L’environnement limite à la croissance dans les pays émergents

L’environnement limite à la croissance dans les pays émergents

Les émissions de CO2 par la Chine ont dépassé en 2007 celles des Etats-Unis. Est-ce soutenable ? Les crises de l’eau se multiplient en Chine mais aussi en Inde et dans la plupart des grands émergents soumis à une forte pression démographique avant même la fin de leur grande transition urbaine. Même la Russie semble confrontée aux défis du développement durable, au moins vis-à- vis du reste de la planète. Un rapport comme celui de Nicolas Stern montre les risques très sérieux pour la planète comme pour ces grands émergents du coût croissant de leur développement rapide.Qu’en est-il réellement de ces limites ? Le coût de la soutenabilité pourrait-il compromettre la poursuite de leur rattrapage et à quel horizon ? Des solutions existent mais quelles sont-elles, dans quel délai seront-elles mises en œuvre, et avec quel impact économique ? Quel impact cela pourrait-il avoir notamment sur la croissance des économies développées et la stratégie de nos entreprises ? L’Asie contribue à une pression très forte sur les prix de l’énergie, des métaux, mais le phénomène n’est pas nouveau. Néanmoins la tension reste soutenue sur les marchés de matières premières du fait de la croissance chinoise, et il est important de savoir si cet aspect est compensé par des opportunités plus grandes pour les pays riches, liées à l’accès à un plus grand marché.Les différents scénarios élaborés prennent en compte plusieurs dynamiques de croissance de la production chinoise. Il semble que l’impact des prix de l’éner- gie ne soit pas totalement compensé par une croissance des débouchés, mais ce résultat reste très fragile et dépend grandement des hypothèses. La différence entre la Chine et l’Inde est que la croissance indienne est davantage fondée sur les services. Ceci est important à prendre en compte.

Un point de discussion important aujourd’hui est la sous-évaluation du yuan. Les simulations pour la Chine et l’Inde indiquent une dévaluation de leurs mon- naies à l’horizon 2030, ce qui va accroître leur compétitivité industrielle. La raison de cette dévaluation sur le long terme est que l’accroissement des prix de l’énergie doit les conduire à exporter davantage pour équilibrer la balance commerciale, d’où une nécessaire dévaluation.Il est possible de réaliser d’autres scénarios avec frictions, liés à de mauvaises surprises technologiques. Tout incident non prévu dans le scénario de référence a en réalité un impact très fort. La Chine perd en termes de croissance au mo- ment du choc, puis regagne à moyen terme grâce à des effets d’apprentissage. Un second choc, très violent, intervient ensuite ; il correspond à l’occurrence d’un deuxième choc pétrolier dans le modèle, ainsi qu’à l’inversion de la pyra- mide des âges dans le pays (forte réduction du taux d’épargne). La Chine se pré- pare donc à une situation difficile d’ici à une vingtaine d’années. Le scénario de base est donc très fragile, et dépend fortement de la réalisation de ces chocs.Un des enjeux de la négociation sur le climat provient des émissions. Sur ce point, les prévisions indiquent que 60% de la croissance des émissions entre 2005 et 2030 provient de l’Inde et de la Chine, mais les deux pays restent tou- tefois bien en deçà des émissions réalisées par les Etats-Unis et l’Union euro- péenne. Il est intéressant de regarder qui gagne et qui perd en termes de PIB en cas d’imposition d’une politique climatique (contrainte carbone unique), par rapport à un scénario de référence sans politique climatique. Les simulations indiquent qu’à long terme (2050), la Chine et l’Inde gagnent grâce à une baisse des prix du pétrole, ce qui joue favorablement sur leur balance commerciale.

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Pour ce qui concerne l’eau, les cours d’eau sont pollués en Inde, en Chine et aux Etats-Unis, ce qui pose des problèmes d’approvisionnement ainsi que des problèmes sanitaires. En Chine, la moitié des sept grands bassins hydrauliques sont pollués, ce qui joue sur la santé des paysans ainsi que sur la production et la richesse. Deux tiers des villes chinoises enfin souffrent de problèmes de pénu- rie d’eau. En Afrique aussi, certaines sources sont polluées par les déchets.Du côté des producteurs, les Etats-Unis restent en tête, devant l’Union euro- péenne et l’Asie Pacifique. Depuis 2002 on note une accélération du nombre de véhicules produits, avec seulement un million de véhicules hybrides et flex fuel mis sur le marché, surtout au Brésil. Chez les nouveaux producteurs, la Chine a rapidement accru sa capacité de production automobile, ce qui n’est pas le cas de l’Inde.Cette accélération en termes d’équipement automobile contribue à soulever des questions en termes de pollution de l’air notamment. En France, les premières normes anti-pollution ont été mises en place dans les années 1970, et les émis- sions polluantes des véhicules ont été considérablement réduites aujourd’hui grâce notamment à la mise en place des normes « euro 4 » sur les nouveaux véhicules, bientôt suivies des normes « euro 5 » et « euro 6 ». L’objectif est une neutralité du carburant à l’horizon 2015.

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