Généralités sur la confiance et la coordination

Généralités sur la confiance et la coordination

Introduction

Dans son article « Opportunism and trust in Joint Venture Relationship: an exploratory study and a model » Mdhok (1995) précise qu’il ya deux modes de gestion dans la relation entre les agents économiques : un mode formel qui est basé sur le contrat et un autre informel associé à la notion de confiance qui s’appréhende au fur et à mesure du développement de la relation1 . Le concept de confiance n’est pas nouveau et il est déjà utilisé en économie. Mais, « cette notion reste dérangeante pour l’économie, elle va à l’encontre des approches dominantes en terme de rationalité des acteurs ».2 Défendant ses fondements théoriques et conceptuels, chaque discipline, armée de ses propres arguments et idiologies, tente de gagner la bataille en offrant la meilleure définition ou conception possible de la confiance et particulièrement de ses effets sur la vie économique. La confiance joue un rôle essentiel dans la coordination entre des individus autonomes et les fondements de l’analyse économique des institutions et des organisations.3 L’objectif de ce chapitre, premièrement, est de donner une vision synoptique et pluridisciplinaire du concept de la confiance, de ses caractéristiques et composants, de sa typologie et ses niveaux, après nous nous intéressons à la coordination qui permet d’expliquer l’évolution des relations entre les agents, tout en mettant au centre de l’analyse des concepts centraux de la coordination : contrat, jeu de pouvoir, échange d’information, convention… qui peuvent justement éclaircir la question de la pluralité des formes de coordination.

La notion de confiance

La confiance, considérée comme un principe éthique, un élément central à tout échange économique et même un pilier de la collaboration interorganisationnelle. La confiance n’a pas manqué de susciter l’intérêt des chercheurs. Cependant, cette notion a plusieurs définitions, c’est une variable multidimensionnelle qui se définit en référence au contexte dans lequel est appliquée1 Cette section tente de répondre à certaines questions : comment peut-on définir la notion de confiance ? Quels sont les justifications de cette notion en économie ? Quel sont les caractéristiques et composants de la confiance ? Quel est la typologie et les niveaux de confiance ? 1.1: L’origine du mot « confiance » On revenant à la vaste littérature existante sur la confiance, on remarque qu’il ya une unanimité pour dire que le concept de confiance est particulièrement complexe. La confiance est traitée par différentes disciplines des sciences sociales. Dans chaque discipline respective, il existe différentes approches de la notion de confiance, C’est pour ça que certains auteurs relèvent même l’ambigüité et le flou de la notion, et d’autre soulignent la polysémie de ce concept.2 La confiance dérive du mot latin « Confidendia » qui s’origine de la racine indoeuropéenne « Fid ».A partir de cette racine ce développe trois registres de mots : 1- « Fidus » qui signifie l’expression digne de confiance et fidèle et les mots dérivés « Fidentia » et « Confidentia » qui veut dire « confiance en soi », « audace ». 2- « Fides » qui veut dire « croyance », « foi », « fidèle à sa parole », « loyal ». 3- « Foedus » qui veut dire « traité fondé sur une foi réciproque ».

Les justifications de la confiance en économie

L’historique de la confiance en économie Usunier 1998 : 25 Le concept de confiance a fait son apparition dans l’analyse économique à partir des années quatre – vingt. Avant ces années, la confiance est pour les économistes un concept purement sociologique. Pour les classiques la confiance n’a pas de place dans le raisonnement économique car l’individu est dirigé par son égoïsme et il poursuit son propre intérêt, ce qui le rend méfiant par rapport à ces partenaires. Cela est vrai pour la théorie des coûts de transaction. Pour williamson , la confiance n’a pas de place dans les relations marchandes, puisque c’est l’opportunisme qui menace ces dernières et non l’insuffisance de confiance. En revanche, les keynésiens présentent la confiance comme un élément clés de l’activité économique. Pour Knight (1921), la confiance joue un rôle fondamental en cas d’incertitude. Selon lui, les individus effectuent des estimations lorsqu’ils désirent agir en situation d’incertitude. Et avant de passer à l’acte, ils doivent évaluer le degré de confiance qu’ils peuvent accorder à leurs estimations. Pour Keynes, les informations dont disposent les individus sont partielles, c’est pour cela, Avant toute action, les individus trient d’abord les informations qu’ils collectent en conservant les informations pertinentes.

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