Caracterisation ecologique des habitats de Hypogeomys antimena

La séparation de Madagascar du continent africain il y a 165 millions d’années (COFFIN et FALVEY, 1983) a expliqué la grande diversité en matière de faune et de flore, et la grande majorité des espèces ne se trouvent nulle part ailleurs. Le niveau d’endémicité est supérieur à 90% pour l’ensemble des espèces (KOECHLIN et al, 1974). Cette richesse unique au monde est soumise depuis ces dernières décennies à de fortes pressions destructrices attribuées surtout aux actions inconsidérées de l’homme : exploitation forestière illicite, braconnage, défrichement, feux. Les forêts denses sèches de la région de Menabe sont touchées par cette dégradation entraînant ainsi la destruction, voire la disparition des espèces végétales et animales. Or, cette forêt abrite une espèce de Rongeur Hypogeomys antimena qui est menacée d’extinction actuellement.

L’existence de Hypogeomys antimena a été décrite pour la première fois par A. GRANDIDIER en 1869 dans la région Nord de la ville de Morondava. En effet, Hypogeomys antimena fait partie de l’ordre des RONGEURS, de la famille des MURIDAE et de la sousfamille des NESOMYINAE (MUSSER et CARLETON, 1992). L’espèce est endémique et connue sous le nom de “ Vositse ” en Malgache et “ Rat Géant Sauteur ” en Français.

MILIEU PHYSIQUE 

Situation géographique

Cette étude a été réalisée sur la côte ouest de Madagascar au Nord de la ville de Morondava, province de Toliary, située à 44° 14’ de longitude Est et 20° 17’ de latitude Sud. La zone d’étude est limitée, au sud par la rivière Tomitsy et au nord par le fleuve Tsiribihina .

Topographie et hydrographie

La région fait partie du bassin de Morondava à relief plat ou subhorizontal. L’altitude est généralement inférieure à 300m (BESAIRIE, 1973).

Le réseau hydrographique comprend du Nord au Sud :
-Le fleuve Tsiribihina qui constitue la limite Nord de la zone d’étude. C’est une zone de pêche avec des cultures inondées sur ses berges.
-Les rivières Lambokely et Lambobe sont saisonnières car elles ne sont alimentées que pendant la saison pluvieuse. Elles n’arrivent pas souvent à la mer mais se perdent dans les sables de la zone littorale.
-La rivière Kirindy saisonnière également, ne coule que 2 à 18 semaines par an selon l’intensité de pluie.
-La rivière Tomitsy, qui avant 1959 était permanente s’est brusquement tarie. Ce tarissement avait engendré l’abandon d’une surface considérable de rizières notamment autour de Marofandilia et Ankaraobato.

De plus, des nappes d’eau superficielle appelées localement “ Ranovory ” se forment en saison pluvieuse.

Géologie et pédologie

La zone d’étude appartient au bassin sédimentaire de Morondava, datant du Jurassique supérieur et du Crétacé (CHAPERON, 1993) avec des formations récentes constituées par des dépôts continentaux formés de calcaires, de grès, d’argiles, d’alluvions, de carapace sableuse. Les sols sont ferrugineux tropicaux peu lessivés (CHAPERON, 1993) : sol rouge, sol jaune, sol jaune humifère, sol hydromorphe sur carapace sableuse et sol hydromorphe sur grès.

CLiCours.com :  Correlations between types of global motions and gating from the relaxed structures obtained following MDeNM simulations

Climat

Les données climatiques de Morondava, relevées entre 1961 à 1990 ont été utilisées .

a- Température
La température moyenne annuelle est de 25,1°C. Le mois de juillet est le mois le plus froid avec une moyenne de 21,5°C, le mois le plus chaud est le mois de janvier avec une moyenne de 27,6°C. L’écart thermique est faible d’une valeur de 6,1°C .
b- Précipitations
Les précipitations sont apportées, soit par la mousson sous forme d’orages ou elles sont attribuées au passage de fronts méridionaux, de dépressions ou de cyclones tropicaux. La moyenne annuelle est de 764 mm Le mois de janvier est le mois le plus arrosé avec 241,6mm de pluies.
c- Courbe ombrothermique
La méthode de GAUSSEN (P =2T) en 1955 a permis de tracer le diagramme ombrothermique à partir des valeurs des températures et des précipitations. Un mois est écologiquement sec si la pluviométrie est inférieure au double de la température (P<2T). Dans le cas contraire, les mois les plus pluvieux correspondent à P≥ 2T. La saison sèche commence au mois d’avril jusqu’au mois de novembre et la saison pluvieuse s’étale du mois de décembre au mois de mars.
d- Vents
L’alizé, après avoir subi l’effet de Foehn apporte un vent chaud et sec du mois d’avril au mois de novembre. La mousson, vent de secteur ouest, soufflant de décembre en mars, engendre dans cette région de fortes précipitations sous forme d’orage. La vitesse moyenne du vent est de 2,4m par seconde.
e- Humidité relative
L’humidité relative est élevée, elle varie de 78 à 82% pendant la saison pluvieuse. Elle est maximale au mois de février (82%) (figure 1d) et elle reste élevée (74 à77%) grâce à l’existence de rosée et de brouillards (RAHANTAMALALA, 1989).
f- Insolation
La région de Morondava reçoit annuellement 3505 heures d’insolation. La moyenne mensuelle est de 292 heures .
g- Evaporation
Avec une moyenne mensuelle de l’évaporation de 112,7mm (RAHANTAMALALA, 1989), l’évaporation maximale est de 138,1mm au mois de novembre à la fin de la saison sèche, descend à 84,1mm au mois de février en pleine saison humide.

D’après DONQUE (1971), la région de Morondava fait partie du domaine tropical sec, caractérisé par une pluviométrie moyenne variant de 500 à 900 mm et une température moyenne supérieure à 20°C.

Cette région appartient au type bioclimatique subaride (CORNET, 1974) . Deux saisons sont bien marquées dans cette région : saison humide de Décembre à Mars et une saison sèche du mois d’Avril au mois de Novembre.

Table des matières

Introduction
Matériel et méthode
Schéma de l’étude
Critères d’inclusions
Données recueillies
Analyse statistique
Résultats
Discussion
Conclusion
Bibliographie
Tableaux
Annexes

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