Variation du rendement de jatropha curcas en association avec trois types de legumineuses (Haricot, cajanus, pois de terre)

La situation énergétique mondiale est marquée par la consommation croissante d’énergie et le recours, toujours en hausse, aux énergies fossiles (pétrole, gaz naturel et charbon). Jusqu’en 2010, ces produits issus du pétrole représentaient 80% de la consommation énergétique mondiale (AIE, 2012). Suscitant actuellement de vifs débats sur le plan international, ces ressources énergétiques sont remises en cause du fait de leur caractère non renouvelable, ainsi que leur impact sur l’environnement, pouvant accélérer le changement climatique (Webster et al, 2008). Face à cette situation paradoxale, les biocarburants sont apparus comme une solution alternative pouvant alléger la dépendance aux produits pétroliers. Catégorisés comme énergie renouvelable, les bio-carburants désignent un combustible liquide ou gazeux obtenu à partir de matériaux organiques non fossiles issus de cultures agricoles, de graisses animales, de déchets industriels et municipaux (bois, huiles usagées), d’algues ou encore de micro-organismes (ADECIA, 2012). Parmi les cultures agricoles, il y a notamment le Jatropha curcas dont l’huile obtenue par extraction, est utilisée comme bio-diesel.

Sur la base de nombreuses propriétés intéressantes qui lui sont attribuées, Jatropha curcas est présenté comme une plante miracle. En effet, au-delà de ses potentialités pour la production de biocarburant, elle présente de nombreux autres avantages. Elle a la réputation de s’adapter aux conditions semi-arides et aux sols pauvres, de se propager facilement par semis ou par bouturage (Achten et al, 2008). De plus, elle pourrait fournir divers produits et sous-produits qui contribuent aux principaux objectifs du développement rural : la réduction de la pauvreté (commercialisation des produits dérivés), le maintien de la fertilité des sols par le contrôle de l’érosion (plantation en haies vives) et la valorisation des produits forestiers (utilisation des tourteaux comme engrais organiques) (Openshaw, 2000 ; Henning, 2001). C’est donc probablement pour toutes ces raisons que différents pays en voie de développement ont porté leur choix sur cette plante pour diversifier la production agricole et accroître les revenus des agriculteurs (Openshaw, 2000).

Site d’étude

Localisation géographique

Le site d’étude se trouve dans le domaine Manjarisoa appartenant à la société Fuelstock Madagascar. Localisé dans le fokontany Miadanasoa, ce site est lié à la commune d’Ankazomborona (ou Amboromalandy) qui elle-même se trouve dans le district de Marovoay, dans la région Boeny. Cette zone est délimitée géographiquement entre 15°98’18’’59 Sud de latitude et 46°85’32’’31 de longitude Est, avec une altitude de 650 m. (Google earth, 2013) .

Climat

Le climat de la région est de type tropical sec à saisons contrastées, où la chaleur est une constante. Il est rythmé par l’alternance d’une saison pluvieuse qui s’étale généralement de novembre à avril, et d’une saison sèche d’avril à octobre. La moyenne pluviométrique annuelle est de 1219 mm tandis que pour la température annuelle, la moyenne est de 27,27°C. Par ailleurs, la région est régulièrement visitée par des cyclones.

Sol et végétation

Le sol de la zone d’étude est de type ferrugineux tropicaux (FTM, 2004). Il présente une texture de type sableux avec une teneur en sable de 83,2%, de limon à 12,28% et d’argile à 3,45-18% ; le taux de matière organique est faible avec une teneur de 2,69% (Rakotomalala, 2010). La formation végétale présente autour des parcelles se compose essentiellement de graminées de type Hyparrhenia rufa et d’Aristida sp. Il existe cependant quelques arbustes tels le Zyziphus sp, ainsi que le Bismarckia nobilis (localement appelé « satrana »).

Conduite de l’expérimentation

Choix des différentes associations

Pour cette étude les associations effectuées comprennent essentiellement des légumineuses dont le haricot, le cajan et le pois de terre . Ces choix se justifie notamment par le fait que :
– Ces plantes ont une influence positive sur l’amélioration de la fertilité des sols. Ceci étant due au fait qu’elles sont capables de fixer l’azote atmosphérique et d’augmenter l’azote disponible dans le sol par restitution de la biomasse (Bado, 2002).
– Ce sont des cultures annuelles dont il est possible d’obtenir des productions. En effet, Le système d’association du Jatropha avec les cultures vivrières annuelles permet aux agriculteurs d’exploiter le même terrain pour la production alimentaire et énergétique tout en générant des revenus pour l’entretien du champ avant la pleine production de la culture pérenne (Diedhiou et al., 2012)
– Leur culture se fait en saison pluviale afin de diminuer la pression des mauvaises herbes entre les lignes de J. curcas.

La culture du jatropha, en association avec d’autres plantes, n’est possible que lorsque les nutriments et l’eau sont suffisamment disponibles (Öhman, 2011). Dans des endroits secs, sans irrigation, la culture intercalaire n’est pas possible en raison de la compétition pour l’eau (Singh et al., 2007). Dans les sols pauvres en éléments nutritifs, la culture intercalaire est seulement possible avec un supplément de fertilisation.

Dispositif expérimental 

L’expérimentation a été menée sous un dispositif au champ sur une parcelle de J,curcas âgé de un an (cultivé en novembre 2013). Le dispositif expérimental choisi se présente sous la forme de bloc de Fischer regroupant 16 parcelles élémentaires et répétées quatre fois. Ces blocs sont répartis au sein de la parcelle de jatropha qui a une superficie de 4,6 ha. Pour chaque bloc, l’attribution des parcelles élémentaires aux différentes modalités est effectuée de manière aléatoire. Avant la mise en place de la plantation, le terrain était en friche et servait de zone de pâturage bovine. Le sol étant occupé par une savane arborée. Les plants de jatropha de la parcelle ont été repiqués à partir d’une pépinière avec un espacement de 3m*3m. Et pour cela, une fumure de fond à base de fumier a été apportée sous une dose de 1,2 t.ha⁻¹ .

Chaque parcelle élémentaire comprend :
– 3 lignes de jatropha comprenant chacune 5 pieds, soit 15 pieds en total
– 2 interlignes de 3m prévues pour les légumineuses
– 3 pieds centraux par parcelle élémentaire pour les observations sur le jatropha
– Superficie : 6mx12m, soit 72 m² .

De plus, chaque bloc est séparé l’un de l’autre par deux lignes de jatropha et chaque parcelle est séparée d’une autre par une interligne de 3m.

Table des matières

INTRODUCTION
I- MATERIELS ET METHODES
2.1 Site d’étude
2.2 Conduite de l’expérimentation
2.3 Méthodologie
2.4 Limites et contraintes de l’étude
II- RESULTATS
3.1. Etat du sol
3.2. Résultats par rapport au type de légumineuses et leurs densités respectives
3.3. Résultats par rapport à l’apport de matières organiques
3.4. Calcul de rentabilité économique du système jatropha-légumineuse
III- DISCUSSIONS ET RECOMMANDATIONS
4.1 Sur le type de légumineuse et leurs densités respectives
4.2 Sur l’apport et le type de matières organiques
4.3 Sur la rentabilité économique du système-jatropha-légumineuse
4.4 Amélioration de la conduite de plantation
4.5 Valorisation des sous-produits issus de l’extraction de l’huile
CONCLUSION
REFERENCES BIBLIOGRAPHIQUES
ANNEXES

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