ANALYSE ET INTERPRETATION DES PHOTOS AERIENNES

ANALYSE ET INTERPRETATION DES PHOTOS AERIENNES

Les deltas du Sénégal et du Saloum constituent de vastes unités sédimentaires formées à l’Holocène. Ils subissent une évolution sous l’effet de certains facteurs tel que le climat. Les photos aériennes permettent la compréhension de leur morphologie. 1) Méthode d’étude des photos aériennes : Des séries de photos aériennes prises à des années intervalles sont utilisées. Sur le delta du Sénégal, on a les séries suivantes : – séries UAG de 1975 du Service Géographique National de Dakar (SGN) qui couvrent une partie du delta avec une échelle de 1 / 15 000 -séries JICA DE 1989 du Service Géographique National de Dakar (SGN) couvrant une partie du delta avec une échelle de 1 / 60 000 – séries de 1997 du Service Géographique National de Dakar (SGN) qui couvrent aussi une partie du delta avec une échelle de 1 / 15 000. Sur le delta du Saloum, les séries de photos sont les suivantes : – séries AOF de 1954 de l’Institut Géographique National de Paris (IGN) qui couvrent pratiquement tout le delta avec une échelle de 1 / 50 000 – séries JICA de 1989 du Service Géographique National de Dakar (SGN) qui couvrent tout le delta avec une échelle de 1 / 60 000. Ces photos interprétées à l’aide d’un stéréoscope nous permettent de déterminer les différentes unités géomorphologiques au niveau de ces deux deltas. Sur ces photos, on peut observer ainsi : – les cordons sableux anciens et récents de même que les flèches littorales – les vasières à mangrove – les tannes. Les sources d’erreurs possibles sont : – impossibilité pour l’avion de maintenir une ligne de vol à une altitude constante – inclinaison de l’avion d’un angle compris entre 1 et 3°. A partir de ces photos, on peut évaluer l’allongement annuel des flèches littorales, observer les variations de l’extension de la superficie des vasières et des cordons sableux sous l’effet de la sécheresse entraînant une formation de tannes.

Ces photos nous permettent de faire la cartographie des différentes unités sédimentaires de ces deltas. Cependant, on ne peut pas différencier les vasières nues des tannes et les tannes herbus des cordons démantelés. Seule une visite sur le terrain pourrait confirmer les différentes unités observées sur les photos. Pour estimer l’évolution des différentes unités sédimentaires étudiées entre deux périodes, on utilise le matériel suivant : – une balance de précision au 1/100 e près et du papier calque pour dessiner les unités sédimentaires – du papier millimétré et du papier calque – un planimètre polaire. Ces trois méthodes suivantes nous ont permis d’évaluer l’évolution des différentes unités sédimentaires des deltas. Ce sont : La première méthode consiste à dessiner sur le papier calque les contours des différentes unités sédimentaires du delta. On découpe sur le papier calque l’unité à estimer et un carré de 1km de côté en utilisant l’échelle graphique de la figure. On les pèse à l’aide d’une balance de précision. La superficie du terrain est obtenue en faisant le rapport entre le poids de l’unité à estimer et le poids du carré. La deuxième méthode consiste à utiliser un papier calque et un papier millimétré. On dessine d’abord sur le papier calque les contours de l’unité sédimentaire à estimer. On délimite à l’intérieur du schéma obtenu soit un carré, soit un rectangle de façon à occuper le maximum de surface. Pour le reste, on utilise de petits triangles ou des rectangles jusqu’à ce que le schéma soit complètement rempli. Le papier millimétré nous permet de mesurer avec précision les dimensions de ces figures qui sont par la suite converties à l’échelle réelle de la carte. Pour chaque figure, on calcule sa surface. L’ensemble de ces surfaces donne la superficie de l’unité sédimentaire. Nous avons enfin la méthode de planimétrage qui permet de déterminer la superficie d’un terrain à partir d’une carte topographique. L’appareil est constitué d’un bras gradué qui supporte une pointe, d’un bras polaire, ensuite d’un rouleau intégreur auquel est relié le mécanisme de lecture. Ce dernier est constitué d’un disque qui enregistre les tours complets du rouleau, d’un tambour qui indique les dixièmes et les centièmes de tours et d’un vernier qui indique le millième de tour. La formule suivante (S = Cn) donne la superficie du terrain. C : c’est une constante qui est donnée par le fabricant et on peut la déterminer en connaissant la superficie d’un terrain et le nombre de tours effectué par le planimètre. n correspond au nombre de tours.

Analyse et interprétation : 

Les vasières et les tannes A partir de 1968, la pluviométrie commence à baisser fortement sur l’ensemble du pays. La saison pluvieuse devient très courte. Elle passe de trois mois à deux voire un seul mois au nord du pays et de cinq à deux mois au sud. Ce déficit pluviométrique instaure un régime de sécheresse dans le pays. A Saint-Louis, les quantités de pluies enregistrées passent de 233,4 mm en 1968 à 59 mm en 1992. En 1975, on constate sur les photos aériennes prises sur le delta du Sénégal que la mangrove est très clairsemée au niveau de l’île de Roup et au SW de Dakar-Bango (fig.12). Cela s’explique par la persistance de la sécheresse survenue depuis 1968. Ainsi, les marigots, en bordure desquels se développent la mangrove deviennent très salés. En effet, lors des hautes marées, l’eau de mer envahit le cours principal du fleuve et les marigots durant les périodes d’étiages. Avec la mise en fonction, en 1985, du barrage anti – sel de Diama situé à 50 km de l’embouchure, l’eau de mer ne dépasse plus Diama durant la saison sèche. L’eau douce provenant des montagnes du Fouta – Djalon est stoppée par le barrage. Ainsi, l’eau salée n’est plus diluée à cette période. Avec la rareté des pluies, les saisons sèches deviennent plus longues et l’évaporation plus intense. La concentration en sel de l’eau des marigots augmente progressivement. Il se forme à la surface des vasières desséchées des fentes de dessication permettant l’oxydation de la pyrite en jarosite. Cette dernière est à l’origine de l’augmentation de l’acidité du sol. La forte acidité et la sursalure du sol et de l’eau des marigots entraînent une destruction de la mangrove et l’évolution des vasières en tannes. A partir de 1989, la sécheresse devient plus intense. En effet, les quantités de pluies enregistrées passent de 240,9 mm en 1989 à 59 mm en 1992. La destruction de la mangrove s’accentue à cause de cet important déficit pluviométrique. De 1993 à 1995, les pluies reviennent à la normale car les quantités enregistrées (respectivement 246,5 ; 284,3 et 315,2mm) dépassent la moyenne annuelle qui est de 260mm. De 1996 à 1997, on note une petite baisse de la pluviométrie car les quantités enregistrées qui sont respectivement de 171,1 et 220,2 mm sont inférieures à la moyenne annuelle. En 1997, les quantités de pluies enregistrées à Saint – Louis (220 mm) sont proches de la moyenne annuelle. Ainsi, les eaux tombées durant cette année sont très insuffisantes pour compenser les effets de la sécheresse. Cependant, l’eau de pluie entraîne une petite baisse de la salinité des cours d’eau qui devient alors inférieure à 35‰. Le lessivage des tannes acides et hypersalés entraîne la régénération

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