Le contexte actuel de l’industrie forestière au Québec

Les forêts du Québec couvrent un vaste territoire et sont caractérisés par la multitude, la variété et la richesse de leurs ressources. Sur une superficie totale de 1,7 millions km2 , le territoire forestier couvre 44,8 % du territoire québécois, soit 761 100 km2 (Ministère des ressources naturelles, 2016). L’exploitation forestière est présente dans pratiquement toutes les régions du Québec. La disponibilité d’une importante ressource forestière a permis à ce jour le développement d’une puissante activité manufacturière, autour de la fabrication des produits du bois et de l’industrie des pâtes et papiers (Royer et al., 2012). Le secteur de la fabrication des produits du bois regroupe toutes les activités qui visent à transformer le bois en produits manufacturés, tels les panneaux traditionnels, le bois d’ingénierie et les fibres isolantes. Les scieries jouent ici un rôle central puisqu’elles effectuent un premier traitement de la ressource forestière et approvisionnent les usines de panneau et les unités de deuxième et de troisième transformation du bois (MRNF, 2012). Les produits de première transformation (bois rond, copeaux, sciures, etc.) correspondent aux éléments issus de l’usinage de la matière première qui sont récupérés pour en faire un produit fini ou semi-fini. Au contraire, les produits de deuxième et troisième transformation correspondent aux mêmes éléments, mais ayant subi des étapes de transformation supplémentaires effectuées par un ou deux établissements autres que ceux de la première transformation pour en faire un produit fini ou semi-fini (MRNFP, 2016).

Depuis le début des années 2000, l’industrie forestière canadienne vit une cnse occasionnant plusieurs déficits dont une chute de prix du bois d’ œuvre et du papier (Royer et al., 2012). Cette profonde mutation du secteur de la forêt est causée par une multitude de raisons dont une baisse de la disponibilité des ressources, les effets de la dernière crise économique, une réduction rapide de la demande de papier journal, papier d’impression et de papier d’écriture de même qu’une augmentation de la concurrence (MRNF, 2012). D’après les données de 2009 provenant de la Fédération des Chambres de Commerce du Québec (FCCQ), les secteurs de la foresterie et des pâtes et papiers représentent 2,8 % du produit intérieur brute (PIB) québécois et 2,2 % de tous les emplois au Québec (Royer et al., 2010). Dans ce contexte, le ministère des Ressources Naturelles et de la Faune du Québec (MRNF) a proposé la « stratégie 2012-2017 pour transformer l’industrie québécoise des produits forestiers» qui incitera l’industrie forestière à innover et s’ adapter, afin que celle-ci (MRNF, 2012) :
• se diversifie pour qu’ elle dépende moins d’une économie circulaire, dans le secteur de la fabrication des produits de bois ;
• développe des produits et marchés innovateurs, dans le secteur des pâtes et papIers ;
• exploite davantage les occasions d’ affaires liées à la valorisation énergétique de la biomasse forestière.

Ces objectifs vont dans le même sens que la stratégie de développement industrielle du MRNF publiée en 2008, dans son livre vert « La forêt pour construire le Québec de demain », proposant d’ axer l’industrie sur le développement de produits à haute valeur ajoutée (PHV A) (MRNFP, 2008). Cette optique permettra de favoriser le maintien d’une industrie innovante, créatrice de richesse et d’emplois durables (Royer et al. , 2010). Suite à l’adoption de ces stratégies, il est clair que l’industrie forestière doit diversifier ses marchés pour ainsi valoriser toutes les composantes du bois, ce qui permettrait de donner un élan supplémentaire à l’industrie.

La biomasse forestière 

Les forêts québécoises offrent un potentiel important de biomasse forestière. On estime une production annuelle de 6,4 millions de tonnes métriques anhydres en provenance des forêts privées et publiques (MRNFP, 2009). Les résidus forestiers comprennent tous les résidus de bois générés suite à la transformation du bois dans les scieries. Ceux-ci ne sont pas utilisés à la fabrication de produits finis. Les résidus forestiers peuvent prendre plusieurs formes, par exemple, ils peuvent correspondre aux souches, houppiers, branchages, cimes, tiges. Dans l’industrie de première transformation, ce sont majoritairement les écorces qui sont retirées de l’aubier (Royer et al., 2010). Les écorces sont donc une ressource abondante sur le territoire, elles devraient être exploitées à son maxImum.

Il existe différentes façons de valoriser cette biomasse forestière. La principale est la combustion de celle-ci comme source d’énergie supplémentaire. Deux méthodes de biocombustion sont courantes soit la combustion directe générant seulement de la chaleur (chauffage de bâtiment, production d’ eau chaude, chaleur pour procédés industriels) ou soit la cogénération produisant de la chaleur de même que de l’électricité (9-10 % de la production énergétique québécoise) (Royer et al., 2010). Au Québec, la récupération des résidus forestiers est au stade embryonnaire, contrairement à d’ autres pays comme la majorité de l’Europe. Dans ce continent, la récupération de la biomasse forestière est commune et avantageuse en raison de la valeur élevée de l’ énergie et de la courte distance séparant les sites de récupération des usagers (MRNFP, 2013). L’utilisation de la biomasse forestière québécoise présente plusieurs avantages. Premièrement, la biomasse se retrouve un peu partout sur notre territoire à de grandes quantités prévisibles de même qu’à une qualité similaire à chaque année. Deuxièmement, c’est un matériau prêt à brûler sans besoin de transformation ainsi qu’une source d’ énergie efficace dont la dépense en énergie de la récolte est assez négligeable (Royer et al., 2010). De plus, le bois possède un cycle de carbone neutre, c’ est-à-dire qu’ au cours de la combustion du bois, le carbone atmosphérique préalablement extrait de l’atmosphère et séquestré dans le bois est remis en circulation dans l’air. La quantité de gaz ou de carbone libérée est semblable à celle lors de la décomposition naturelle d’un même volume de bois mort en forêt (Melillo et al., 1990). Il est donc préférable d’employer comme source d’énergie ou de chaleur les résidus de bois que des combustibles fossiles qui engendrent un apport supplémentaire de dioxyde de carbone (C02) dans l’ atmosphère (Campagna, 1996). Dans un contexte futur où une augmentation sensible du coût des combustibles fossiles et de l’ électricité sera notée, la biomasse forestière résiduelle apparaît comme une solution qui permet de réduire les coûts liés à l’ énergie, année après année (Royer et al., 2010).

Toutefois, l’un des inconvénients au Québec pour la valorisation de la biomasse constitue son territoire étendu. Le transport de la biomasse vers une usine de raffinage ou d’extraction de la biomasse vient augmenter le coût de la production. C’est pourquoi il est primordial de considérer la possibilité d’établir l’emplacement des usines le plus près possible de la forêt et des usines de première transformation du bois pour ainsi minimiser les coûts de transport. C’est l’une des raisons pourquoi une usine d’extractibles forestiers serait envisageable dans le secteur du Lac-Saint Jean où plusieurs scieries et usines de cogénération y sont déjà établies.

La filière des extractibles forestiers 

Les extractibles forestiers représentent une nouvelle source d’ingrédients actifs qui pourront être intégrés dans la formulation de divers PHV A. Les extractibles correspondent à toutes les molécules bioactives qui se trouvent dans les cellules du bois. Ces molécules sont facilement extraites à l’aide de solvants comme l’ eau ou des alcools (éthanol, méthanol, etc.) (Centre québécois de valorisation des biotechnologies, 2014). Un extrait est donc constitué d’un mélange de diverses familles de molécules complexes. Plusieurs facteurs peuvent faire varier la teneur en extractible tels que la partie de l’arbre (bois, feuilles, écorces, branches, racines, etc.), l’espèce, l’âge, la saison et le lieu de récolte (Crozier et al., 2008). Ces molécules sont présentes dans chacune des parties de l’arbre, dont l’écorce. L’écorce est riche en extractible puisque cette partie protège l’arbre contre différents agresseurs externes comme le soleil, les herbivores et plusieurs autres. Il est donc facile d’extraire ces molécules à partir des écorces retirées dans les scieries (résidus forestiers). L’extraction des composés bioactifs du bois est effectuée grâce à l’utilisation de solvants organiques ou aqueux. Les techniques utilisées ne viennent pas modifier chimiquement les constituants structuraux du bois tels que la lignine, la cellulose et les hémicelluloses (Royer et al., 2012). Après un processus d’extraction, il est envisageable d’envoyer les résidus vers des usines de cogénération pour qu’ils soient brûlés afin d’en générer de la chaleur et de l’énergie. Les extractibles sont ainsi exploitables sans nuire le plus possible à l’application usuelle des résidus vers la filière énergétique et représentent nettement une valeur ajoutée à leur transformation.

Table des matières

CHAPITRE 1 INTRODUCTION
1.1 Le contexte actuel de l’industrie forestière au Québec
1.1.1 La biomasse forestière
1.1.2 La filière des extractibles forestiers
1.1.3 L’intérêt commercial des extractibles
1.2 Les métabolites spécialisés
1.2.1 Les terpènes
1.2.2 Les polyphénols
1.2.3 Les alcaloïdes
1.3 Le bouleau blanc sur le territoire québécois
1.3.1 Utilisations traditionnelles du bouleau blanc
1.3.2 État des connaissances des extractibles du bouleau blanc
1.4 Activité antimicrobienne
1.4.1 Les microorganismes et leurs mécanismes d’action
1.4.2 La résistance aux agents antimicrobiens
1.4.3 Les agents antimicrobiens naturels
1.5 Objectif du projet
CHAPITRE II COMPOSITION ET ACTIVITÉ ANTIMICROBIENNE IN VITRO D’EXTRAITS D’ÉCORCE DE BETULA PAPYRIFERA
2.1 Contribution des auteurs
2.2 Résumé de l’article
2.3 Article scientifique
Abstract
Graphical abstract
Highlights
Keywords
Introduction
Experimental
Material and reagent
Plant material and granulometric fraction
Bark composition
Bark extraction
Thin layer chromatography method
Microorganisms cultures
Antimicrobial assays
UPLC-QTOF-MS analysis
Statistical analysis
Results
Granulometry, composition and extraction yields
Metabolite profile – Thin layer chromatography
Antimicrobial activity
Characterization UPLC-QTOF-MS
Discussion
Granulometry, composition and extraction yields
Antimicrobial activity
Characterization of extracts
Conclusion
Acknowledgment
References
Legends
Tables
Figures
CHAPITRE III DISCUSSION
3.1 Retour sur les résultats de recherche
3.2 Perspectives du projet de recherche
3.3 Conclusion
CONCLUSION

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