APERÇU SUR LES OSSEMENTS DANS LES GROTTES D’ANJOHINGIDROBE

APERÇU SUR LES OSSEMENTS DANS LES GROTTES D’ANJOHINGIDROBE ET D’ANJOHIMALETSY, FORET DE BEANKA, REGION MELAKY, OUEST DE MADAGASCAR

L’ère Quaternaire supérieur est l’un des événements remarquables de toute l’histoire naturelle. Elle est marquée par une extinction massive des mégafaunes mondiales. Comparé aux autres continents et aux grandes îles du monde, les pertes évaluées à Madagascar pendant cette période étaient plus sévères. L’île a perdu tous ses animaux endémiques au-dessus de 10 kg, comprenant des oiseaux, des reptiles, des autres grands mammifères et non seulement les lémuriens géants. Parmi les mégafaunes éteintes de cette Ere, l’ordre des Primates était la seule collection qui dominait (Godfrey et al., 2010). Le manque du registre fossile Cénozoïque à Madagascar est un paramètre négatif pour la compréhension de l’évolution des faunes actuelles, qui jusqu’à présent, reste encore obscure. Les fossiles datant du Cénozoïque sont presque des « subfossiles », leurs âges ne sont que de quelques milliers d’années seulement. Par ailleurs, ces subfossiles nous offrent une opportunité pour enrichir nos connaissances et sont des indices pour la compréhension de l’ancienne distribution des Lemuriformes ainsi que de la répartition récente de ces derniers (Samonds et al., 2010). Les récoltes des vestiges d’ossement ont permis un éclaircissement plus explicite sur la biodiversité des siècles passés (Samonds et al., 2010).

Madagascar renferme plusieurs sites à faune subfossile classifiés soit en forme de marécages en zone côtière, soit en cavité karstique connue communément grotte, soit en forme de tourbière des régions volcaniques des hautes terres (Gommery et al., 2003). Jusqu‟à la moitié du 20ème siècle, les littératures scientifiques affirment que les lémuriens subfossiles connus étaient presque du Centre de l‟île, du Sud et du Sud-ouest de Madagascar (Standing, 1903 ; Wunderlich et al., 1996 ; Jungers, 1980 ; Mittermeier et al., 2010). La forêt tropicale de l’Est est la seule région qui manque de subfossiles (Godfrey et al., 2010 ; Mittermeier et al., 2010). Cependant, un nouveau site subfossilifère a été découvert au Centre Ouest de l‟île, dans la Réserve de Beanka, Région Melaky. La forêt poussant sur des formations calcaires karstiques ruiniformes érodées connues sous le nom de « tsingy » de la Réserve de Beanka, abrite autant de richesse floristique que faunistique importante. Aussi, elle dispose des Grottes à l‟exemple d‟Anjohingidrobe et d‟Anjohimaletsy. La richesse en spécimens d‟ossements disparus de Babakotia radofilai et de Archeolemur sp., et actuelles, Primates et non Primates a incité notre curiosité à effectuer cette la recherche. Comme cette dernière n‟a commencé que depuis quelques années, elle reste encore peu connue comparée à celles de Bemaraha, de Namoroka et d‟Ankarana (Gautier et al., 2013).

Plusieurs articles scientifiques publient de nombreuses recherches effectuées dans des grottes à l‟exemple de la découverte des squelettes des Hadropithecus stenognathus dans la Grotte d‟Andrahomana, au Sud-est de Madagascar (Godfrey et al.,2006), l‟évaluation de la présence des os subfossiles de petits mammifères dans les sédiments calcaires consolidés de la Grotte d‟Anjohibe, au Nord-ouest de Madagascar (Samonds et al., 2010), l‟étude de l‟évidence sur le changement de l‟environnement, de l‟extinction et des activités anthropiques dans les grottes au Nord-ouest de Madagascar (Burney et al., 1997) et des recherches sur les vestiges d‟ossements trouvés dans quelque grottes à Beanka (Radimilahy et al., 2013). Ce travail constitue une spéculation préliminaire sur les découvertes des restes biologiques dans les Grottes d‟Anjohingidrobe et d‟Anjohimaletsy, Forêt de Beanka, Ouest de Madagascar. Ainsi, des objectifs spécifiques ont été élaborés: répertorier les richesses spécifiques, représentées par des restes biologiques, contenues dans les deux sites ; vérifier la répartition des os selon la famille et espèces dans chaque grotte et formuler des hypothèses probables sur l‟extinction des espèces trouvées dans ces grottes.

La forêt sur tsingy de Beanka

La Réserve de Beanka est située au Centre-Ouest de Madagascar, à une soixantaine de kilomètres à l‟est de la ville de Maintirano, Région Melaky (Figure 1). Elle couvre une superficie de 17 000 ha, approximativement 60 km de longueur et 5 km de largeur dans l‟axe Nord-Sud, soit entre les latitudes de 17o33‟S à 18o16‟S. L‟altitude du massif calcaire de Beanka ne dépasse pas 512 m. Le côté Ouest du massif est caractérisé par des zones avec des sables blancs. Tandis que celui du Sud-est est recouvert par des formations de grès qui se dirigent vers le Sud jusqu‟à Bemaraha. La Reserve de Beanka constitue un prolongement vers le Nord de la zone de Bemaraha. Entre les deux massifs, une forêt discontinue répandue sur cette aire protégée est limitée généralement par des affleurements calcaires (Gautier et al., 2013).

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