La vie in utero – Premières expériences orales et motrices

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PARTIE THEORIQUE

Le développement de l’enfant est un ensemble de d’étapes. La plus grande est le passage de la vie in utero à la vie extérieure. Afin de s’adapter à ce nouvel environnement de nombreuses modifications développementales vont avoir lieu chez l’enfant. Le développement global correspond à la manière dont l’enfant va se développer et réaliser des apprentissages simultanément dans un ensemble de domaines (physique et moteur, affectif, social, cognitif et langagier) interdépendants. Ainsi le développement du jeune enfant est un processus global à l’intérieur duquel différentes dimensions s’inter-influencent (Ministère de la Famille, 2014).
Dans cette partie théorique, afin de comprendre comment oralité et motricité pourraient interagir au cours du développement de l’enfant, nous allons dans un premier temps définir les notions d’oralité et de motricité au regard de la littérature existante. Nous décrirons le développement alimentaire et moteur de l’enfant, de sa naissance jusqu’à 24 mois. Puis nous essayerons de comprendre comment d’autres facteurs tels que la culture ou les émotions interviennent dans cette évolution. Enfin nous définirons le trouble de l’oralité. Cette partie théorique nous permettra donc de poser nos hypothèses de recherche à partir des connaissances actuelles.

Quelques notions essentielles

a. Qu’entend-on par « oralité » ?
L’« oralité » désigne les différents mécanismes en lien avec la bouche : l’alimentation, la respiration, la phonation, la sensorialité, ainsi que le langage et la communication.
Dans ce mémoire, nous nous intéresserons au mécanisme d’oralité alimentaire. Celui-ci fait intervenir différentes structures anatomiques et physiologiques : le système neurologique, le système digestif, le système oto-rhino-laryngé et le système respiratoire. La motricité et la sensorialité sont également deux compétences essentielles au bon fonctionnement de l’oralité. Celles-ci se construiront simultanément au fur et à mesure du développement de l’enfant.
V. Abadie explique que « L’oralité est une notion issue du vocabulaire psychanalytique, bien entrée dans l’usage langagier des pédiatres, qui signifie l’ensemble des fonctions orales c’est-à-dire dévolues à la bouche. Les fonctions orales de l’humain sont multiples et concernent les thèmes fondateurs de la survie et de la communication, à savoir l’alimentation, la ventilation, le cri, l’exploration tactile et gustative, les relations érogènes et le langage. Ces fonctions sont à la fois proches par leurs effecteurs anatomiques et sensori-moteurs, et distinctes par les niveaux de développement phylogénétiques impliqués, du plus rudimentaire au plus élaboré. L’oralité de l’enfant est un monde qui fascine car elle implique des notions aussi variées et indissociables que les notions sensori-motrices fœtales, l’adaptation à la vie extra-utérine, la fondation du lien mère-enfant, l’adaptation de l’enfant à ses besoins nutritionnels donc sa croissance, son organisation psychosociale : appétit, plaisir, hygiène, éducation, et sa construction cognitive, relationnelle et culturelle. Elle met en jeu des structures sensorielles, motrices, neuro-intégratives, hormonales, digestives et centrales, dont la physiologie et la régulation sont complexes et partiellement élucidées. » (Abadie, 2004)
L’oralité désigne donc les multiples fonctions orales de l’humain. Elle entremêle des aspects divers du développement, aussi bien sensori-moteurs et adaptatifs que cognitifs ou encore psychosociaux.
E. Levavasseur expose une organisation de l’oralité en quatre piliers essentiels à son bon fonctionnement (Levavasseur, 2017) :
– le pilier organique : il s’agit de la dimension neurologique, digestive et respiratoire de l’alimentation ;
– le pilier environnemental : il comprend une dimension épigénétique (composante génétique familiale), des propositions (ce qui est proposé à l’enfant par son entourage), l’étayage (comment les parents proposent les nouveautés alimentaires et comment ils réagissent face à leur enfant) ;
– le pilier sensoriel : il comprend onze sens (vue, olfaction, gustation, audition, vestibulaire, viscéral, vibratoire, somesthésique, proprioceptif, thermoceptif, nociceptif) ;
– le pilier moteur : il fait référence à la motricité de l’enfant et comprend deux versants qui sont la motricité globale (mouvements de l’ensemble du corps) et la motricité fine (mouvements fins et précis d’une partie isolée du corps telle que la bouche ou la main).
Pour que le développement alimentaire de l’enfant soit homogène, il est nécessaire que ces quatre piliers se soutiennent les uns les autres et se développent de façon harmonieuse.
La fonction de nutrition assurée par l’oralité est, selon G. Couly, une fonction universelle, nécessaire à la vie. L’oralité se construit par périodes, selon un processus neurodéveloppemental continu. La première étape correspond à une oralité de succion-déglutition, d’abord embryo-fœtale, puis celle du nourrisson (après la naissance). Ensuite, une oralité secondaire, ou gnoso-praxique se met en place autour des 6 mois de l’enfant (Couly, 2017).
b. Qu’entend-on par « développement moteur » ?
Le développement psychomoteur correspond à la façon dont l’individu s’approprie son organisme pour en faire un outil d’interaction avec son milieu physique et humain (Bullinger, 2015).
Différentes théories explicatives du développement moteur se sont succédées. Pendant un temps, les théories d’une maturation neuronale innée ont dominé. Puis, il a été montré que le développement moteur était lié, d’une part à notre génétique, et d’autre part à nos expériences. Aujourd’hui, c’est la théorie de la sélection des groupes neuronaux qui domine. Celle-ci accorde une part égale aux facteurs génétiques et expérimentaux dans le développement moteur. La notion principale est que l’enfant explorerait un grand nombre de mouvements avant de pouvoir les affiner et les adapter de façon adéquate à son environnement afin d’atteindre un but (Hadders-Algra, 2018).
Les acquisitions motrices se développent grâce aux expériences du quotidien, à la culture, mais aussi selon un calendrier génétique défini. La motricité de l’enfant est d’abord involontaire puis volontaire : elle se construit selon une évolution chronologique bien établie. Elle est aussi soumise aux lois céphalo-caudale (le bébé contrôle d’abord les muscles de sa tête, puis ceux du bas du corps) et proximo-distale (les mouvements proches de l’axe du corps sont maîtrisés en premier) (Meunier, 2017b). Cette organisation autour de l’axe corporel commence au stade
embryonnaire : vers la huitième semaine d’aménorrhée, les membres sont formés et les doigts sont isolés. En parallèle, la face s’est développée, notamment les lèvres et le nez (Universités de Fribourg, Lausanne et Berne sous l’égide du Campus Virtuel Suisse, s. d.).
i. Qu’est-ce que la motricité globale ?
D’après les travaux de Massion (1998), M. Hadders-Algra définit la fonction motrice globale comme « la capacité de maintenir la position du corps et de se déplacer en changeant la position ou l’emplacement du corps. Cela implique que le contrôle postural joue un rôle pivot. Le contrôle postural vise principalement à maintenir une posture verticale de la tête et du tronc contre les forces de gravité, car cela crée une situation optimale pour la vision et la motilité dirigée vers un objectif. » (Hadders-Algra, 2018; Massion, 1998)

Table des matières

REMERCIEMENTS
CHARTE DE NON PLAGIAT
TABLE DES ILLUSTRATIONS
TABLE DES TABLEAUX
« LE REPAS »
INTRODUCTION
PARTIE THEORIQUE
1. Quelques notions essentielles
a. Qu’entend-on par « oralité » ?
b. Qu’entend-on par « développement moteur » ?
i. Qu’est-ce que la motricité globale ?
ii. Qu’est-ce que la motricité fine ?
iii. Et l’intégration neurosensorielle dans tout ça ?
2. De 0 mois à 6 mois – Le développement de la sphère orale et de la motricité
a. La vie in utero – Premières expériences orales et motrices
b. La naissance – Du changement dans l’air
3. De 6 mois à 24 mois – La diversification alimentaire et ses changements
a. Les changements anatomiques de la sphère orale
b. L’oralité et la motricité – Une évolution parallèle
i. La station assise et la découverte de la cuillère
ii. La station debout et les nouveaux mouvements oraux
4. La diversification alimentaire – Quand le plaisir et la culture s’en mêlent
a. Emotions et alimentation
b. Culture et alimentation – Quelles recommandations pour quelle diversification ?
i. La culture
ii. Diversification alimentaire
5. Le trouble de l’oralité – Qu’est-ce que c’est ?
a. Définition
b. Prévalence
c. Repérer les troubles de l’oralité
6. Hypothèses de recherche
a. Hypothèse générale
b. Hypothèses secondaires
PARTIE METHODOLOGIQUE
1. Un questionnaire – Présentation de l’outil (Type d’enquête)
a. Le matériel
b. Construction du questionnaire
i. Fiche renseignements
ii. Partie oralité
• Pilier organique – Questions 1 à 2
• Pilier sensoriel – Questions 3 à 7
• Pilier environnemental – Questions 8 à 13
• Pilier moteur oral – Questions 14 à 17
iii. Partie motricité
c. Cotation et scores
i. Présentation du type de réponse
ii. Cotation et calcul des scores
2. Protocole d’enquête
a. Population ciblée
b. Centres médico-sociaux et médecins participants
c. Conditions de distribution et de passation
3. Contenu de l’enquête
a. Faisabilité de la passation
i. Format de l’outil – Avantages et inconvénients
ii. Identification et contrôle des biais liés à l’outil
• Biais d’échantillonnage
• Biais de compréhension
• Contrôle de ces biais
b. Analyse statistique envisagée
c. Résultats attendus
4. Retours sur l’enquête
RESULTATS
1. Description de la population d’étude
a. Constitution de l’échantillon
b. Distribution de l’échantillon
i. Echantillon 16 mois
ii. Echantillon 18 mois
iii. Comparaison de la répartition des deux groupes
• Dans les scores globaux
• Par question
2. Limites des résultats
a. Limites liées à l’échantillon
i. Taille de l’échantillon
ii. Tranches d’âge
iii. Echantillon 16 mois
iv. Cas suspects
b. Limites liées à l’outil
i. Les questions
ii. L’utilisation de l’ASQ
3. Description des résultats
a. Echantillon 16 mois
b. Echantillon 18 mois
ANALYSE DES RESULTATS ET DISCUSSION
1. Interprétation des résultats
a. Echantillon « Groupe 16 mois »
b. Echantillon « Groupe 18 mois »
2. Réponses aux hypothèses de recherche
3. Type d’enquête à venir pour répondre à ces questions
CONCLUSION
ANNEXES
1. Annexe 1 – Questionnaire
2. Annexe 2 – Illustration des textures
3. Annexe 3 – Distribution de l’effectif « Groupe 16 mois »
4. Annexe 4 – Distribution de l’effectif « Groupe 18 mois »
BIBLIOGRAPHIE

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