Microscopie du tractus thyréoglosse

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DIAGNOSTIC PARACLINIQUE

Echographie

Du fait de son accessibilité, de son caractère non invasif et de sa réalisation facile, l’échographie est l’examen de référence devant les formes habituelles du KTT. Dans nos conditions d’exercice c’est habituellement le seul examen paraclinique qui est réalisé. Dans notre étude 33 patients soit 91,66% des cas avaient bénéficié d’une échographie cervicale. Elle permet de préciser la nature kystique de la masse, sous forme soit d’une image kystique à contenu liquidien hypoéchogène avec renforcement postérieur, soit d’une image kystique hétérogène en rapport avec les modifications inflammatoires ou des calcifications intrakystiques [114]. On peut noter, dans certains cas, un aspect multikystique [93]. L’échographie précise le siège du kyste, vérifie la présence et l’aspect de la thyroïde, établit les rapports avec les organes de voisinages et recherche d’éventuelles adénopathies cervicales [110]. Couplée au Doppler, elle élimine une malformation vasculaire. La présence d’un élément solide à l’intérieur du kyste, en particulier avec des calcifications, doit faire suspecter une dégénérescence maligne [141,142]. La cytoponction échoguidée de l’élément est dans ce cas souhaitable [143]. L’échographie perd en spécificité et en sensibilité en cas d’infection [21].

La tomodensitométrie (T.D.M)

De plus en plus utilisée, la TDM permet l’identification du kyste et précise sa relation avec le corps de l’os hyoïde et la base de la langue [144, 148, 149]. Elle est également utile pour identifier les adénopathies cervicales non palpables et détecter d’éventuelles lésions thyroïdiennes [144]. Sur le plan morphologique, le KTT se présente comme une formation kystique cervicale antérieure, bien limitée, à paroi fine et souple et à contenu liquidien [150]. La présence au niveau du kyste de nodules pariétaux denses ou prenant le produit de contraste est fortement évocatrice de malignité [150]. De même, la présence de calcifications irrégulières doit faire évoquer la dégénérescence carcinomateuse [150,151]. Le scanner prédit exactement l’étiologie d’une masse cervicale en déterminant sa localisation exacte par rapport aux structures anatomiques normales du cou et permet un bilan pré thérapeutique dans les cas complexes, localisation inhabituelle, base de langue, extension laryngée [149,152]. Elle était réalisée chez trois patients de notre série soit 8,33% des cas. Valérie et al [153] utilisait le scanner dans 61% des cas.

Imagerie par résonance magnétique (IRM)

C’est un examen non invasif, non irradiant, permettant la réalisation de coupes dans des plans multiples avec une meilleure résolution par rapport à la TDM. Elle permet un bilan pré thérapeutique dans les cas complexes, localisation inhabituelle, base de langue, extension laryngée [144]. Cette technique d’imagerie permet aussi de faire le bilan d’extension local et locorégional, en cas de carcinome sur KTT [145].

Scintigraphie thyroïdienne

La scintigraphie thyroïdienne permet d’identifier le tissu thyroïdien. Elle permet de différencier une thyroïde ectopique, du tissu thyroïdien accessoire et /ou une thyroïde en bonne place intègre ou non. Cet examen a été longtemps considéré comme indispensable [140]. Cependant les performances de l’échographie, de la TDM et de l’IRM permettent de plus en plus de se passer de la scintigraphie [140]. De nos jours, la scintigraphie thyroïdienne n’est demandée qu’exceptionnellement à la recherche d’une thyroïde ectopique [110].

Radiographie (Rx) standard sans préparation

N’est utile qu’en cas de masse comprimant la voie aérienne (visualisation du pharynx, du larynx et de la trachée) à la recherche de calcifications (lymphangiomes), ou bien si l’on soupçonne un reliquat de la 4ème poche branchiale (niveau hydroaérique parfois noté) et aussi ils déterminent la présence ou non de l’os hyoïde en cas de récidive [144].

Fistulographie

C’est la radiographie du cou après injection du produit de contraste lipiodole par l’orifice d’une fistule préexistante. Elle permet de détecter d’éventuels canalicules secondaires, source de récidives s’ils ne sont pas disséqués au moment de l’acte opératoire [112,144].

La cytoponction

La place de la cytoponction préopératoire à l’aiguille fine reste discutable en raison du rapport coût/bénéfice, pour certains auteurs la cytoponction ne semble pas d’un grand intérêt pour la prise en charge thérapeutique des KTT. La valeur prédictive positive de cet examen est d’environ 50 % [146].Néanmoins, Miccoli et al rapportent une sensibilité et une spécificité de 100% de cette technique chez neuf patients. Cela montre que la cytoponction à l’aiguille fine est au contraire rentable si elle est réalisée sous échographie et par un radiologue expérimenté permettant ainsi une meilleure prise en charge chirurgicale de la dégénérescence maligne du KTT [147]. Dans notre série, aucun patient n’a bénéficié d’une radiographie (Rx) standard sans préparation, d’une fistulographie, d’une imagerie par résonnance magnétique (IRM), d’une scintigraphie, ou d’une cytoponction.

Evolution et complications

L’évolution des kystes est marquée par trois complications possibles :
 L’infection :
L’infection peut émailler l’évolution d’un kyste jusque-là bien toléré dans16% à 47% [59,154]. Elle se traduit cliniquement par l’apparition de [83,120, 123] :
• Signes généraux à type d’hyperthermie.
• Une douleur à la déglutition.
• Localement le kyste augmente de volume avec les signes cardinaux de l’inflammation.
Andre [32] explique le mécanisme de l’infection par le cheminement des micro-organismes des ganglions du cou jusqu’au kyste à travers les canaux lymphatiques communiquant avec le tissu lymphatique tapissant le kyste. A ce stade, le traitement médical prépare l’acte chirurgical, certains auteurs [83,139] préfèrent intervenir d’emblée sous couverture antibiotique. En absence de traitement et souvent malgré l’antibiothérapie, l’évolution se fait vers la fistulisation, soit à la peau soit au pharynx. Le germe le plus souvent rencontré est le streptocoque, parfois le staphylocoque [80]. Cependant, on a pu relever un cas de tuberculisation d’un KTT, le diagnostic était histologique par découverte de follicules entourant une nécrose caséeuse [112]. Ces épisodes de surinfection peuvent se succéder avec une régression spontanée de la symptomatologie. Souvent ils font suite à un épisode infectieux des voies aériennes supérieures (21% pour Junien Lavillauroy) [107].

Table des matières

INTRODUCTION
PREMIERE PARTIE : RAPPELS
I – HISTORIQUE
II – EMBRYOLOGIE
1- Le cou, dualité embryologique
2- Le pharynx embryonnaire et ses dérivés
III- ANATOMOPATHOLOGIE
1- Examen macroscopique
2- Microscopie du tractus thyréoglosse
IV- ETUDE CLINIQUE
1- Diagnostic positif
2 – Diagnostic différentiel
3 – Formes cliniques
4- Traitement.
DEUXIEME PARTIE : ETUDE DE NOTRE SERIE
I – MATERIEL ET METHODE
1-Cadre de l’étude
2- Matériel d’étude
3 – Méthode d’étude
II- RESULTATS
1-Données épidémiologiques
2- Données cliniques
3 – Données paracliniques
4 – Données thérapeutiques
5- Examen anatomopathologique
6- Évolution
III – DISCUSSION
1 – Aspects épidémiologiques
2 -Aspects cliniques et paracliniques
3 – Evolution et complications
IV- ASPECT THERAPEUTIQUE
CONCLUSION
REFERENCES
ANNEXE

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