CARACTERISTIQUES DE LA COMMUNAUTE

CARACTERISTIQUES DE LA COMMUNAUTE

Au niveau d’un site d’étude, la communauté des petits mammifères non-volantsprésente des caractères (le sex-ratio, le pourcentage des classes d’âge et le pourcentage des individus à queue coupée) qui permettent de fournir des hypothèses sur l’état de santé et les influences des facteurs écologiques sur sa pérennité.

CARACTERISTIQUES DE LA COMMUNAUTE DES AFROSORICIDA

Basées sur les individus capturés, les caractéristiques de la communauté d’Afrosoricida au niveau des différents sites d’étude sont présentées dans le Tableau 4-3 (page 93). Dans ce groupe de petits mammifères non-volants, les analyses sont surtout orientées vers les espèces du genre Microgale qui mènent une vie généralement dépendante de la forêt naturelle (CBSG, 2002). Pourtant, il existe un site (Anjavobe, 539 ha) où aucun individu du genre Microgale n’est capturé ; à Antsahabe (3 404 ha) et à Ankaramy (526 ha), tous les individus d’Afrosoricida capturés appartiennent à ce genre. Généralement, au niveau de chaque site d’étude, le sex-ratio est au voisinage de 1. La communauté est composée de plus de 25 % d’individus sub-adultes. Les individus endommagés avec leur queue coupée ne sont rencontrés qu’à Binara (4 143 ha). Pour Microgale, les résultats d’analyse statistique par régression linéaire indiquent qu’il n’y a pas de corrélation entre le sex-ratio d’une part, le pourcentage des individus d’âge sub- adulte d’autre part et la superficie du site d’étude ; c’est-à-dire que ces deux premiers respectivement égale à 0,133 et 0,019 et P égale à 0,734 et 0,962. Concernant le pourcentage d’individus à queue coupée, la régression linéaire montre l’existence de corrélation positive avec la superficie du site d’étude ; c’est-à-dire, l’effectif de Microgale à queue endommagée et la superficie du site d’étude semblent varier parallèlement dans la même direction (Figure 4-9) : pour N = 9, R = 0,7186 et P = 0,02 ; l’équation a pour formule :  Pourcentage d’individus à queue endommagée = 0,0007 (Superficie du site d’étude) .

CARACTERISTIQUES DE LA COMMUNAUTE DES RODENTIA

Pour les Rodentia, l’analyse de la communauté est fondée sur l’ensemble des 4 espèces endémiques (Eliurus minor, E. myoxinus et E. carletoni) ; le Tableau 4-4 (page 95) affiche les résultats d’analyse. Les 6 plus grandes tailles de bloc de forêt (Bekaraoka 4 150 ha, Binara 4 143 ha, Antsahabe 3 404 ha, Ampondrabe 1 498 ha, Bobankora 1 121 ha et Ambilondambo 565 ha) présentent un pourcentage de sexe femelle d’au moins 50 %. En général, les individus du groupe d’âge sub-adulte représentent plus de 25 % de la communauté. A propos d’individus à queue endommagée, le peuplement des Rodentia endémiques offre une proportion remarquable ; dans la majorité des sites d’étude (9 sites sur 11), plus de 10 % d’individus endémiques capturés ont leur queue coupée. L‘analyse statistique par régression linéaire des résultats indiquent qu’il n’y a pas de corrélation entre la superficie du site d’étude et les 3 paramètres (sex-ratio, pourcentage d’individus à queue coupée et de groupe d’âge sub- adulte) caractéristiques de la communauté des Rodentia endémiques ; c’est-à-dire qu’ils ont évolué indépendamment dans la nature : pour N = 10, R respectivement égale à 0,0059, 0,436 et 0,374 ; P égale à 0,8713, 0,207 et 0,287.

CHEZ LES AFROSORICIDA ET SORICOMORPHA

Selon Goodman & Rakotondravony (2000) et Ganzhorn et al. (2003), le nombred’espèces d’Afrosoricida et Soricomorpha recensées présente une forte corrélation avec la surface du bloc de forêt. En considérant les sites d’étude, ceux qui offrent un « core-area » plus large présentent une richesse spécifique et un taux de capture les plus importants (Tableau 2-1, page 24). Dans le cas du site de Bekaraoka, qui a la plus large surface forestière de la région (4 150 ha), mais dont la forme un peu allongée rend le « core-area » un peu étroit, le nombre d’espèce de Tenrecidae recensée n’est que de 3 (Microgale brevicaudata, Setifer setosus et Tenrec ecaudatus) avec une moyenne de taux de capture peu important (8,6 %). Le niveau richesse spécifique et de taux de capture peu élevé pourrait être aussi du au type sec de la végétation et à la dégradation des micro-habitats. Les espèces rencontrées dans ce site d’étude ne sont pas généralement dépendantes d’une forêt intacte ; elles peuvent survivre même dans des micro-habitats dégradés (CBSG, 2002). En plus, les 2 dernières espèces (S. setosus et T. ecaudatus) peuvent se rencontrer même dans les savanes et les terrains de culture ; sans le couloir forestier, elles seraient même capables de passer d’un fragment de forêt à un autre ; leur présence dans un site d’étude ne serait donc pas dépendante de la taille de l’habitat naturel. Les 3 autres espèces de Microgale (M. drouhardi, M. parvula et M. talazaci), qui ne sont recensées qu’au niveau du site de contrôle de Binara (4 143 ha), seraient sensibles aux modifications de leur micro-habitat. Afin d’assurer leur pérennité dans la nature, elles exigeraient un minimum de surface de forêt de 4 143 ha avec un « core-area » important et un micro-habitat non dégradé. A l’instar d’autre hypothèse, ces 3 espèces qui sont typiques de la végétation forestière humide ne pourraient pas supporter les conditions écologiques (nourriture, altitude et structure de l’habitat) et climatiques (durée des saisons humide ou sèche, humidité et température) prévalant dans les blocs de forêt plus secs.

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