La musique à Ólympos instruments et répertoire

La musique à Ólympos instruments et répertoire

Les musiques et les chants qui constituent le répertoire musical de la communauté des Olympiotes sont très nombreux. Dans cette étude, je ne parlerai en détail que des musiques et des chants qui sont interprétés durant les trois fêtes religieuses principales du village, Pâques, la Dormition de la Vierge et la Décollation de saint Jean-Baptiste. De ce fait, cela ne concerne qu’une partie de ce large répertoire, puisque je ne développerai pas les chants spécifiques aux fêtes de mariages, les chants réservés à la période du carnaval, les berceuses ou encore les lamentations funèbres. Le répertoire musical du village est associé à un moment particulier de la fête, que l’on appelle le glénti. Ce mot, qui vient du turc eğlenti, autrement dit le « divertissement », désigne en Grèce un moment de divertissement entre amis et connaissances avec généralement l’accompagnement de boissons, de chants, de musiques et de danses. À Ólympos, ce glénti revêt un caractère beaucoup plus sérieux qu’ailleurs en Grèce, et il est soumis à de nombreuses règles qu’il faut respecter pour son bon déroulement. Le rôle des instruments et la place des différents chants du répertoire font partie de ces éléments que l’on se doit de respecter. Par ailleurs, le glénti peut être constitué uniquement de musique instrumentale et de chant, et dans ce cas, il est appelé à Ólympos kathistó glénti (το καθιστό γλέντι, « le glénti assis »). Dans un premier temps, je commencerai par la question des instruments qui sont joués à Ólympos et, dans un second temps, j’aborderai le répertoire spécifique interprété lors des gléntia qui se déroulent au moment des trois fêtes sélectionnées pour la présente étude. Il s’agit de voir et de comprendre quelle place occupent ces instruments et ces chants et quelle est la fonction qui leur est attribuée. 29 La musique à Ólympos instruments et répertoire I.

Les instruments 

Dans le village d’Ólympos, les instruments joués par les musiciens aujourd’hui sont au nombre de trois : la tsampoúna (η τσαμπούνα), la lýra (η λύρα) et le laoúto (το λαούτο). À l’exception du laoúto, qui est fabriqué essentiellement par des luthiers professionnels, le plus souvent à Athènes ou au Pirée, les deux autres instruments sont encore de fabrication artisanale. Celle-ci est réalisée la plupart du temps par le musicien lui-même. Cependant, il est possible de constater qu’il existe aujourd’hui des personnes à Ólympos même qui fabriquent également le laoúto. Dans son livre consacré notamment aux instruments de musique, le musicien Giánnis Pavlídis précise qu’il s’agit de musiciens jouant de cet instrument et qui sont, généralement, menuisiers de profession. Il cite notamment Manólis Balaskás et Manólis Lentákis : « Το λαούτο κατασκευάζεται τώρα τελευταία και στην Όλυμπο όπως και αλλού (Αθήνα, Κρήτη, κλπ) από καλούς ξυλουργούς και είναι στην απόδοση του καλό. Αυτοί που ασχολήθηκαν με τη κατασκευή του λαούτου όπως Μ. Μπαλασκάς και Μ. Λεντάκης που είναι και οργανοπαίχτες και ξυλουργοί και μπορούν να προσέξουν τις λεπτομέρειες που πρέπει ώστε το όργανο να έχει πολύ καλή απόδοση. Επίσης με την κατασκευή λαούτου ασχολήθηκε και ο Μ. Φιλιππάκης (Αρχιτέκτων)39 . » « L e laoúto se fabrique aujourd’hui, et de façon récente, également à Ólympos comme cela se fait ailleurs (Athènes, Crète, etc.) par de bons ébénistes et c’est un bon instrument quant à sa facture. Ceux qui s’occupent de la fabrication du laoúto comme M. Balaskás et M. Lentákis qui sont à la fois musiciens et ébénistes peuvent faire attention aux détails nécessaires de sorte que l’instrument puisse avoir une très bonne facture. Il y a aussi M. Filippákis (architecte) qui s’occupe de la fabrication du laoúto. »

La tsampoúna

La tsampoúna est le nom local donné à la cornemuse populaire, tant sur l’île de Kárpathos que dans d’autres îles du Dodécanèse et dans certaines îles des Cyclades. Ce nom est dialectal et il a pour origine le terme italien de zampogna, qui lui-même viendrait du latin symphonia40 . Ce dernier est issu du terme grec ancien de symphonía (συμφωνία), qui désigne un « accord de voix ou de sons » 41 et qui peut ainsi renvoyer à un instrument de musique. Il s’agit d’un instrument qui appartient à la classe des aérophones. La présence de la cornemuse est attestée en Grèce depuis plusieurs siècles et selon certaines sources, elle proviendrait d’Asie : « Like so many other instruments, the bagpipe was introduce to Greece from Asia, approximately during the first or second century A.D., according to the reliable and unambiguous evidence given by Suetonious, Dion Chrysostom, et alii. From then on, the presence of the bagpipe in Greece and among the Greeks of the Near East can be traced through many literary and iconographical sources, of which the following are among the most significant: bagpipes of the tsaboúna type are to be found in a miniature from a Greek manuscript of the eleveenth century, and the same instrument is mentioned in the writings of the Persian philosopher, Avicenna (Ibn Siná), of the same century. » 

La lýra

La lýra est un instrument à cordes frottées appartenant à la famille des vièles (luths à archet).Sa présence est attestée dans les régions grecques depuis la période de l’Empire Byzantin, selon des sources persanes qui remontent au dixième siècle : « The earliest mention of the name líra –referring to a stringed instrument played by means of a bow– can be traced to a report made at the close of the tenth century by the Persian Ibn Khurdadhbih to the Caliph Al-Mutamid, concerning the musical instruments of the Byzantines. In this report, Ibn Kurdadhbih refers to the líra among other Byzantine instruments, adding that it is a wooden five-stringed instrument similar to the Arabic rebab. From that time on, there are many Byzantine and post-Byzantine iconographic and literary sources attesting to the existence of bowed, stringed instruments in Greece and the Greek world of the Near East; these references include mention of the pear-shaped líra50 . » « La plus ancienne mention du nom de líra – faisant allusion à un instrument à cordes joué au moyen d’un archet – peut être attribuée à un compte-rendu établi à la fin du dixième siècle par le Perse Ibn Khurdadhbih au Caliphe Al-Mutamid, concernant les instruments de musique des Byzantins. Dans ce compte-rendu, Ibn Khurdadhbih fait référence à la líra parmi d’autres instruments byzantins, ajoutant qu’il s’agit d’un instrument en bois à cinq cordes semblable au rebab arabe. À partir de ce moment, il y a de nombreuses sources littéraires et iconographiques byzantines et post-byzantines qui attestent de l’existence d’instruments à cordes et à archet en Grèce et dans le monde grec du Proche-Orient ; ces références incluent la mention de la líra piriforme. » L’instrument est monoxyle puisque la caisse, le manche et le chevillier sont taillés dans un seul morceau de bois, et la plupart du temps, du bois de mûrier51. Il a une caisse de résonance (το σκάφος, to skáfos, « la coque », ou η κουλούμπα, i kouloúmpa, « la cavité ») assez plate et qui a la forme d’une demi-poire, d’où son appellation courante d’instrument piriforme. Cette caisse est fermée par l’ajout de la table d’harmonie (το καπάκι, to kapáki, « le couvercle »), laquelle est percée de deux ouïes (τα μάτια, ta mátia, « les yeux ») en forme de demi-cercle.

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