Le core stability dans le traitement de la scoliose idiopathique chez l’adolescent

Le core stability dans le traitement de la scoliose
idiopathique chez l’adolescent

La scoliose idiopathique

Rappel anatomique

 Le rachis est une structure articulée constituée de 24 vertèbres mobiles : 7 cervicales, 12 thoraciques et 5 lombaires. Cet axe relie la base pelvienne, comprenant le sacrum formé par 5 vertèbres soudées et le coccyx, 4 à 6 pièces osseuses soudées, à l’extrémité crâniale. L’axe rachidien forme un tunnel ostéofibreux qui contient et protège l’axe nerveux médullaire. La morphologie vertébrale s’exprime par une rectitude dans le plan frontal, trois courbes mobiles dans le plan sagittal (lordose cervicale, cyphose thoracique et lordose lombaire) et une absence de torsion dans le plan transversal. Les courbures varient schématiquement en fonction de l’âge, du sexe, de la morphologie et du comportement, à savoir un corps tonique ou asthénique. Sur le plan mécanique, les vertèbres forment un axe qui doit assurer souplesse et rigidité. La mécanique du rachis intègre le caisson thoracique et le caisson abdominal. Ils forment un ensemble fonctionnel qui absorbe une partie des contraintes rachidiennes. La zone cervicale assure les mobilités de la tête, la zone thoracique est en rapport avec le contenu thoracique et ses mouvements respiratoires, elle est moins mobile du fait de la présence des côtes. La zone lombale est en rapport avec le caisson abdominal et a un rôle de stabilité devant donner la force et le maintien à la base rachidienne. La modification des courbures sagittales et de la rectitude frontale peut entrainer des troubles orthopédiques de degrés et de conséquences variables. Le rachis doit donc être surveiller, particulièrement pendant la croissance. Les troubles les plus courants sont les redressements de courbures et les exagérations (dos plat, cyphose des courbures convexitaires, lombaire et cervicale ou lordose de la courbure concavitaire, thoracique). Il existe également des déviations frontales avec souvent des modifications rotatoires associées formant une gibbosité (bosse latérale formée par les côtes du côté convexitaire). Ceci décrit la scoliose qui est la pathologie qui nous intéresse. 

Définition 

La scoliose est une déformation évolutive rachidienne tridimensionnelle, donc dans les trois plans de l’espace : inclinaison dans le plan frontal, rotation dans le plan horizontal, inversion de courbure dans le plan sagittal. Les patients présentent une courbure latérale de la colonne ainsi qu’une rotation des vertèbres. Elle est non réductible ce qui l’oppose aux attitudes scoliotiques, souvent dû à des inégalités de longueurs des membres inférieurs ayant un impact sur le bassin le rendant oblique et non horizontal, ce qui entraîne une impression de flexion latérale du rachis dans le plan frontal.[3] Une scoliose est dite idiopathique lorsqu’aucune cause n’a pu être clairement identifiée, de ce fait un diagnostic de scoliose congénitale (malformations vertébrales), neuromusculaire (syringomyélie, infirmité motrice cérébrale, tumeurs médullaire) ou génétique liée à un syndrome (syndrome de Marfan, syndrome d’Ehlers-Danslos) a pu être écarté.

Épidémiologie 

Le diagnostic de la scoliose idiopathique est le diagnostic habituel fait chez les enfants en bonne santé avec une courbure de la colonne vertébrale d’au moins 10° mais de moins de 50° de causes inconnues.80% des cas de scolioses sont idiopathiques. La fréquence de cette scoliose, avec un angle de Cobb (angle de courbure) par définition supérieur à 10°, est comprise entre 0,5 et 2 % chez les 8 – 15 ans. Elle concerne huit fois plus les filles que les garçons. Toute scoliose est susceptible de s’aggraver, ce qui impose un suivi régulier.

Diagnostic

Diagnostic clinique 

Le premier diagnostic est généralement fait par le médecin traitant. L’interrogatoire recueille les antécédents familiaux, en particulier l’existence d’une scoliose et son caractère évolutif, mais aussi les différents symptômes présents ou passés, les activités sportives, les éventuelles chirurgies, et chez la fille la date des premières règles. Les données cliniques vont être le poids, la taille en position debout et assise (taille du tronc), l’aspect de profil, mais également la recherche d’une asymétrie des plis de taille en lien avec un possible déséquilibre du bassin (compensation d’une éventuelle inégalité des membres inférieurs), et d’une translation du tronc. L’évaluation du stade de maturation rachidienne est établie par la recherche des caractères sexuels secondaires et l’analyse des courbes de croissance dont la taille assise. Il existe deux tests simples qui sont le Signe de la Lucarne et le Signe d’Adam. Le premier est déterminé par un espace thoraco-brachial plus espacé d’un côté que de l’autre au niveau du coude. Le Signe d’Adam se retrouve lorsque le patient se penche en avant et qu’une gibbosité peut être plus ou moins observée. Lors de ce test, il est possible d’utiliser un outil appelé scoliomètre afin d’estimer la déformation en rotation dans le plan transversal du corps. En 2013, la Scoliosis Research Society (SRS) International Task Force recommande son utilisation dans le dépistage de la scoliose idiopathique. La présence de signes neurologiques, d’anomalies cutanées, de dysmorphies, d’hyperlaxité doit faire l’objet d’une recherche de scoliose non idiopathique.

 Diagnostic radiologique 

Une radiographie du rachis en totalité (de la base du crâne au bassin complet inclus) de face et de profil en position debout (après compensation d’une éventuelle inégalité de longueur des membres inférieurs) permet de préciser le ou les sièges ainsi que le ou les sens de rotation des courbures. Elle permet de visualiser la colonne et ainsi calculer l’angle de Cobb qui correspond à l’angle formé entre le plateau supérieur de la vertèbre limite supérieure et le plateau inférieur de la vertèbre limite inférieure. La radiographie présente également le degré de maturité osseuse (Test Risser) appréciable au niveau du bassin. Ce test permet de déterminer le potentiel de croissance en observant les os du bassin. Il est mesuré de 0 à 5. Le cartilage s’ossifie progressivement de dehors en dedans. La croissance est terminée (Riser à 5) lorsque que la crête iliaque est complètement ossifiée .

Table des matières

1 Introduction
1.1 La scoliose idiopathique
1.1.1 Rappel anatomique
1.1.2 Définition
1.1.3 Épidémiologie
1.1.4 Diagnostic
1.1.4.1 Diagnostic clinique
1.1.4.2 Diagnostic radiologique
1.1.5 Classification
1.1.5.1 Classification de King
1.1.5.2 Classification de Lenke
1.1.5.3 Classification de Bergoin
1.1.6 Évolution
1.2 Prise en charge thérapeutique
1.2.1 Traitement orthopédique : le corset
1.2.2 Traitement chirurgical
1.2.3 Traitement kinésithérapique
1.3 Le Core stability
1.3.1 Le « core » et la stabilité spinale
1.3.2 Rappels anatomo-physiologiques
1.3.2.1 Les muscles de l’abdomen
1.3.2.2 Action des muscles de l’abdomen
1.3.2.3 Le diaphragme
1.3.2.4 Le plancher pelvien
1.3.2.5 Les muscles de la paroi postérieure du tronc
1.3.3 Le programme core stability
1.3.4 Pourquoi cette revue de littérature ?
1.3.5 Objectifs de la revue basés sur le modèle PICO
2 Méthodologie
2.1 Critères d’éligibilité des études pour cette revue
2.1.1 Type d’étude
2.1.2 Population/ Pathologie
2.1.3 Intervention
2.1.4 Critères de jugement et objectifs
2.2 Méthodologie de recherche des études
2.2.1 Sources documentaires investiguées
2.2.2 Équation de recherche utilisée
2.3 Extraction et analyse des données
2.3.1 Sélection des études
2.3.2 Extraction des données
2.3.3 Évaluation de la qualité méthodologique des études sélectionnées
2.3.4 Méthode de synthèse des résultats
3 Résultats
3.1 Description des études
3.1.1 Diagramme de flux
3.1.2 Études exclues
3.1.3 Études incluses
3.2 Risque de biais des études incluses
3.2.1 Grille d’analyse utilisée
3.2.2 Synthèse des biais
3.3 Effet de l’intervention sur les critères de jugement
3.3.1 Critères de jugement principaux : angle de Cobb et angle de rotation du tronc
3.3.2 Critère de jugement secondaire : la qualité de vie
4 Discussion
4.1 Analyse des principaux résultats
4.1.1 Analyse des critères de jugement
4.1.2 Analyse des études
4.2 Applicabilité des résultats en pratique clinique
4.2.1 Avantages et inconvénients
4.2.2 Rapport coût/efficacité
4.3 Qualité des preuves
4.4 Biais potentiel de la revue
5 Conclusion
6 Bibliographie
7 Annexes

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