LE SECTEUR BANCAIRE, UNE ENTITE INCONTOURNABLE AU DEVELOPPEMENT ECONOMIQUE D’UN PAYS

LE SECTEUR BANCAIRE, UNE ENTITE INCONTOURNABLE AU DEVELOPPEMENT ECONOMIQUE D’UN PAYS

Evolution de la théorie de la banque

La Théorie de la banque a évolué notablement ces dernières années et a été jalonnée de progrès substantiels réalisés au gré d’allers et retours constants entre d’une part les questions spécifiques relevant de l’observation du comportement des intermédiaires financiers et d’autre part les différents éclairages qu’apportent la théorie économique et la théorie financière. Sur base de cette constatation, cette section débute par un recensement des questions essentielles posées par le concept d’intermédiation à la théorie et se termine par la présentation des approches et des réponses apportées qui furent les plus fécondes. 15 a) Les questions posées par le concept d’intermédiation La question d’intermédiation se tourne tout autour de six grandes problèmes aux quels économistes et financiers essaient d’apporter leurs analyses. (1) La question de l’existence des intermédiaires financiers Ce problème fondamental, apparemment simple, s’avère finalement complexe. A premier vu, le problème semble en effet simple et trouve sa solution dans la stabilité des fonctions assumées par les banques comme la section précédente l’a souligné. Ainsi, par exemple, les banques existeraient pour remplir cette mission d’intermédiation consistant en une transformation qualitative des caractéristiques des ressources collectées (échéance, taille, liquidité, risque,…). Mais il apparaît alors que cette fonction de transformation est également assumée par les marchés financiers lesquels permettent notamment aux épargnants de rester très liquides, en prenant éventuellement peu de risques (par le jeu de la diversification) tout en finançant des projets d’investissement risqués à long terme. On le voit, banque et marchés financiers sont finalement concurrents dans la réponse qu’ils apportent aux besoins de leurs clients et des lors la question de l’existence même des banques apparaît comme étant fondamentale. Enfin, une fois l’existence des intermédiaires financiers justifiés, il conviendrait de s’interroger sur la structure de la propriété et du pouvoir dans les banques. (2) Le problème de l’offre de crédit L’observation des conditions dans lesquelles certaines entreprises obtiennent du crédit alors que d’autres en sont privées suggère que les intermédiaires financiers ont un comportement singulier en matière d’offre de crédit. Il semblerait logique de considérer qu’un comportement rationnel consiste pour un intermédiaire financier à répondre à une demande en offrant du crédit à un taux incluant une prime rémunérant de façon juste le risque prix ex-ante. Au lieu de cela, les intermédiaires financiers apportent une réponse sous la forme d’un rationnement. L’analyse des situations de rationnement de crédit, considérées comme des déséquilibres durables entre offre et demande de crédit, doit donc être menée de façon exhaustive en s’interrogeant sur le caractère statique ou dynamique du phénomène, sur la forme du rationnement ( partiel ou total) , et sur le rôle des garanties et la façon dont celles-ci interagissent avec la décision de rationnement. (3) Le problème de l’offre de liquidité Ainsi qu’il a été dit, la fonction de transformation assumée par les banques est essentielle et s’exprime au regard de toutes les caractéristiques des actifs, au premier rang desquelles figurent la liquidité. Ainsi, les banques financent des actifs illiquides par des passifs qui restent liquides, en dépit de tous les risques que cette transformation induit. Cette constatation doit conduire l’économiste et le financier à s’interroger sur le financement des intermédiaires financiers et notamment des banques. Dans le même registre mais en focalisant l’attention sur l’analyse des dépôts, il semble essentiel de comprendre la nature du contrat de dépôt à vue et de relier celle-ci à l’offre de liquidité d’une part , et au risque de panique bancaire d’autre part.  (4) Le problème de la transformation des échéances En lien avec le problème précédent, la question de la transformation des échéances résulte du fait que des banques choisissent simultanément d’offrir de la liquidité aux épargnants tout en finançant l’activité des entreprises. C’est à dire qu’elles jouent un rôle essentiel dans la transformation des échéances des passifs et des actifs. Dans un cadre de grande volatilité des taux d’intérêt, le degré de transformation des échéances demande donc à être analysé sous l’angle de sa contribution à la réalisation des objectifs de la banque. (5) Le problème de la régulation des banques Considérant que la performance des banques affecte un très grand nombre d’agents économiques, on comprend aisément que les pouvoirs publics aient songé à réglementer l’activité des banques. Cette réglementation des banques peut prendre deux formes. Dans une forme directe, elle consistera à imposer aux banques le respect de certaines contraintes exprimées par exemple sous forme de ratios. La pertinence de ces règles prudentielles doit alors être appréciée au regard notamment des effets négatifs qu’elle peut induire. De façon indirecte, la réglementation des banques peut consister à assurer les dépôts de façons à prévenir les risques de panique bancaire. 

Les réponses de la micro-économie et de la finance

Les réponses apportés par la théorie économique aux questions évoquées précédemment ont pendant longtemps été parcellaires, occultant notamment la question centrale de la justification de l’existence des intermédiaires financiers. Pour cette raison, la référence à une théorie de l’intermédiation financière est finalement récente. Par la suite des approches nouvelles intégrant la prise en compte d’asymétries d’information, des relations de clientèle et des coûts de transaction permettaient d’élargir le champs des questions traitées, d’affiner les réponses apportées et justifiaient l’existence une théorie de l’intermédiation financière. (1) L’approche néoclassique de la firme bancaire Excluant toute réflexion relative à la justification de l’existence des intermédiaires financiers, l’approche néoclassique de la firme bancaire emprunte tout d’abord à la théorie du portefeuille puis transpose les raisonnements marginalistes usuels au cas d’une firme dont les inputs et les outputs sont spécifiques. En ce qui concerne l’approche financière par la théorie du porte feuille, celle-ci s’est d’abord focalisée sur des problèmes spécifiques, considérés comme cruciaux par les professionnels, tel que celui du stock optimal des réserves de trésorerie compte tenu d’une distribution donnée des retraits opérés par les déposants. La problématique est alors assimilable à un choix de portefeuille et ne concerne que l’actif de la banque, le passif étant donné. Parallèlement, des recherches similaires visent à déterminer la structure optimale du passif bancaire. Il faut attendre Hart et Jaffee (1974) pour que la banque soit considérer comme une seule et même porte feuille composée de créance et dettes. Sur la base de maximisation de l’espérance d’utilité, ces auteurs en déduisent alors les conditions favorables à l’émergence d’une intermédiation financière efficiente. 17 A la même époque sont élaborés les premiers modèles de la firme bancaire considérée comme une entité indivisible poursuivant un objectif de maximisation du profit attendu. Dans un cadre de monopole non réglementé, la banque doit déterminer au regard de cet objectif le stock de ces réserves, des titres publics qu’elle détient, des créances sur l’économie et des dépôts a vue et à terme. Klein (1971) et Monti (1972) en déduisent alors un théorème d’indépendance entre la gestion de l’actif et du passif invalidé par la suite dès lors qu’aura été considéré le risque de signature caractérisant les emprunteurs. Ces modèles restent toutefois partiels et postulent sans jamais la justifier, l’existence des intermédiaires financiers. A ce stade, et pour acquérir un statut indépendant et reconnu, la théorie de l’intermédiation financière se devait d’endogénéiser la structure dont elle veut rendre compte, ce qui supposait des angles d’attaque radicalement nouveau. (2) Les approches récentes de la théorie de l’intermédiation financière Ces approches récentes, de fat les plus fécondes, se sont développées du fait, soit d’un relâchement de certaines hypothèses, soit d’un déplacement de la perspective. Concernant la modification du cadre d’hypothèses, la prise en compte des asymétries d’information a constitué un élément décisif dans la compréhension de la banque en tant qu’organisation. Il est alors considéré que la banque est mieux à même qu’un épargnant individuel d’obtenir une information privilégiée sur la qualité d’un débiteur. Le concept même d’information asymétrique est vaste, englobant plusieurs réalités. Relativement à un contrat de crédit, l’asymétrie d’information peut exister préalablement à la signature du contrat. ,Il s’agit alors pour la banque de sélectionner les crédités au terme d’une activité de recherche d’information visant à réduire cette asymétrie .Cette dernière peut également survenir après la signature du contrat de crédit ,auquel cas le problème se déplace et consiste pour la banque à définir ex ante un contrat de crédit le plus complet possible , limitant les comportements opportunistes que le débiteur pourrait être tenté d’avoir suite à l’obtention d’une information privilégiée dont il pourrait disposer ultérieurement . Au regard de ces asymétries d’information l’intermédiation financière s’avère une organisation efficiente capable d’en limiter les coûts.. Ceux-ci concernent au premier chef les coûts de recherche d’information précédente la sélection des crédités. En la matière, la banque peut développer une expertise et tirer profit de cette information privilégiée en optimisant son porte feuille de participations. Ces coûts sont également liés à l’exécution du contrat et, a cet égard, la banque est dans une meilleure position que l’épargnant individuel pour obtenir de façon régulière l’information pertinente. De plus, en centralisant les dépôts nécessaires au financement des projets importants, la banque est à même d’éviter une duplication massive de ces coûts de contrôle. Outre le relâchement de certaines hypothèses, le déplacement de la perspective semble avoir été déterminant dans le renouveau de la théorie de l’intermédiation financière. Nous entendons par la le fait que, contrairement à la théorie néoclassique qui place la firme au cœur de sa réflexion, un courant néo-institutionnaliste s’est développé privilégiant l’analyse des transactions. Celles-ci sont génératrices des coûts liés à la rationalité limitée des agents économiques, à l’incertitude, à la fréquence d’occurrence des transactions. Dans cette perspective, les modes organisationnels apparaissent comme des réponses efficientes, en termes de minimisation de ces coûts, à la gestion de ces transactions. Cette approche nouvelle qu’offre l’économie des coûts de transaction s’avère très féconde pour juger du déplacement de la frontière entre les relations financières intermédiées et celles qui relèvent au contraire du marché.  

Table des matières

INTRODUCTION
I. APPROCHE THEORIQUE
A. LE SYSTEME BANCAIRE
1. La masse monétaire et ses contreparties
2. La spécificité bancaire dans l’intermédiation financière
3. Des acteurs primordiaux du système bancaire : La Banque centrale et les banques primaires
B. PLACE DES BANQUES DANS LA THEORIE ECONOMIQUE
1. Le rôle des banques
2. Evolution de la théorie de la banque
C. PLACE DE LA BANQUE DANS LE PROCESSUS DE DEVELOPPEMENT ECONOMIQUE
1. La pratique bancaire et le financement du développement
2. Système financier et croissance économique
II. APPROCHE PRATIQUE
A. L’ENVIRONNEMENT BANCAIRE
1. la banque et les particuliers
2. La banque et les entreprises
3. Le financement des investissements
B. CAS DU BTM-BOA
1. Présentation de la Bank of Africa Madagascar
2. Les spécificités de la base d’ organisation commerciale de la BOA-Madagascar vis à vis des clients Particuliers
3. Exposé des différents produits et services accordés par la BOA-Madagascar aux clients Particuliers
C. CONTRIBUTION DES BANQUES AU DEVELOPPEMENT ECONOMIQUE
1. Les différents approche de définition du développement
2. Impact de l’activité bancaire sur le problème de développement
III. CONCLUSION

projet fin d'etudeTélécharger le document complet

Télécharger aussi :

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *