IMPACT DE L’AIRE MARINE PROTEGEE DE BAMBOUNG SUR LES ACTIVITES DE PECHES ARTISANALES

IMPACT DE L’AIRE MARINE PROTEGEE DE BAMBOUNG SUR LES ACTIVITES DE PECHES ARTISANALES

Présentation de l’estuaire du Sine-Saloum

L’estuaire du Sine-Saloum est situé à 130 km au Sud-ouest de Dakar. Il est compris entre 13°35’ et 14°10’ de latitude Nord et 16°03’ et 16°50’ de longitude Ouest (fig. 1). Il draine un bassin versant de 29 720 km2 dont le relief est en général plat et la pente très faible (Ba et al, 1993). La superficie en eau est de 90 000 ha. La marée monte deux fois par jour jusqu’en amont de Kaolack situé à 112 km de l’embouchure (Bousso, 1996 et fig. 1)). La situation environnementale du Sine-Saloum est très particulière : il s’agit d’un estuaire sursalé dont le gradient halin est inversé en permanence (croissant de l’embouchure vers l’amont). La salinité peut atteindre des valeurs de 130 ppm en amont de Kaolack (fig. 1), soit près de 4 fois la salinité moyenne de l’eau de mer. Le complexe du Sine-Saloum est constitué de trois bras principaux : le Saloum au nord et nord-est, le Bandiala au sud-ouest et le Diomboss entre les deux (Diouf, 1996 et fig. 1). Il est caractérisé par un système complexe et diffus de canaux appelés bolons et de mangroves caractéristiques des zones humides saumâtres intertropicales (Diouf, 1996). Mémoire de master II/ 2013. Y.I.B SENE/ Ecologie et gestion des écosystèmes Page 14 II.2. Caractérisation du Diomboss Le Diomboss est l’un des trois principaux bras du Sine-Saloum (Diouf, 1996). Le chenal de ce bras principal est aussi relativement peu profond, des fonds de 10 m y sont régulièrement rencontrés. D’amont en aval et sur les deux rives, le Diomboss se divise en plusieurs chenaux de marée, localement appelés « bolons » (Diouf, 1996). L’AMP de Bamboung située à la rive gauche est l’un des principaux bolon du Diomboss. Figure 2: Localisation géographique du Diomboss et de l’AMP de Bamboung dans le Delta du Sine-Saloum

Stratégie d’échantillonnage

Le protocole d’enquête comporte deux modes opératoires : d’une part un suivi des activités de pêches déployées dans la zone d’étude et d’autre part des séances de pêches scientifiques à l’aide de palangres appâtées. Ces deux modes opératoires sont pratiqués en parallèle au cours de période d’enquêtes de cinq jours comprenant 4 nuits de pêches. II.3.1. Plan d’échantillonnage temporel Au total, trois campagnes de 4 nuits de pêche chacune ont été effectuées dans le cadre de cette étude (Tab. I). Ces campagnes se sont déroulées durant les trois grandes saisons hydroclimatiques de la région décrites par Diouf, (1996): Avril (fin de saison sèche fraiche), Juin (fin de saison sèche chaude), et Octobre (fin de saison humide).  Tableau 1 : Campagnes d’échantillonnage à la palangre appâtée réalisées dans le Diomboss en 2012 Campagne Dates de début des Campagne Dates de fin des Campagne Nombre de stations prospectées IBAPA01 10/04/2012 15/04/2012 16 IBAPA02 17/06/2012 22/06/2012 18 IBAPA03 17/12/2012 21/12/2012 16 II.3.2. Echantillonnage des pêches scientifiques Au cours d’une opération de pêche scientifique les engins sont construits et posés par les pêcheurs de l’équipe IBAPA selon les normes et modes opératoires retenus dans le protocole.

Plan d’échantillonnage spatial

Le protocole d’échantillonnage avait prévu 32 stations d’amont en aval du Diomboss (Fig. 2). Cependant pour des raisons de planning et des difficultés d’approvisionnement en appât, 16 stations ont été prospectées lors de la première campagne, 18 lors de la deuxième campagne et 16 lors de la troisième campagne. Figure 3: Position des 32 stations de pêche prévues dans le protocole d’échantillonnage

Technique d’échantillonnage

Au cours de chaque campagne, des pêches de type expérimentales sont mises en œuvre. L’engin de pêche retenu est la palangre appâtée, technique de pêche largement utilisée par les pêcheurs dans cette zone du Sine-Saloum. D’après le protocole, les engins de pêche étaient construits Mémoire de master II/ 2013. Y.I.B SENE/ Ecologie et gestion des écosystèmes Page 16 suivant un schéma de montage strict : 1000 m de longueur, 300 hameçons de taille 7, une distance de 3,3m entre chaque avançon portant l’hameçon (Fig. 3). Chaque palangre est divisée en trois parties de 100 hameçons appelées tronçons par des marques placées sur la ligne. Cette division a permis d’augmenter le nombre réel d’enquêtes. L’unité d’effort de pêche utilisée dans ce travail devient alors le tronçon de 100 hameçons d’une palangre. Figure 4: Schéma d’une palangre appâtée (d’après J. Raffray, 2012) L’appât utilisé est de la sardinelle et de l’ethmalose acheté auprès des mareyeurs et livré sur le Diassanga par un pêcheur de Missirah recruté pour assurer ce travail. Le poids moyen d’un appât est de 30 g pour une taille moyenne de 104 cm. La pose (à partir de 18h) et la relève (le lendemain à partir de 7h30) sont effectuées par 2 pêcheurs professionnels. Ces 2 pêcheurs sont accompagnés d’une part par un marin en charge de la conduite de l’embarcation, d’autre part par un membre de l’équipe scientifique qui s’assure de la bonne conduite de l’opération de pêche. Les lieux de pose sont définis à partir du plan spatial structuré couvrant l’ensemble de la zone de l’étude (Fig. 2) Les captures seront intégralement triées à l’espèce, comptées, pesées au gramme, mesurées au centimètre et sexées ; les contenus stomacaux et les stades de maturité des espèces sont aussi déterminés.

Echantillonnage des enquêtes auprès des pêcheurs artisanaux

Les enquêtes menées auprès des pêcheurs artisanaux se faisaient tôt le matin avant que les pêcheurs ne terminent de relever leur palangre. L’équipe chargée des enquêtes sur les unités de pêches artisanales repérait les pêcheurs artisanaux opérant dans la zone d’étude (< 6 km de la  limite de l’AMP de Bamboung). Les informations à recueillir sont consignées dans une fiche d’enquête présentée en annexe 2.

Analyse des données

La répartition spatiale d’indicateurs biologiques (abondance, biomasse, taille moyenne, taille maximale) sera étudiée ainsi que celle des espèces régulières et des espèces rares. Un test de corrélation non paramétrique (test de Karl Pearson) au seuil de 0.05 permettra d’étudier la relation entre la distance de la limite de l’AMP de Bamboung et les indicateurs biologiques. La comparaison de l’abondance, de la biomasse et de la taille moyenne entre campagne est effectuée à l’aide du test de Kruskal-Wallis. Les traitements statistiques et les graphiques ont été réalisés avec Excel, Google, le livre de Biostatistique de Bruno Scherrer et le logiciel R (http://cran.rproject.org/.).

Les indicateurs bioécologiques

L’impact de l’AMP de Bamboung sur les activités de pêches artisanales est étudié à l’échelle du peuplement de poisson du Diomboss. Un indicateur biologique ou marqueur biologique est un paramètre mesurable présent dans un système biologique. Dans cette étude les indices globaux seront:  La richesse spécifique, qui désigne le nombre d’espèces présents dans l’espace considéré. Une richesse spécifique peut s’exprimer en richesse totale ou richesse moyenne. La richesse totale correspond au nombre total d’espèces présentes dans un biotope ou une station donnée. La richesse moyenne correspond au nombre moyen d’espèces présentes dans les échantillons d’un peuplement étudié.  L’abondance (ou effectif) est par définition le nombre d’individus par espèce.  La biomasse est le poids des individus d’une espèce .  La taille maximale observée (TMO) est la taille du plus grand individu de chaque espèce.  La taille moyenne est la moyenne des tailles des individus capturés par espèce. II.4.2. Structure écologique Pour mieux appréhender l’origine, la nature et certains aspects fonctionnels des peuplements ichtyologiques Albaret (1999) a proposé une classification en catégorie écologique qui outre le degré d’euryhalinité, prend en compte les caractéristiques du cycle bioécologique de chaque espèce (répartition et régularité, lieu et condition de la reproduction, place dans le réseau trophique, abondance et localisation des écophases). Les espèces capturées appartiennent à 4 des 8 catégories écologiques définies par Albaret. Il s’agit des estuariennes d’origine marine (Em), des marines-estuariennes (ME), des marines accessoires (Ma) et des Marines occasionnelles (Mo). Les estuariennes d’origine marine sont des espèces caractéristiques des milieux saumâtres où elles constituent un groupe très important tant par leur abondance que par leur biomasse (Diouf, 1996). Il s’agit d’espèces d’origine marine parfaitement adaptées aux conditions estuariennes. Elles se reproduisent en estuaire mais également en mer. Les espèces marines estuariennes sont des espèces marines ayant une large répartition spatiotemporelle dans les milieux estuariens et lagunaires. Elles sont représentées par des populations permanentes et abondantes où les écophases juvéniles sont souvent dominantes voire exclusives ; ces espèces ne se reproduisent jamais dans les estuaires (Diouf, 1996). Les marines accessoires sont régulièrement capturées dans les milieux estuariens et lagunaires mais elles sont rarement abondantes. Leur présence est limitée dans l’espace (à la zone sous l’influence de l’océan) (Diouf, 1999). Les marines occasionnelles constituent un groupe d’espèces rares, voir exceptionnelles, et uniquement localisées à proximité immédiate de l’embouchure (Diouf, 1996). 

Table des matières

INTRODUCTION
I. SYNTHESE BIBLIOGRAPHIQUE
II. MATERIEL ET METHODES
II.1. Présentation de l’estuaire du Sine-Saloum
II.2. Caractérisation du Diomboss
II.3. Stratégie d’échantillonnage
II.3.1. Plan d’échantillonnage temporel
II.3.2. Echantillonnage des pêches scientifiques
II.3.2.1. Plan d’échantillonnage spatial
II.3.2.2 Technique d’échantillonnage
II.3.3. Echantillonnage des enquêtes auprès des pêcheurs artisanaux
II.4. Analyse des données
II.4.1. Les indicateurs bioécologiques
II.4.2. Structure écologique
II.4.3. Structure trophique
II.4.4. Spectre de tailles
III. RESULTATS ET DISCUSSION
III.1. RESULTATS
III.1.1. Description générale du peuplement
III.1.2. Campagne N°1
III.1.2.1. Les pêches scientifiques
III.1.2.1.1. Tronçon comme unité d’effort
R= coefficient de corrélation, t = statistique de Student, df = degres de liberté et p-value =probabilité
III.1.2.1.2. Cartographie des espèces
III.1.2.2. Les enquêtes de pêches artisanales
III.1.3. Campagne N°2
III.1.3.1. Les pêches scientifiques
III.1.3.1.1. Tronçon comme unité d’effort
III.1.3.1.2. Cartographie des espèces
III.1.3.2. Les enquêtes de pêches artisanales
III.1.4. Campagne N°3
III.1.4.1. Les pêches scientifiques
III.1.4.1.1. Tronçon comme unité d’effort
III.1.4.1.2. Cartographie des espèces
III.1.4.2. Les enquêtes de pêches artisanales
III.1.5. Spectres de tailles
III.2. DISCUSSION
III.2.1. Richesse spécifique
III.2.2. Abondance
III.2.3.Biomasse
III.2.4. Tailles
III.2.5. Comparaison avec les enquêtes de pêche artisanale de 2009
III.2.6. Distance d’impact
CONCLUSION ET PERSPECTIVES
REFERENCES BIBLIOGRAPHIQUES
ANNEXES

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