Généralités sur les systèmes de cultures en semis direct sur couverture végétale permanente ou systèmes SCV

Généralités sur les systèmes de cultures en semis direct sur couverture végétale permanente ou systèmes SCV :

Historique 

Les systèmes SCV sont introduits à Madagascar vers le début des années 1990. Ils ont été testés dans quatre régions différentes de l’Ile (Lac Alaotra et Moyen ouest, Hautes-terres, Sud-Est et Sud-Ouest), Ils ont pour objectifs de réduire l’érosion hydrique, d’accroître la fertilité des versants des collines, appelés communément tanety à Madagascar et d’améliorer l’efficience en eau (Husson & Rakotondramanana, 2006). Au Lac Alaotra, les premiers tests datent de la fin des années 1990 ; et l’adoption technique a commencé à se généraliser de manière importante depuis les années 2000.

Trois types de systèmes SCV existent : (i) les systèmes en semis direct sur couverture végétale vivante ou SCVv, (ii) les systèmes en semis direct sur couverture végétale morte ou SCVm et les systèmes en semis direct sur couverture végétale mixte (Capillon & Séguy, 2002 ; AFD, 2007). Les deux premiers systèmes sont les plus pratiqués à Madagascar.

Pour les systèmes SCVv, la culture principale est installée avec la couverture vive qu’on doit bien choisir suivant la culture principale pour ne pas la concurrencer du point de vue fertilisant, lumière, et eau. Quant aux systèmes SCVm, le paillage ou mulching est placé en interlignes, formant une couche de biomasses végétales mortes de 10 à 20 cm d’épaisseur. Il s’agit soit de résidus de récoltes de la culture principale précédente, soit de résidus provenant d’une autre parcelle, et soit d’une plante de couverture qui est une plante à croissance rapide, implantée avant ou après la culture principale et fournissant une forte production de biomasse. Pour cette dernière, la plante peut être broyée, roulée avec un outil ou totalement desséchée aux herbicides totaux avant le semis de la culture principale.

Effets positifs des systèmes SCV sur la conservation et la restauration des sols agricoles  :

Au-delà de l’incidence de couvertures sur la charge solide exportée ou l’amélioration de l’état structural superficiel, des modifications sur les comportements intrinsèques du sol sont induites et peuvent être caractérisées par certains paramètres physiques et hydriques ; comportement hydrodynamique et porosité (Monimeau, 1991). Les systèmes SCV diminuent les pertes en terre et en éléments nutritifs par érosion, de façon significative (Scopel et al., 2005, Douzet et al., 2010, Razafindramanana Rakotoniana., 2011) et élimine l’érosion éolienne (Gény et al., 1992). Ils font également obstacle au développement des mauvaises herbes et ils maintiennent l’humidité (Husson et al., 2009).

Les systèmes SCV remplissent également plusieurs offices, en effet :
• ils augmentent la teneur en matière organique du sol (Razafimbelo, 2005), améliore les propriétés physiques, chimiques et biologiques du sol. Dans ce contexte, ils constituent un moyen efficace pour lutter contre la dégradation du sol et participe à améliorer sa fertilité (Collectif SOL-SCV, 2008) ;
• ils ont un effet positif sur l’amélioration de la diversité faunistique et floristique du sol (Blanchart et al., 2007; Husson et al., 2008). Partant, ces pratiques peuvent conduire, d’une part, à lutter efficacement contre les agents pathogènes des cultures, d’autre part à restaurer une importante biodiversité faunique ;
• ils jouent le rôle de couverture thermique. En fait, la couverture protège le sol du rayonnement solaire et limite les pertes de chaleur par rayonnement pendant la nuit. La température du sol sous une couverture végétale est donc tamponnée, et l’amplitude thermique y est limitée (Seguy et al., 2009) ;
• ils peuvent être intégrés avec l’élevage en fournissant de la nourriture pour le bétail;et
• ils induisent une accumulation du carbone dans les sols, carbone provenant via les restitutions végétales, du gaz carbonique (CO2) de l’atmosphère. Ils exercent donc ce que l’on appelle la « séquestration du carbone » dans le cadre de la réduction globale des gaz à effet de serre de l’atmosphère (Collectif « SOL-SCV », 2008).

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Evolution de la pratique du système SCV au Lac Alaotra 

Les surfaces en SCV n’ont cessé de croître dans la zone Nord-Est de Madagascar entre les campagnes culturales 2003 à 2010. Pour les deux cas étudiés, la culture de saison   et celle de contre saison  , par rapport à la superficie en SCV, l’augmentation du nombre d’adoptants est supérieure à celle de la superficie en SCV, à l’exception de deux dernières années pour la culture de saison  . Il faut remarquer que cette augmentation est inégale, elle varie suivant les zones considérées. A titre indicatif, dans la vallée du Sud Est, la vallée Marianina, et le PC15, elle stagne avec des résultats qualitatifs mitigés (BRL, 2006). Malgré cette nette évolution de la surface cultivée en SCV, la surface en SCV peut être considérée comme très faible, voire négligeable (1,49 %) par rapport à la surface cultivée totale de la région. Les systèmes SCV sont encore mal connus par beaucoup des paysans du Lac Alaotra. Or la majorité des terres agricoles présentent des risques importants d’érosion qui peuvent notamment compromettre le maintien de la fertilité des sols (Chabierski et al., 2008).

Table des matières

INTRODUCTION
1. CHAPITRE I : SYNTHESE BIBLIOGRAPHIQUE
1.1 Généralités sur les systèmes de cultures en semis direct sur couverture végétale permanente ou systèmes SCV
1.1.1 Historique
1.1.2 Effets positifs des systèmes SCV sur la conservation et la restauration des sols agricoles
1.1.3 Evolution de la pratique du système SCV au Lac Alaotra
1.2 Erosion
1.2.1 Définition
1.2.2 Processus de l’érosion hydrique
1.2.3 Facteurs de l’érosion hydrique
1.2.4 Effets de l’érosion hydrique
1.2.5 Erosion au Lac Alaotra
1.2.6 Méthodes de lutte antiérosives
1.3 Adventices au Lac Alaotra
1.3.1 Définition
1.3.2 Facteurs de prolifération des adventices
1.3.3 Méthodes de lutte
1.3.4 Etudes déjà adoptées sur les adventices au lac Alaotra
1.3.5 SCV et flores adventices
2. CHAPITRE II : MATERIELS ET METHODES
2.1 Présentation du milieu d’étude
2.1.1 Situation géographique
2.1.2 Climat
2.1.3 Relief
2.1.4 Sol
2.1.5 Activités agricoles
2.2 Dispositifs expérimentaux
2.2.1 Dispositif expérimental de l’érosion
2.2.2 Dispositif expérimental de l’essai mulch-adventices
2.3 Traitements des données
3. CHAPITRE III : RESULTATS ET DISCUSSION
3.1 Résultats
3.1.1 Caractéristiques de la pluie
3.1.2 Ruissellement et érosion
3.1.3 Adventices
3.2 Discussion
3.2.1 Effet des systèmes SCV sur l’érosion hydrique
3.2.2 Effet des paillis sur l’émergence des adventices
CONCLUSION 

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