Grands et petits émergents à l’épreuve de la crise

Grands et petits émergents à l’épreuve de la crise

Après des crises à répétition dans les pays émergents au cours des années 1970- 1990, les années 2000 ont vu s’intensifier l’attractivité des « Grands émergents » en raison notamment de leur taille et de leur plus grande stabilité apparente, ce qui a conduit à négliger les « Petits émergents ». – la rapide croissance des « Grands émergents » exerce un fort effet d’entraî- nement sur les « Petits émergents », notamment par le biais des matières pre- mières mais aussi en tant que sources de main-d’œuvre à meilleur marché. Jusqu’où l’effet d’entraînement peut-il jouer et quelle pourrait être l’ampleur des phénomènes de « malédiction des matières premières » ou de brain drain ?Quelle est donc la bonne carte de ces nouveaux « Petits émergents » dans le sillage ou en contrepoint des « Grands », en Asie, en Amérique latine et en Afrique ? Tout particulièrement, dans le contexte de la crise actuelle et de sa contagion différenciée, quels pourraient être les scénarios d’adaptation et de sortie de crise des uns et des autres ? L’introduction du séminaire a permis de mettre en lumière une opposition essen- tielle entre le « small is beautiful » de Bertrand Collomb et le « too big to fail » de Jean-Christophe Donnellier. En fait, il s’agit tout simplement du reflet de l’hétéro- généité de la catégorie « pays émergents » qu’ils soient gros ou petits.

Les entreprises doivent aller chercher la croissance là où elle se trouve, c’est- à-dire dans les pays émergents. Le risque est présent dans chacun des pays du monde et pour l’entreprise, le risque, en particulier politique du pays émergent, n’est pas toujours considérablement plus élevé que le risque économique du grand pays développé. Surtout, la capacité d’acquérir dans un petit pays une position forte est beaucoup plus facile. Dans beaucoup d’industries, il est pré- férable d’avoir une position forte dans un marché relativement limité plutôt que d’être un acteur marginal dans un très grand marché. Le Groupe des 20 (ou G20) est un excellent signe d’ouverture pour le dialogue politique et économique afin de maîtriser les nouveaux enjeux pour agir ensemble dans une lutte contre les problèmes de la planète et en particulier celui du changement climatique.Il y a bien depuis quelques années à la fois une extension de l’émergence à de nouveaux pays (par effet d’entraînement), et une attractivité nouvelle des pe- tits pays (compte tenu des difficultés à pénétrer commercialement des systèmes souvent protégés dans les grands émergents). Cependant, la crise est en train de donner une réponse claire (sans être définitive) quant à l’attractivité comparée des grands et petits émergents. D’abord la crise touche davantage les petits pays émergents, que ce soit par le canal commercial (degré d’ouverture plus élevé, spécialisation sectorielle plus forte, concentration des échanges), ou le canal financier (davantage recours à l’endettement en devises, transferts des migrants en baisse, peu de réserves de changes, problèmes de balance des paiements). Ensuite, l’ouverture aux émergents (accélérée par la crise), accélère la « prise de pouvoir » par les grands émergents (OMC, G20), qui défendent in fine leurs intérêts. En période de crise, l’effet de masse compte. On assiste à un regain du régionalisme autour des grands émergents (Brésil/Mercosur, Amérique Centrale, ASEAN + 3, …). Ces grands émergents vont ainsi bénéficier d’une demande intérieure importante pour soutenir la sortie de crise (contrairement aux petits qui dépendent davantage des exportations). De même les fonds souverains des grands émergents vont se retourner vers leur économie domestique plutôt que d’aller financer l’étranger.

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F. Lemoine présente de son côté une classification selon l’insertion dynami- que dans l’économie mondiale avec deux groupes identifiables : les économies vraiment émergentes (57% de la population mondiale, 17% du PIB) et les pays rentiers (respectivement 8% et 6%).Sur la question « Les grands émergents peuvent-ils tirer les petits ? », T. Mayer montre que les canaux de transmissions du développement passent essentielle- ment par une bonne gouvernance, un transfert de technologie ou un potentiel marchand des différents pays dans le monde.Ce dernier montre que la volatilité des petits et grand émergents est sensible- ment la même lorsque l’on regarde le PIB. En revanche, les petits émergents sont plus éclatés vis-à-vis de leur solde courant respectif. Si l’on regarde les données bancaires, la dette, la croissance, les liquidités, le change et le taux de couver- ture, le groupe des petits pays émergents n’apparaît pas plus risqué en soi mais il est plus volatile.

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