu un carton bleu estimaient que leur technique de plaquage était, au moins en partie, responsable de la commotion cérébrale. L’analyse du khi-2 comparant les joueurs estimant que leur technique de plaquage était responsable de la commotion avec ceux estimant que leur technique de plaquage n’était pas responsable retrouve une différence significative entre ces deux groupes (Khi-2 = 8.83, p < 0.01).

Autres circonstances entourant l’événement traumatique

Le jour du carton bleu, l’immense majorité de notre population d’étude s’estimait en suffisamment bonne forme physique (96.7%) et mentale (97%) pour participer à un match de rugby. La quasi-totalité des personnes interrogées estimait s’être échauffé suffisamment avant le match (96%). De même, une grande majorité estimait avoir dormi suffisamment la nuit précédant le match (89.5%) et disait ne pas avoir consommé d’alcool et/ou de stupéfiants de manière excessive dans les 24h précédant le match (96.7%).
La plupart des joueurs évoluait à leur poste de prédilection le jour du match (85.5%). Une minorité de notre population d’étude était blessée ou revenait de blessure au moment du carton bleu (6.4%), avec des blessures souvent situées au niveau d’un membre inférieur (43%).
La majorité des événements ayant entraîné un carton bleu a eu lieu lors du 2e (29.5%) ou du 3e quart du match (36.1%). On retrouvait une proportion significativement plus élevée de cartons bleus lors du 3e quart du match comparé aux 2e quart (Khi-2 = 12.37, p < 0.001), 4e quart (Khi-2 = 115.70, p < 0.001) et au 1er quart du match (Khi-2 = 135.80, p < 0.001).

Symptômes et prise en charge de la suspicion de commotion

Symptômes liés au traumatisme : La plupart des joueurs a présenté des symptômes de commotion cérébrale (83.5%) avec des symptômes survenant majoritairement immédiatement après le choc (66.1%).
Les symptômes ont généralement duré entre plusieurs minutes et plusieurs heures (70.7%) mais une part non négligeable des personnes symptomatiques a eu des symptômes pendant plus d’une semaine (10.03%).
Les principaux symptômes décrits ont été des céphalées (47%), des troubles de l’équilibre (34.9%), des vertiges (29.8%), une vision trouble (26.1%) ou encore des troubles de la mémoire (25.8%). Prise en charge médicale : Suite à l’épisode de carton bleu, la plupart de notre population d’étude a consulté un médecin (86.3%) avec un passage aux urgences pour 47.7% des personnes interrogées suite à leur traumatisme. 13.7% des individus interrogés disent ne pas avoir consulté de médecin du tout.
Lorsqu’il y a eu consultation médicale, le diagnostic de commotion cérébrale a été confirmé dans plus de deux tiers des cas (69%).
Retour au jeu : Dans les 24h qui ont suivi la commotion, une majorité des personnes interrogées a observé une période de repos physique et psychique (60%) et n’a pas pris le volant (67.4%). Plus de 90% de notre échantillon n’ont pas consommé d’alcool et/ou de stupéfiants après la rencontre. La majorité du temps, les joueurs et joueurs interrogés ont repris l’activité physique par paliers d’intensité progressive (78.5%). La quasi-totalité du temps, la reprise a eu lieu sans symptômes (91.3%). Une proportion de 8.7% de notre population d’étude a tout de même repris le sport en présentant des symptômes.
Au moment de répondre au questionnaire, une personne sur six (15.8%) ne pratiquait plus le rugby. Pour 40.1% d’entre elles, la commotion cérébrale a été une des raisons de l’arrêt du rugby.

Joueurs ayant reçu plusieurs cartons bleus

Caractéristiques : Cette population d’étude était composée de 75 joueurs et joueuses, avec une grande majorité de personnes âgées de moins de 25 ans (77.3%) et une moyenne d’âge de 21.7 ans, légèrement inférieure à celle de notre population d’étude entière (22.4 ans). Dans ce groupe, 28 personnes disent avoir eu au moins un antécédent de commotion cérébrale avant de recevoir leur premier carton bleu, soit 37.3% du groupe. 7 joueurs disent avoir eu au moins 3 commotions cérébrales avant leur premier carton bleu (9.3%). On ne retrouve pas de différence significative entre le taux d’antécédent de commotion cérébrale dans ce sous-groupe et celui dans la population totale de l’étude (Khi-2 = 1.56, p < 0.2).
On retrouve une prédominance de 3e lignes (32%), devant les centres (24%) et les 1ère lignes (13.3%). Il y a une prédominance d’avants (56%) comparés aux arrières (44%), sans pour autant que cette différence soit statistiquement significative (Khi-2 = 1.08, p < 0.2).
Circonstances de survenue de l’événement traumatique : Notre groupe de 75 joueurs ayant reçu plusieurs cartons bleus a reçu un nombre total de 162 cartons bleus.
Sur ces 162 cartons bleus, 105 ont été distribués suite à des plaquages, soit 64.8% de ces cartons bleus. Le traumatisme avait lieu lors dans un plaquage réalisé dans 44.4% des cas. Sur les 75 joueurs de ce sous-groupe, 62 ont une épaule de préférence pour plaquer (82.7%) avec l’épaule droite comme épaule de préférence majoritaire (82.3%). 28 joueurs disent toujours plaquer du même côté s’ils le peuvent (37.3%).
55% des joueurs plaqueurs au moment de l’événement traumatique estiment que leur technique de plaquage a pu, même en partie, être responsable de la commotion. Sur les 162 cartons bleus liés à ce sous-groupe, 69 ont été distribués suite à des chocs tête contre hanche/genou (42.6%), contre 26 après des chocs tête contre sol (16%) et 23 après des chocs tête contre tête (14.2%). Le jour du match, 6 joueurs revenaient de blessure (8%), dont 2 joueurs qui revenaient d’une commotion cérébrale (33.3%).

Symptômes et prise en charge médicale

Des symptômes ont été présents dans 84% des cas de cartons bleus de ce sous-groupe, avec des symptômes à type de céphalées (59.3%), de fatigue (33.9%), de douleurs dans le cou (32.1%), de troubles de l’équilibre (28.4%) ou de troubles de la mémoire (25.3%) principalement. La sortie de terrain a été immédiate et définitive dans 92% des cas.
Sur les 162 cartons bleus de ce sous-groupe, il y a eu consultation médicale dans 147 des cas (90.7%) et passage aux urgences dans 51.2% des cas. Lorsqu’il y a eu consultation médicale, le diagnostic de commotion cérébrale a été confirmé dans 74.1% des cas.
La phase de repos physique et psychique initiale a été observée dans la majorité des cas (88.9%). De même, la reprise de l’activité physique a été graduelle dans 85.2% des cas. Cependant, il faut noter la persistance de symptômes lors de la reprise de l’activité physique dans 20.4% des cas. Un test de khi-2 permet de constater que le taux de joueurs ayant repris avec des symptômes dans le sous-groupe qui a reçu plusieurs cartons bleus est significativement plus élevé que dans la population totale d’étude (Khi-2 = 27.78, p < 0.001). Sur les 75 joueurs ayant reçu plusieurs cartons bleus, 11 n’ont pas repris le rugby suite à leur dernier carton bleu (14.7%). 100% des joueurs n’ayant pas repris le rugby estiment que l’épisode de carton bleu est une des causes de l’arrêt.

Table des matières

I. INTRODUCTION
II. MATERIEL ET METHODES
III. RESULTATS
1. Caractéristiques de la population d’étude
2. Circonstances de survenue de l’événement traumatique
2.1 Poste occupé par le joueur/la joueuse
2.2 Phase de jeu concernée
2.3 Type d’impact responsable de la commotion
2.4 Autres circonstances entourant l’événement traumatique
3. Symptômes et prise en charge de la suspicion de commotion
3.1 Symptômes en lien avec le traumatisme
3.2 Prise en charge médicale
3.3 Retour au jeu
4. Joueurs ayant reçu plusieurs cartons bleus
4.1 Caractéristiques
4.2 Circonstances de survenue de l’événement traumatique
4.3 Symptômes et prise en charge médicale
IV. DISCUSSION
V. CONCLUSION 
BIBLIOGRAPHIE
ANNEXES

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