EFFETS DE DEUX REGIMES DES FEUX DISTINCTS SUR LE SEROTINISME DU PIN GRIS

EFFETS DE DEUX REGIMES DES FEUX DISTINCTS SUR LE SEROTINISME DU PIN GRIS

Le pin gris (Pinus banksiana Lamb.) est une espèce importante de la forêt boréale qui occupe une vaste aire de répartition. Les feux sont considérés comme des perturbations indispensables à son cycle vital (Cayford et McRae 1983). Les études ont montré que le feu est le principal facteur qui contrôle la distribution de cette espèce dans le temps et dans l’espace, de même que la dynamique de ses populations (Eyre et LeBarron 1944; Cayford et McRae 1983; Gagnon 1990; Gauthier, Gagnon et Bergeron, données non publiées). comme chez plusieurs autres espèces de pins, est considérée comme l’une des adaptations majeures à la récurrence des incendies (Hend­ rickson 1972; Cayford et McRae 1983; Lamont et al. 199lb) . Une température de 50° C est requise pour faire fondre la sérotine, une cire qui recouvre les cônes sérotineux, permettant alors leur ouverture (Cameron 1953; Beaufait 1960). Comme chez le pin tordu,  (Rudolph et al. 1959; Schoenike 1976; Muir et Lotan 1985a). Toutefois, les individus mixtes (i.e. porteurs des deux types de cônes) sont fréquents, contrairement aux deux espèces précédentes (Rudolph et al. 1959; Teich 1970; Sittman et Tyson 1971). Bien que l’on ne connaisse pas exactement le mécanisme de transmission du caractère sérotineux, il apparaît être sous un contrôle monogénique

(Cayford 1957; Schoenike 1976; Critchfield 1985). Les résultats du chapitre précédent ont montré que les pins gris n’ayant pas atteint une taille de 7 cm de diamètre à hauteur de poitrine (DHP) n’ont généralement aucun cône fermé, vraisemblablement à cause de leur juvénilité. De plus, il a été démontré que les individus n’ayant pas atteint 10 cm de DHP montrent une tendance à la croissance dans leur proportion de cônes fermés, d’année en année. Sur le même individu, les cônes portés sur les branches inférieures à 2,6 rn ou ceux âgés La récurrence des feux est généralement considérée comme l e principal facteur ayant exercé une pression sélective sur le sérotinisme interspécifique, tant chez des espèces de la famille des Pinaceae de la forêt boréale ou de la côte ouest américaine, que chez des espèces de climats méditerranéens, telles les Banksia australiens (Hendrickson 1972; Vogl 1973; Schoenike 1 97 6; McMaster et Zedler 1981; Cowling et Lamont 1985; Muir et Lotan 19 85a; Zarnrnit et Westoby 1987a, 1987b ). Au niveau infra-spécifique, des variations graduelles dans le degré de sérotinisme des populations sont expliquées par des variations clinales pour certains paramètres du régime des feux (Schoenike 1976; Borchert 1985; Cowling et Larnont 1985). Ainsi, puisque les graines emmagasinées dans les cônes sérotineux sont viables pour plusieu rs années et qu’elles constituent une banque de graine s sur la plante, l es indiv idus sérotineux sont en mesure d’assurer la régénération lors de feux (Vogl 1973; Zedler 1977; Perry et Lotan 1979; McMaster et Zedler 1981; Cayford et McRae 1983; Muir et Lotan 1985a; zammit et Westoby 1988). Toutefois, ces individus sont moins susceptibles de profiter d’autres type s de perturbations que le feu, telles les chablis, les avalanches ou les chutes d’arbre, comparativement à des individus porteurs de cônes non sérotineux (Muir e t Lotan 1985a ) . On est ime également que les individus sérotineux sont favorisés l orsque les feux sont fréquents et/ou que leur intensité est létal e (Vogl 197 3 ; Zedler 1 977;

A notre connaissance, aucune étude n’a visé à déterminer si des régimes des feux distincts, à une échelle régionale, constituaient une pression sélective sur le sérotinisme des individus de populations d’une espèce. La région du lac Duparquet, Abitibi, Québec, nous offre la possibilité de tester cette hypothèse, puisque plusieurs des paramètres du régime des feux qui y a cours diffèrent substantiellement de ceux qui sont typiques du régime de la forêt boréale. En effet, les îles de ce lac sont affectées d’un régime des feux complexe, caractérisé par une occurrence élevée de feux d’intensité variable, et qui incendient des surfaces relativement faibles (Bergeron 1991). Par contre, l’unité de paysage terrestre adjacente est affectée du régime des feux typique de la forêt boréale où les feux sont intenses et de grandes surfaces tandis que leur occurrence est faible (Heinselman 1981; Van Wagner 1983; Bergeron 1991; Dansereau et Bergeron 1992). Le régime des feux affectant chacune des unités de paysage change donc de manière relativement abrupte entre la berge et les îles du lac (Bergeron 1991).

 

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