Nature et origine de la pollution marine

Nature et origine de la pollution marine :

Une substance d’origine anthropique rejetée dans le milieu marin est un contaminant, si elle exerce des effets défavorables sur le plan biologique, il s’agit alors d’un polluant, (MORIARTY, 1990).

Les contaminants rejetés dans l’environnement finissent par se retrouver plus au moins rapidement dans les milieux aquatiques, en particulier estuaires et côtières, où ils peuvent avoir des effets à cours et à long terme, (BURTON 1992).

Types de pollutions

Il existe plusieurs types de pollution :

Pollution physique :
On parle de pollution physique lorsque le milieu marin est modifié dans sa structure physique par divers facteur. Il peut s’agir d’un rejet d’eau douce qui fera baisser la salinité d’un lieu, d’un rejet d’eau réchauffer ou refroidie, d’un rejet liquide ou solide substances modifiant la turbidité d’un milieu, ou d’une source de radioactivité, (GIS 1996 , GRAVEZ & BERNARD, 2006) .

Cependant, le rejet de chaleur dans l’environnement constituant de nos jours une forme de pollution physique du milieu naturel capable de provoquer de vrais bouleversements, (VINCENT, 2006).

Pollution biologique :
Il peut s’agir d’une pollution par microorganisme (bactéries, virus, champignons) provenant des égouts qui peuvent proliférer à leur arrivée dans le milieu marin, même s’il est vrai qu’il s’agit d’un milieu qui ne favorise pas la vie de la plus part des agents pathogènes, (GRAVEZ & BERNARD 2006).

Pollution chimique :
C’est une pollution due au déversement de substances chimiques tels que les hydrocarbures, les détergents, les biocides, les pesticides (DDT, Lindane…), les métaux lourds (Pb, Cd, Hg…), (CHEMLOUL & MEDJADJI 1997 ; GIS 1996). De nombreuses substances issues de génie humain ont la capacité d’engendrer des sous produits (métabolites) encore plus dangereux comme le DDE, la dioxine. Ainsi l’océan mondial est systématiquement pollué par des substances toxiques, même dans ses régions les plus reculées, à titre d’exemple les morues de la mer Baltique présentent des teneurs record en PCB, (VINCENT 2006).

la contamination chimique :

Il existe une centaine d’éléments rassemblés selon leurs propriétés dans le tableau de Mendeleîev, connu de tous les chimistes. Une fois assemblés, ces éléments donnent des molécules ou « substances ». L’homme en a identifié des millions, naturels ou synthétisés dont une centaine de milliers est utilisé pour préparer des mélanges qui se retrouvent dans l’industrie ou chez les consommateurs, (ROUANE-HASSANE, 2007).

Ces préparations concours, directement ou indirectement, à notre confort, mais une partie inutilisé ou transformé se retrouve sous formes de déchets, à l’origine de la pollution des milieux aquatiques, (RNB, 1999).

les substances chimiques :
Il est admis qu’il existe plus de 4 millions de substance chimiques, essentiellement des substances organiques issues de la biosynthèse animal et végétal, (Marchand, 2002). Aujourd’hui on estime qu’il y a plus de 100000 produits chimiques qui sont utilisés régulièrement dans l’industrie et qui sont des contaminants et polluants potentiel de l’écosystème globale. Environ 2000 produits chimiques sont transportés par voie maritimes, en vrac ou en colis .

Les substances chimiques toxiques sont transporter dans l’environnement de deux manières : soit directement, lorsqu’elles sont utiliser comme telle par l’homme. C’est le cas des pesticides, fertilisant et des différents solvants. Mais ces substances peuvent etre rejeter indirectement sous forme de déchet industriels provenant de divers activités comme l’extraction minière, la fabrication industrielles, l’incinération, la consommation de carburant, ou le rejet accidentelles, (MOUCHEL & THEVENOT, 2003). Ces substances peuvent etre classer en quelques grandes catégories comme suite, (MARCHAND & KANTIN 1997 ; MARCHAND & BRUNOT 1997):

Les métaux lourds :
Les plus toxiques pour l’environnement sont le cadmium, le zinc, le mercure, le plomb, le cuivre, l’argent, le nickel, les sources de contaminations sont multiples.

Les activités minières, la sidérurgie, le transport (plomb). On les retrouve dans les piles, les batteries, comme adjuvants dans les peintures et les colorants, ainsi que dans les engrais phosphorés (cadmium), (ROUANE-HASSENE, 2007).

Les hydrocarbures :
Les hydrocarbures que l’on retrouve dans le pétrole brut (la base de notre consommation énergique est estimée à environ 86 millions de tonnes/ans) et les produits raffiné sont utilisé comme carburant (essence, kérosène….) et les produits de bases de la synthèse organique polycyclique (HAP), qui résultent de la combustion incomplète de .

Les biocides :
Les biocides représentes une large famille de produits chimiques actives utiliser dans un cadre non phytopharmaceutiques, l’utilisation de peintures anti salissures sur la coque des navires provoque une contamination non négligeable.

Les substances eutrophisantes :
Les substances eutrophisantes ne peuvent être considérer comme des contaminants chimiques en terme de substances toxique, le rejet d’azote et de phosphores dans le milieu aquatique peuvent provoquer le développement excessif d’organismes végétaux dans les eaux de surfaces, conduisant a des phénomènes d’euphorisation que l’on observe dans les eaux marines littoral.

Les substances organiques de synthèse :
Les substances les plus préoccupantes pour l’environnement sont les substances organochlorés à formes très diverse : solvants, PCB, chlorophénoles, chloro alcanes, chlorobenzènes, ainsi que les substances bromés comme les retardateurs de flammes.

Les pesticides :
Les pesticides organochlorés sont une grande famille de pesticides utilisés en agriculture et dont la persistance dans le milieu aquatique et les effets toxiques sur la faune marine sont reconnus depuis longtemps par la communauté scientifique, (WANG & al., 2008).

Ils ont été classés parmi les pesticides qui accentue la susceptibilité à l’infection, (JEPSON & al., 2005;. HALL & al., 2006A.),

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le DDT est sans contredit le pesticide ayant le plus retenu l’attention des chercheurs en raison de sa très grande persistance dans le milieu aquatique et de sa grande toxicité pour les organismes marins, (BRESLER & al., 2003; KENNISH & RUPPEL, 1996 A).

Les pesticides organochlorés atteignent le milieu marin via le ruissellement, le transport aérien et les eaux de pluie, le plus souvent associés à des particules de sol en raison de leur caractère hydrophobe, (HELLOU & al., 2009; KAISER, 2001). Une fois dans le milieu marin, les pesticides entrent dans la chaîne alimentaire et s’accumulent dans les tissus graisseux des crustacés, des mollusques, des poissons et des autres organismes pour atteindre des concentrations pouvant aller jusqu’à plusieurs milliers de fois celles présentes dans le milieu ambiant, (KENNISH & RUPPEL, 1996A). Bien que les pays développés aient interdit l’utilisation des plus nocifs d’entre eux il y a plus de 25 ans, ces produits sont encore utilisés dans un bon nombre de pays sous développés et en voie de développement, (BAYEN & al., 2004). Cependant, même si les pays développés ont été les premiers à prendre des mesures pour prévenir la contamination aux pesticides organochlorés, cela ne signifie pas pour autant que leurs écosystèmes ne sont pas contaminés. Au Japon par exemple, on a retrouvé certains pesticides dans la chair des poissons pêchés près des côtes plus d’une décennie après que ceux-ci aient été prohibés, (YASUNO, 1995).

Les Polluants Organiques Persistants : 

Composés organochlorés (OC), telles que biphényles polychlorés (BPC) et le DDT, qui s’accumulent dans la graisse des mammifères marins, et un grand nombre de ces substances lipophiles sont connus pour être l’hormone ou perturbateurs endocriniens. Le système endocrinien et de la reproduction sous l’effet de ces substances sont supposées être en raison de leur capacité à:

(a) reproduire l’effet d’un développement endogène hormones;
(b) antagoniser l’effet de facteurs endogènes;
(c) perturber la synthèse et le métabolisme des hormones endogènes,
(d) de perturber la synthèse de récepteurs hormonaux, (AMARAL MENDES, 2002).

Le Dichlorodiphényltrichloroéthane (DDT) :

Le 4-4 dichloro-diphényl-trichloréthane (DDT) a été synthétisé pour la première fois en Allemagne en 1873 par Othmar Zeidler, (Zeidler, 1873). Les propriétés insecticides du DDT ont été découvertes en 1939 par Paul Hermann Muller, (Smith, 1991, IARC, 1974). Le DDT à une persistance de plus de 30 ans dans le sol, (CROWE, 2002). (Cf. Figure 1) le DDT n’existe pas à l’état naturel, la première large application du DDT a été pendant la Seconde Guerre Mondiale en 1943 dans la région de Naples (Italie), pour lutter contre le pou de corps (Pediculus humanus), le vecteur du typhus épidémique, (OMS, 1962). Le DDT a été appliqué pour combattre les maladies comme la malaria, le paludisme. L’utilité du DDT a été si remarquable que pendant la première décennie d’utilisation il a sauvé cinq millions de vies selon Magill (1995) et a prévenue l’apparition de cent millions de sérieuses maladies. Jusqu’à 14 substances chimiques entre dans la composition du DDT de qualité technique. Le principal actif P.P-DDT ne représente que 65% à 80% du total, (GTZ, 1995). Le nom « DDT » a été approuvé par ISO (Organisation Internationale de Standards) pour le produit technique dans le quel p,p-DDT est le composé prédominant, (IARC, 1974).

Table des matières

Introduction
Partie I : Synthèse bibliographiques
I.1. Aperçus sur l’origine des Cétacés
I.2. Les cétacés des eaux algériennes
I.3. Classification et systématique
I.4. Biologies de l’espèce étudiée
I.4.1. Classification
I.4.2. Description
a. En mer
b. A terre
I.4.3. Distribution
I.4.4. Alimentation
I.4.5. Reproduction
I.4.6. Comportement
I.5. Menace
I.6. Statut (conservation)
Partie II: Les organochlorés
II.1. Nature et origine de la pollution marine
II.1.1. Types de pollutions
a. Pollution physique
b. Pollution biologique
c. Pollution chimique
II.1.2. La contamination chimique
II.1.2.1. Les substances chimiques
a. Les métaux lourds
b. Les hydrocarbures
c. Les biocides
d. Les substances eutrophisantes
e. Les substances organiques de synthèse
f. Les pesticides
II.2. Les Polluants Organiques Persistants
II.2.1. Le Dichlorodiphényltrichloroéthane (DDT)
a. Structure et propriétés chimiques
b. Le DDT dans l’environnement
c. Toxicité et réglementation
II.2.2. L’hexachlorobenzène (HCB)
a. Structure et propriétés chimiques
b. Le HCB dans l’environnement
c. Toxicité
II.2.3. L’aldrine
II.2.4. La Dieldrine
II.2.5. Le Lindane
a. Structure chimique et synthèse
b. Propriétés physico-chimiques
c. Utilisations
d. Toxicité sur l’homme
II.3. La Bioaccumulation
II.3.1. La bioconcentration
II.3.2. La bioamplification
II.4. Exposition et effets sur la santé
II.5. Menace sur les cétacés
II.6. L’effet des polluants organiques persistants chez les dauphins communs
Partie III : Caractéristiques de la zone d’étude
III. Caractérisation du littoral occidental algérien
III.1. caractéristique du littoral oranais
III.2. situation géographique et topographique littorale
III.3. Données climatiques
a. Pluviométrie
b. Vent
c. Température
d. Géomorphologie du littoral algérien
III.4. Géomorphologie du littoral algérien
III.5. Sédiments et peuplement benthique
a. Phytoplancton
b. Zooplancton
c. Necton
d. Euphausiacés
e. Ichthyofaune
Partie IV: Matériel & méthodes
Qu’est-que qu’une donnée cétologique
IV. Matériels et méthodes
IV.1. Origine du matériel biologique
IV.2. Techniques d’échantillonnages
IV.3. Mensuration à effectuer sur un Cétacé échoué
IV.4. Le choix de la famille des contaminants
IV.5. Traitement des échantillons et méthodes d’analyse
a. Extraction
b. Purification
c. Analyse chromatographique
Partie V : Résultat et discussion
Discussion et interprétation
Constat du niveau de contamination par les organochlorés des cétacés du littoral algérien 70
Conclusion générale

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